Faits-divers

Correctionnelle: "C’est votre dernière chance !"


Correctionnelle: "C’est votre dernière chance !"
Comment ce jeune homme, à peine majeur, n’a-t-il pas commis plus de méfaits ? R.J. n’a en effet que trois condamnations à son CV. Il est vrai qu’il s’agit de recel, vol aggravé et intrusion dans une enceinte scolaire, des condamnations prononcées par le tribunal des mineurs.
 
"Je bois depuis l’âge de 11 ans !!!", avoue-t-il penaud. Du rhum essentiellement, mais aussi tout ce qui lui passe sous la main. Avec un peu de zamal pour faire bon poids, ce qui ne serait pas grand-chose en soi, mais le mélange avec le charrette donne les résultats que l’on sait.
 
Personne, pas un papa, une maman, un frangin, un tonton, pour le claquer et le freiner dans sa pente vers la facilité ? Apparemment pas. Ce qui pousse à s’interroger : comment, avec un tel chargement socio-affectif, a-t-il pu se limiter à quatre larcins ?
 
C’est que manifestement, le bonhomme n’est pas mauvais. Gaulé il y a deux jours pour avoir semé un souk pas possible devant le lycée Saint-Charles (tentative de vol sous la menace d’un tournevis et… d’un parapluie !), il a promis d’être à la barre hier. Sous la foi de cette promesse, le procureur ne l’a pas fait encabaner. Il a tenu parole et était là à 8 heures. Comme son affaire a été retardée jusqu’à 11 heures, le jeune délinquant a attendu son tour.
 
Dans la salle des pas perdus (une cour où il fait une chaleur de bête), il a fait le tour de l’assistance (dont votre serviteur) pour chercher du travail. Au cas où…
 
Il est inscrit au Pôle emploi depuis plus d’un an mais ne se fait guère d’illusions sur les soins avec lesquels son dossier est traité.
 
"Zot i enfout d’moin !"
 
Il s’est également constitué un dossier auprès du RSMA ; "avec bande na, somanqué… I dit zot lé efficace…" Il attend donc l’armée de son salut.
 
La présidente Ramage a pris tout son temps pour comprendre ce jeune désemparé envers lequel le procureur n’a pas non plus été sévère. Le tribunal a tenu compte du fait que malgré sa solitude (il est SDF plus souvent que dans sa famille), son casier ne soit pas plus chargé. Ce qui signifie, à l’évidence, qu’il ne se laisse pas forcément aller à des comportements désastreux.
 
Le jeune prévenu écope de huit mois avec sursis, l’obligation de soigner sa dépendance alcoolique et de rembourser 400 euros à sa victime lycéenne.
 
"Vous n’allez pas en prison mais c’est votre dernière chance !", a souligné la présidente Ramage.
 
Il a promis d’attendre encore jusqu’à 14 heures l’ouverture du bureau 56, qui gère les détentions et libertés. Il y a certainement de l’espoir pour lui.
Vendredi 31 Janvier 2014 - 10:49
Jules Bénard
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