Economie

Foire de Paris : la Réunion sera-t-elle mieux accompagnée et représentée l’an prochain?

Ça y est, les festivités de la Foire de Paris sont terminées et le parc des expositions de la Porte de Versailles a refermé ses portes ce week-end. Quelque peu déçus ou agréablement surpris, les exposants réunionnais tenteront-ils à nouveau l’expérience l’année prochaine? Question d’importance car ce sont eux les acteurs de la représentativité de notre île. Et le bilan de ces 10 jours de salon montre que la Réunion a beaucoup de progrès à faire dans ce domaine.


Foire de Paris : la Réunion sera-t-elle mieux accompagnée et représentée l’an prochain?
Qu’ils se soient rendus à la Foire de Paris par l’intermédiaire de la CCI, ou venus de leur propre chef, les exposants tirent un bilan de ces 10 jours de vente globalement satisfaisant. Côté visiteurs en revanche, même s’ils ont su profiter de ce qu’il leur était proposé, c’est la déception qui domine.

Et pour cause : quand on vient de la Réunion, on ne peut que se sentir mal représenté au Salon Terres des Tropiques. Principaux reproches : peu de produits typiquement réunionnais et une confusion savamment entretenue entre spécialités antillaises et spécialités réunionnaises. Le nombre de représentants se limite en effet à une dizaine, et le rougail saucisses côtoie d’un peu trop près les plats des Antilles. Quand ce n’est pas "la" rougail "de" saucisses !

Le modeste accompagnement de la CCI

"Ce n’est pas comme cela qu’ils vont faire de la publicité pour la Réunion", regrette amèrement une Saint-Suzannienne installée depuis 9 ans à Saint-Ouen. "Ils", ce sont les responsables qui gèrent ce genre de manifestation, c’est-à-dire l’IRT et la Chambre de Commerce et d’Industrie. La Chambre des Métiers quant à elle est systématiquement absente.

Foire de Paris : la Réunion sera-t-elle mieux accompagnée et représentée l’an prochain?
Les observations des exposants résument bien le problème. Chez Sunkaz, agence immobilière spécialisée dans la défiscalisation, les résultats sont positifs et on prévoit de venir une deuxième fois en 2011. Mais pas forcément avec la CCI. "Il n’y a pas de véritable intérêt à venir avec la CCI si ce n’est pour faire partie du groupe Réunion". Une remarque qui soulève l’épineuse question de l’accompagnement de la CCI.

Paul Caro, le vice-président de la CCI, aime à mettre en avant "l’assistance, la surface et le marquage des stands". Éléments qu’il présente comme autant d’avantages à intégrer l’îlot Réunion (l’ensemble IRT-CCI), mais sur lesquels on pourrait débattre longuement. Aux dires des exposants, l’assistance n’est pas forcément au rendez-vous, ni le marquage nécessairement saisissant. "Si encore c’était moins cher avec la CCI !", rajoutent-ils même.

Une exposition souvent ruineuse

Geoffrey Leduc, chargé de Mission de la Commission "Tourisme et Loisirs" de la CCI, avance un tarif d’environ 450 euros/m² pour les vendeurs de denrées alimentaires ou de créations artisanales. Tarif intéressant il est vrai, comparé aux 9m² à 5.000 euros de Mémé Rivière. Mais avec l’électricité et les autres frais, la facture totale s’avère souvent moins avantageuse par rapport à celle de la Foire.

Aussi, en 2008, pour les bijoutiers Nicole Payet et M. Aline Imanache, le mètre carré serait revenu à 136 euros de plus avec la CCI qu’avec la Foire. Désormais, ils agissent en toute indépendance, loin de l’îlot Réunion. Nicole a réclamé à la CCI la tenue d'une réunion pour en discuter et anticiper l'année prochaine.

Foire de Paris : la Réunion sera-t-elle mieux accompagnée et représentée l’an prochain?
Autre difficulté et non des moindres : le fret, le logement, les billets d’avion, tout doit être supporté par la comptabilité de chacun des commerçants, artisans et restaurateurs. Sans tomber dans l'assistanat, ils apprécieraient un coup de pouce. L’entreprise de bijoux Isabel Créations n’envisage un retour l’année prochaine qu’à cette condition.

"Je suis contre les subventions", a pourtant affirmé Paul Caro avec fermeté. La Réunion risque donc de rester l’une des seules régions de France à ne pas contribuer financièrement à son rayonnement. Si ce n’est la seule. Les régions de la Guadeloupe, de la Martinique ou encore le gouvernement de Nouvelle-Calédonie, mais aussi la Corse, l'Auvergne, aident sans rechigner leurs ambassadeurs.

