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Eric Fruteau écrit à François Chérèque sur la situation des CCAS de la Réunion

Eric Fruteau, président du CCAS de Saint-André et de l’Union Départementale des CCAS, a écrit à François Chérèque pour lui faire part de l’action des CCAS de la Réunion dans le contexte de très grave crise sociale qui touche les foyers réunionnais. Il lui a exposé les stratégies envisageables afin réduire les inégalités qui nuisent à la cohésion sociale, au vivre ensemble, à la santé de toute la société, et sortir les familles les plus fragiles et les publics les plus exposés de cette crise. Voici l'intégralité de sa lettre.


Eric Fruteau écrit à François Chérèque sur la situation des CCAS de la Réunion
Monsieur l’Inspecteur général des affaires sociales,

L’Union Départementale des Conseils Communaux d’Action Sociale de la Réunion est une association qui fédère, autour des problématiques liées à l’exclusion, à l’urgence sociale, à l’action sociale, les 24 CCAS du Département. Nos établissements sont des acteurs essentiels de l'action sociale de proximité. Au-delà des aides financières, souvent liées au traitement de l’urgence, qu’ils apportent quotidiennement et loin des représentations dont ils font encore l’objet, nos établissements font preuve, chaque jour au plus proche des besoins des habitants, de leur faculté d’adaptation dans l'accompagnement social des personnes, en tant que gestionnaires d’équipements et de services de proximité essentiels à la population. Ils ont aussi un rôle très important de coordination, d’innovation et d’expérimentation.

Les CCAS à la Réunion ce sont, en quelques mots ;

• L'ensemble de la population de l'île potentiellement couverte par les interventions sociales des villes
• Plus de 100 millions d’euros de budget, à titre d'exemple 1 million 500 euros sont dédiés par les villes à l’aide alimentaire, autant en matière d’aide à l’énergie ou au logement ;
• 3500 agents intervenants à un titre ou un autre au service des plus démunis
• Des établissements divers : maintien des personnes âgées à domicile, EHPAD, accueil petite enfance, CHRS, Epiceries sociale,
• Des actions dans le domaine de la prévention, de la lutte contre l’habitat insalubre, etc.

A l’occasion de votre passage dans l’île, afin de présenter votre « plan pluriannuel contre la pauvreté et l’inclusion sociale » nous avons tenu à porter à votre attention le regard des élus chargés d’administrer les CCAS principaux acteurs de la réponse de proximité à la précarité et à l’exclusion.

Le constat récent dressé par l’INSEE, dans son étude du 25 août 2013, est accablant : « la pauvreté » reste très importante à la Réunion. En effet 343 000 personnes, soit 42 % de la population, vivent avec moins de 935 euros qui représente le seuil de pauvreté monétaire. Le revenu des plus pauvres est de 242 euros mensuels à la Réunion alors qu’il est  de 712 euros pour la Haute Corse (soit 300% de plus). De même, les dix villes où le revenu médian (inférieur à 800 euros par mois) est le plus bas sont toutes localisées à la Réunion. Le cabinet COMPAS fait ainsi remarquer que « de tels chiffres appliqués à des départements de métropole auraient suscité une mobilisation plus importante des moyens publics ».

Mais la « pauvreté monétaire » ne représente à notre avis qu’un des aspects de la pauvreté. Elle ne permet pas d’appréhender la complexité du phénomène dans son intégralité et produit des conséquences que les seules statistiques ont du mal à évaluer. Résumer ainsi le phénomène ne permet pas de concevoir des réponses adaptées. Celles-ci restent, le plus souvent monétaires et ne permettent de traiter que la partie la plus visible de l’iceberg.

Néanmoins, ce diagnostic reflète, sur ce point, la perception que les CCAS de la situation sociale sur le territoire du département. L’ensemble des CCAS de l’île et leurs partenaires, les services du Conseil Général de la Réunion, la CAF, les associations travaillent à amoindrir les effets dévastateurs d’une pauvreté grandissante et d’une précarité qui se généralise.

