Les sondages avaient à la fois vu juste sur les scores respectifs de François Hollande et Nicolas Sarkozy tout en se trompant lourdement sur ceux de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Commençons par les extrêmes. Alors qu'on donnait le Front national entre 13 et 16%, il réalise en fait un score de 19%! Et alors qu'on annonçait même à un certain moment Jean-Luc Mélenchon devant Marine Le Pen, ce dernier ne fait que 10%, un peu plus de la moitié du score de la candidate d'extrême droite!
Par contre, en ce qui concerne les deux favoris, les instituts de sondages ont vu relativement juste : François Hollande recueille environ 29% des suffrages et Nicolas Sarkozy est aux alentours de 27%.
Maintenant que nous pouvons nous appuyer sur des résultats fermes et non plus sur des estimations, l'analyse en vue du second tour est beaucoup plus facile.
Quelques constats tout d'abord.
Relevons en premier lieu la participation elle aussi plus forte que prévu à 81,5%. Les instituts de sondages et les analystes politiques nous expliquaient à longueur d'antenne depuis des semaines que ces élections n'intéressaient pas les Français et qu'il fallait s'attendre à une forte abstention. Ils se sont lourdement trompés. Cette erreur n'est pas sans incidence sur le second tour. Du fait de cette forte mobilisation, le candidat qui a le plus beoin de renfort dans 15 jours, à savoir Nicolas Sarkozy, voit sa marge de progression extrêmement réduite.
L'autre constat a trait au rapport des forces. D'un côté, on voit un bloc uni Hollande/Mélenchon/Joly. Les candidats du Front de Gauche et des écologistes ont appellé dès ce soir, sans ambiguïté, à voter Hollande au second tour, "pour faire barrage à Nicolas Sarkozy". Même si l'on sait que les reports de voix ne se font jamais à 100%, il faut bien admettre qu'ils devraient se faire dans de bonnes conditions, ce qui donne un bloc de Gauche à plus de 40%. Une bonne base pour conquérir les 10% manquant.
En face, Nicolas Sazkozy ne pourra pas compter sur le même enthousiasme du côté des électeurs du Front national. S'il avait encore des doutes sur ce que pensent de lui les électeurs de Marine Le Pen, il n'a eu qu'à écouter les sifflets et les huées saluant chaque apparition de son visage sur les écrans géants au sein du PC du Front national... Au second tour, un nombre non négligeable des 19% de sympathisants du FN restera à la maison, tandis que les autres se répartiront entre les candidats du PS et de l'UMP. Autant dire que ce n'est pas là que Nicolas Sarkozy pourra trouver les réservoirs de voix dont il a besoin pour refaire son handicap.
Restent les électeurs de François Bayrou. Le candidat centriste doit être très déçu ce soir de son score qui reste inférieur aux 10% qu'il s'était fixé avec 8,9% des suffrages. Sa devise du "Ni Gauche, ni Droite" n'a manifestement pas été comprise par les Français, même si tout le monde s'accorde à dire qu'il avait un bon programme. Ce soir, François Bayrou a annoncé qu'il questionnera les deux candidats restant en lice pour le second tour et qu'il annoncera ensuite sa préférence pour l'un ou l'autre candidat. Quel que soit son choix, et même s'il devait appeler à voter pour Nicolas Sarkozy (ce qui est loin d'être acquis), il est évident que l'électorat centriste devrait être partagé et qu'il ne se reportera pas unanimement sur le candidat de l'UMP. D'autant que les centristes ayant l'habitude d'aller dans le sens du vent, il y a fort à parier qu'il se rallie au dernier moment à François Hollande. Conséquence : ce n'est pas là non plus que Nicolas Sarkozy pourra trouver les 23% de voix qui lui manquent.
Conclusion : Nicolas Sarkozy ne pourra compter que sur le débat télévisé qui va l'opposer à François Hollande pour espérer l'emporter. Tous ses supporters comptent sur sa pugnacité, sur ses talents d'orateur, sur son charisme pour inverser la tendance et convaincre tous ceux qui hésitent encore à voter pour lui.
Mais même cela ne devrait pas être suffisant. Pour avoir une chance de gagner, il faudrait que Nicolas Sarkozy soit suffisamment brillant pour convaincre certains de ceux qui ont voté pour ses concurrents au premier tour de se reporter sur son nom au second.
