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Des élections préoccupantes à l'Université



Les renseignements qui me parviennent, de sources diverses, concernant l’élection des conseils centraux de l’Université, le 7 juin dernier, sont préoccupants. Personnellement je me retrouve plongé dans le climat électoral des années 60, que j’avais cru à jamais révolu.

Même si elle ne rend pas compte de toute leur étendue et de toute leur gravité, l’annulation de cette élection par le Tribunal administratif de Saint-Denis, au mois de septembre, nous indique que celle-ci a été entachée d’irrégularités.

Comme on l’a constaté dans une affaire qui a retenu récemment mon attention, l’exécution de la décision judiciaire n’a pas été correcte. L’élection des conseils ayant été annulée, l’élection du président de l’université par ces conseils, l’était elle aussi, ipso facto. En conséquence, Monsieur Rochdi n’était plus président de l’université de La Réunion, aussitôt rendu le jugement définitif, et ne devait surtout pas, s’occuper de l’organisation de la nouvelle consultation. Celle-ci aurait dû être confiée à une commission administrative, "une commission électorale d’accompagnement de l’université".

Ce que Monsieur Philippe Forstman, inspecteur général est venu faire cette semaine. La difficulté est que l’inspecteur est arrivé tardivement, qu’il n’a pas remis en cause la légitimité de M. Rochdi et a entériné tout ce que ce dernier a préparé, illégalement. J’ai connu ce genre de situation au temps béni de la fraude des années 60.
Reporter l’élection est une question de principe. Il faut la reporter pour permettre un inventaire des irrégularités qui risqueront d’entacher le scrutin du 30 octobre, et pour avoir le temps  d’y remédier. Quoique dise l’inspecteur général, si des irrégularités entachaient la nouvelle consultation, le Tribunal administratif, voire le Conseil d’Etat, ne pourrait pas ne pas l’annuler. Conforter les auteurs de manœuvres frauduleuses, ne pourrait, par ailleurs, que "prolonger la période d’incertitude que connaît l’université de La Réunion."

Il appartient à "Monsieur le préfet de pourvoir à l’exécution de la décision" du Tribunal administratif, correctement. C’est ce que lui "mande et ordonne" La République (cf le document du Tribunal administratif).

Il faut que tous ceux, personnes physiques et organisations, qui se sont mobilisés contre la fraude dans les années 60, se retrouvent  dans le combat d’aujourd’hui, contre cette peste qui nous revient de façon inattendue – hélas ! – par l’université.

Tous les Réunionnais enfin, doivent se sentir interpellés dans cette affaire comme dans bien d’autres, pour que leur pays soit un pays de droit. C’est une question de dignité et de sécurité.
 
Le besoin de recourir à des procédés frauduleux est le symptôme de la difficulté qu’éprouvent les dirigeants d’un corps social donné à rester aux commandes, parce qu’ils ne correspondent pas aux attentes de ceux qui font partie de ce corps social. Soutenir les auteurs qui utilisent de tels procédés à notre université, de quelque façon que ce soit, revient à entretenir un malaise qui dure depuis un certain temps, et qui est  préjudiciable au bon fonctionnement de celle-ci.

Ayant plaidé pour la création d’une université lorsque M. le Professeur Connac était venu ici en mission, pour supprimer la petite école de droit que nous avions alors ; ayant soutenu que nous devions avoir une université, à toutes les étapes de l’évolution de cette cause, depuis l’école de droit jusqu’à l’université de plein exercice ; conscient de tout ce qu’une université réunionnaise qui marche, pourrait apporter au développement et au rayonnement de notre île et de son peuple, je ne peux laisser se développer, sans protester, le malaise qui la gangrène aujourd’hui.

Nos élus locaux, et plus particulièrement le président de la Région, dont la collectivité, conformément à la loi, est responsable de la coordination du développement économique, social, culturel, sanitaire et environnemental de l’île, doivent intégrer l’université dans un projet global pour la Région, mais sainement, dans le respect de son indépendance. Ont-ils fait cela ?

En attendant, la balle est dans le camp de l’Etat dont la compétence est de dire le droit et de faire respecter la légalité.
 
Paul HOARAU

Jeudi 25 Octobre 2012 - 11:30
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1.Posté par Sansblague! le 26/10/2012 20:25 | Alerter
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M. HOARAU,

Qu'est-ce que l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (Igaenr)? L'ancien directeur de cabinet de Luc Chatel, l’ancien préfet Philippe Gustin, "a fait peser sur ce corps un fort soupçon idéologique, l’assimilant à une réserve de gauchistes".

Pourtant, son directeur actuel est un ancien directeur de cabinet de François BAYROU. Son adjoint, également ancien de l'ENA, représente la France au sein de l'Institut océanographique dont le Président d'Honneur de droit est le Prince Souverain de Monaco
Il s'agit donc d'une institution "politisée". Bref, c'est "l'ENArchie".

L'important serait de connaître "les termes" de la lettre de mission de l'inspecteur envoyé à la Reunion. Quel était l'objet de sa mission? Les résultats sont-ils en rapport avec ces termes?

Certes, il y a eu annulation, ce qui veut dire que "l'élu" est juridiquement non élu, qu'il n'y a plus de président. L'Etat devait donc "combler" le vide juridique et dans cette attente mettre en place la commission ad hoc, comme elle le fait après l'annulation de l'élection d'un maire. Mais M. HOAREAU, quand l'Etat n'exécute pas un jugement, ou du moins n'en tire pas les conséquences, il appartient au bénéficiaire du jugement de ressaisir le juge afin de lui demander de préciser les conséquences qu'entraînent le jugement, sauf à l'avoir formuler dans les conclusions. Ce vide juridique est une conséquence de notre système juridique: en annulant le juge a fait son job. Par contre pour l'application du jugement c'est autre chose, nonobstant la formule "au nom du peuple français etc.", l'Etat fait ce qu'il veut, il traine des pieds, et le préfet qui est aux ordres n'y peut rien (d'ailleurs, il me semble, qu'outre-mer, ce pan de l'action ministérielle lui échappe, comme celui des finances).

A l'évidence, en le cas d'espèce, l'effet erga omnès du jugement à été ignoré. L'Etat a refusé de tirer les conséquences résultantes de l'annulation, mais cela ne peut émaner que d'une décision politique". Aucun haut fonctionnaire ne jouerait "avec le feu", en décidant seul dans son coin: trop chaud le zafair. Toute inspection, vient avec des ordres, et une fois sur place on rend compte et on se réfère aux instructions d'en haut, qui elles mêmes sont dictées d'en haut et juste au dessus de l'Igaenr, il y a le cabinet du ministre, donc du ministre. D'ailleurs, vous parler "d'entérinement" de décision illégales. Cela n'est-il pas grave docteur?

Monsieur HOARAU, en tant qu'ancien assistant parlementaire, vous êtes un fin connaisseur de ces rouages. Vous savez que quand les responsables politiques ont choisi une option, elle ne le fait pas pour sauver un tel ou autre, mais pour préserver des intérêts. Lesquels?

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