Faits-divers

Erreur de citation, le prévenu n’était pas le bon. Si ce n’est lui, c’est donc son frère !


Encadré par ses convoyeurs de la police, Dimitri Latchoumaya est franchement rigolard en arrivant dans la salle d’audience. Personne ne sait pourquoi, encore moins ses surveillants à qui nous avons posé la question.

Ce gaillard de taille moyenne, petit caïd de banlieue, a pourtant un CV passablement chargé : vols, violences, dégradations, coups et blessures plus ou moins volontaires… Il devrait se tenir à carreau. Au lieu de quoi il se fend carrément la tronche. Nous allons vite savoir pourquoi.

Démenotté, il s’approche de la barre des accusés.
" Vous vous appelez Elie Kévin Latchoumaya… ", commence le président Grillet.
" Ah non, monsieur le Président, rétorque l’intéressé, index énergiquement agité en l’air. La pas moin ça ! A moin cé Dimitri. Moin la jamais appelle Kévin ".

Ca commence bien pour la 1è audience de la matinée. Surpris, ce qui se comprend, le Président compulse fiévreusement ses papiers pour constater qu’il y a bien erreur sur le prénom, donc sur la personne.

Les policiers, à qui nous avons posé la question, se défendent de toute confusion : 
"À la Maison d’arrêt de Cayenne, on nous a dit qu’il s’agit bien de lui, voici une demi-heure à peine, et ce malgré la différence d’identité sur les papiers transmis par le Parquet ".

Rapide vérification et échanges entre parquet et siège, on s’aperçoit que c’était bien Elie Kévin, frère de Dimitri, qui était péremptoirement convoqué pour inexécution d’un travail général ; plus quelques autres bricoles dont il devra répondre ultérieurement.
La salle a du mal (et les juristes aussi) à réfréner le tourbillon de rires qui semble vouloir déferler. On ne nous l’avait jamais faite, celle-là.

Dimitri, re-menotté, est reparti, toujours aussi réjoui. Alors qu’il passe à notre hauteur, nous lui demandons :
"Ben !... Koça ou la ni fé atèrla ?"
Goguenard, il nous largue : 
"Conné pas moin. Bande na la fé in trompette daoir. A moin, moin la gaingn in promonade gratos ".

Allez ! ça mange pas d’pain. Les séances correctionnelles, il s’en faut de beaucoup, ne sont pas toutes de la même farine. La dérision, n’en déplaise aux mauvais coucheurs, est toujours bonne à prendre.

Jules Bénard 
Vendredi 11 Septembre 2015 - 13:20
Jules Bénard
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1.Posté par pierre vergereau le 12/09/2015 11:53
Salut Jules, si tu veux rire lit le compte rendu d audience paru ce matin dans le JR : COUR D APPEL Il frappe son ex et lui impose une relation intime . Jugement : la cour a décidé de condamner J R à trois ans de prison dont 30 mois avec sursis avec obligation d indemniser la victime et d entrer en contact avec elle. Je trouve l obligation un peu forte !

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