Culture

Danyel Waro, porte drapeau de la culture créole au Palaxa


Danyel Waro, porte drapeau de la culture créole au Palaxa
Dans le cadre de l'événement "Place à…" du Palaxa, qui accueille un artiste pour des échanges avec le public, Daniel Waro anime depuis mardi et jusqu'à ce soir des rencontres entre des jeunes et des artistes. Notamment autour de trois ateliers "Ou Kilé nout kozé ?" mis en place pour un échange convivial autour de la musique, la langue créole et son écriture. Danyel Waro a rencontré des jeunes de l'école de musique de Loulou Pitou de La Source, et a pu partager son expérience de la scène avec des musiciens.

Depuis la réouverture de la salle de spectacle du Palaxa, c'est la première fois que Danyel Waro s'y produit. L'équipe se dit "heureuse d'accueillir un grand monsieur comme Danyel, afin d'apprendre tous à mieux le connaître". L'artiste réunionnais dit qu'il "aurait pu profiter de la salle et de l'équipement pour faire une mise en scène" mais qu'il n'était pas là pour faire "un zafér de vedette et d'arzent". C'est dans un esprit de simplicité, "sans fantaisies" qu'il a eu "kart blans", pour animer ces ateliers pour lesquels il n'a "besoin que de l'essentiel".

Pour lui, ce n'est pas uniquement la chanson qui est importante, mais aussi "le kozmen sérié" sur ce qui l'inspire, l'habite. "J'aime donner les clés pour comprendre mes textes, leurs thèmes, leur sens profond". Il se nourrit de ce qui l'entoure depuis petit et le transmet en chanson, par "besoin de raconter" et lorsqu'il a "gayne le choc", mais surtout, il raconte la richesse de son environnement et la chance qu'il a pu avoir dans sa vie.

Fier de sa langue

La langue créole est une bannière qu'il veut défendre et encourage les Réunionnais à la porter avec fierté. Il se demande "comment peut-on ne pas considérer sa langue ? Pourquoi faudrait-il que l'on se déguise, alors que c'est quelque chose d'ancré depuis bien longtemps ?". Il remarque que pour certains, la réussite passe par "l'oubli" alors que "ce n'est pas vrai". "Tu fais toujours des choses pour une réussite sociale, financière, pour un avenir, alors qu'il n'y a aucun rendement à chercher", déplore-t-il.

Selon lui, il faut respecter le créole, et l'individu qui le parle. "Quand un marmaille va à l'école, il se rend compte que la langue de son papa et son momon ne fait pas partie de celle-ci". L'enfant ferait alors une amalgame violente, car, "c'est un autre que ses parents qui lui apprend à bien parler, pour être poli et se faire entendre". Cette "violence" , n'est pas "logique" pour le chanteur, mais il ne revendique rien pour autant. Ce n'est pas un discours "anti-zorey ou révolutionnaire" mais il rappelle avoir "le doit de coz a li, de chante a li" et veut juste comprendre d'où vient ce rejet. "Mi tié mon momon si mi coz pas créole", explique-t-il.

De plus, il se demande, lorsque ce même marmaille aura 15 ans "comment peut-il comprendre la notion de respect si on ne l'a pas respecté lui-même, son origine, sa culture, avant ?"

"Trois mounes valent plus que 10.000"

Il revient sur l'expérience du Sakifo, différente des concerts qu'il peut habituellement donner, en évoquant un public peut être arrivé là "par accident". Bien sûr le Sakifo "té gayar", mais il assure que "trois mounes valent plus que 10.000". "Les 10.000, c'est la mode, les trois, eux, ils partagent, mesurent vraiment le sentiment qu'il y a derrière", explique-t-il.

À travers sa musique, Danyel Waro est "content de faire le docteur pour les gens", et se soigne "lui-même en premier", car il a "besoin de ça pour guérir". Conscient de ne pas connaître tous les maux du monde, il assure cependant savoir "la maladie que l'on a tous". "Rale a mwin chante sir mon zafér, i sorte loin et surtout i dure lontan", admet-il, en rejetant l'idée de société de consommation.

Parfois, son succès devient menaçant, et il décrit une machine qui "roule trop vite". Sous peine d'en "décevoir certains" en refusant des scènes, et en allant "doucement" afin de "reprendre la valeur des choses" il s'assure de "ne pas se faire broyer par elle".  

