Social

Entretien avec Charles Durand, premier directeur de l'INSEE Réunion en 1966

À l’occasion des 50 ans de l’INSEE à La Réunion, nous sommes allés à la rencontre de son premier directeur, Charles Durand. Resté à la tête de la structure pendant plus de 20 ans, le statisticien nous raconte les premiers pas de l'INSEE à La Réunion.


Lire aussi : 50 ans de l’INSEE : La Réunion en 1966, c’était comment ?

En quelle année êtes-vous arrivé à la Réunion ?

Charles Durand : Cela s’est fait par pur hasard du calendrier. Je suis arrivé à La Réunion le 14 décembre 1965 pour faire mon service militaire à la base. Les deux VAT (volontaires à l’aide technique, ndlr) qui m’avaient précédé et qui étaient dans une structure préfectorale de statistiques venaient de partir et j’ai pris leur place. Comme j’étais attaché de l’INSEE, on m’a tout logiquement muté dans les services de la structure dans l’île. Les choses m’ont été présentées de la sorte au départ. Mais quand je suis arrivé à Gillot, un collègue qui venait d'arriver dans l'île pour une mission sur les conditions de vie des ménages en milieu rural m’avait appris que c’était moi qui allait monter l’INSEE Réunion. Je pensais que j’arrivais dans une structure avec déjà 40 ou 50 personnes et là ça m’est tombé dessus et l’INSEE Réunion a été créée le 1er janvier 1966.

Par chance, ce même collègue venait de créer le service de l’INSEE en Martinique et avait de ce fait une certaine expérience des choses, contrairement à moi qui venait de sortir de l’école de statistiques. Créer un service de statistiques n’est pas que cela : c’est beaucoup d’organisation avec le recrutement du personnel, de la comptabilité publique, de la relation avec d’autres organismes…Bref des choses que l’on n'apprend pas à l’école de statistiques. J’avais également tout à apprendre d’un point de vue organisationnel, tout comme mes jeunes collègues réunionnais, qui avaient tout à apprendre de la statistique.

Vous êtes arrivé à La Réunion pour quelle mission initiale et qui vous en a donné l’ordre ? Le Préfet de l’époque, le ministère de l’Économie ou encore le Premier ministre ?

C’est une lettre du ministère des DOM-TOM qui me met en tant que militaire du contingent à disposition du Préfet pour monter un service. D’un autre côté, j’étais en relation avec la direction générale de l’INSEE qui avait commencé à donner des crédits spécifiques pour monter le service.

Je ne pensais pas rester aussi longtemps je dois l’avouer. Moi au départ, je souhaitais faire mon service militaire et rentrer dans mes foyers pour me rapprocher de mes parents à Nancy. Mais assez vite, après mon arrivée à La Réunion, j’ai eu le coup de foudre pour cette île et j’ai tout fait pour rester. Je venais de passer 10 ans en métropole et bien que je sois né à Paris, j’avais passé une partie de ma jeunesse en Afrique du Nord et la métropole ne m’avais jamais ‘branché’. Quand je suis arrivé ici, j’ai eu comme un flash : je revois le Barachois avec les flamboyants en fleurs, c’est autre chose que la grisaille parisienne. Et puis très vite je me suis trouvé beaucoup d’affinités avec la population et les collègues. J’ai beaucoup voyagé dans ma vie et en toute objectivité, c’est à La Réunion où je me suis senti accepté et où je suis revenu en 2002 lors de ma retraite.

La lettre d'affectation de Charles Durand, signée par le ministère des DOM
La lettre d'affectation de Charles Durand, signée par le ministère des DOM
Comment devient-on directeur de l’INSEE Réunion alors que l'on n'a que 25 ans et que l'on est venu qu'en tant que simple VAT ?

Par une pure coïncidence : il n’y a pas eu d’appels d’offres ni rien du tout. D’ailleurs en septembre 1965, il était question que j’aille en Martinique.

Vous aviez reçu quelle lettre de mission ?

