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Écologie : Une association assure gratuitement le recyclage des batteries usagées


Écologie : Une association assure gratuitement le recyclage des batteries usagées
Méconnue, l'ATBR (Association de Traitement des Batteries de la Réunion) assure le traitement des batteries usagées depuis 2001. David Pincepoche, son directeur d'activités depuis 2012, met en lumière sur recyclage équitable et peu connu.

Pourquoi l'ATBR existe-t-elle ? La réglementation de l'environnement impose aux importateurs de batteries, incorporées ou non, de déclarer le nombre de batteries importées et de mettre en place leurs recyclages. L'association de traitement collabore avec déjà 59 importateurs à La Réunion, ce qui représente 80% du marché de l'île.

Il existe des sanctions pour tout importateur qui ne remplit pas ces conditions, mais un manque de communication et d'information entraîne que certains importateurs "méconnaissent souvent cette solution". C'est l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) qui contrôle les importations et les déclarations, à l'aide de la DEAL (Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement). Pour un importateur, l'amende s'élève à 7.500€ par unité non déclarée.

"Ça coûte plus cher de ne pas déclarer ses batteries"

David Pincepoche rappelle cependant que la sanction principale est "c'est celle de la nature elle-même". "Quand on voit l'image de son quartier dégradé par des déchets sauvages, ce n'est pas bon pour notre bien-être", affirme-t-il. Faire appel à l'ATBR ne coûte rien aux importateurs et aux distributeurs, "ça coûte plus cher aujourd'hui de ne pas déclarer ses batteries", explique-t-il.

L'ATBR agit aussi au sein de 300 points de distributions dans l'île, au niveau des garagistes ou des stations-services. Ceux-ci se doivent d'avoir un bac de stockage spécifique mis à disposition et installé gratuitement par l'association. Les particuliers qui ne savent pas quoi faire de leurs batteries usagées doivent pouvoir les déposer chez ces professionnels afin qu'elles soient récupérées ensuite par l'association.

Étant des déchets particulièrement dangereux, les batteries stockées seront transportées par un prestataire agréé d'ATBR, qui déposera les bacs au siège. Là bas, les batteries seront dépotées puis re-palettisées pour le transport maritime jusqu'en métropole, où elles seront prises en charge par la société STARDIS. En métropole, la plateforme de réception des déchets dangereux recycle 97% de la batterie (dont la totalité du plomb) en la broyant et la traitant avec de l'acide. Le plastique recyclé sert ensuite à faire des rétroviseurs ou des pare-chocs.

Une méthode "équitable"

Jusqu'en juin 2012, chaque adhérent participait avec une éco-contribution sur toute batterie neuve. Aujourd'hui, l'ATBR s'auto-finance puisqu'elle revend le plomb fondu et recyclé aux producteurs de batteries, limitant ainsi l'extraction de plomb. "Ça ne coûte rien à l'importateur et au distributeur", une méthode "équitable", selon le directeur d'activité, car le consommateur payera plus uniquement s'il consomme plus.

Davide Pincepoche affirme que l'association "n'est pas là pour faire de l'argent, mais bien pour satisfaire tout le monde" et que la revente aux usagers "permet de garantir un salaire pour les sept employés à temps plein". Si les usagers redirigent leurs batteries usagées vers les déchetteries, ce seront les collectivités qui paieront.

Un marché parallèle qui attire

Depuis 2009, des personnes mal intentionnées ont "piqué les batteries à-même les bacs de l'ATBR" pour les revendre sur un marché illégal. À cause de cette "évaporation de batteries", un distributeur qui effectue une mauvaise élimination du déchet ou qui ne peut pas justifier la récupération de ces déchets par un organisme comme ATBR risque 75.000€ d'amende et 15 ans d'emprisonnement. Un acte également "dommageable et dangereux pour l'environnement" car le déchet n'est pas pris en charge par des professionnels.

Selon David Pincepoche, les importateurs adhérents, "doivent être fiers de cette filière qui préserve l'environnement" malgré le fait que la "thématique du déchet soit mal vue ou assimilée à quelque chose de compliqué". ATBR recycle plus de 100.000 batteries par an, soit 400 batteries par jour, mais "se bât" pour atteindre les 200.000 batteries supplémentaires recensées par l'association Bandcochon dans des sites sauvages.

Selon lui, ce travail aussi bien "long et lent" que "nécessaire" passe par une sensibilisation sur le terrain. Il assure faire ce travail de développement écologique, "par conviction" afin que le "citoyen devienne acteur, qu'il sache ce qu'il y a derrière chacun de ses gestes. Peut-être qu'il perd un peu de temps à trier, à déposer sa batterie chez un redistributeur, mais il faut qu'il pense à ce qu'il gagne". L'association est aussi parrainée par le groupe de musique Oussanoussava.

D'après David Pinchepoche, il y a "des réflexes a avoir au quotidien" et des "amalgames simplistes et négatifs" à oublier sur l'écologie, car "chacun à son rôle".


Pourquoi une batterie est-elle dangereuse ?

Elle est constituée d'acide corrosif et de plomb ce qui est toxique pour le corps humain. Ce dernier élément est en lien direct avec le saturnisme, une maladie neurologique par intoxication au plomb, qui entraîne des vomissements, un goût de fer dans la bouche, de l'anémie, des troubles digestifs, ou encore un retard mental et/ou psychomoteur.

Un quartier du Port situé près d'un entrepôt de véhicules historique avait subi plusieurs cas de saturnisme. Les autorités sanitaires avaient été alertées.

Vendredi 6 Juin 2014 - 10:40
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1.Posté par Princesse Fraise pour Bandcochon le 07/06/2014 00:28
Nous remercions l'ATBR de s'exprimer sans langue de bois sur le sujet des batteries.
Le rappel de la loi ainsi que la dangerosité des composants d'une batterie sont essentiels pour que chacun prenne conscience de ses responsabilités : ceux qui les vendent, ceux qui les achètent et ceux qui les abandonnent n'importe où dans la nature.
Notre santé est en jeu ne l'oublions pas. Nous sommes tous responsables.

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