Politique

Danielle Persée s'explique sur les partielles

Zinfos a rencontré la troisième candidate aux élections municipales partielles, programmées les 27 et 4 octobre prochains. Nous lui avons posé sept questions parmi lesquelles l'origine de cette candidature, les grandes lignes de son programme ou encore son regard sur les drames survenus en direction des femmes depuis le début de l'année. Explications de la première femme candidate aux municipales à Saint-Louis...


Danielle Persée s'explique sur les partielles
Danielle Persée, vous êtes la troisième candidate aux partielles de Saint-Louis. Quelle est l'origine de cette candidature et quels sont les facteurs qui vous ont motivé à accepter ce rôle dans cette course à la mairie ?

"J'adhère aux idées du PEUP depuis 2007 lorsqu'il est devenu un parti politique. Le PEUP, c'est un projet de société élaboré par des personnes de la société civile qui voulaient changer les idées reçues et mettre en place de nouveaux modes d'intervention. Je fais partie des déçus de la droite et de la gauche traditionnelle et j'ai tout de suite adhéré à ce parti pour ses valeurs humaines, l'éthique, un code de déontologie et des valeurs d'honnêteté et de droiture.

En mars 2008 j'étais en 4ème position sur la liste du PEUP et cette année j'ai été nommée comme tête de liste à l'unanimité lors d'une réunion du Conseil d'administration suite aux propositions des militants. Comme j'étais disponible après 22 ans en tant qu'assistante sociale, que j'étais bien placée pour faire connaître le PEUP aux Saint-Louisiens et Riviérois et que j'ai des valeurs, j'ai accepté. Partant de là, je me suis située au niveau du PEUP, car on y fait le pari de l'éducation, de notre jeunesse qui n'est plus écoutée et qui est bottée en touche.

Par la suite, il y a les verts d'Europe Ecologie qui nous ont rejoint avec comme crédo la protection de l'environnement et de l'être humain en général. Il n'y avait pas de raison de ne pas accepter. C'est pourquoi je suis la candidate du rassemblement sur Saint-Louis."

Quels sont, concrètement, les grandes lignes de votre programme ?

"Avant toute chose il faut réconcilier la population de Saint-Louis. Ce n'est pas un vain mot et il va prendre toute son importance dans la mesure où nous sommes dans un contexte de violence à Saint-Louis. Il faut lui permettre de faire ses choix car actuellement les gens ne sont libres à Saint-Louis puisqu'ils sont dans un clivage et je crois qu'il y a un gros travail à mener pour que ces personnes soient valorisées.

Une fois réalisé ce travail, il y aura du boulot puisqu'il faudra mettre en place un audit pour un état des lieux aussi complet que possible, dans les meilleurs délais.
On propose aussi de mettre le paquet sur l'éducation. On ne peut pas laisser les jeunes livrés à eux-mêmes. Dans les quartiers les plus éloignés de Saint-Louis, il n'y a pas de lieux de rassemblement pour les familles. On a du potentiel chez les jeunes, les retraités mais il n'y a rien. C'est urgent de mettre en place ces lieux d'accueil et des relais avec un référent vraiment compétent et représentatif au niveau de chaque quartier. (...).

Nous voulons une politique de proximité avec la population et leur proposer des structures adéquates. Il y aussi des chantiers écoles pour des jeunes en rupture totale sans qualification et diplômes à travers un système de tutorat pour acquérir une première expérience professionnelle. On a également prévu du soutien scolaire et des activités périscolaires dans le cadre de cette proximité. (...).

Nous repartons sur un programme de 16 pages qui est l'émanation d'un travail associatif. Il y a une colonne vertébrale qui est l'éducation et autour de cette colonne vertébrale, on a l'économie, l'environnement, l'agriculture, le social, le développement du territoire. (...)."

Qu'en est-il du volet social et environnemental de ce programme ?

"Je voudrais mettre en place une action sociale de qualité pour toute la population et selon des critères et surtout pour les familles les plus démunies. (...). Actuellement, il y a une frange de la population qui vit repliée sur elle même, qui tombe dans la précarité et qui vit de bons alimentaires. Il n'y a aucune action sociale intelligente et concrète.