Une de mes premières prérogatives a été de recruter du personnel mais aussi de trouver un local autonome. Il faut savoir qu’à l’époque, les services antérieurs à l’INSEE étaient logés dans les locaux de la Préfecture. L’INSEE a tenu à ce que très vite on occupe un local à nos frais afin de ne pas dépendre de la Préfecture du point de vue matériel. C’est ainsi qu’on a déménagé au 95 rue Jules Auber le 1er juillet 1966.

La personne qui m’a accueilli était venue faire une enquête sur les dépenses des ménages en milieu rural, pour évaluer un peu le niveau de vie de la population. Mais les deux VAT qui m’avaient précédé avaient mené une étude sur le budget des ménages à Saint-Denis, qui servait à l’époque à asseoir l’indice des prix. Une de mes premières activités en 1966 a donc été de mettre en place le nouvel indice de prix. À l’époque, la Préfecture avait calculé un indice avec 12 articles qui n’étaient plus représentatifs de la consommation locale. Pour l’anecdote, ils relevaient encore le prix du casque colonial, qui n’était plus porté par personne…(rires).

Tout était à construire ? Sentiez-vous une certaine écoute depuis Paris face à vos difficultés rencontrées sur place ?

L’écoute se faisait de manière différée parce que nous avions de gros soucis techniques avec le téléphone, qui coûtait également très cher. Les communications avec Paris étaient difficiles : c’étaient des communications radios où il fallait parler puis écouter la réponse et ainsi de suite… On communiquait surtout par courrier postal, avec ses inconvénients : ce n’est pas un mail que l’on envoie et que l’on reçoit dans la foulée. Là, c’était sur deux semaines : 8 jours pour que la lettre arrive et 8 autres jours pour que la demande soit traitée. Il y avait malgré tout une certaine souplesse car nous étions relativement autonomes vis-à-vis de la direction nationale de l’INSEE à Paris. De nos jours tout est connecté et dès que quelqu’un fait un geste ici, c’est connu à Paris.

De plus, à l’époque, on fonctionnait beaucoup avec les crédits du Fonds d’investissement des DOM (FIDOM). Un jour, nous avions reçu une lettre de la part du chef de la division des DOM-TOM à Paris dans laquelle il nous octroyait cinq millions de francs CFA pour réaliser une enquête sur l’emploi. De nos jours c’est inimaginable de procéder de la sorte.

"Les communications avec Paris étaient difficiles"
"Les communications avec Paris étaient difficiles"
Quelle a été la priorité des statisticiens à l’époque? Recenser la population ?

La première priorité pour l’INSEE Réunion fut l’indice de prix avec les enquêtes ménages et les relevés de prix. Et puis après, dès 1967, nous avons débuté les enquêtes sur l’emploi. On ne peut parler déjà de chômage puisqu’il n’y avait pas encore d’indemnisations mais il y avait un sous-emploi des gens. Ces derniers, pour s'en sortir, travaillaient au noir. L’une des priorités de l’INSEE a donc été de mesurer ce sous-emploi. Comme à l’époque l’emploi était très dépendant de la coupe de la canne, on avait fait deux enquêtes : une en mai 1967 et l’autre en octobre de la même année.

Très vite est venu le recensement de la population qui était une opération énorme : il y avait 416.000 habitants à l’époque mais les moyens de communication intérieure étaient beaucoup moins faciles qu’aujourd’hui avec des routes peu praticables et un habitat très dispersé. A tel point qu’à l’époque on avait procédé en deux temps avec tout d’abord un pré-recensement un mois avant pour repérer où étaient situées les cases et ensuite le recensement à proprement parler qui s'est fait à un jour donné (le 16 octobre 1967, ndlr). Il fallait se déplacer dans toutes les communes, recruter des recenseurs et les former. Durant ses cinq-dix premières années, l’INSEE Réunion a surtout fonctionné grâce au recrutement local de vacataires en contrats privés et de ces fameux VAT.

Quelle est la situation démographique lors de votre arrivée à La Réunion ?

