Santé

Fermeture du service pédopsychiatrique du CHU de St-Pierre: Le cri d'alarme d'une maman

Isabelle, maman d'un petit garçon suivi au service pédopsychiatrique du CHU de Saint-Pierre a écrit une lettre adressée au public et aux administrateurs de l’hôpital. Elle souhaite mettre "au grand jour un problème très important : le service pédopsychiatrique enfant et adolescent va fermer ses portes fin juin". Or, "nous ne savons pas quand, ni où nous pourrons poursuivre ces soins", témoigne-t-elle. Voici sa lettre:


Fermeture du service pédopsychiatrique du CHU de St-Pierre: Le cri d'alarme d'une maman
Où allons-nous ?

Je suis une maman comme beaucoup d'autres. Une maman qui travaille et qui a deux enfants. Une maman qui doit gérer une maison et faire face aux aléas de la vie... Mon fils est en souffrance psychique. Il est en grande difficultés à l'école. Je le sens malheureux, perdu, ne sachant comment affronter la vie et ces difficultés. La souffrance est quotidienne, un mal dont on ne guéri que très difficilement. Un tunnel où il n’y aura peut être jamais de lumière, mais dans lequel vous devez avancer. Avancer et chercher à tâtons. Avancer pour essayer de trouver des moments de sourires, des petits moments de bien-être avec les autres. Nous sommes une famille modeste et les difficultés ne manquent pas. Mais la condition de mon fils mettait notre famille en danger. Je ne savais plus quoi faire. Nous voulions trouver la paix et nous avions besoin d’aide.
 
C'est comme cela que nous nous sommes retrouvés mon fils, ma fille et moi au CHU de St-Pierre pour rencontrer un pédopsychiatre. Nous arrivons au rendez-vous et découvrons une maison individuelle. On y trouve la secrétaire dans un petit conteneur qui se juxtapose. Ici pas de riche service hospitalier. Non, nous sommes ici chez le parent pauvre de l'hôpital, ça se voit immédiatement. Nous sommes pourtant dans un milieu destiné à la souffrance psychique. Mais qu’à cela ne tienne mieux vaut un lieu en mauvais état que rien du tout ! Et je vais découvrir un service d'une importance capitale. Ici, les gens travaillent avec les enfants, pour les enfants et leur famille : agressions sexuelles, violences et conflits familiaux, viols, comportement scolaire…

Ils vont pouvoir nous aider, nous allons avancer sur le fils de nos difficultés.

Les mois passent. Au fils des rendez-vous, le travail que nous mettons en place s'avère être très efficace pour mon fils et pour nous tous. Nous arrivons petit à petit à comprendre comment faire face à nos difficultés. Nous ne sommes plus seuls face au monde. Il y a des oreilles pour nous écouter, des bouches pour nous expliquer et notre force à tous pour travailler et avancer. C’est un travail de longue haleine, fait de tous petits pas, un travail de chaque instant qu’il ne faut surtout pas lâcher.

Mais voilà qu’à notre dernier rendez-vous on me signale que le CMPEA (centre médico-psychologique pour enfants et adolescents) du CHU de St-Pierre va déménager. A partir de juin, il n'y aura peut être plus de téléphone joignable. Plus de locaux. Ils ne savent pas où l’administration a décidé de les déplacer. Pas de local prévu pour un prochain déménagement. Mais comment cela est-ce possible ? Où vais-je aller avec mes enfants? Qui va continuer à m’aider ?

Je me sens abandonnée, puis très fâchée. Alors je cris haut et fort que ce n’est pas normal... qu’on ne peut pas nous laisser comme ça, ma famille et moi ! Nous avons besoin d’eux, besoin d’aide!

Je comprends plus tard que les médecins eux-mêmes n’y peuvent rien. Ils ont une hiérarchie qui décide, une pyramide de chefs, un monticule de décideurs. Et comme dans un de ces vieux films de science-fiction, je réalise qu’il y a les gens d’en bas (nous et l'équipe de soins) et les gens de tout là-haut, qui décident sans savoir, sans connaître.