Un autre exemple, 60% des gens qui travaillent sur Saint-Louis habitent hors de la commune. On se retrouve avec une population appauvrie qui est laissée pour compte parce qu'elle n'a pas voté pour untel. Il y a un filtre et qui n'est pas fait par des personnes compétentes et ce, dans les actions sociales, le domaine économique. C'est au petit bonheur la chance avec le clientélisme et la couleur politique sur des critères subjectifs. Je voudrais m'atteler à cela pour qu'il y ait une justice et que l'on revienne aux vraies valeurs. Un maire est garant de la cité et pour toute la population et non au service de quelques uns. Sur le terrain, les gens sont outrés. (...). Si l'on se penche sur les dépenses de fonctionnement, il y aurait de quoi faire des économies et toutes ces sommes permettraient des actions sociales de qualité.

Quant à l'environnement, nous sommes dans un contexte d'urgence écologique. Nous sommes asphyxiés à certaines heures. Il faudrait revoir le plan de circulation et réfléchir à d'autres modes de transports doux avec vélos, piétons, des parkings à vélos et voir comment ré-agencer. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine mais c'est faisable. La sensibilisation a débuté mais il faut communiquer sur ce projet car les gens ne sont pas contre lorsque l'on en parle avec eux. Les élus et les cadres devront montrer l'exemple. Rien n'est figé.

Nous sommes opposés à l'incinérateur pour les déchets. On a aussi l'Etang du Gol sur lequel on travaille. On a un fort taux de chômage à Saint-Louis. Pourquoi ne pas favoriser la création d'entreprises d'entretien des panneaux photovoltaïques ? Il faut faire de Saint-Louis un pôle environnemental aussi en adéquation avec la réduction du chômage. Il y a un vrai message de sensibilisation à effectuer sur la population et nous le ferons. Chez nous, chaque colistier a un champs d'action et des compétences spécifiques."

Il reste dix jours avant le 1er tour de cette élection partielle. Qu'avez-vous à dire sur le déroulement de votre campagne électorale ?

"Je crois que l'année dernière, le peuple a vu que le PEUP est resté fidèle à ses convictions et ses valeurs. Nous avons poursuit notre travail même si nous avons été approchés par d'autres candidats. Nous sommes la seule formation politique à ne pas avoir donné de consigne de vote. (...). La population n'a plus de doute sur notre opposition à un ralliement à un autre candidat. Ma candidature fédère le rassemblement Europe Ecologie et Priorité à la Rivière. Il y a une forte demande. Pour certains, il y a eu trahisons chez les ténors.

Il y a eu confusion avec le ralliement de Serge Rangama et le PEUP de Philippe Rangama. C'est un frein mais cela nous permet de rectifier le tir et puis c'est la première fois qu'une femme se présente à Saint-Louis. Vis-à-vis des femmes ça se passe très bien mais aussi auprès des hommes. Mais il est vrai que les gens savent déjà pour qui voter, ils le disent. A ce moment là on n'insiste pas.

La frange de la population que l'on veut toucher, ce sont les indécis et ceux qui sont fatigués par ce duel et qui ne veulent plus aller voter. (...). La priorité pour nous c'est de jouer stratégique en allant vers ces gens là, qui ont été identifiés par des colistiers. (...). Il faut faire passer un message mais le PEUP est un jeune parti en devenir. Il y aussi une recherche me concernant et concernant l'apport d'Europe Ecologie. Certains se disent déjà convaincus mais beaucoup posent des questions sur le second tour. Mais chaque colistier a signé un acte d'engagement pour ne pas se positionner si l'on ne franchit pas la barre des 10%."

Quel est votre regard sur l'ouverture pratiquée par Claude Hoarau ?

"Ce n'est pas une ouverture mais une alliance de circonstance. Je pense qu'il se sent acculé. Ce sont des alliances contre-nature qui ne répondent pas au besoin de la population. Pour moi, il y a un désir de vengeance personnelle et une crainte de perdre le pouvoir. Ce sont des coups rendus d'un côté ou de l'autre. (...). Il n'y a aucun intérêt pour la population avec des désirs personnels. Et puis, cette alliance n'est pas bien perçue chez les militants d'origine du PCR qui ont longtemps combattu l'adversaire. Pour beaucoup d'anciens cela est mal vécu et beaucoup disent qu'il y aura des surprises par rapport à ces choix."

Que pensez-vous de cette forte attente réunionnaise et présentement saint-lousienne concernant l'obtention d'un emploi. Un emploi visiblement subordonné à l'élection de leur candidat ?