On était en pleine transition démographique : on avait réussi avec des actions sanitaires à faire baisser considérablement le taux de mortalité. Par contre le taux de natalité restait très élevé et je me souviens d’ailleurs d’une étude, hors-INSEE, qui estimait que si on laissait les choses se faire, il y aurait eu un million d’habitants à La Réunion en 1985. Les responsables politiques nationaux ont donc pris un certain nombre de mesures pour faire baisser la natalité en développant le planning familial mais aussi en appuyant sur le levier migration, avec la mise en place du BUMIDOM, sans parler des enfants de la Creuse, bien caché par les autorités à cette époque.

Comment se sont organisées les toutes premières enquêtes ?

Nous ne faisions que du porte-à-porte car les moyens téléphoniques ou postaux n’étaient pas aussi développés qu’aujourd’hui.

Vous aviez combien de personnes sous votre direction ?

J'ai commencé avec cinq agents et lors de mon départ en 1985, nous étions 45. Actuellement ils sont près d’une centaine. La question n’est pas tellement le nombre mais surtout la structure. Sur mes 45 agents, j’avais quatre cadres A et 5 ou 6 cadres B et le reste c’était du personnel d’exécution. Aujourd’hui, cela s’est complètement renversé : on a beaucoup moins besoin de personnel d’exécution puisque de nombreuses tâches sont désormais informatisées.

Quel était l'accueil des Réunionnais lorsqu'ils étaient sollicités pour des enquêtes ?

Jusqu’à mon départ, La Réunion était considérée comme un endroit idéal pour faire des enquêtes car l’accueil des Réunionnais était bon par rapport à ce qui se passait ailleurs. Maintenant, cela a quelque peu changé, avec l'augmentation de l'insécurité : il y a des barrières et des digicodes partout…

Quelle a été votre première impression de la situation à la Réunion ?

Ma première impression lors de mon arrivée était un peu sinistre : il faisait nuit, les rues n’étaient pas éclairées du tout et pratiquement personne dans les rues, la ville était complètement éteinte. Le lendemain par contre, c’était une explosion de couleurs avec les flamboyants en fleurs sur le Barachois, la mer d’un bleu profond, la gorge de la Rivière Saint-Denis d’un vert très foncé…C’était le coup de foudre avec la lumière !

Le terme qui revient souvent lorsque l'on évoque cette époque, c'est la pauvreté. Est-ce le qualificatif que vous retenez aussi ?

Non, je n’ai pas eu cette impression de pauvreté, mais de calme et de sérénité au contraire. La Réunion était sereine : les gens étaient calmes, gentils, aucune agressivité. Hormis quelques familles qui vivaient aisément, la plupart des gens étaient dans le même bateau. Socialement on avait l’impression que les gens avaient leur place et la cohésion sociale plus importante que maintenant. Il faut dire aussi qu’en termes de consommation, il n’y avait pas grand chose : beaucoup de Réunionnais n’imaginaient pas qu’ils allaient avoir un jour une voiture ou un téléphone par exemple. À l’époque, le fait de pouvoir se loger et que le logement tienne pendant le cyclone n’était déjà pas mal pour une bonne partie d’entre eux. Il y avait également tout un système hors-banque avec les fameux carnets dans les boutik chinois.

Dans ces années là, la plus grande surface de l’île était le Monoprix de la rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis, sinon ce n'était que des boutik chinois partout.

Et puis l’ambiance politique était assez étrange puisque La Réunion sortait de plusieurs années de ‘règne’ du Préfet Perreau-Pradier, envoyé dans l’île pour ‘éradiquer’ le PCR et la liberté d’expression n’était pas à la mode. Les fonctionnaires et encore plus les militaires comme moi avions une sorte d’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes avec l’ordonnance Debré de 1960 qui n’a été abrogée qu’en 1972.

La fameuse politique de "rattrapage" a-t-elle porté ses fruits selon vous ?

