Faits-divers

Correctionnelle : L'opération de cavalerie du siècle finit en eau de boudin...


Laurent Bigot a comparu hier devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour ce qui était présenté au départ tant par l'avocat d'une des parties civiles que par le parquet, comme la plus grosse escroquerie par cavalerie de chèques jamais vue à la Réunion, et peut être même en France, avant que l'affaire ne se dégonfle sensiblement après la brillante intervention de Me Djalil Gangate, l'avocat du prévenu.

La fraude décrite par le substitut Elise Tamil et par les avocats de la Banque de la Réunion et du Crédit agricole est des plus simple : A la tête de pas moins de huit sociétés , regroupées au sein du groupe Raimondi, Laurent Bigot aurait connu des problèmes de trésorerie à partir du milieu de l'année 2007. Selon les banques, jusqu'à fin 2008, il avait alors couvert les besoins de trésorerie de ses sociétés grâce à des chèques tirés sur d'autres sociétés du groupe, pour un montant total de 75 millions d'euros, et sans réelle contrepartie.

Présenté comme ça, on n'était pas loin de l'escroquerie du siècle, d'autant que les représentants des banques mettaient en avant que le gérant des entreprises avait signé au total près de 1.250 chèques ! A ce stade des débats, la cause était entendue et le réquisitoire du procureur demandant à ce que Laurent Bigot soit condamné à 2 ans de prison, dont un an ferme, semblait tout à fait logique.

C'était compter sans l'intervention de Me Djalil Gangate, l'avocat de la défense. Dans une plaidoirie brillante, il a repris un à un les arguments des parties civiles, pour mieux les démonter. S'appuyant sur des pièces versées aux débats par les propres avocats des banques, et en particulier sur un courrier du directeur du Crédit agricole, il a pu démontrer que, contrairement à ce qui était affirmé, l'essentiel des chèques signés correspondaient à des prestations réelles que se rendaient les sociétés entre elles. La preuve ? Une fois tous les chèques encaissés, au crédit et au débit des comptes, la Banque de la Réunion n'avait subi aucun préjudice, tandis que celui du Crédit agricole se montait à un peu plus de 4 millions d'euros. On était loin des 75 millions avancés... Et surtout, on retombait dans le droit commun des liquidations de sociétés où des passifs de ce genre, surtout dans le secteur du bâtiment, sont monnaie courante. Du simple fait de la crise qui a frappé le secteur, et sans qu'il soit nécessaire qu'il y ait eu malversations...

Cela n'empêche pas que Laurent Bigot ait pu se livrer à des faits de cavalerie, surtout en 2008, mais dans une proportion manifestement bien moindre que ce que l'on a d'abord voulu présenter, dans le but de sauver ses sociétés et la quarantaine d'emplois liés.

Me Djalil Gangate a demandé la relaxe de son client et le rejet des demandes en dommages et intérêts des banques, au motif que son client n'a jamais eu d'intention frauduleuse.

Le jugement a été mis en délibéré au 2 décembre.
Mercredi 29 Octobre 2014 - 17:19
Pierrot Dupuy
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