Société

Conflit au Parc National: Tensions, manifestations... et récupération politique ?

"Chaude" ambiance devant la salle des fêtes de Sainte-Marie, dans la ZAE de la Mare. Le conseil d'administration du Parc National se tient ce jour sous les huées des éleveurs, commerçants ou encore habitants des hauts de la Réunion. La raison ? Le durcissement de la réglementation inhérente à la mise en place du Parc et qui ne plait pas à tout le monde. Sur la cinquantaine de manifestants, tous se sentent "dépossédés de leur nature". Du côté des administrateurs du Parc, on parle d'intrusion de la politique dans un dossier qui ne le devrait pas. Un véritable dialogue de sourd semble désormais installé entre les deux partis...


Manifestation du C.mac devant la salle des fêtes de Sainte-Marie
Manifestation du C.mac devant la salle des fêtes de Sainte-Marie
Une cinquantaine de manifestants avait décidé de manifester bruyamment son mécontentement contre le "durcissement" de la réglementation mise en place par la création du Parc National. Une création qui remonte pourtant à cinq ans, mais dont les effets se font ressentir depuis récemment pour certains éleveurs et commerçants de la zone concernée. "80% de la Réunion sont concernés par le Parc National. C'est bien simple, la réglementation mise en place par les administrateurs du Parc ne tient pas compte de la vie de ses habitants et plus généralement des Réunionnais. Ils se sentent dépossédés de leur nature", explique Antoine Fontaine, ancien juriste du Parc National désormais du côté des éleveurs, commerçants et habitants, regroupés au sein d'un collectif baptisé le C.mac (Collectif pour le maintien des activités au coeur de la Réunion). Les modalités de l'application de la réglementation du Parc National se fondent sur "un grand principe général d'interdiction auquel on ne pourra déroger sans une contrepartie financière comme le paiement d'une redevance", souligne le collectif.

Sur le terrain, cela se traduit par la demande à certains commerçants, notamment des camions-bars, de déménager sur des emplacements qui seront aménagés, ultérieurement, à cet effet. "Ça fait 17 ans que je suis à cet endroit, je ne vais pas aller ailleurs où la clientèle sera inexistante. On fait partie du paysage", explique Armande Ravily, qui tient avec deux autres personnes, un camion-bar près de la "Vierge au parasol". Pour elle, l'explication avancée par l'administration du Parc vient que son camion bar entrainerait des nuisances, notamment au niveau des déchets. "Ce n'est pas vrai, du temps de l'ONF le site était propre, maintenant que le Parc existe plus personne ne nettoie", souligne-t-elle pour se défendre.

"Il va y avoir des conséquences sur l'emploi"

Hormis les commerçants, les éleveurs sont également concernés par ce changement de réglementation au coeur du Parc. "Il va y avoir des conséquences sur l'emploi. M. Bègue qui est éleveur dans le fond de la Rivière emploie six personnes, de plus il a été certifié par l'Etat comme étant le premier éleveur raisonné. Avec le Parc se pose un véritable problème pour ses bêtes", souligne Antoine Fontaine.

Le comité attend une seule chose, que le dialogue aboutisse. "On ne veut plus de réunions dans tous les sens, mais que des décisions soient prises et vite", ajoute-t-il. Si rien n'est fait, le comité se réserve le droit de porter l'affaire devant la justice. "On peut tout à fait saisir le tribunal administratif pour régler ce problème", argumente Antoine Fontaine. En revanche, tous les manifestants présents sont unanimes pour dire en choeur qu'ils veulent "protéger" la nature réunionnaise. "Le problème c'est que la population n'est au courant de rien. Est-ce que l'on va laisser décider le Parc pour l'avenir de la Réunion sur les 15 prochaines années? Non !", lâche-t-il.

Bernadette Ardon entourée d'administrateurs du Parc National
Bernadette Ardon entourée d'administrateurs du Parc National
A l'intérieur, les membres du conseil d'administration patientent, tant bien que mal, dans une ambiance tendue. Les administrateurs ont l'impression de ne pouvoir travailler pour la Réunion, freinés en permanence par l'intervention des manifestants à chaque réunion au quatre coins de l'île. Pointée du doigt par bon nombre d'administrateurs, l'incursion de la politique dans ce dossier.

L'ordre du jour à Sainte-Marie est le vote du budget ou encore les grandes orientations du Parc National pour cette année, "notamment la construction du nouveau siège à la Plaine-des-Palmistes", explique Daniel Gonthier, président du Parc National. Un président visiblement mal à l'aise face à cette nouvelle manifestation et qui ne souhaitera pas faire d'autres commentaires… Mais un peu plus loin, les langues se délient et les voix se font plus fortes du côté de certains administrateurs. "C'est la troisième fois que nous avons un tel comité d'accueil à un conseil d'administration", explique, excédée, Bernadette Ardon, représentante de l'environnement au sein du Parc.

Conflit au Parc National: Tensions, manifestations... et récupération politique ?
"Peut-être que certains élus ne veulent pas du Parc ?"