Au moment de la départementalisation, la scolarisation à La Réunion était très faible et il y avait beaucoup à faire et pour des raisons de gestion publique et comptable, on n’a pas mis les moyens du tout. C’est-à-dire qu’on a commencé à faire venir le moins possible d’enseignants de métropole parce que cela coûtait trop cher de faire venir des fonctionnaires qualifiés. Au contraire, on a beaucoup recruté et comme il en fallait beaucoup, il y a eu quand même pas mal d’enseignants de l’époque qui n’avaient pas les compétences nécessaires pour enseigner. Attention, il y avait des gens qui possédaient un talent pédagogique certain et qui ont pu être excellents voire même meilleurs que des gens diplômés. Mais malgré tout, à ce jour on n’a jamais mis les moyens qu’il fallait pour que le niveau scolaire de la population réunionnaise rattrape celui de la métropole. Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait autant d’illettrisme à La Réunion.

Et au niveau économique, il y a quand même eu des avancées non ?

Ça a mis beaucoup de temps quand même…Je me souviens que pendant longtemps, le niveau d’allocations familiales versé à La Réunion était de moitié de celui de métropole. Il a fallu attendre l’arrivée de la gauche et les années qui ont suivi pour que l’on commence à voir un alignement des prestations sociales avec la métropole. Pareil pour le SMIC, qui a longtemps été 70% de celui de la métropole.

Est-ce que certains chiffres donnés par l’INSEE ont-ils été transformés ou occultés par les gouvernements successifs ?

Le seul épisode dont je me souviens est intervenu dans les années 80. Nos équipes avaient fait une enquête sur l’emploi qui disait ce qu’elle avait à dire notamment sur le chômage. Elle devait être publiée en avril et le Préfet m’avait convoqué en me demandant de surseoir la parution après le 1er mai. Il se trouve que j’avais à ce moment-là mon supérieur hiérarchique qui était en mission à La Réunion. Nous sommes allés ensemble chez le Préfet et mon supérieur a accepté de différer la publication. Mais pas de modifications de chiffres. J’en ai connues mais pas ici. L’INSEE a une déontologie forte et a toujours résisté face aux pressions.

Vous êtes resté en poste jusqu'à quelle année ?

J’ai quitté La Réunion en 1985. Je n’étais pas prêt à partir mais on m’avait menacé de me mettre un supérieur hiérarchique dans mon service à l’INSEE, chose que je ne voulais pas et j’ai accepté de partir à Rouen. Mais mon arrivée à Rouen a été un choc pour moi : Après tant d’années passées ici, et même si je suis né à Paris, je me suis attaché à La Réunion. De plus, au niveau du travail, les employés que j’avais à disposition à La Réunion étaient beaucoup plus efficaces que ceux que j’avais à Rouen : pour le même boulot à La Réunion avec deux personnes, il m’en fallait 10 à Rouen ! (rires).

Je suis resté un an là-bas avant de partir à l’étranger, au Zaïre (désormais République Démocratique du Congo, ndlr) où je suis devenu patron de la statistique. C’était une autre planète là-bas avec le régime de Mobutu. J’avais carte blanche mais aucun moyens…J’y suis resté deux ans avant de partir en Polynésie française. Là-bas aussi j’avais été convoqué par le directeur de cabinet du ministre des Finances qui m’avait menacé de me mettre dans le premier avion si je ne modifiais pas l’indice de prix. Je lui ai répondu que ma famille était prête car moi je ne marchais pas comme ça. Ma réponse l’avait quelque peu déstabilisé, ce dernier n’ayant pas l’habitude de voir un fonctionnaire avec du répondant. Après la Polynésie je me suis retrouvé à Bordeaux avant de finir ma carrière à Paris, où je suis devenu coordonnateur de l’action régionale sur la métropole et les DOM. Depuis 2002, je suis revenu vivre ici avec ma femme Réunionnaise, dans le village du Brûlé où j’ai toujours gardé ma petite case depuis les années 60 et où persiste un certain charme lontan qui s'est perdu au fil des années.

Que vous inspire La Réunion d'aujourd'hui ?

Un peu d’inquiétude…Il y a toujours le risque d’une explosion sociale. J’ai vu celle de mai 1973 au Chaudron. Il y a des inégalités qui persistent voire même qui s’amplifient d'où une certaine tension palpable dans la société.
Mardi 4 Octobre 2016 - 17:42
SI
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1.Posté par TICOQ le 04/10/2016 18:27
une époque révolue où tout était plus simple : c'est un VAT qui a créé l'INSEE Réunion !!

