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DEMOCRATIE ! De qui se moque-t-on ?


Lundi 7 septembre 2012, le tribunal administratif rend son verdict dans le dossier des élections à l’Université de La Réunion. Instauré par le candidat malheureux Philippe JEAN-PIERRE suite à des suspicions d’irrégularités, le recours avait recueilli auparavant un avis négatif de la part de la commission de contrôle des opérations électorales.


Pourtant, le rapporteur public, suivi une semaine plus tard par le juge du tribunal administratif, demande l’annulation des élections du 7 juin 2012, en vue du renouvellement des représentants des personnel au sein des conseils centraux de l’université, au motif que les listes électorales n’étaient pas affichées vingt jours avant la date du scrutin (art. 8 du décret 85-59 du 18 janvier 1985 portant sur les conditions d’exercice du droit de suffrage), sans qu’il soit besoin d’examiner les autres griefs de la protestation.

En d’autres termes, ce manquement était suffisant pour que les élections soient annulées, sans pour autant qu’il faille examiner les autres arguments.

Fort mécontent de cette issue, le Président déchu, informe la communauté universitaire de cette décision, se dit victime "d’acharnement" et "laisse à chacune et à chacun le soin d'analyser la solidité du motif soulevé pour décider d'une annulation totale qui constitue "une grande première" dans le paysage universitaire français" (sic).

En langage décodé, cette décision n’est que le fruit d’un complot dont ce pauvre président est victime, et sans le dire ouvertement, il nie la décision qui lui est notifiée. Alors que ses vice-présidents fraichement élus n’assurent plus leurs fonctions, M. Rochdi pour sa part continue à exercer son mandat. Un vide juridique nous explique-t-on. Seules les élections du 7 juin 2012 ont été annulées, pas le reste. M. Rochdi gouverne alors sans conseils.

Imaginez-vous : lors des élections régionales ou lors des cantonales, ce sont les conseillers régionaux, et les conseillers départementaux qui élisent leur président. Supposez que ces élections sont invalidées, pensez-vous une seule seconde que Didier ROBERT ou Nassimah DINDAR puisse rester au pouvoir ? Il est évident que non ! A l’Université, c’est tout le contraire, c’est devenu la République Bananière de l’Université de La Réunion. Ici, ce même Mohammed ROCHDI lui se permet de clamer haut et fort qu’il est d’ores et déjà élu pour quatre ans, qui peut le sortir de là ?

Pourtant dans le code de l’éducation, il est stipulé noir sur blanc que le président ne peut assurer ses fonctions sans l’appui d’un conseil d’administration. Que nenni ! Ici cela ne sert à rien, l’Université est devenue une zone de non droit.

Ce président met en avant le fait que son élection a été faite en toute légalité, que les vice-présidents ont été élus en toute légalité, et que toutes les décisions prises sont toutes légales. Mais ce qu’il ne comprend pas, ce que c’est la légalité qui est remise en cause, mais bel et bien LA LEGITIMITE et LA MORALITE. Comment peut-on prendre des décisions alors que les personnes qui nous ont élus ne sont pas légitimes ? Peut-on croire ainsi que le pouvoir est ainsi bon qu’il ne veuille plus s’en séparer ? Peut-on prendre en otages les étudiants, les personnels en disant que s’il part c’est tout le système qui s’effondre ? Est-ce là la démocratie, le service public et le partage que son collectif défend ? Si le préfet a son Thierry ROBERT, l’Université a son Mohamed ROCHDI.

Si à l’Université de Dijon, l’annulation a remis en cause le mandat de son président, car le Recteur d’Académie, chancelier des universités, a nommé un administrateur provisoire, le nôtre s’en fiche royalement de cette situation. Vous savez, La Réunion, c’est une ile perdue, elle ne mérite pas que le droit fondamental s’y applique. Faisons comme si l’on était au bled. De toute façon, la gestion des ressources humaines se fait au détour d’un diner entre copains, alors vous savez, pour une élection … Plus c’est gros, plus ça passe, ils sont cons ces créoles réunionnais.

N’y a-t-il plus aucun politique à La Réunion qui se soucie de cet établissement ? N’y a-t-il plus personne d’honnête et de reconnu qui puisse faire respecter les lois ? N’y a-t-il plus personne qui se soucie de l’avenir de nos enfants ?

Va-t-on laisser cet établissement dans les mains d’un individu sans aucune légitimité ? Va-t-on le laisser gérer les 100 millions d’euros de budget sachant qu’il a été élu par une assemblée caduque ?

M. ROCHDI pour l’avenir de nos enfants, pour l’avenir de La Réunion, partez !


Colonel Hannibal

Mercredi 26 Septembre 2012 - 18:33
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