Peu de produits et peu de produits vraiment représentatifs

Ces inconvénients amènent à la situation qu’on connait actuellement. Seuls quelques-uns résistent et les nouveaux sont peu nombreux. Sans parler de la particularité de cette année avec la mise à l’écart de "La Maison du curcuma" et de "Ti Planterre" (voir article précédent). De plus, sur l’îlot Réunion, tous les produits n’étalent pas d’origine réunionnaise certaine.

Stand de M.Jaquet avec le «marquage» de la CCI (lambrequins)
Stand de M.Jaquet avec le «marquage» de la CCI (lambrequins)
Pour exemple, le cas de Roger Jaquet, métropolitain installé depuis 25 ans dans l’ouest de l’île, et vendeur de Vanille Bourbon. Il se murmure dans les allées du pavillon que sa vanille proviendrait de Madagascar. Même s’il s’en défend, accusant ses détracteurs de le jalouser, sur ses sachets de gousses aucune étiquette n’est apposée, qui permettrait de démentir ou de valider ses propos. En tout cas, à 9 euros les 50 grammes, le salon lui a été bénéfique et il répondra présent l’année prochaine.

Il n’existe pas de critères définissant un "bon" représentant. Aucune obligation de présenter un produit-phare, ni vérification de son authenticité. La CCI se contente de passer une annonce dans les journaux et chacun est libre de tenter l’aventure ou non. Ailleurs, le recrutement se veut plus strict. Certains exposants antillais, par exemple, doivent passer devant une commission examinant l’adéquation de leurs produits avec l'image à donner aux visiteurs.

Des rondelles de saucisses et de poivrons, baignant dans un jus de tomates, et vendues sous l'appellation «rougail saucisses»
Des rondelles de saucisses et de poivrons, baignant dans un jus de tomates, et vendues sous l'appellation «rougail saucisses»
Mercredi 12 Mai 2010 - 07:23
Bérengère Lefèvre
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1.Posté par arnold le 12/05/2010 07:43
Hum !! appétissant ce rougail de saucisse !! Vivement que DR reprenne tout sa en main !!

2.Posté par maronaz le 12/05/2010 08:47
ante in zrey in vann la vaniy bourbon é in nespés plat sosis coupé an rondél, la rényon ankor infwa dé supér byin roprézanté.... fo ésay donn vréman limas lo péyi oté, foto la "Des rondelles de saucisses et de poivrons, baignant dans un jus de tomates, et vendues sous l'appellation «rougail saucisses», mi koné pa pou zot mé ma zamé manz sa mwin !! la rényon péyi bato fou!!!

3.Posté par soleil, soleil le 12/05/2010 09:28
En gros, avec 150 millions d'euros de budget, l'export n'est pas le secteur privilégié par la chambre de commerce. "Faire sans eux" le salon d'exposition revient moins cher que se debrouiller "seul".
A vendre des produits d'ailleurs pour des produits de l'Ile de la Reunion: vieux souvenirs de destruction des filieres (huiles essentielles, vanille, curcuma)...
"Etre contre les subventions": combien de subventions recoit cette chambre interprofessionnelle sur les 150 millions d'euros?
continuons a vendre de la vanille de Madagascar! Ca developpe notre ile! Avec les subventions, n'est cepas!

4.Posté par Emilie Réunion le 12/05/2010 17:41
Un pince sans rire ce Paul Caro qui est contre les subventions lorsqu'elles concernent des participants à la Foire de Paris et qui payent fort cher leur emplacement. Quid des 90000€ apportés par l'IRT et donc par Didier Robert de la Région et quid des petits 3500€ de la CCIR ? Est-ce encore là une opération de la CCIR pourtant largement subventionnée par la Région ? La participation de la CCIR sert-elle à prendre en charge les faus frais de P Caro ?

