FSU : une rentrée dans l'inquiétudeLa rentrée placée sous le signe de la réforme inquiète les enseignants. Suppression de postes, choix budgétaires et non pédagogiques...Les problèmes déjà existants ne sont pas résolus mais voilà que de nouvelles difficultés se profilent à l'horizon. Pour la fédération syndicale unitaire, l'inquiétude est bien présente.
La Fédération syndicale unitaire (FSU) a fait sa rentrée aujourd'hui. Cette nouvelle année ne laisse rien présager de bon pour l'enseignement à La Réunion. Les réformes et les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement risquent de porter atteinte à la qualité de l'enseignement. "D'une manière générale, on fait des choix, non plus en fonction des besoins mais en fonction des budgets". Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale adjointe de la FSU (Fédération Syndicale Unitaire) reste très critique après la venue du ministre Luc Chatel. "Il a voulu être rassurant, mais cette rentrée, c'est la chronique d'une catastrophe annoncée !".Un livret personnel de compétences (LPC) aux contours flous Le LPC est imposé cette année. Il vise à évaluer les élèves d'après un socle qui comprend sept piliers. A terme, il devrait remplacer le Brevet des collèges. Pourtant, pour les enseignants, les modalités de ce LPC sont encore trop floues. C'est le chef d'établissement qui doit valider les compétences: les évaluations risquent donc d'être arbitraires et on s'éloignerait du niveau national du brevet des collèges. De l'histoire de l'art au collège: "oui, mais il faut des moyens supplémentaires" Pour Michel Zerwetz, secrétaire académique du SNES (personnels enseignants des lycées et collèges), la généralisation de l'heure d'Histoire de l'Art au collège est une bonne initiative. Sauf que"cette discipline supplémentaire ne génère aucun moyen supplémentaire (ni matériel, ni en personnel). Ce sont les profs de Lettres, d'Arts plastiques, ou d'Histoire-Géographie qui doivent les prendre en charge". Un affaiblissement des filières technologiques "L'esprit qui prévaut actuellement tend vers l'économie de moyens et de professeurs", souligne Evelyne Derriennic, secrétaire académique du SNUP. Selon elle, le gouvernement voudrait supprimer la voie technologique (les séries STI, STT, ou encore STG) car trop coûteuse. "Mais ils font ça à petit feu en supprimant la part des matières techniques dans le tronc commun". Au lieu de se tourner vers les séries technologiques, les élèves iront donc, soit en Bac Pro, soit en CAP, soit en filière générale. Le Bac Pro en trois ans: une aberration Cette année est celle de l'implantation définitive du Bac professionnel en trois ans au lieu de quatre. Une réforme qui va logiquement entraîner une suppression de postes. " Le problème est que nos enseignants se retrouvent avec une augmentation massive d'heures supplémentaires imposées", explique Evelyne Derriennic, secrétaire académique du SNUP. Par ailleurs, avec la mise en place des CCF (Contrôles en cours de formation), ce qui correspond à du contrôle continu, les professeurs passent leur temps à évaluer. Ces mêmes CCF annoncent la fin du caractère national du diplôme. " Maintenant, on a des diplômes "maison", dont le niveau est apprécié uniquement par les enseignants", continue Evelyne Derriennic. Un autre problème de ce bac en trois ans: il est difficile de trouver une place en stage pour tous les élèves. La rentrée du FSU se fait donc sous le signe de l'inquiétude, mais aussi de la revendication. Le syndicat a donc décidé de lancer un mouvement de grève le 6 septembre prochain, en plus de celui du 7 septembre, à Saint-Denis et Saint-Pierre à partir de 9h30. Mercredi 1 Septembre 2010 - 17:49
Zaïa Ayama
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