Faits-divers

Coup de théâtre, performance de prétoire: L’avocate fait relaxer son client


Correctionnelle Sud – 22/09/2015 : On ne donnait pas cher de la peau du jeune T. en début d’audience. Pour tout dire, son affaire semblait réglée comme du papier à musique. C’était mal connaître Me Nathalie Pothin qui, d’emblée, annonce qu’elle assiste son client "au titre de la commission d’office".

Autant dire une prestation qui ne fera pas sa fortune quand on connaît les tarifs légaux. Mais c’est aussi dire qu’elle n’est pas venue faire de la figuration et va le prouver de brillante façon. Pourtant, c’était très mal parti…

Une manifestation vraiment pas comme les autres

Accusé de violence avec arme, T., 35 ans, casier judiciaire vierge, travaille dès qu’il trouve un contrat. Ce 8 juin 2015, à Saint-Joseph, il tombe pile sur une manifestation d’usagers de la Sudéau, mécontents de leurs factures qui, pour certaines, ont quadruplé sur un an !

Ces braves gens, entre cent et deux cents selon les estimations, ont choisi de façon originale de s’exprimer : ils ne barrent qu’un côté de la voie à la fois, un coup chaussée de droite, 15 minutes, un coup celle de gauche. Histoire de ne pas trop mécontenter les conducteurs. On admirera l’élégance du procédé.

Mais comm’ bon Dieu lé farceur, le drame va se nouer en moins d’une minute. T. choisit d’emprunter la voie de gauche, libre, au moment précis où le "compact" des manifestants choisit de changer de voie lui aussi. Coup de frein, crissement de pneus, choc, hurlement, une femme se retrouve au sol.

Des manifestants en pétard entourent la voiture fautive et agrippent le chauffeur par le col dans l’intention de lui faire subir un mauvais quart d’heure.

Plus tard, un certificat médical fera état de "contusions" mais ne délivre pas d’ITT à la femme projetée au sol. Rien de grave, heureusement.

L’entêtement d’un grognard d’Austerlitz

N’empêche. Ainsi que le démontre la substitut Coupry, T. est bel et bien coupable de violences avec arme même sans intention de mal faire : les faits suffisent à eux-mêmes. A ce moment-là, on ne donne pas cher de sa peau.

Des témoins disent que le jeune homme a commencé à cogner sur eux. D’autres que le véhicule a voulu forcer le barrage. Certains, que la victime aurait volé en l’air.

C’est alors que Me Pothin, manifestement revigorée par une récente maternité, monte au créneau avec l’entêtement d’un Grognard à Austerlitz. Point par point, elle va reprendre tous les éléments de l’enquête et avec obstination, détruire pièce après pièce chaque point de l’accusation, les démolir sans rémission. Performance…

Le coupable est le seul à avoir été frappé !

Le dossier d’enquête ? Il a été mené à charge. La voiture de T. était la seule, il était donc un coupable tout désigné.

Les témoignages ? Contradictoires et peu crédibles, preuves à l’appui. Ils émanent tous de personnes amies de la victime ou de son compagnon.

Au fur et à mesure que Me Pothin avance dans sa démonstration, la belle sérénité du président Grillet laisse la place à une magnifique moue de plus en plus dubitative. Ce que les scénaristes appellent un retournement de situation.

La victime ? Elle est incapable d’expliquer comment elle s’est retrouvée dans cette situation fâcheuse. Il n’y a d’ailleurs eu rien de très grave puisqu’aucune incapacité ni immobilisation n’ont été décidées.

Certains témoins ont vu "des choses" et d’autres pas. Certains ont "cru voir" le chauffeur agrippé par des manifestants, d’autres n’ont rien vu. Untel dit avoir été frappé par T. mais ne porte pas plainte ? Bizarre, vous avez dit bizarre… Brandissant un certificat médical en guise de coup de théâtre, la jeune femme précise que "le seul à avoir été sérieusement frappé, le seul à avoir obtenu une ITT médicale pour hématomes et contusions diverses, reste le soi-disant coupable".

Bref, l’avocate a semé un tel souk dans l’esprit de tous, que contrairement aux us et coutumes du tribunal en juge unique, le Président a reporté sa décision à la fin de la journée.

Mais alors on s’y attendait un peu : le jeune T. est reparti libre de l’audience.
Mercredi 23 Septembre 2015 - 09:53
Jules Bénard
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1.Posté par bravo le 23/09/2015 12:49
Félicitation pour cette avocate du Cabinet du Bâtonnier Georges-André Hoarau.

2.Posté par non pitié pas ça le 23/09/2015 13:06 (depuis mobile)
Oté tout ça tralala pour ne raconter que de simples faits. Vi farce oté M. ou Mme la journaliste.

3.Posté par Candide le 23/09/2015 15:07
Jules Benard, c'est quoi cette remarque sexiste ?
"C’est alors que Me Pothin, manifestement revigorée par une récente maternité, … ".
Belle mentalité ! Et vous n'avez pas honte ? Moi, oui, pour vous.

4.Posté par la crise le 23/09/2015 17:01
Apparemment, le "bien écrit" y fatigue deux trois!
Ce fut un plaisir pour moi.

5.Posté par Jules Bénard le 23/09/2015 19:51
à posté 3 Candide :
- sexiste ? Ou ça ça ? amonte à moin en vitesse
- vous avez honte... pour moi ? Pas moi, navré de vous contredire. Et pi mounoir, la honte i envoye pas l'hôpital, ça. Casse pas la tête, ou va guérir. Courage !

6.Posté par pfff le 23/09/2015 23:18
J'adore la comparaison avec "Grognards d'Austerlitz"...vous avez surement connu ces grognards...

7.Posté par onyx à @3 le 24/09/2015 07:23
Quand l'anti-sexisme devient ridicule ! Réservez vos indignations à des situations et des attitudes qui en valent la peine. La remarque de JB est anodine et donne une touche personnelle à la description, c'est tout. Y voir des intentions sexistes c'est avoir un esprit tordu. Allez donc vous installer au paradis des gens tolérants, genre USA. Là-bas un homme ne monte plus dans un ascenseur seul avec une femme de peur d'être accusé de harcèlement ! Elle est belle la liberté.

"Tout ce qui est excessif est dérisoire" (pour faire du Noé....)

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