5.Posté par un pur créole en cuisine pas en causé le 12/05/2010 19:07
Oté assez fait honte la Réunion. Depuis quand un vrai Réunionnais y fait rougail saucisses comme ça.
Si les européens y trouvent cette cochonerie là, bon, ben zot la jamais mange un bon zaffaire.
Et puis nana rien que "rougail saucisses" à la réunion
cari baba figue, cari ti jacque, civet canard, cari poulet etc.... Zot y connais pas coué
dis a moin qui ça la fait ce massacre comme ça mi évite son restaurant
beurk beuk et beurk

6.Posté par kalou le 13/05/2010 01:13
pour ma part ,je ne suis pas du tout étonné de ce genre de mascarade.j'ai a mon actif plus de 100 foires et salons a travers la métropole,la réunion et l'afrique afin de promotionné les produits Réunionnais ,en tant que privé et commerçant.c'est a dire demerde toi et le ciel t'aidera.pendant des années nous nous sommes investi pour la promotion de la réunion, sans retour et aide de la collectivité,normal nous faisions du chiffre d'affaire mais aussi avec les dépenses ,sauf une fois une aide de 10.000frs par un fond européen ,sur une aide a la surface de stand,payé deux ans plus tard.mais qu'importe elle était bien utile.précurseur des foires et salons avec les samoussas tailou,law lam,jacky borde,cannepin et bien d'autres.pour faire simple,sur un salon genre salon de l'agriculture ou foire de Paris,avec un investissement global de 150.000frs(avions,fret,hotel,repas,produits,stand 20m2,location véhicule,location matériel,douane,personnel,frais divers...labello car il caille la-bas,pharmacie) ce qui veut dire que si vous ne faite pas au minimum le montant des dépenses,vous etes tres mal et bien des fois nous sommes rentré a la réunion,une main devant,une main derriere,car croyez moi la concurrence est rude....pour les antillais notre rhum sert a allumé le barbecue,et les ananas,vanille,curcuma ,bouchon samoussas,saucisses ,boucané, coute une fortune(fret avion).bien sur!!!! nos produits ne sont pas venu a la nage!!!! les antillais ont crée une filliére produit en métropole et tous les antillais que nous voyons sur les salons sont pratiquement tous de métropole(restauration)les surfaces par centaine de métres carré sont négocier avec les organisateurs au titre de leur ile et redispatché pour les collectivitées et les acteurs privés.résultat? le prix du métre carré tombe.quand pour nous ,nos collectivitées viennent faire du public relation,vacance,rencontré leur collégues,excursion culinaire dans Paris, monte des stands de ouf,avec pose et dépose,car c'est pas eux qui vont se taper le montage et le démontage.rien que le montage et démontage pour un stand de 130m2 pouvait couter 70.000frs,je parle meme pas de l'achat de la structure.
alors bien sur que c'etait injouable pour certain d'entre nous,mais nous avions la foi.....quand je vois la gueule de ce rougail saucisse,je rigole car c'est pas le pire que j'ai vue,un rougail saucisse a la saucisse de strasbourg ça vous dis ?ils n'avoueront jamais mais les antillais envie notre cuisine !!!! alors tant que la restauration Réunionnaise sera considéré comme le service aprés vente de l'hotellerie,tant que l'on aura pas compris,que la restauration est primordial essentiel au developpement touristique,tant que l'on aura pas compris qu'il faut que ce soit nos professionnelles qui représente notre ile et non pas nos éléves des écoles hotelieres,tant que l'on aura pas compris que la Réunion posséde la plus belle variété culinaire de tout les dom tom et je pése mes mots,et bien on aura ce genre de prestation a environ 20€ un rougail saucisse préparer par des entreprises réunionnaise installé et vivant en métropole.avec peut etre des cuistot du sri lanka.la foire de Paris pour l'avoir faite six fois,je peux vous dire qu'elle n'apporte strictement rien en retour touristique pour notre île.c'est une foire qui a connu un pic de fréquentation a mon époque pas si lointaine ,année 2000 ,1 millions 300.000 visiteurs grace au concours Lépine surtout, et il y a quelques années ils ont enlevé ce fameux concours,boum !!!! patatras ,plus que 800.000 visiteurs(13 jours),je vous pris de croire qu'ils ont vite remis le concours Lépine.la clientéle ? que des parisiens et alentours , province parisienne.....puis il faut qu'il fasse un temps pluvieux pour attirer le chaland car si par malheur il fait beau,il préfere aller a la foraine,foire du trone si ma mémoire est bonne...... a titre de comparaison ,le salon de l'agriculture fait 600.000 visiteurs sur 8 jours,avec toute la France qui débarque.....car pour nos agriculteurs c'est la sortie de l'année.......et meme en temps de crise,si nos paysans ont descidés de sortir et faire plaisr a maman....c'est la grande java.... bonsoir.

7.Posté par Nout Racin le 13/05/2010 18:28
Je me demande vraiment si la réunion veut exporter son savoir faire et faire connaître notre île, nous artisans ne sommes pas aidés à promouvoir notre île...
Comment faire.

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