Culture

Dans les coulisses des magazines gratuits locaux…

Décoration, culture, santé, multimédia, la filière des magazines gratuits à la Réunion est prolifique. Certains à l'image de Buz Buz ou Bat' Carré naissent tout juste, d'autres comme "Kwé la fé" ou "Big Up" s'éteignent. Il y a aussi ceux qui perdurent depuis des années. Comment émergent ces productions? De quoi vivent-elles? A quels obstacles se heurtent-elles? Passage en revue des gratuits péi.


Collection issue de la bibliothèque départementale
Collection issue de la bibliothèque départementale

 
L'île de la Réunion n'est pas bien grande et pourtant les initiatives culturelles y fleurissent abondamment. Le créneau des magazines gratuits en est un bel exemple. Dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC), les revues "Planète Multimédia" et "Réunion Multimédia" abreuvent les passionnés de technologie. "L'Azenda" ou "Buz Buz" proposent des idées sorties, et des articles culturels. On trouve également "Maisons créoles" et "Koté Péi" qui surfent sur la vague de la décoration et des tendances mode, ou encore Anform, venu des Antilles qui se consacre à la santé.Tous sont distribués localement et gratuitement.

Vent de création

Malgré l'importance des titres déjà présents sur le marché des gratuits, le mouvement de création ne semble pas s'essouffler. Ainsi, en juillet dernier, le dernier né, "Bat'Carré", a fait son apparition en de nombreux points de l'île. Francine George, directrice de rédaction de l'ouvrage, travaillait déjà dans la presse et était auteure de plusieurs livres lorsqu'elle s'est jetée à l'eau.

"Je voulais faire mon propre chemin et produire un magazine qui ne soit pas seulement réservé à une élite, je voulais intéresser le plus grand nombre", explique t-elle. Un pari en bonne voie puisque plusieurs annonceurs ont vite été intéressés par son projet après en avoir visionné la maquette. Le premier exemplaire de la revue illustrée qui parle évasion, traditions et voyage a été tiré à 15.000 exemplaires et largement diffusé.

Question d'indépendance

Bien entendu, un ouvrage en distribution gratuite a tout de même un coût de production. Si les magazines payants doivent une partie de leurs recettes aux ventes des lecteurs, les gratuits se financent exclusivement par la publicité. Un aspect qui peut constituer un atout et également une faiblesse. Puisqu'il n'est pas besoin de débourser le moindre sou pour se l'approprier, le magazine gratuit peut toucher un très large public, et de fait, intéresser grandement les publicitaires. Mais, l'existence des magazines gratuits, parce qu'elle est conditionnée par les annonceurs, peut être sujette aux déconvenues.

Laurent Médéa, en a fait l'expérience avec son "Big Up", magazine trimestriel de culture urbaine stoppé en 2008 après deux ans d'activité. "J'ai lancé Big-up en constatant qu'il y avait un réel attrait pour la culture urbaine et la cible visée était populaire, mais les annonceurs étaient frileux car ils pensaient que ce public n'était pas très consommateur, ce qui est entièrement faux".

Le come-back de Big Up

Faute de temps à consacrer au démarchage des entreprises et d'argent pour embaucher un commercial, Laurent Médéa a arrêté là une aventure qu'il estime en dépit des difficultés rencontrées "enrichissantes". Plus disponible aujourd'hui, il se sent prêt à faire renaître le magazine qu'il a vu grandir et dès mars 2012, le survivant reparaitra comme s'il ne s'en été jamais allé. "On ne change pas une équipe qui gagne", affiche son fondateur avec conviction.

On a déjà vu période plus faste. Crise aidant, le budget publicité est "le premier que l'on sabre", comme le souligne en connaissance de cause la rédactrice de Bat'Carré, mais Laurent Médéa pense connaître l'une des clefs de la réussite: "toucher une cible particulière, sur un secteur précis"...

Le bon filon

Difficile créneau que celui du magazine gratuit, à la solde des annonceurs qui le font vivre. Tous ne sont pourtant pas sur la brèche et loin s'en faut. Le mensuel Réunion Multimédia fêtera bientôt son 100ème numéro après près de 10 ans d'implantation dans le paysage réunionnais. Destiné aux amateurs des curiosités qui se multiplient à un rythme effréné du côté des technologies de l'information et de la communication (Tic), il bénéficie de contrats permanents avec de grosses entreprises et devrait selon toute vraisemblance avoir encore de beaux jours devant lui.

L'indépendance des propos tenus par les rédacteurs et leur choix d'articles doit parfois encore, comme dans toute entreprise de presse financée par la publicité, se négocier, mais la mécanique est rodée. Amandine Dolphin, rédactrice à Réunion Multimédia témoigne: "Nous essayons d'être le magazine de référence des Tic et de promouvoir aussi bien les petits que les gros. Des fois, cela peut poser problème du côté des annonceurs, mais nous parvenons à leur expliquer qu'il y a une séparation entre la partie rédactionnelle et la régie pub".

Alors quelles différences entre le magazine gratuit et le payant? Sa qualité, son contenu, son lectorat? La journaliste se contentera de répondre: "Le gratuit, les lecteurs ne le payent pas"!
Samedi 10 Septembre 2011 - 07:30
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1.Posté par tiboutikieleo le 10/09/2011 10:04
quand zinfo gratuit papier hebdo,?

2.Posté par vipère le 10/09/2011 18:07
à tiboutikieleo
pitié,nos boites aux lettres n'en peuvent plus,je devrais dire nos poubelles !

3.Posté par polo974 le 11/09/2011 11:39
les gratuits se financent exclusivement par la publicité. Un aspect qui peut constituer un atout et également une faiblesse.

la faiblesse, c'est sûr, mais il va falloir nous expliquer où se trouve l'atout...

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