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Correctionnelle de St-Denis : La violence sur fond de misère


Correctionnelle de St-Denis : La violence sur fond de misère
L'audience correctionnelle est sans nul doute le meilleur thermomètre de la misère sociale et culturelle d'une société. L'affaire jugée hier matin, réunit la plupart des ingrédients d'une délinquance dévastatrice pour les êtres humains qu'elle implique. Elle a aussi révélé les limites des moyens que l'autorité met en oeuvre pour la juguler, et pour la réprimer.

Jean-Patrice Soudel, un Salazien de 35 ans, est poursuivi pour des violences sur ses enfants mineurs et pour la soustraction pendant plusieurs mois de sa fille aînée, victime de sa brutalité.  Le prévenu n'est pas présent à la barre, puisque ni les gendarmes, ni les magistrats, n'ont revu Soudel depuis le 18 novembre 2011, date des violences commises sur ses propres enfants.

Ce jour-là, on fête un anniversaire chez Soudel et sa compagne. Et après force rhum et whisky, l'une des filles de Soudel, alors âgée de 12 ans, est violemment frappée par son père, accusée d'avoir subtilisé une carte Sim dans le portable d'invités. Et puisque Soudel entre dans un déchaînement de violence, ce sont son épouse et un autre enfant qui en font les frais. Finalement, l'aîné des garçons, alors âgé de 8 ans, après s'être assuré que ses frères et soeurs sont à l'abri, parvient à convaincre son géniteur de ne pas utiliser le sabre qu'il brandit.

A l'audience, la présidente Michelle Guillo, a donné une lecture détaillée et poignante, des témoignages des enfants, tous très lucides, très courageux, malgré leur jeune âge. Ils sont aujourd'hui huit frères et soeurs; deux sont nés depuis les faits, dont un garçon, le 23 septembre dernier. Il ne fait de doute pour personne que Soudel est son père. Comme quoi, il n'est pas « invisible » pour tout le monde. D'ailleurs les éducateurs sociaux désignés auprès de cette famille, attestent le voir régulièrement à l'arrêt de bus, pas loin du domicile familial dans le cirque. Mais, ils n'ont pas autorité pour l'arrêter.

Si l'aîné des garçons porte à jamais une balafre au visage, séquelle d'un coup de fouet que son père lui a donné, le dossier démontre que l'homme, alcoolique et zamalé, a une certaine emprise sur sa descendance. Il a réussi à venir faire vivre auprès de lui, pendant près d'un an, sa fille aînée, celle qu'il avait sauvagement frappée ce fameux 18 novembre 2011. Et si ses frères et soeurs ont plutôt bien accepté leur placement dans des familles d'accueil, elle, a préféré les fugues. Jusqu'à ce que les services sociaux découvrent qu'elle était revenue à Salazie, vivre seule, à 13 ans, dans un ancien domicile de sa mère. Sa mère, cette femme de 30 ans qui a aujourd'hui huit enfants, dont six placés. Le premier est né lorsqu'elle avait 16 ans.

Jean Patrice Soudel a été condamné à 2 ans de prison dont un an et demi ferme. Le tribunal a ordonné un mandat d'arrêt pour l'interpeller rapidement.

Un téléphone vraiment cellulaire

Et l'on reparle de Jean-Bernard Avanande, actuellement en prison. Mais cette fois, le Saint-Andréen condamné à deux ans ferme, pour escroquerie, n'est pas poursuivi. Ce sont sa compagne et son neveu qui doivent s'expliquer sur la manière dont Avanande a pu se procurer un téléphone portable, une carte Sim, et sur les échanges téléphoniques qu'ils ont eus avec lui. 160  appels passés à sa seule conjointe.

C'est le neveu qui a fait acheter la carte et c'est une fouille méthodique de sa cellule qu'occupe Avanande qui a permis sa découverte. Le recoupement entre la carte vendue et la carte découverte a été facile: c'est codé, c'est petites choses-là.

Mais une fois encore, Me Nicolas Normand a voulu mettre à mal les évidences de l'accusation. "Personne ne prouve que c'est ma cliente qui a remis la carte à son mari. Et pourquoi est-elle la seule à avoir été poursuivie, alors que 10 autres personnes ont été identifiés comme les interlocuteurs de Jean-Bernard Avanande? Pourquoi ces correspondants ne sont-ils pas à la barre, eux-aussi?"

La compagne a été relaxée pour la fourniture de la carte. Elle a été condamnée à 30 jours amende de 30€pour les communications interdites. Le neveu a écopé d'un travail d'intérêt général.
Samedi 12 Octobre 2013 - 07:08
Jean-Noël Fortier
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1.Posté par n oe le 12/10/2013 07:39
Violence quand tu nous tiens !
De nos jours , on excuse tout et même la vieille Taubira s'y met de plus belle en enlevant les peines plancher et libérant les condamnés de moins de 5 ans de geôle ...

La Justice devient laxiste depuis Hollande ...
Et même les enquêteurs dans les gendarmeries qui ne prennent pas les plaintes et moucatent les plaignantes de violences sexuelles (surtout si ce sont leurs copains qui sont mis en cause!!!) ...les tabasseurs ont encore malheureusement de beaux jours devant eux , malgré les causeries de Mme Bello à l'Assemblée Nationale
Et dire qu'il faudra envisager de faire justice soi-même ....

On aura tj des parodies de "robes noires" dans les palais dits de Justice !

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