Economie

Des chefs d'entreprise parlent de la crise : "On rame, on rame, on rame"

En marge de la première matinée interprofessionnelle sur la prévention des difficultés des entreprises organisée par la Chambre de Commerce et de l'Industrie, nous avons rencontré trois chefs d'entreprise, qui ont accepté de nous parler, de manière anonyme, de leurs difficultés liées à la crise.

Tous trois travaillent dans des secteurs différents : Alexandre est artisan, Hassim tient un magasin de vêtements et François est à la tête d'un cabinet d'ingénierie dans le bâtiment. Venus s'informer sur les outils ou organismes pouvant les aider, ils ont tous un point commun : ils sont touchés, à des degrés divers, par la crise économique. Voici leur témoignages.


Photo d'illustration
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"Il faut solutionner le problème des banques"

Pour Alexandre, jeune artisan distirbuteur de produits, qui tient son entreprise depuis 2005, le problème, c'est les banques: "La banque à la Réunion est une banque arriérée, une banque qui date encore à mon avis de la colonie, qui ne sait pas prendre de risque et qui n'a aucun génie et malheureusement bien souvent aucune compétence", commente-t-il.

"Je crois que le mot crise n'est pas parvenu encore à leurs bureaux. Vous avez des conseillers qui semblent totalement l'ignorer, sur ordre ou par vraie incompétence. Or, la crise est est bien là, y compris à la Réunion. Il y a des frais indécents, ce sont des banques qui gagnent largement d'argent à l'année. Ce sont des banques qui n'aident pas", constate-t-il.

Lui souhaiterait avoir plus de facilités bancaires. Car lorsqu'il franchit son découvert, "une cascade de plaies commencent à se mettre en route. La banque vous appuie sur la tête et vous demande en même temps de respirer. C'est impossible", s'énerve Alexandre.

alexandre.mp3 Alexandre.mp3  (6.35 Mo)



"Bien gérer, c'est le plus important"

Hassim, lui, tient son commerce de vêtements dans le prêt-à-porter depuis 40 ans. "Jusqu'à 2010, tout allait bien", souligne-t-il. Ce matin, il s'y est rendu pour "regarder", et pour "s'informer". Il affirme que son magasin connaît "beaucoup de difficultés" et une baisse importante de son chiffre d'affaires. Même s'il ne se montre pas alarmiste pour autant.

"Les gens achètent moins. Ils ont plus tendance à voyager. Et quand ils voyagent, ils achètent. Et puis il y a la concurrence d'Internet". Pour résister à la crise, Hassim a une recette : "Il faut faire très attention aux commandes, ne pas commander trop et bien gérer. C'est le plus important".

Hassim n'a pas un avis aussi tranché qu'Alexandre sur les banques et estiment que la sienne l'aide comme il faut. "En même temps, je suis un client fidèle !", souligne-t-il.

hassim.mp3 Hassim.mp3  (3.28 Mo)



"Vous mettez votre vie en danger"

François a la cinquantaine. S'il est ici, dans les locaux de la CCI, c'est qu'il craint pour le futur... "Je crains pour l'avenir de ma boîte de mes associés, de mes salariés, de ma femme, et de moi, tout simplement". La crise et cette incertitude, "ça fait flipper, je vous le jure", explique ce chef d'entreprise dans le secteur de l'ingénierie du bâtiment, qui a onze salariés. Une boîte qu'il a ouvert en 1992.

Mais depuis trois ans, il le concède, "on rame, on rame, on rame. On essaie autant que possible de trouver des astuces pour étaler les échéances auxquelles on doit faire face", explique-t-il. Son objectif est d'obtenir un étalement pour rembourser ses dettes.

Moins catégorique qu'Alexandre sur le rôle joué par les banques locales, le sujet le rend tout autant prolixe : "Quand on y va et qu'on a besoin d'eux on arrive quand même a obtenir ce que l'on souhaite. Mais pour obtenir ce que vous voulez, excusez moi l'expression, il faut se mettre à poil. Ce sont des conditions draconiennes où vous mettez votre vie en danger et tout ce que vous avez, jusqu'à la dernière culotte de votre femme... Excusez-moi d'être grossier", répète-t-il.

Il note toutefois qu'on a "mis des outils en place pour aider" les entreprises en difficultés qui subissent la crise. François espère pouvoir en bénéficier et "garder la tête hors de l'eau".

francois.mp3 François.mp3  (7.93 Mo)


Vendredi 31 Mai 2013 - 07:14
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1.Posté par didier robert le 31/05/2013 08:43
et notre président de région, il attends quoi pour relancer son département . il nous laisse crever .......
merci les élus


2.Posté par Victime le 31/05/2013 09:30 (depuis mobile)
Lorsque vous réussissez dans les affaires : vous devenez ici automatiquement la proie de certains lobbies qui vont vous exterminer grâce à leurs copains "banquiers" ! Les banques se prosternent devant les gros et se foutent des petits !

3.Posté par Bossuet le 31/05/2013 09:47
Dieu rit des hommes qui déplorent les conséquences alors qu'ils en chérissent les causes. (Bossuet)


4.Posté par Boa Bill le 31/05/2013 10:26
"Il faut solutionner le problème des banques"

Tout est dit ! Rien d'autre à rajouter !

Bertel de Vacoa

5.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 31/05/2013 11:16
3.Posté par Bossuet: ... Je ne connaissais pas, mais je tacherais de m'en souvenir, par se que c'est exactement ça...
Oui les chefs d'Entreprises sont réellement en difficulté grave, mais:
1) Rares sont ceux qui nous appellent a l'aide quand les bénéfices sont a partager...les dettes oui
2) Le libéralisme a ses limites et les orientations prises par les citoyens vont peut être enfin être remises en cause dans ce domaine.
"Liberté Égalité Fraternité" plutôt que "Amour Gloire et Beauté Riche"
3) Cela devrait être une priorité nationale au même titre que la prise en charge de la lutte contre le chômage, les logements sociaux et les restau du coeur, causes pour lesquelles les Français seraient d'accord pour se mobiliser, j'en suis sure, contre la promesse d'une redistribution ÉQUITABLE des richesses produites...

6.Posté par vérités à entendre le 31/05/2013 12:33
Je conseille à tous ceux qui sont intéressés par un éclairage intéressant et lucide sur ce qui se passe réellement d'écouter Olivier Berruyer (créateur du site les-crises.fr) qui nous dit sans langue de bois des vérités qu'on entend rarement ailleurs.
C'est assez long mais avec les 25 premières minutes on sait déjà bien des choses.
Ne vous attendez pas à ce qu'on vous dise que "tout va très bien" car ce n'est pas le cas mais au moins vous saurez un peu mieux pourquoi.

c'est ici :

7.Posté par Choupette le 31/05/2013 12:39
En ce moment, mon ordinateur aussi fait sa crise.

Il rame, rame, rame ...

Grrrr ...

8.Posté par David Asmodee le 31/05/2013 13:31
2) Le libéralisme a ses limites et les orientations prises par les citoyens vont peut être enfin être remises en cause dans ce domaine.


Parce que la France est un pays libéral ?
Il y a déjà eu ne serait-ce que l'ombre de l'esprit d'un poil d'oeuf de libéralisme en France ?

Ce ne serait pas plutôt 30 années de socialisme ininterrompu, d'assistanat de fainéants et de répression des forces vives qui ont mis le pays dans cet état ?


Il faut vraiment arrêter la fumette les gars.

9.Posté par RIPOSTE le 31/05/2013 16:43
Il n' y a jamais eu de banque à la REUNION , mais des établissements d'entrée et sortie d'argent

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