"La commune n'est pas pourvoyeuse de travail. On a bien sur une population en situation de précarité mais c'est une espèce de spirale très ancrée qu'il faut casser. Le projet du PEUP va à l'encontre de cela. On doit accompagner la population dans une démarche de recherche d'emploi pour qu'elle prenne son destin en main. (...). La fonction communale doit permettre de trouver cette voie à travers des interlocuteurs pour pouvoir accomplir son projet personnel, sa tâche même dans les difficultés. Nous sommes à contre courant. On ne va pas chez l'habitant pour lui dire 'on te donne un travail, votes pour nous'. On est dans la responsabilisation pour que cela change."

Les actes de violences commis en direction des femmes se multiplient depuis le début de l'année. Vous, qui êtes une femme candidate à la mairie de Saint-Louis, quel est le regard que vous portez sur ces drames familiaux ?

"Il n'y a pas de véritable politique de prévention. Si tous les institutions se mettent ensembles pour réfléchir à cela, cela se raréfierait avec le temps. (...). Tout commence par l'éducation. Hier soir, j'ai rencontré un groupe de femmes et nous avons réfléchi sur ces actes récurrents, sur l'image de la femme véhiculée dans les médias, dans les pubs, sur les gamins livrés à eux-mêmes. On en est arrivé sur le constat de l'éducation. (...). C'est pour cela que je parlais des réseaux de proximité dans les quartiers. Si on essayait de faire des lieux de rassemblement et de discussion cela permettrait d'évacuer un certain nombre de chose. Puis il y a les pouvoirs publics, les institutions qui devraient se mettre au même diapason afin de mieux prévenir. (...).

Ces femmes sont souvent livrées à elles-mêmes. Il faut trouver une personne d'écoute adéquate. Si l'on arrive à mettre en place de la proximité à travers des lieux de discussions, d'écoute et de rassemblement, les choses pourraient s'améliorer. Souvent, c'est une meilleure amie qui a accès à l'information. Il y aussi des problèmes d'accueil au niveau des forces de l'ordre et d'écoute. Il y a du boulot. Dès la très petite enfance les choses se jouent. L'éducation est fractionnée. L'accompagnement est primordial. Il faut des cellules d'écoutes ou les femmes peuvent se confier. Comment mettre dans les quartiers des personnes compétentes ? C'est ça la vraie question, mais l'accompagnement est primordial. Il y a des solutions.

Les deux principaux candidats ne véhiculent pas ces valeurs. Il faut donner une autre vision des choses et associer les hommes aussi. Les hommes violents sont souvent des personnes qui ont été violentées étant enfants et qui reproduisent ces schémas dans leur propre famille... Un commune devrait veiller à cela et je n'y manquerai pas..."
Jeudi 17 Septembre 2009 - 08:00
Ludovic Robert
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1.Posté par stefu44 le 17/09/2009 11:06
Merci Danielle ! ENCORE , ENCORE !
ECOLOGIE : Pensons à jeter un pont entre la Rivière et l'entre deux ! cela désengorgerait les hauts, le centre ville. plus de problème du Ouaki en saison cyclonique. valorisation du secteur et des échanges rive droite / rive gauche. CE problème n'a jamais été traité, car le trafic est volontairement "canalisé" pour que la clientèle soit découragée d'aller faire ses courses ailleurs !!
L'air serait + pur !
Pourquoi pas batir une maison de retraite, voir une résidence pour personnes agées ?
création d'emplois, source de revenus à la commune, et SURTOUT réponse à un isolement de + en + grand de nos gramounes ! le tout dans un cadre Vert, protégé et aéré.
Que de projets sociaux source d'emploi il y a à faire.
Tenez bon Danielle !

2.Posté par Julie le 17/09/2009 11:11
Hier soir j' ai écoutée Mme PERSEE à la télé, bien que je respecte son choix démocratique dêtre candidate, je ne respecte pas le choix qu'elle soit candidate avant de se faire connaître.
Vous étiez ou il y a quelques temps ou plutôt quelques mois?
Cette candidature me semble arriviste, et encore plus dans la mesure ou elle ne représente qu'un candidat inéligible.
Cela voudrait-il dire que si Mr RANGAMA aurait été éligible, vous n'auriez pas été candidate?
Bref je disais que hier soir à la élé vous parliez des deux ténors de la politique qui ont laissé un bilan négatif, le premier, déchu de ses fonctions laisse une situation financière désastreuse et le second l'ancien maire est mélé à des affaires judiciaires.
Mais Madame, les affaires judiciaires ne font pas partie du bilan politique de cet ancien maire?
Savez-vous exactement ce que c'est le mot bilan? Apparemment non.
En tout cas ca m'a surprise que vous fautiez en direct là-dessus, ne faîtes pas comme les autres candidats qui critiquent bêtement leur adversaire politique sur leur personne ou des aspects qui n'ont rien à voir avec leur propre bilan politqiue.
Vous aurez certainement une autre chance dans quelques années , lorsque vous vous ferez connaître d'abord à la population st louisenne, mais je ne pense pas que vous seriez de nouveau en tête lorsque Mr Rangama sera de nouveau éligible.
Bon courage pour cette campagne,