Mais alors, qu'allons-nous devenir ? Mon fils, moi, ce mal de vivre, et tout ce travail accompli, ces progrès réalisés qui se verront très prochainement mis à néant ? Retour à la case départ ? Non s’il vous plait, c’est le cœur d’une mère qui parle. Et tous ces autres enfants meurtris par la cruauté d’un monde si difficile... Que vont-ils devenir ? Avons-nous si peu d’humanité en nous qu’aujourd’hui le marketing de la santé passerait avant la santé de nos enfants ?
Des enfants sans défense, aux mains des adultes, aux mains de nous tous, ou juste aux mains des décideurs ?

Le monde ne tournerait-il pas un peu sur la tête ? Il ne tourne plus rond ? C’est mon sentiment de maman, de femme au travail, un sentiment que beaucoup de monde ressent autour de moi. Mais que sommes-nous devenus ? Notre société si bien organisée, si belle dans ces gestes d’entraide, dans cette répartition des biens, afin d’affirmer notre séparation d’avec le monde animal, d’affirmer notre soutien pour les plus faibles, de donner les moyens à chacun de pouvoir progresser dans son chemin de vie. Une redistribution des cartes qui permet au mauvais jeu de pouvoir participer tout de même à ce monde, parce que tout le monde a droit à sa place. Tout cela serait-il derrière nous ? Une société qui ne s’occupe pas correctement de ses enfants est une société malade.

Alors je m’adresse à vous les politiciens, à vous les administrateurs d’hôpitaux : n’oubliez pas nos enfants, ne nous oubliez pas.
 
Isabelle une maman de St-Pierre
Mardi 13 Mai 2014 - 11:15
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1.Posté par moi le 13/05/2014 12:32
La transformation du CHD en CHU sans forcément de moyens supplémentaires ne pouvait qu'ntrainer ce genre de conséquences.

Le budget n'augmentant pas forcément et la création nécessitant la création de nouveaux services et nouveaux postes, on déshabille pierre pour habiller Jacques.

On crée un CHU alors qu'on à même pas le minimum en matière de médecine hospitalière

2.Posté par marie le 13/05/2014 14:09
Voilà ce que c'est la gauche au pouvoir.

3.Posté par Bouh le 13/05/2014 14:12
Il y a un CMPEA à st-joseph, sur le même site que l'hôpital.

4.Posté par noe le 13/05/2014 15:36
Ouvrir une structure pour quelques marmailles est anti capitaliste ! surtout que les supposés soins sont payés par des contribuables ! et que rien ne prouve que ça marche !

5.Posté par ZembroKaf le 13/05/2014 16:40
Il ya tellement de "grand professeurs" dans ce soi disant CHU, qu'ils n'arrivent même pas à faire un minimum.Le summum c'est le site du sud, certains chefs de service étaient déjà professeurs avant l'arrivée du CHU, certains "brûlent" des patients et visent la présidence du CHU dans 2 ans d'autres sont installés dans le palais et se muent en promoteur immobilier !!!
et pendant ce temps les étoiles (enseignes) bleues du CHU brillent dans le ciel saint pierrots et les patients sont toujours dans le pipi/caca !!!

6.Posté par oui le 13/05/2014 16:58
Voilà le résultat du sarkosisme !

7.Posté par dadou le 13/05/2014 18:42
les budgets ne sont pas attribués aux bons endroits!!des millions d'euros sont gaspilles dans la realisation de batiments,signaletique merdique,et là ou c'est necessaire ben rien!!en mettant la ou c'est utile,il ne peut y avoir de derives!!des detournements quoi!!

8.Posté par une maman le 13/05/2014 19:03
poste 4 sans enfant..? forcément on comprend pas..faut pas lire ce genre d'article et laissez des commentaires comme cela!

9.Posté par Paul André le 14/05/2014 07:29
J'ai lu avec intérêt le cri d'alarme et la souffrance de cette maman, alors qu'il n'y a pas longtemps des états généraux de la pédopsychiatrie étaient organisés sur toute la France et aussi à la Réunion. Cet article d'un syndicat vaut peut-être mieux des états généraux!!!!