Au plus proche des usagers, confrontés quotidiennement à la population dans le besoin, nos établissements constatent, pour cette année encore, et ce, depuis 2008, une hausse considérable des demandes d’aides qui leur sont adressées. Elles relèvent, le plus souvent, de l’urgence et sont liées à l’alimentation, au paiement des frais énergétiques (eau électricité) qui augmentent dans de fortes proportions ou des loyers. L’accès aux soins est aussi une question extrêmement importante dans nos villes.

Avec la crise, les CCAS ont vu grossir les rangs des demandeurs, de familles avec enfants, de salariés qui autrefois ne représentaient qu'une faible partie des demandeurs et bien trop souvent de personnes âgées durement concernées par la pauvreté.

Si nos aides et celles des autres services sociaux semblent indispensables, dans le contexte actuel, elles ne sauraient être les seules réponses apportées. L’Union Départementale se pose la question d’un modèle de développement plus juste, partageant mieux les richesses et permettant à tous de mieux s’intégrer à la société. En s'accentuant, les inégalités nuisent à la cohésion sociale, au vivre ensemble, mais aussi à la santé de toute la société.

Deux stratégies nous semblent envisageables pour les réduire et sortir de cette crise qui frappe les familles les plus fragiles et les publics les plus exposés :

La première consiste, bien sûr, à diminuer les inégalités de revenus à la source, par une politique de création d’emplois pérennes et accessibles à tous, c’est un enjeu capital pour la Réunion. Rappelons qu'à la Réunion le taux de chômage est près de 30% avec un taux chez les jeunes dépassant les 50%. Ces données illustrent à elles seules l’ampleur du mal réunionnais et de la détresse de notre peuple.

La seconde s'appuie sur un effort de la société pour une meilleure redistribution au travers des prestations sociales pour maintenir la paix sociale. Mais, il est essentiel que ces politiques sociales sortent des « logiques de guichet», placent la personne au centre, et reviennent sur les fondamentaux : éducation, logement, emploi, santé…

« Chaque échelon territorial est aujourd’hui interpellé dans ses capacités à agir et à préparer l’avenir ». Il est indispensable de clarifier les compétences entre collectivités territoriales et de favoriser une plus grande lisibilité des interventions de chacun.

Nous réaffirmons avec force qu’une plus grande collaboration entre les partenaires de l’action sociale s’impose. Nous demandons, à l’heure où l’État et ses partenaires réfléchissent à la mise en œuvre d’un « plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale » que se développent et s’instituent à l’échelle des communes autour des maires – Président des CCAS, des instances de coordination de l’action sociale, fortes de l'apport de chaque partenaire, pour définir, adapter et évaluer les politiques sociales au plus près des besoins de la population.

Il est essentiel de mutualiser les moyens et de coproduire des politiques publiques les plus efficaces et efficientes possibles.

Afin que nos budgets et actions ne soient plus soumis aux aléas de décisions unilatérales, de fluctuation politiques, qui impactent fortement le fonctionnement de nos établissements, nous pensons qu’il est indispensable de systématiser, la signature de « conventions d’action sociale territoriales pluriannuelles », sur des durées d’au moins 5 années.

Devant les complexités, parfois voulues et les critères d’attribution fluctuants qui découragent les demandeurs, nous insistons sur la nécessité de simplifier les démarches et de revoir les modalités et critères d’attribution des aides.

Au regard de notre situation alarmante et spécifique, nous insistons pour que la situation réunionnaise soit comprise à sa juste valeur. Il est essentiel que nos collectivités et notamment nos communes, car au contact direct des habitants, soient préservées de nouvelles coupes budgétaires qui ne peuvent être que préjudiciable à l’action sociale de proximité.

Nous espérons Monsieur Chérèque que vous entendrez le désarroi de la population, mais aussi l'inquiétude des élus de proximité que sont les maires, présidents de CCAS qui tentent au quotidien, malgré les baisses budgétaires, d'adapter et de proposer des solutions aux problèmes de leurs concitoyens de plus en plus graves. En plaçant l’humain au centre de nos préoccupations et de nos méthodes, dans le cadre d'un véritable « front d'action sociale » contre la pauvreté, nous devons élaborer, avec nos usagers en souffrance, de véritables parcours pour les aider à sortir définitivement de l’exclusion.