Aider les gens en musique est un "grand luxe"

D'après lui, il est nécessaire de "se donner la main et être l'auteur de son chemin" en se posant les bonnes questions "a coz nou lé malheureux ? Même si on rit, même si on sourit"; "kwé sé le bonheur ? Kwé i vé dire le respect, la liberté, l'amour ? Fo arrête di c'est l'autre qui choisit pou mwin, c'est à moi de me demayer". Il veux "partager les clés pour trouver le chemin" avec son public et rappelle qu'il "ne faut pas prendre l'argent pour comptant".

En artiste reconnu de l'île, Danyel Waro "espère assez aimer les gens pour qu'ils l'aiment aussi" et déclare que "c'est un grand luxe de pouvoir faire bouger et d'aider des personnes en chanson".

L'équipe du Palaxa semble satisfaite de ces rendez-vous culturels puisqu'il y a eu une "bonne participation du public". L’événement se terminera ce jour, par un concert de Danyel Waro ainsi qu'un "kabar à terre" du groupe familiale de maloya, Donne La Main.  

Le groupe de Donne La Main, Danyel W. et l'équipe du Palaxa
Le groupe de Donne La Main, Danyel W. et l'équipe du Palaxa
Jeudi 5 Juin 2014 - 14:39
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1.Posté par Alexandre Lorion le 05/06/2014 16:06
Merci pour les chansons telles que : " Gustave" "Adekalom" et "Mauvaise réputation" ....


2.Posté par Boa Bill le 05/06/2014 18:03
Tiens ! Cela faisait un moment que je n'avais pas vu mon ami Danyel Waro ! Il semble pourtant s'être chaussé autrement qu'avec ses savates deux-doigts !

3.Posté par Moin la pa oublié le 05/06/2014 20:45
Porte drapeau de la culture péi de gauche et subventionnée, nuance !

4.Posté par noe le 05/06/2014 21:26
Ce mec ne représente que lui-même : un brailleur dans un micro sans plus !
Il a des musiques débiles ... non pédagogiques !

5.Posté par Roberto le 06/06/2014 10:41
Noé, le débile, c'est toi....!

6.Posté par L''''INSOUMIS le 06/06/2014 11:14
Un blond aux yeux bleus pour chanter "nout kiltir lesclavaz !"

Ca m'a toujours interpeller! Pas vous ?

7.Posté par Interpellez les! le 06/06/2014 17:33
C'est vrai, les idées se mesurent à la couleur des yeux, c'est bien connu...point de départ des Dachau Buchenwald et autres lieux de réjouissances!

8.Posté par Tanbi le 06/06/2014 19:48
Certains feraient mieux d'essayer de maîtriser les bases de la grammaire française d'abord, avant de s'occuper de la kiltir kréol.

9.Posté par KLOD le 06/06/2014 19:55
Je me suis toujours demandé si le NOE était un réactionnaire comme on en croise de plus en plus, ou si ils faisait de l'humour au troisième degré, j'hésite. Danyel , tien bo larg pa minm si mi pe pa déviré dan out Kabar vendredi !!

10.Posté par L'INSOUMIS le 06/06/2014 22:23
DROIT DE REPONSE/

Désolé pour "l'interpeller"" au lieu de "interpellé"....
Mais à la limite j'en ai rien à battre, j'suis pas prof (surémunéré) de français...

Mais pour le reste je persiste et signe ....
Un blond aux yeux bleus qui chante la négritude, c'est un peu comme un facho qui prone le métissage... C'est tout simplement....UN RIGOLO !


Mais ca a l'air de payer par contre....FRANChEment, j'suis vraiment pas désolé pour les fans socialo-bobo-fonctio-demagos de ce daniel hoarau.

11.Posté par Tanbi le 07/06/2014 12:20
@ L'INSOUMIS

Comme je ne suis pas prof de français également, je peux vous répondre sans risque.

Il faut connaître un peu la culture réunionnaise mais aussi les effets que le métissage a produit ici pour comprendre que peu de réunionnais ne songeraient à lui dénier le droit de chanter la négritude parce qu'il est blanc de peau.

Ceci étant dit, je ne suis pas un grand fan de Danyel, mais contrairement à ce que vous avancez, je suis sûr qu'il existe des gens de droite ni fonctionnaires ni bobos qui sont capables d'être sensibles à toute la subtilité de son art.

Eh non, les gauchistes n'ont pas le monopole de l'ouverture d'esprit.

12.Posté par KLOD le 07/06/2014 20:08
Ouf, Tanbi , cela me rassure ( un peu !) pour les gens de droite !!

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