Parent d'un jeune suivi en Hôpital de jour, j'ai lu avec attention cet article de la CFDT-EPSMR datant du 6 mars 2014, où diverses problématiques ont été soulevées et que ce syndicat osait dire que des structures manquaient...etc. A ce sujet, je me suis permis de recopier en intégralité l'article paru à ZINFOS974 du 6 mars et que ce syndicat m'en excuse de republier sa tribune, l'actualité oblige. Merci d'en prendre connaissance et laissons le post 4 noë dans sa bétise et sa nullité.

La pédopsychiatrie à la croisée des enjeux !

" La manifestation de la 25ème « Semaine d’information sur la Santé Mentale » aura lieu la semaine prochaine. Le mardi 11 mars sera pour la CFDT-EPSMR, un point d’orgue des états généraux de la pédopsychiatrie, qui va se dérouler pour une première fois à la Réunion.....
Ces états généraux se dérouleront dans un contexte particulier, pour parler et réfléchir sur les difficultés et les préoccupations rencontrées des familles malgré l’éventail des soins proposés en pédopsychiatrie et des évolutions, depuis presque cinquante ans.

Partant de l’existant, les créations futures, les financements, les évolutions des structures, des pratiques professionnelles, les formations...etc, et surtout à partir de la Loi de 2005 sur le handicap, qui donne une nouvelle orientation politique de cette Loi, pour porter une grande réflexion et des réponses à travers ces états généraux !

Aujourd’hui, les équipes de la pédopsychiatrie prennent en charge une très large palette de souffrances et de pathologies : du « fœtus en lien avec la mère au grand adolescent ». Elles soignent et éclairent aussi à travers un travail de prévention.

Cela va à des « vraies dépressions, aux addictions aux psychotropes, aux jeux vidéo, aux boissons alcoolisées… en passant par la prise en charge de l'autisme, les suicides des jeunes….et diverses autres pathologies ».

A ces sujets très importants, la CFDT de l’EPSMR à travers ses propres réflexions, souhaite contribuer à faire entendre les préoccupations de l’ensemble du personnel et de leurs propositions à améliorer la qualité de soins, travers ces diverses questions qui pourront peut-être améliorer les enjeux de demain des secteurs de la pédopsychiatrie.

Pour cela :
-Le personnel de base souhaite également contribuer à faire l'état des lieux à leurs divers secteurs d'intervention de la pédopsychiatrie.
-Témoigner sur des expériences intéressantes et innovantes.
-Parler des difficultés rencontrées dans nos missions.
-Faire des propositions pour préserver la prévention et des soins de qualité.
-Exprimer les difficultés de la continuité des soins après les 16 ans.
-Affirmer d’un besoin d’une structure intermédiaire 16-20 ans pour les jeunes dans l’Ouest.
-Converser sur le travail partenarial avec les autres structures, ainsi que la pluridisciplinarité des équipes.
- La prise en charge des enfants aux troubles autistiques.
-Consolider les alternatives pour éviter les hospitalisations (ex : l’accueil familial thérapeutique, l’hospitalisation à domicile etc…).
-Les délais d’attente aux CMPEA qui demeurent un réel handicap.
-Les horaires des CMPEA répondent-ils aujourd’hui aux besoins de la population ?
-Les problématiques de la Loi 2005 sur l’handicap.
-La problématique des doubles prises en charge entre hôpital de jour et structures médico-sociales…La liste est loin d’être exhaustive.

A partir de ce partage de réflexions et d’expériences, la CFDT-EPSMR aspire que les sujets abordés seront analysés dans ces états généraux pour faire des propositions constructives durables et tournées vers l’avenir, esquissant ainsi les interventions de demain auprès des enfants, des jeunes en difficultés, des familles mais aussi en réponses des équipes, pour un soin de qualité".

LA CFDT-EPSMR.

Jeudi 6 Mars 2014 - 10:40

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