"Entre mépris et intolérance..."C'est un nouvel épisode qui se joue entre la municipalité d'Olivier Rivière et Didier Dalleau, le conseiller général du canton de Saint-Philippe. Selon l'élu du Département, le "flou" et "l'incertitude" régneraient en maître autour de l'ancien cimetière de Basse Vallée tout comme "l'insulte du manquement au devoir de mémoire". Une manifestation en hommage aux défunts du site est d'ailleurs programmée en soirée sous l'impulsion du Comité de vigilance culturelle et cultuelle des Réunionnais.
Le 26 août dernier, le maire de Saint-Philippe, Olivier Rivière, avait exercé son droit de réponse face aux attaques dont il avait été la cible concernant les travaux réalisés à Basse Vallée. Si le premier magistrat avait dénoncé une "manipulation politique", c'est désormais Didier Dalleau, conseiller général du canton de Saint-Philippe, qui monte au créneau. "La réaction de la municipalité en place dépasse l'entendement" Didier Dalleau fait partie de ces personnes qui avaient manifesté leur mécontentement le 21 août dernier après que des travaux mécaniques aient été réalisés sur une partie du site où auraient trôné des sépultures vieilles de plusieurs siècles. Selon l'élu et habitant Saint-Philippe, la commune entretiendrait l'incertitude dans un dossier sensible. "Ces derniers jours la municipalité en place dépasse l'entendement" lance Didier Dalleau. "Il y a d'un côté, une analyse et un projet soigneusement bouclé, de l'autre le 'flou', 'l'incertitude' des bornes de surface qui donnent le droit au maire de Saint-Philippe de marcher sur les vestiges du peuplement de notre commune" poursuit le conseiller général. Plus encore, l'élu estime que face au problème du logement, le maire "propose sans hésiter la construction de maisons individuelles au risque de piétiner les tombes des esclaves". Et d'ajouter : "Quand les médias pointent du doigt le sacrilège, c'est à coup de conférence de presse qu'il menace de porter plainte. (...). Quand les associations crient à la profanation, il affirme la provenance des roches taillées venues de tombes de 'Sainte Suzanne'. Sans doute pense-t-il qu'à Saint Philippe nous n'avons pas assez de roches volcaniques. Sans doute pense-t-il que le meilleur moyen de rendre hommage aux morts, c’est de retirer les roches des tombeaux voisins pour les remettre à Basse-Vallée." Autre grief évoqué par Didier Dalleau, l'interdiction d'accès au site afin, selon lui, de "débarrasser ces fameuses 'roches de Sainte-Suzanne dont on ne retrouve plus la trace". Partant du constat d'une manipulation politique émis par le maire de Saint-Philippe, l'élu refuse d'entrer dans ce qu'il considère comme un "jeu visant à diminuer la gravité de la situation". Une situation qui a d'ailleurs poussé plusieurs associations à organiser une "manifestation" des plus spirituelles. Une cérémonie pour "apaiser les âmes dérangées" C'est une manifestation pour le moins symbolique à laquelle se préparent les membres de quatre associations locales. Ce soir, le Comité de vigilance culturel et cultuel des Réunionnais, réunissant les Paysans de Saint-Philippe, le CRAN, Marmaye la Cour et MLK, a pris l'initiative de mettre à l'honneur "la mémoire des ancêtres bafoués" en invitant le public à "brûler un bougie ou tape sur des bambous pour faire entendre la complainte et apaiser les âmes dérangées". Une action jugée nécessaire par le comité et dédiée à "apprendre aux enfants que le sacré ne peut être bafoué par quiconque, même par accident". L'objectif avoué du comité de vigilance, au sein duquel on retrouve Sully Hoarau, le président de Marmaye la Cour, est de faire en sorte que les Réunionnais n'oublient pas leurs racines. Sur ce point, les membres composant ce collectif estiment qu'un bien historique doit perdurer pour les générations futures. Ceci étant, le Comité précise que le cimetière de Basse Vallée a "bien été dérangé" et demande qu'une étude soit réalisée pour confirmer ou infirmer les bornages. Les différentes associations concernées ont ainsi décidé de se rapprocher du CHAM afin de soutenir un dossier de demande de "classement en monument historique". Le site étant classé en zone constructible depuis quinze années.
Mercredi 1 Septembre 2010 - 16:50
Ludovic Robert
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