2.Posté par Pierre Balcon le 04/10/2016 20:11
Je salue évidemment Charles Durand mais son engagement politique trouble souvent son jugement .
Il est toujours hasardeux d'imputer telle ou telle situation ou avancée sociale comme on dit à tel ou tel parti .
Sur les allocations familiales par exemple il y a une grande confusion
Les montants théoriques d'AF étaient alignés mais une part était prélevée pour alimenter un fonds social ( le FASSO ) qui réinjectait les sommes collectées sous forme d'avantages en nature pour les enfants et les familles ..
Je trouve que c'était à l'époque une idée intelligente .
Sur les migrations : il est facile aujourd'hui de critiquer , de manière démagogique , le BUMIDOM et de renvoyer en permanence à l'affaire des enfants de la Creuse en laissant croire que c'était la faute à l'Etat . Jetez donc un coup d’œil sur les délibérations du CG de l'époque . La petite et grande bourgeoisie locale se défausse tout le temps ; Et il y a aussi la responsabilité accablante des parents - géniteurs et de leur cousins cousines !
Sur l'impartialité et la compétence de l'INSEE mon ami Charles est beaucoup trop optimiste . Je pourrais apporter une autre fois un autre éclairage . Pourquoi par exemple l'INSEE ne publie plus depuis longtemps le solde des transferts ( budgétaires et sociaux) . Un moment l'IEDOM avait poursuivi cette publication mais l'a aussi stoppée depuis 2014 privant les analystes d'une importante sourcee !.
Et puis il faudrait que Charles nous dise aussi ce qui a justifié la création de l'ODR par Squarzoni et pourquoi l'INSEE ne s'implique pas dans les relevés de prix du bouclier qualité prix . Aurait elle des scrupules sur la validité de la méthode ? .
Pourquoi les statistiques sur les impôts locaux sont presque inexistantes , etc...
J'aurais plein d'autres choses à dire sur l'INSEE et sur les grandes réticences de la techno structure administrative à jouer la transparence , à l'heure du big data.
Comme disait déjà Balzac au 19 ème siècle si le peuple savait comment réellement on est gouverné .il y aurait tous les jours la révolution

3.Posté par Pierre Balcon le 04/10/2016 21:07
Quant à Perreau Pradier il avait été nommé par la gauche et non par la droite ( G Mollet étant pdt du Conseil , Gaston Deferre à l'OM et Mitterand à la justice ) .
Et sincèrement quand Charles arrive à La Réuinon l'intéressé est déjà parti depuis mars 63 et donc Charles n'en a qu'un souvenir de seconde main !
Rendons leurs casseroles aux socialistes.!!!!

4.Posté par Jean Luc Hoareau le 04/10/2016 21:34
Ce Pierre B. est fatigant à toujours croire qu'il détient la vérité vraie.

5.Posté par Pierre Balcon le 04/10/2016 22:46
Je sais : entendre des choses exactes est exténuant .
Dites moi plutôt où je me trompe ça fera avancer le débat . Votre fatigue n'intéresse pas grand monde , sauf votre médecin peut être.

6.Posté par Dazibao le 04/10/2016 22:55
@3

Guy MOLLET pratiquait le "molletisme", qui a voté les pleins pouvoirs à De Gaulle. Il a envoyé ce préfet à la Reunion pour casser le parti communiste, aidi par la suite par DEBRE une fois De Gaulle arrivé au pouvoir, aidé par "l'attentat au bazooka".

En politique, le peuple ne voit pas le dessous des tables...

