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Des élections par l'imposte



Suite aux "élections démocratiques" ce sont Emile, Gungea, Moonien et Bhuckory qui représenteront les journalistes au board du Media Trust pour les deux prochaines années.

Deux "rédacteurs" élus d'office. Deux autres collègues pour représenter les journalistes. Au total quatre membres tous issus du Défimedia Group. Vive la pensée unique et la main mise d'un groupe de presse sur l'ensemble de la profession. La démocratie à la sauce mauricienne ! 

Pire que le fils Jugnauth et son passage par l'imposte.
Et ce sont ces mêmes gens qui dénonceront la passation de pouvoir ! Un comble ! Tout passe dans ce pays. Ça valide tout par solidarité et amitié. Ils ont oublié l'essence de leur métier, le sens critique et le regard que peut et doit porter la société civile sur ces garants de la démocratie. Après tout c'est à travers les impôts du contribuable qu'est financé le Media Trust. Le droit de regard est justifié même si la petite tambouille se fait dans une certaine opacité. 

L'exercice de cette élection se veut " démocratique" même si elle ne reflète en aucun cas la pluralité de la presse locale. Pour justifier cette mascarade, ils avancent que les procédures ont été respectées dans la Nomination Day et le  Polling Day. Ce qui n'est pas faux. 

Aucun autre rédacteur en chef ne s'est porté candidat. Donc les deux "rédacteurs de fortune" ont été élus d'office. Les deux rédacteurs en chef élus d'office sont-ils réellement des rédacteurs en chef ? Ou ont-ils été désignés à la dernière minute pour pourvoir être candidats ?

Y-a-t-il encore des gens honnêtes et intègres dans la presse locale pour avoir le courage de dire les choses? Pas si sûr. Mais la sanction est sans appel. 
Sur un total d'électeurs de 527 inscrits donc ceux qui détiennent la carte de presse, seulement 154 journalistes ont voté. Ce qui représente 29,2% de votes. C'est vous donner une idée de l'importance qu'accorde la majorité des gens de la presse à ces élections. Si aucun autre rédacteur en chef ne s'est porté candidat on aurait souhaité connaitre les raisons. Mais pourquoi leur donner la parole? Il est plus simple de conclure que faute de candidature des autres rédactions, deux "rédacteurs en chef" d'une même rédaction feront l'affaire. 

Presse libre et indépendante ? Le Président sera nommé prochainement par le Premier ministre et les autres membres du conseil d'administration. Un contrôle manifeste de l'État sur la presse. On devine sans mal les relations incestueuses entre journalistes et hommes politiques. La vraie réforme aurait été de refuser de participer et pérenniser cette farce surtout dans le contexte mauricien. Mais non, l'allégeance reste tenace même auprès de la jeune génération de "journalistes". Une génération de journalistes qui au final vote et perpétue dans la plus grande tradition comme ceux qu'ils dénoncent lors des élections générales à Maurice.

Puisque aucun média mauricien ne vous donnera cette information, voici donc les coulisses du Media Trust et les petits arrangements entre gens du métier. Les "professionnels de l'info" ne laissent rien transparaître concernant  les cartes de presse qui ont été changées quelques heures ou jours avant le dépôt des candidatures. Notez que sont ces mêmes journalistes, avec leurs petites combines, qui sont les garants du quatrième pouvoir dans le pays ! 

La baraka du Président du Media Trust. Un nominé politique qui n'a pas hésité à placer quelques mois à peine après sa nomination dans les kiosques son magazine politique. D'ailleurs un de ses propres journalistes a reçu un prix du Media Trust cette année. N'y voyez aucun conflit d'intérêt. Pas chez eux. Ce sont des gens d'une probité irréprochable. Comme une pluie d'étoiles magique lui est tombée sur la tête. Il a été décoré par la Présidente de la République. Le mérite pour devoir accompli certainement et sans aucun doute. 

Vous en voulez encore ? Dans l'administration du Media Trust, on retrouve Jacques Maunick le frère de la belle-mère du petit Pravind. Les proches du gouvernement ont, comme tout citoyen, aussi droit à un poste au sein d'une compagnie étatique ou d'un corps parapublic. Mais il faut dire que depuis la prise au pouvoir de ce gouvernement, tout l'arbre généalogique y passe. Dans ce foutoir on trouve également un journaliste qui n'est diplômé d'aucune école de journalisme mais qui siègera dans le board. Ils balaieront ce petit détail d'un revers de la main avec la condescendance et arrogance qui les caractérisent en signalant qu'il n'y a pas d'école de journalisme encore moins de syndicat à Maurice. Circulez donc, y'a rien à voir. 

Le Media Trust a réussi l'exploit de signer un contrat "historique" pour la formation des journalistes mauriciens avec une école de journalisme du groupe industriel agroalimentaire Auchan. Les membres du board se sont félicités de ce type d'engagements et de promesses pour l'avenir. Des journalistes labellisés Auchan dans les rédactions. Il fallait le faire. Ils l'ont fait ! Alors que l'école est réputée pour proposer des formations de masse en Afrique, Maurice est tombée grossièrement dans le piège. Ce n'est pas sans rappeler les déboires qu'ont connu le groupe Canal+ et son patron Bolloré. Des journalistes d'ITélé qui eux ont préféré quitter la boîte pour une question d'éthique et de déontologie suite à la pression exercée par l'industriel et homme d'affaire proche du pouvoir politique. Ou l'équipe de l'émission zapping qui s'est vu licenciée car ne brossant pas dans le sens du poil les intérêts du grand patron. 

On a, à quelques rares exception près, la presse qu'on mérite.



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Jeudi 1 Juin 2017 - 14:42
La Mauricienne
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1.Posté par Kenny Lasemillilent le 01/06/2017 23:39 (depuis mobile)

Gandhi sais: Be the change you want to see in the world...and I''ll add to it "be the change you want to see in the world or shut the f... up. C''est trop facile d''écrire sur un site web que nobody gives a shit about. J''ai voté et je suis fier

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