Nous ne gagnerons cette bataille qu'en mutualisant, au-delà des logiques partisanes, la volonté, les moyens, les énergies de l'ensemble des partenaires.

Eric Fruteau, Président de l’UDCCAS de la Réunion
Mardi 29 Octobre 2013 - 16:02
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1.Posté par y refé le 29/10/2013 17:17
Trop fort le petit maire, je devrais dire ex petit maire de st André, il explique à un inspecteur de l’IGAS le rôle et missions d’un CCAS. C’est seulement maintenant qu’il se rend compte que la population et en autre celle de st André souffre. Le phénomène n’est pas nouveau monsieur le petit maire, la population en a marre que des gens comme vous pette dans la soie alors que pour une grosse majorité la fin du mois commence le 15. Il a fallu un rapport de l’INSEE pour que vous et votre ex majorité du cg (présidente comprise) se rende compte qu’à la réunion le chômage et la pauvreté touche plus de 150000 personnes. Étiez absent du terrain pendant ses 6 ans ? Avez-vous rencontré vos administrés en souffrance pendant la durée de votre mandat ? Non bien sûr, trop occupé à se remplir la panse comme beaucoup dans votre équipe. La pauvreté est bien réelle chez nous depuis des années et n’ai pas apparu avec le rapport de l’INSEE. Le hasard du calendrier politique vous fait découvrir que nos concitoyens sont en souffrance aujourd’hui. Le sauveur Chéréque est là, donc comme tous les politiciens vus ce jour à la conférence, il faut se montrer se démarquer et se faire remarquer pour ne rien proposer à part quémander un « chéréque en blanc » une fois de plus.

2.Posté par Christine le 29/10/2013 20:57
Arrete de te fatiguer fruteau. Tous les courriers que tu écris finissent comme ceux de tes administrés ou employés communaux, c'est à dire dans un tiroir ou à la poubelle. Le seul moyen c'est l'action et pour ça tu t'y prend trop tard!

3.Posté par ex arast le 29/10/2013 22:30
le vrai problème c'est surtout la pauvreté intellectuelle de ce petit maire. En 2009 il faisait partie de la majorité zembrocal qui a coulé l'arast avec une bande d'élus incompétents. Et aujourd'hui il s'etonne de voir des milliers de personnes dans la pauvreté . Ce petit maire est un acteur de la pauvreté et ensuite il s'etonne des résultats de ses propres actions. c'est la pauvreté intellectuelle des élus qui est la source de toute les pauvreté de la population. Ces pauvres élus font tout pour assister la population et ensuite s'étonne qu'il y a trop d'assistés....

4.Posté par y refé le 30/10/2013 00:34 (depuis mobile)
Moin té crois que le boug té gagne juste coupe ruban maintenant mi connais que lui gagne écrit aussi.enfin le boug qui écrit pou li la renvoye a li l école aussi a partir de mars 2014. Merci monsieur le maire bis, ou la débarrasse a nous de ce person

5.Posté par RAZLEBOL le 30/10/2013 08:14
il ne faut surtout pas confier les aides aux ccas car c est entrer dans le jeu de non élus qui en font bénéficier a ceux qui entre dans leur jeu .

6.Posté par Daisy le 30/10/2013 13:24
Heureusement que M.Bédier a géré jusqu'ici le CCAS, sans cela ou lété cuit depuis un moment. La vérité i fini toujours par triompher et les Saint Andréens i koné à qui i faudra confier zot ville.

7.Posté par MDR le 30/10/2013 14:03
Trop marrant ce monsieur. Il pleurniche via la presse mais en tant que conseiller général hautement indemnisé, il n'a même pas été capable de participer aux assises de la pauvreté en présence de M. Chérèque. Eric Fruteau n'a toujours pas compris que son rôle est de participer au débat avec les décideurs et non de passer son temps dans la rubrique courrier des lecteurs. Tout ce qui compte pour ce gars là c'est d'être au devant de la scène. Son truc c'est de trouver le moyen de se mettre en avant pour faire comme s'il s'impliquait mais on l'a démasqué. Et on est nombreux à connaitre son petit jeu et à pouvoir rétablir toutes les vérités à chaque coup médiatique.

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