Admettons que la tâche s'annonce difficile...
Commençons par les extrêmes. Alors qu'on donnait le Front national entre 13 et 16%, il réalise en fait un score de 19%! Et alors qu'on annonçait même à un certain moment Jean-Luc Mélenchon devant Marine Le Pen, ce dernier ne fait que 10%, un peu plus de la moitié du score de la candidate d'extrême droite!
Par contre, en ce qui concerne les deux favoris, les instituts de sondages ont vu relativement juste : François Hollande recueille environ 29% des suffrages et Nicolas Sarkozy est aux alentours de 27%.
Maintenant que nous pouvons nous appuyer sur des résultats fermes et non plus sur des estimations, l'analyse en vue du second tour est beaucoup plus facile.
Quelques constats tout d'abord.
Relevons en premier lieu la participation elle aussi plus forte que prévu à 81,5%. Les instituts de sondages et les analystes politiques nous expliquaient à longueur d'antenne depuis des semaines que ces élections n'intéressaient pas les Français et qu'il fallait s'attendre à une forte abstention. Ils se sont lourdement trompés. Cette erreur n'est pas sans incidence sur le second tour. Du fait de cette forte mobilisation, le candidat qui a le plus beoin de renfort dans 15 jours, à savoir Nicolas Sarkozy, voit sa marge de progression extrêmement réduite.
L'autre constat a trait au rapport des forces. D'un côté, on voit un bloc uni Hollande/Mélenchon/Joly. Les candidats du Front de Gauche et des écologistes ont appellé dès ce soir, sans ambiguïté, à voter Hollande au second tour, "pour faire barrage à Nicolas Sarkozy". Même si l'on sait que les reports de voix ne se font jamais à 100%, il faut bien admettre qu'ils devraient se faire dans de bonnes conditions, ce qui donne un bloc de Gauche à plus de 40%. Une bonne base pour conquérir les 10% manquant.
En face, Nicolas Sazkozy ne pourra pas compter sur le même enthousiasme du côté des électeurs du Front national. S'il avait encore des doutes sur ce que pensent de lui les électeurs de Marine Le Pen, il n'a eu qu'à écouter les sifflets et les huées saluant chaque apparition de son visage sur les écrans géants au sein du PC du Front national... Au second tour, un nombre non négligeable des 19% de sympathisants du FN restera à la maison, tandis que les autres se répartiront entre les candidats du PS et de l'UMP. Autant dire que ce n'est pas là que Nicolas Sarkozy pourra trouver les réservoirs de voix dont il a besoin pour refaire son handicap.
Restent les électeurs de François Bayrou. Le candidat centriste doit être très déçu ce soir de son score qui reste inférieur aux 10% qu'il s'était fixé avec 8,9% des suffrages. Sa devise du "Ni Gauche, ni Droite" n'a manifestement pas été comprise par les Français, même si tout le monde s'accorde à dire qu'il avait un bon programme. Ce soir, François Bayrou a annoncé qu'il questionnera les deux candidats restant en lice pour le second tour et qu'il annoncera ensuite sa préférence pour l'un ou l'autre candidat. Quel que soit son choix, et même s'il devait appeler à voter pour Nicolas Sarkozy (ce qui est loin d'être acquis), il est évident que l'électorat centriste devrait être partagé et qu'il ne se reportera pas unanimement sur le candidat de l'UMP. D'autant que les centristes ayant l'habitude d'aller dans le sens du vent, il y a fort à parier qu'il se rallie au dernier moment à François Hollande. Conséquence : ce n'est pas là non plus que Nicolas Sarkozy pourra trouver les 23% de voix qui lui manquent.
Conclusion : Nicolas Sarkozy ne pourra compter que sur le débat télévisé qui va l'opposer à François Hollande pour espérer l'emporter. Tous ses supporters comptent sur sa pugnacité, sur ses talents d'orateur, sur son charisme pour inverser la tendance et convaincre tous ceux qui hésitent encore à voter pour lui.
Mais même cela ne devrait pas être suffisant. Pour avoir une chance de gagner, il faudrait que Nicolas Sarkozy soit suffisamment brillant pour convaincre certains de ceux qui ont voté pour ses concurrents au premier tour de se reporter sur son nom au second.
Admettons que la tâche s'annonce difficile...
















