Société

Cour d'appel : Gérard Ethève rejugé pour deux affaires de harcèlement

Le fondateur et ex-PDG d'Air Austral, Gérard Ethève, était rejugé, hier, devant la cour d'appel, dans deux dossiers de harcèlement. Les plaignants, un pilote et une assistance, ont maintenu leurs accusations. L'ancien patron, condamné dans les deux dossiers, en correctionnelle, a nié les délits reprochés. La cour d'appel rendra sa décision le 12 décembre.


Cour d'appel : Gérard Ethève rejugé pour deux affaires de harcèlement
La chambre correctionnelle de la cour d'appel a consacré plus de huit heures d'horloge, à Gérard Ethève, 83 ans, l'homme qui a créé, dirigé et développé la compagnie aérienne Air Austral,  avant d'en être débarqué sans ménagement, ni courtoisie, en 2012. Comme si cette éviction professionnelle ne suffisait pas, l'octogénaire a été traduit en justice, de manière expéditive, après les plaintes de trois anciens salariés. En 2011, le procureur de Saint-Denis, Richard Bometon, n'avait pas jugé utile de confier les dossiers à un juge d'instruction. Me Baudouin de Moucheron, du barreau de Paris, avocat de Gérard Ethève, n'a pas d'ailleurs pas manqué de dénoncer la procédure. "Dix minutes seulement après la fin de son interrogatoire, par les policiers de Saint-Denis, M. Ethève se voyait remettre, sur ordre du procureur, une convocation  à comparaitre devant le tribunal correctionnel. Le procureur a pris cette décision, sans même avoir le procès-verbal de l'audition de mon client".
 
Et pourtant, une instruction judiciaire aurait bien été nécessaire dans ce dossier, notamment sur la personnalité d'un des plaignants, David Rocher, copilote sur les longs courriers. L'ancien pilote de Mirage F 1, qui a quitté l'Armée de l'air, parce que son affectation à la base de Cambrai ne lui plaisait pas, a su faire une campagne médiatique foisonnante autour de sa plainte. Mais il s'est bien gardé de donner à la presse, le mail qu'il a adressé, en 2011, à plusieurs centaines de salariés d'Air Austral. Le courriel commençait ainsi : "Salut les enc..., j'arrive !"

S'en suivait un flot abondant d'injures et insultes,  David Rocher traitant ainsi Gérard Ethève et le chef instructeur de "salopes", avant de prévenir ses collègues: "je viens de l'armée, j'ai été formé pour tuer"
 
Ce mail, évoqué par Me Jean-Michel Baloup, autre avocat de l'ex-PDG, est à rapprocher de ce propos de l'inspecteur du travail, qui avait été saisi par la direction d'Air Austral, avant d' engager une procédure de licenciement contre David Rocher, alors délégué syndical CFDT. "Je ne peux pas donner mon accord au licenciement de ce représentant syndical, avait expliqué le fonctionnaire  à la direction de la compagnie,  mais je ne voudrais pas que mon épouse et mes enfants voyagent à bord d'un avion qu'il pilote"
 
Entre autres griefs faits à Gérard Ethève, David Rocher lui reprochait de ne pas l'avoir reprogrammé sur des vols, après son retour d'un long congé de maladie. Mais si le plaignant n'a pas pu reprendre sa place sur le siège de droite, dans le cockpit, c'est qu'aucun des onze pilotes instructeurs que compte la compagnie Air Austral n'a accepté de lui faire repasser les tests obligatoires, en vol, compte-tenu de son état psychique.

"Et ces refus n'ont rien à voir avec son activité syndicale", a martelé, hier matin, à la barre, un ancien pilote-instructeur.
Pour l'avocate de David Rocher, Me Sabrina Pourcher, Gérard Ethève est à l'origine des déboires et déconvenues de David Rocher, parce  que "M. Ethève était au courant de tout et décidait de tout".
 
"Il dirigeait la compagnie aérienne, comme on gère une épicerie"
 
Par la voix de l'avocat général Bruno Charve, l'accusation loue "la croisade qu'a menée David Rocher, pendant des années". "C'était le pot de terre Rocher, syndicaliste avec ses naïvetés, contre le pot de fer Gérard Ethève, PDG omnipotent et historique". Après analyse des éléments de l'accusation,  l'avocat général a demandé que le délit de "discrimination syndicale" soit requalifié en "discrimination  générale"
 
Dans sa plaidoirie, Me Moucheron a critiqué sévèrement le jugement de première instance et la faiblesse de son poids juridique . "L'absence de faute de la part de M. Ethève ne l'exonère pas de sa responsabilité", ont écrit les juges de Saint-Denis, pour motiver leur décision de culpabilité.
Quant à son confrère, Me Baloup, qui a, lui aussi, plaidé la relaxe, il a terminé sa plaidoirie, en défense, par la lecture d'un mail laudatif datant de 2009,  dans lequel l'auteur fait part à Gérard Ethève de son admiration et de son soutien. "Et l'auteur de ces mots, c'est David Rocher", a conclu l'avocat parisien.
 