7.Posté par Dazibao le 05/10/2016 02:36
@ 3

Et je vous assure que je ne suis pas communiste. Loin de moi l'idée de défendre le PCR tant m'insupporte l'épisode De Villeneuve, que ma mère a vécu de très près. Juste l'analyse des faits faisant que la mutation de ce préfet en 974, a été décidée par les stratèges de la SFIO, après que le pcr avait remporté deux sièges aux législatives. D'ailleurs, plus tard, après la mort du député BABET (député de la circonscription de St Joseph), ce préfet a tout mis en place pour éviter la contagion et c'est Cerneaux qui a été élu aux termes d'une manoeuvre électorale qui a été décriée jusqu'en métropole. L'élection de Gontier au Port est également de son fait (je rappelle qu'à l'époque le dépouillement s'effectuait à la préfecture. Les urnes étaient acheminées par des policiers et il arrivait qu'une halte s'effectuait près de la ravine à malheur, le temps de vider ....... les vessies, pas autre chose)

8.Posté par TICOQ le 05/10/2016 09:24
Noël aux tisons, Pierre au balcon....

9.Posté par citoyen le 05/10/2016 09:28
Ben au 22h55, si le grand Debré n'avait pas ankylosé le communisme, à cette heure on n'aurait pas interviewé Durand, car on aurait vécu aujourd'hui sous le pouvoir de grand "Kim jung Paul" et sa clique infernale et ce type ne serait surement pas resté dans ce pays indépendant qui serait actuellement au rang de madagascar la miséreuse. Mais les nostalgiques rouges peuvent se rattraper en demandant à la France d'holande de leur accorder cette option, ainsi tous les enfants de la creuse seront de retour dans leur pays natal et tous les autres d'ici retourneront dans le pays de leurs ancêtres , qui, au Gabon; qui, en Inde...et polo ira mourir en Indochine

10.Posté par Lion le 05/10/2016 10:19
Tres interessant cet entretien.
Bon analyse de M. Durand sur certains points de notre societe (reunionnaise).

11.Posté par PEC-PEC le 05/10/2016 10:53
Assez d'accord avec Pierre. Pour revenir sur les enfants de la Creuse, je me suis déjà exprimé hier sur le sujet.
Je suis bien d'accord que cet exode arrangeait bien les familles, qui par duplicité voir complicité ont facilité ce phénomène...
Le reste c'est du vécu, juste une vue de l'histoire de la Réunion, j'en partage l'analyse et le discours.

12.Posté par Dazibao le 05/10/2016 12:53
9.Posté par citoyen le 05/10/2016 09:28
Ben au 22h55, si le grand Debré n'avait pas ankylosé le communisme, à cette heure on n'aurait pas interviewé Durand, car on aurait vécu aujourd'hui sous le pouvoir de grand "Kim jung Paul" et sa clique infernale et ce type ne serait surement pas resté dans ce pays indépendant qui serait actuellement au rang de madagascar la miséreuse. Mais les nostalgiques rouges peuvent se rattraper en demandant à la France d'holande de leur accorder cette option,...
.......................
Eh citoyen, on débat d'un fait pas de ses opinions politiques. M. BALCON a avancé un FAIT, on discute des raisons de ce fait, pas de ce qui n'est pas arrivé compte tenu que les réunionnais ne voulaient pas de l'indépendance.

Il vous arrive dans la vie d'examiner des faits sans parti pris? Quand la passion l'emporte, quand les convictions l'emportent sur l'histoire, le regard que l'on porte n'est plus neutre.

La question soulevée par BALCON est simple: ce préfet était-il de droite à raison du fait qu'il avait été nommé par la gauche socialiste?

Faut pas s'égarer. On parle de la lune et pas du doigt. La politique qu'aurait menée Vergès dans une Reunion indépendante n'est pas l'objet de la discussion.

13.Posté par Dazibao le 05/10/2016 13:00
9.Posté par citoyen le 05/10/2016 09:28

Mais les nostalgiques rouges peuvent se rattraper en demandant à la France d'holande de leur accorder cette option, ainsi tous les enfants de la creuse seront de retour dans leur pays natal et tous les autres d'ici retourneront dans le pays de leurs ancêtres , qui, au Gabon; qui, en Inde...et polo ira mourir en Indochine
...........................

Mais les nostalgiques réac peuvent se rattraper et demander que l'on applique le même principe en métropole, celui du retour au pays des ancêtres, ainsi il n'y aurait plus de "gaulois", la France se viderait.