3.Posté par kiki le 17/09/2009 12:04
Madame, il est vrai que nous vous connaissons pas, vous partez avec un handicap.
Monsieur Rangama est plus que présent, pour preuve, sur la photo.
Quant à dire que le bilan de M. C. Hamilcaro avec ses démêlés judiciaires, Madame, vous confondez. Comme l'a dit Julie, des affaires judiciaires ne sont pas un bilan et, justement, quant à ces affaires, le Droit français dit, Madame, tant qu'un citoyen n'est pas jugé, il est présumé innocent.
Vous aventurer sur ce terrain vous décrébilise.
Le PEUP n'est pas un parti politique comme vous le dites. Je pense qu'en matière politique, Madame, vous confondez beaucoup de choses.
J'ai bien peur que vous ne soyez une femme sous influence.
Au fait, Monsieur Defaud, est-il St-Louisien ? Habite t-il St-Louis et vote t-il sur St-Louis ou Etang-Salé ?

4.Posté par saintex le 17/09/2009 14:29
Rassemblement des saint louisiens je pense que tous les candidats le souhaite mais qu'en sera t'il réellement?

"Un autre exemple, 60% des gens qui travaillent sur Saint-Louis habitent hors de la commune. On se retrouve avec une population appauvrie qui est laissée pour compte parce qu'elle n'a pas voté pour untel. "
-60% des personnes qui travaillent à Saint Louis n'habitent pas Saint Louis? D'où tirez-vous ce chiffre? citez vos sources la prochaine fois que nous puissions vérifier la véracité de vos dires.
-Vous voulez dire donc qu'il faut habiter la commune pour y travailler? et dans cette phrase je comprends (emploi public et privé) qu'il faut être de tel ou tel bord pour avoir un travail? Je travaille à Saint Louis et mes collègues n'ont pas eu un poste grâce à untel ou untel comme vous dites.

-"Si on essayait de faire des lieux de rassemblement et de discussion cela permettrait d'évacuer un certain nombre de chose. Puis il y a les pouvoirs publics, les institutions qui devraient se mettre au même diapason afin de mieux prévenir"
Y êtes vous parvenue en 22 ans de carrière en tant qu'assistante sociale,

j'arrete là!
Si je votais à Saint Louis, ce n'est pas le choix d'une femme parce qu'elle est une femme que je la choisirais. Et mettre en avant ce fait doit être étayé de points précis qui doivent faire basculer la balance non pas parce que vous êtes une femme mais parce que vous en êtes capable.

Tiens justement, vous êtes élus à la mairie en tant que Maire: Vous sentez vous capable d'assumer cette fonction? alors que tout le monde sait que vous êtes là tout simplement parce que M. RANGAMA ne peut y être.
j'attends le débat.

5.Posté par georgio le 17/09/2009 20:51
euh ...! Madame ! le 4ème bonhomme (de la droite vers la gauche) c'est boug lé su out liste ou bien lé la juste pou mette la pose ? parce que moin la vu a li avec bande ti bonhomme en vert pour fé porte à porte... là li la fé un lerreur là !! Ah ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAhhhh !!!!

6.Posté par Des martiens à Saint-Louis le 18/09/2009 15:52
Oté Georgio ou la vu 2 petits bonhommes verts? c'était des Martiens alors ! Le chef Martiens c'est qui ?

mdrrrr

7.Posté par georgio le 20/09/2009 10:35
Té lo frère ! euh... out question lé intéressant, lé vrai ! sérieux ! le chef martiens dawar y appel Ridge, moin lé pas sûr hein ! mais renseigne à ou et si cé pas ridge, là moin la fé un lerreur la, AH AAAAAAAAAAAAAAAAAAAh !

8.Posté par Faire gagner la gauche le 20/09/2009 19:03
Votant écolo, nous porterons nos voix pour la liste de gauche : Claude Hoarau plus compétent et le plus instruit. Hamilcaro on le connait rien que du cinéma et du vent et li lé fort pour .... faire l'intéressant.

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