Le 11 décembre 2012,  Gérard Ethève avait été condamné, pour discrimination syndicale et harcèlement moral, à 6 mois de prison avec sursis, 15.000 € d'amende ainsi qu'à un interdiction de gérer. Il connaîtra le 12 décembre prochain, la décision de la cour d'appel.
 
"La justice en copié-collé"
 
Et hier après-midi, Gérard Ethève était de nouveau à la barre de la cour d'appel, pour répondre d'autres accusations de harcèlement moral, portées, cette fois par Isabelle Lebon, ex-assistante de Béatrice Coma, ex-responsable de la communication. En 2010, Béatrice Coma avait porté plainte contre Gérard Ethève, pour harcèlement moral, en même temps qu'elle engageait une action aux prud'hommes. Au pénal, comme devant la justice sociale, Béatrice Coma a obtenu gain de cause. Les deux affaires sont pendantes devant la  cour de cassation.
 
C'est d'ailleurs ce calendrier coché par les trois plaignants que Me Guillaume Navarro,  avocat de Gérard Ethève, n'a pas manqué de développer devant la cour. Car la plainte d'Isabelle Lebon pour harcèlement moral, est intervenue 18 mois après qu'elle a demandé et obtenu une rupture conventionnelle de son contrat de travail. "Et si Mme Lebon ne demande pas un euro, de dommages et intérêts devant la juridiction pénale, souligne l'avocat parisien, elle demande 150.000 euros, devant les prud'hommes". Et Me Navarro de citer le philosophe Raymond Aron : "Une prise de conscience tardive est souvent douteuse et rarement désintéressée".
 
Le conseil de l'ex-PDG n'a pas manqué de critiquer la célérité du procureur de Saint-Denis, dans ce dossier. "L'affaire est venue à l'audience en 4 mois, quand les statistiques de la Chancellerie évaluent à 2 à 3 ans, le délai de jugement d'une affaire de harcèlement moral. Il y a un amalgame éhonté avec le dossier de Mme Coma, jugé en 2011". Et c'est dans la rédaction du jugement rendu contre Gérard Ethève, en faveur d'Isabelle Lebon, qu'il trouve la preuve de ce qu'il qualifie de "justice en copié collé": "à la page 9 de ce jugement, il est écrit 'Béatrice Coma', au lieu 'd'Isabelle Lebon'".
 
En première instance, Gérard Ethève avait été condamné à 5.000 € d'amende. L'avocate de la plaignante a demandé la confirmation de la culpabilité du prévenu. Même demande de l'avocat général, qui a souhaité que l'amende soit portée à 10.000 €, la peine prononcée dans le dossier de Béatrice Coma. Décision de la cour d'appel, le 12 décembre.
 
Jean-Noël Fortier
Vendredi 25 Octobre 2013 - 09:35
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1.Posté par alain dimitri le 25/10/2013 10:17
encore des cadavres dans les placards de mr ethève hum !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

2.Posté par Réunionnaise lucide le 25/10/2013 10:22
"Il dirigeait la compagnie aérienne, comme on gère une épicerie"

"M. Ethève était au courant de tout et décidait de tout".

Avec les pertes abyssales qui étaient épongées chaque année par l'actionnaire majoritaire dirigée par le grand timonier de la Région le pote popol qui en avait fait son joujou pour lui et ses proches que n'osaient surtout pas contredire, les actionnaires du Conseil Général dans la Sématra,...

Au moins nous savons où passaient nos impôts,... dans ce tonneau des Danaïdes !!!

La folie des grandeurs des nouveaux dirigeants qui n'ont guère réduit la voilure, nous amène à penser qu'il nous faudra continuer à mettre la main au portefeuille pour satisfaire l'ego des créoles très bien payés qui dirigent cette compagnie, qui parait-il, est leur fierté !!!

3.Posté par kafir le 25/10/2013 11:48
Pour moi il restera à jamais un grand Réunionnais compétant, et Fidel en amitié .

kafir

4.Posté par jean Jouhis le 25/10/2013 13:19
un fou furieux ce mec

post 3 ! ca s'ecrit " con pétant"

5.Posté par kafir le 25/10/2013 17:32
Tout en espérant qu'il ne sera pas victime d'une erreur judiciaire comme j j Morel
courage monsieur et tenez bon.

kafir


6.Posté par Bouftango le 25/10/2013 19:02
@3

Vous avez bossé avec lui pour connaitre de son humanisme?

7.Posté par kafir le 25/10/2013 21:30
Monsieur Gérard étheve est victime d'une fausse image et d'une réputation qui ne correspond pas à la réalité. Mais " on ne soigne pas la gangréné" avec du coton, et si on est chirurgien , une fois le mal diagnostiqué avec certitude, il faut amputer, pour moi il restera un grand décideur de son genre.

kafir

8.Posté par Citoyens du Sud le 26/10/2013 15:32
Pour l'avoir côtoyé dans le milieu professionnel, je peux confirmer que c'est un mec imbu de lui-même, se croyant supérieur aux autres, donc narcissique. C'est bien la définition que donnent les experts des manipulateurs qui font de l'harcèlement moral. Les 'victimes' sont bien les employés, et pas lui! cqfd

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