14.Posté par Dazibao le 05/10/2016 13:02
9.Posté par citoyen le 05/10/2016 09:28
Ben au 22h55, si le grand Debré
............................

1. Je l'ai vu de près et il n'était pas grand

2. Si vous faites allusion à sa taille politique renseignez vous sur l'attentat au bazooka.

15.Posté par kld le 05/10/2016 19:56
"bumidom, y prétend qui donne ", Danyel WARO la fine raconte à nou , pas besoin grand kosé , tout do moune conscient de l'Histoire la Rénion y koné , pas besoin passe par le grand " fonctionnaire " ou autres "grands mossieurs" , le bon sens prés de chez vous , hein ? quand au pierrrot dit pradier , nommé par la goche ou la droite , le résultat a été le meme ; maccarthysme façon framçaise ........... résultats électoraux falsifiés .............

que ce soit la droite ou la goche , chaque citoyen y demande juste que zot "état de droit" , beau concept s'il en est, soit respecté !

16.Posté par Pierre Balcon le 05/10/2016 20:02
Mon propos était juste de mettre en question la pertinence du regard porté par Ch Durand sur l'évolution de la situation de La Réunion depuis la création de l'INSEE en 1966.
J'avançais deux hypothèses :
1/ on a du mal à se défaire des préjugés de sa corporation ;.il reste toujours des "adhérences" comme on dit en chirurgie et donc l'image est plutôt déformée
2/ le regard partisan brouille la vision.
Une mauvaise vision se portant sur une image déformée c'est pas terrible !
L'image que j'ai de mon côté est aussi un peu floue.
Voici les premiers éléments que je perçois :

-Sur la dynamique du système réunionnais , comme on tourne en rond , on ne sait vraiment ni d'où l'on vient ni où l' on va . Personne au demeurant n'est d'accord la dessus. D'où la manie des commémorations pour ré-ecrire une histoire commune fictive qui ne s'est pas passée. Les politiciens et les mondains ,qui adorent les petits fours, adorent ça et ont signé avec Tillier du JIR une paix armée. . Je viens de croiser sous la pluie tout un tas de fantômes et de poètes accrédités qui se rendaient à la soirée que donne la ;présidente pour clôturer j'imagine le colloque sur les 70 ans de la départementalisation , lequel colloque fait suit à l'autre colloque de juin à l'Université avec quasiment les mêmes intervenants. et presque sur le même thème . Pas loin il y a la bibliothéque département qui vient aussi de fêter son anniversaire . Personne n'y vient plus lire mais qu'importe !

Sur les forces en présence on sait seulement que leur résultante est nulle , donc le mieux que l'on puisse faire c'est de cesser de tirer à hue et à dia et de s'asseoir et d' attendre des jours meilleurs qunde ciel s'éclaircira .

Comme il s'agit d'une histoire de pauvres humains voués à la culpabilité et au jugement dernier, immanquablement il faut situer les responsables . L'Etat est le bouc émissaire idéal et désigné donc comme responsable du désastre ; et comme il faut aussi payer les petits fours le responsable doit indemniser les victimes .
Bon ! ma femme me dit que la soupe est prête . A demain !

17.Posté par kld le 05/10/2016 20:06
merci post 14!.debré n'était pas un grand démocrate bien que "espécialisé " dans la "constitution" de la Vème, les historiens ont déjà tranché , le pov debré dont personne ne voulait plus dans "l'hexagone", s'est rabattu sur l'ex colonie réunionnaise , où les "rouges" étaient bien présents ....................... ni de droite , ni de gauche , difficile hein ?
je persiste à dire que le meilleur statut aurait été le statut de TOM , au sein de la "République" , tout en prenant en compte les spécificités des sociétés créoles . mais bon . on y va , dousman , dousman , de droooooooite ou de gauuuuuuuuuuche , sauf pour deux trois certains goyavisés depuis leur tendre enfance, leur enfance bercée par les paroles debréistes d'assimilation ou de folklorisation si gentille , comme l'amendement "légine" .


les nouvelles générations de gauches et de droites ne s'y laissent plus prendre et c'est un pas en avant , mais on est pas sortie !

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