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Des détenus de la prison du Port découvrent les bienfaits de la méditation et du yoga


Peu de gens connaissent le milieu carcéral, ses professionnels et la vie des détenus. Une fois n'est pas coutume, la présence du psychiatre Jacques Vigne à la Réunion, à l'occasion des journées de la non-violence, ont permis de le suivre quelques heures à la prison du Port. Une façon de montrer une autre facette du milieu carcéral, loin de celle relativement négative qui domine dans la pensée populaire.

Ce n'est pas la première fois que le docteur Jacques Vigne intervient ici. En 2006, il avait déjà tenu un atelier basé sur une réflexion autour de la maîtrise de soi avec des techniques de relaxation qui permettent de contrôler les impulsions. Il réitère cette formation sur deux heures, pendant trois jours, pour des détenus volontaires.

Dans le couloir où sont situées les salles d'ateliers, plusieurs dizaines de détenus patientent contre le mur. On discute, on rigole, on fume sa cigarette tranquillement. Certains se rendent au cours de code de la route, d'autres vont poursuivre leur formation professionnelle de mécanique.

Spécialiste de la violence psychologique

Ils sont 17, en moyenne âgés d'une trentaine d'années, à assister aux échanges avec le docteur. Jacques Vigne est psychiatre mais depuis 25 ans qu'il réside en Inde, il s'est spécialisé sur les rapports subtils entre le corps, l’esprit et l’âme.

L'intervenant introduit sa séance face aux jeunes hommes : "J'ai écrit des choses sur la violence psychologique en général. Et je suis intervenu à Saint-Denis il y a quelques jours à propos de la non-violence de Ghandi. Le maire de Saint-Denis apprécie beaucoup Ghandi, il a un portrait de lui dans son bureau et il s'investit pour que le yoga soit enseigné dans les écoles du chef-lieu", explique-t-il.

Fermer les yeux et respirer

Rapidement, place à la pratique. De leur chaise, les détenus se livrent à des exercices de relaxation. "Fermez les yeux, nous allons faire un voyage dans le corps, prévient Jacques Vigne. Sur l'inspiration, vous serrez le bras droit, le reste est détendu. Sur l'expiration, vous vous laissez aller… Faites de même avec le bras gauche", détaille le psychiatre. Un peu gêné, on s'observe, puis progressivement chacun se concentre sur l'exercice.

"Apprendre à voir clair soi-même", "l'importance de pratiquer une activité physique pour le moral", "avoir une bonne image de soi", "se donner de la distance avant de réagir à un événement déplaisant"… Chaque individu écoute les conseils du docteur Jacques Vigne.

Certains repartiront peu convaincus par cette séance, d'autres peut-être en auront tiré un enseignement, si petit soit-il. "C'est déjà ça de gagné", conclura un membre du SPIP (Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation).
Mercredi 13 Octobre 2010 - 07:29
Melanie Roddier
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1.Posté par noe974 le 13/10/2010 09:24
Ma grand-mère me disait tj qe dans les prisons , il n'y a pas de coupables : ils sont tous innocents !

Méditer , il le faut ; mais méditer sur les crimes et délits qu'ils ont faits , c'est mieux !!!

Notre société nourrit des délinquants au frais de la "princesse" pendant que d'autres triment au soleil pour nourrir leur famille : travaux forcés , ce serait mieux au lieu de les engraisser comme des porcs !!!

2.Posté par Jean Le Phaéton le 13/10/2010 09:39
Là où la lumière peut pénétrer même très peu, alors il faut l'encourager et entretenir la flamme si petite soit-elle.
Ce genre d'expérience mériterait d'être renouvelée et médiatisée.
Merci pour cet article.
Courage à tous ceux qui gardent espoir en l'humanité dans ces milieux difficiles.

3.Posté par lim le 13/10/2010 13:34
Jean Le Phaéton, vous êtes quelqu'un de sage, d'humain, un philosophe.

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