Faits-divers

Cour d'assises: Le violeur d'une magistrate de Mayotte condamné à 15 ans de réclusion


Cour d'assises: Le violeur d'une magistrate de Mayotte condamné à 15 ans de réclusion
Un Comorien, absent à son procès, a été condamné mardi, par la cour d'assises de La Réunion à 15 années de réclusion criminelle pour avoir violé une magistrate en poste à Mayotte.
 
Les faits remontent à juin 2007. La jeune femme avait été surprise, un samedi soir, à son domicile, par trois cambrioleurs. Elle se trouvait alors seule avec son fils de 2 ans et demi, endormi à l'étage. Tandis que deux mineurs prenaient la fuite après avoir volé un ordinateur, des vélos et divers objets, Assane Ahamadi, alors âgé de 29 ans, était resté avec la jeune femme et lui avait imposé un rapport sexuel sous la menace d'un sabre à cannes.

Quelques jours après, celui qui se faisait appeler Fouedza (la pieuvre en swahili) avait fui Mayotte, embarquant sur un kwasa-kwasa piloté par son cousin. Il lui avait donné le téléphone portable volé à sa victime en remerciement de ce passage vers Anjouan. En situation irrégulière à Mayotte, depuis 2001, Ahamadi avait été interpellé par la Police aux Frontières, en 2006 et reconduit à Anjouan, d'où il était revenu début 2007. Si l'agresseur avait été rapidement identifié grâce à la localisation du téléphone portable, les enquêteurs de la section de recherches de La Réunion avaient retrouvé sa trace à Mohéli.

A deux reprises, Ahamadi était parvenu à échapper aux gendarmes français et comoriens lancés à sa poursuite. Notamment sur l'île de Mohéli. Il avait finalement été arrêté début novembre 2010, en Grande Comore,  dans un dispensaire  où il avait été admis après avoir été piqué par un essaim d'abeilles. Dès son premier interrogatoire, Assane Ahamadi avait  reconnu le crime de viol commis à Mayotte et avait demandé à être jugé à Moroni. Aucun accord d'extradition entre la RFIC (République fédérale islamique des Comores) et la France ne permettait qu'il soit traduit devant la cour d'assises de La Réunion.

"Fouedza" a été jugé en octobre 2012 à Moroni, et condamné à 10 ans de prison.

Le box était donc vide, mardi, à Saint-Denis et, la cour statuant par défaut,  ne siégeaient que trois juges professionnels, en l'absence de jurés populaires.

La victime était présente à l'audience et a longuement, et dignement, relaté son calvaire et les conséquences qu'il génère aujourd'hui encore. "Il a tué une partie de moi-même"explique-t-elle à la cour. Si elle poursuit sa carrière dans la magistrature, elle est régulièrement confrontée à des affaires qui font renaître des souvenirs cauchemardesques.

Et puis s'est posée la question légitime de savoir si ce crime sexuel n'avait pas été commandité, s'il ne s'agissait pas d'une vengeance. Rien dans les investigations n'a permis de l'établir. Mais la jeune femme, elle, ne peut totalement l'exclure.

"Lorsqu'on m'a interrogée sur un lien éventuel entre l'agression et un dossier judiciaire que je traitais, j'ai trouvé ça très violent", a déclaré la victime, mardi, à la barre. "Je trouvais que ce n'était pas convenable. Ensuite j' ai réfléchi. Et j'ai désormais un doute qui ne sera jamais levé".

Dans son réquisitoire, l'avocat général a demandé une peine de 10 ans de réclusion. Les trois juges de la cour d'assises sont allés bien au-delà des réquisitions, en prononçant un verdict de 15 années de réclusion, assorti d'un mandat d'arrêt. Ce qui signifie que, si Assane Ahamadi est arrêté, dans le futur, sur le territoire français, il sera immédiatement incarcéré, avant d'être obligatoirement rejugé devant une cour d'assises.
Mardi 12 Novembre 2013 - 19:59
Jean-Noël Fortier
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1.Posté par LOR-HEIN le 12/11/2013 22:06
c'est tout !!!

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