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Des observateurs qui posent problème...

Plusieurs interrogations subsistent sur les blocages des usines du Gol et de Bois-Rouge depuis maintenant près d'une semaine. Décrié par les planteurs, les observateur relatifs aux échantillonnages des chargements de cannes sont au centre des discussions pour la reprise de la campagne sucrière 2010. Les réponses et explications du président de la FDSEA, Frédéric Vienne.


Des observateurs qui posent problème...
Frédéric Vienne, vous êtes à la tête de la FDSEA. Quelle est l'origine réelle des blocages qui perdurent depuis près d'une semaine au Gol et à Bois-Rouge ?

"L'origine réelle de ces blocages concernent le troisième point de nos revendications, c'est-à-dire le rôle des observateurs au niveau des points de prélèvements des échantillonnages des chargements en canne à sucre."

Votre troisième point de revendication concerne la suppression de la "présence physique" des observateurs concernant les échantillonnages. Pourquoi ? 

"Nous estimons et avons constaté que les observateurs exercent une pression. Par moments, sur certaines balances, ils orientaient les échantillonnages. Ce poste existe depuis plus de dix ans mais nous avons constaté depuis le lancement de la campagne sucrière que son rôle était déterminant dans les basses richesses que nous avons pu obtenir suite aux prélèvement qui ont été réalisés.
Vous savez, c'est compliqué lorsqu'une personne travaille du matin jusqu'au soir avec un observateur dans le dos, et c'est vraiment le cas puisqu'il observe en permanence ces faits et gestes. Il ne se contente d'ailleurs pas d'observer. Il a une véritable influence sur la zone de prélèvement."

Vous dites que ces observateurs existent depuis plus de dix ans. Pourquoi ne pas être intervenu plus tôt sur le problème ?

"Nous sommes déjà intervenus lors de la création de ce poste il y a une dizaine d'années et nous n'avons pas obtenu gain de cause. Ce qu'il se passe cette année, c'est qu'il y a des nouvelles directives, je suppose de la part des industriels, qui ont complètement changé. Les agriculteurs se retrouvent désormais avec des richesses catastrophiques et des teneurs en sucre anormalement faibles et c'est là tout le problème."

Justement, comment abordez-vous la position du Comité technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS) et du Comité paritaire de la canne et du sucre (CPCS) sur ce point ?

"Ce qui est dommage, c'est que la présidence du CTICS est tournante et nous avons la chance que la présidence soit du côté des agriculteurs. Mais nous n'avons jamais entendu le président du CTICS intervenir à la faveur des planteurs. Il est absent des débats, je dirais. Pour nous, le CPCS est inexistant. Depuis le début du conflit, aucune réunion officielle du CPCS n'a eu lieu. Il y a eu des réunions mais qui étaient informelles le soir dans une salle. A aucun moment, les responsables n'ont pris leur responsabilité tout en sachant que le CPCS est tenu par le syndicat majoritaire à la Réunion. Tout le conflit qui a lieu aujourd'hui est dû aux mauvaises décisions prises par les dirigeants du CPCS."

On évoque des cas de fraude de plusieurs centaines de milliers d'euros ces dernières années. Quelles sont vos positions sur le sujet ?

"J'attends toujours les preuves de ces fameuses fraudes. Comme en 1994, il y avait déjà eu des suspicions de fraudes mais sans preuves. Cette année, ce qui est bizarre, c'est que dans le Sud, c'est-à-dire là où les industriels auraient soit disant constaté des fraudes, ils ont supprimé certains postes d'observateur."

Vous avez sollicité l'intervention de l'Etat. Où en sont les négociations au jour d'aujourd'hui ?

"Aujourd'hui, nous avons une réunion cet après-midi à la Direction de l'agriculture et de la forêt à Saint-Denis. Je n'y serai pas puisque j'accompagne sur le terrain le président de la FNSEA. On aura un représentant à cette réunion mais nous nous attendons à ce que les décisions soient prises sans notre avis. (...). J'espère en tous cas que la présence du président Jean-Michel Lemetayer et son influence pèsera dans la balance des négociations."

La campagne sucrière 2010 commence mal. Quelles sont les solutions préconisées par la FDSEA ?

"Nous ne demandons pas la suppression du poste d'observateur mais le déplacement. On ne va pas mettre ces personnes au chômage. L'observateur va contrôler tous les postes de la chaîne d'achat, de la pesée au débarquement des cannes mais pas au niveau de l'échantillonnage."
Lundi 26 Juillet 2010 - 13:45
Ludovic Robert
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1.Posté par Cambronne le 26/07/2010 15:12
Question pourquoi le problème ne se posait pas l'année dernière et les années antérieures , pourquoi sortir ce prétexte seulement cette année , vu qu'ils n'ont plus de revendication , ils ont obtenu toute les compensations que l'usinier pouvait tirer de la canne ils veulent quoi encore , ils n'ont qu'à rouvrir une usine à leur compte comme au temps longtemps ou la belle époque de l'industrie sucrière verra jusqu'à 350 usines...
il me semble que même au marché à bestiaux avant d'acheter la vache l'on expertise la bête par un contrôle vétérinaire ...Alors pourquoi l'acheteur n'aurait pas le droit de contrôler les chargements?


2.Posté par Jeff le 26/07/2010 16:00
Quel faux-cul ce Vienne. Commission paritaire veut 50/50 et c'est le cas, mais il y a des planteurs qui veulent tricher en mélangeant astucieusement de la canne riche en sucre et de la canne avec têtes et barbes et d'autres qui veulent retarder la coupe (par manque de richesse de leur parcelle).

Ils jouent un jeu dangereux car le nouvel acquéreur des deux usines ne va pas tarder à réagir, son achat doit rapporter ce qui est parfaitement normal.

3.Posté par Konga le 26/07/2010 16:04
Pour ceux qui connaissent bien le secteur de la canne et les derniers événements au CTICS, les propos de ce leader syndical sont de la pure poudre aux yeux !!!! Certes les industriels ne sont pas blancs bleus dans cette histoire et peut-être, sans doute, cherchent-ils à profiter de ce qui s'est passé pour diminuer leur coûts d'achat. Il n'en reste pas moins que les fraudes de ces dernières années sont avérées, des procédures sont en cours (une vraie enquête de Zinfos, pas un ramassis de ragots ou de commentaires serait d'ailleurs peut-être utile ?), des licenciements ont eu lieu et oui depuis des années, certains agriculteurs "arnaquent" la filière. C'est d'ailleurs assez étonnant de voir qu'au moment où les règles de mesures changent (en évitant notamment les magouilles de chargement) et où les personnes chargées du contrôle sont de nouveaux personnels, tout d'un coup la richesse des chargements chute ..... Étonnant non ???

Lecteur quotidien de zinfos je constate que souvent les commentateurs demandent à ne plus être pris pour des débiles par nos dirigeants et autres leaders d'opinion ; ce à quoi je souscris. Qu'il en soit de même pour chacun de nous quelque soit la position que nous occupons ou le métier que nous faisons, et donc chers agriculteurs : ne nous prenez pas pour des débiles !!!!

4.Posté par fiuman le 26/07/2010 17:55
On ne peut pas tricher tranquille...................................

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