La cible désignée, certains élus sans citer leur nom. "On ne comprend pas que certains élus organisent cette manifestation. Le Parc n'est pas un lieu de débat politique ou de campagne électorale, ajoute-t-elle. Peut-être que certains élus ne veulent pas du Parc ?". Pourtant, tous les administrateurs présents autour d'elle sont unanimes pour souligner que le Parc National de la Réunion est un véritable vecteur pour l'emploi. Pour les administrateurs, les éleveurs et commerçants ont été reçus plusieurs fois et des solutions à leurs problèmes ont été avancées. "Monsieur Bègue va avoir des privilèges. Pour les camions-bars, des zones vont être aménagées avec des parkings et des toilettes", explique-t-elle.

"Moi je n'y peux rien si l'Etat n'a pas eu le courage d'appliquer la loi depuis le début. Si je vais mettre un camion-bar sur le Barachois on va me demander de payer une taxe. Alors je vais dire non et je vais rameuter tout le quartier", s'insurge-t-elle.

Les administrateurs présents autour de la table cet après-midi n'ont qu'une intention en tête, travailler pour le Parc de la Réunion et pour l'île. Pas sûr que les paroles ne calment les principaux intéressés quand un véritable dialogue de sourd semble s'être installé durablement entre les deux partis.
Jeudi 22 Mars 2012 - 16:29
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1.Posté par CITOYENS VIGILANTSl!!!.. le 22/03/2012 16:59
voila ce qui arrive quand la population est laissé sur la touche !! sans une vraie adhésion citoyenne ce parc ne fonctionnera jamais???

2.Posté par fleurine le 22/03/2012 16:59
Un mausolée à combien de millions ???

3.Posté par Bayoune le 22/03/2012 17:46
"voila ce qui arrive quand la population est laissé sur la touche !! sans une vraie adhésion citoyenne ce parc ne fonctionnera jamais??? " té dalon konbiyin ou na rézon, pou pa fonsiyoné, sa lé sir, mé flanbé lé kapab. A voulwar brule les réniyoné la priorité pou anpèss azot vive dann zot milié o profi din strukture arbitrère èk dé dirèktive i sorte péi déor, noute toute nou la vu kosa la so pasé o Maïdo. Mi di prion pou lo bann zozo la désidé a la plass dé réniyoné, i rokoné zot lérèr, zot i manze zot sapo, kosa ou di Daniel, sinon nou pé krinn lo pire, sarpa solman lo Sodron va flanbé lo volkan lé kapab pète inpé partou dan la foré Mi èmeré poze la kestiyon konbiyin domoune réniyoné la partisipé lo lankète piblil dosi so park. Dan mon komine, kan mwin la parti la mairie pou mètt mon lavi, in kar dère avant la klotire, mwin lété lo 3ème sitwayin dan in komine pliss de 30 000 habitants. Kèl krédi i pé awar in tèl lankète, poukwé sa la pa fé in référendum?? Pou termine, ma dire la Réniyon lé anou, lé pa a so bann zozo i vé déside pou nou I fo organize la rézistanss, pa lèss déposède anou réniyoné o profi zétranzé. Mi lèss un lien pou zot war koman toutes les magouilles lé permi au non des parc Nationaux
http://blogs.mediapart.fr/blog/francoise-degert/020311/la-face-cachee-des-parcs-nationaux


4.Posté par ecolo bobo pasteque le 22/03/2012 17:50
d'accord avec le commentaire n°1

Comment les administrateurs du Parc ont-ils le culot de parler d'intrusion de la politique dans un dossier qui ne le devrait pas???

une honte alors que ces minables n'ont fait que signer des cheques en blancs sur les decision les plus ubuesques du bureau, des directeurs sans jamais defendre la population qu'ils sont censé representer. C'est une insulte de jouer au gros vaza dans leur tour d'ivoire. Ces guignols meritent tomates et oeufs pourris. Souhaitons une franche epuration pour le renouvellement du conseil d'administration en 2013

5.Posté par Jacques le 22/03/2012 19:46
le vrai patrimoine on a tendence a l'oublier, c'est la population qui est implanter la, le vrai patrimoine on l'oubli, c'est la culture, la tradition, les coutumes des Réunionnais, quand je pense qu'a la tête de ce merdié(désolé pour ce language), il y a un Réunionnais, j'ai honte, le chômage guêtte tout le monde et on lui donne un coup de main pour avancer.Le vrai problème n'est le parc mais, ceux qui veulent ce parc, moi je dit qu'il y a anguille sous rouche, na in naferr latsou!!!!!

6.Posté par Papangue le 22/03/2012 20:24
Mais non de dieu, ces réglementations existent dans TOUS les parcs nationaux au monde !!! Comment voulez vous protéger autrement ? Vous avez déjà vu un camion bar installé illégalement devant le Grand Canyon ou à Yellowstone ? Mme Ardon a bien raison : l'état a laissé faire n'importe quoi depuis des années ... Quand on voit l'état dans lequel sont laissés nos sites naturels moi je dis Tien bo Larg pa !

7.Posté par martinebonbois le 22/03/2012 21:54
@6 6.Posté par Papangue le 22/03/2012 20:24

Mais non de dieu dans beaucoup de parc nationaux dans le monde les populations autochtones sont déplacées sont couvert de protection de l'environnement.

Non de Dieu dans de nombreux parc nationaux métropolitains les gens manifestent aussi contre cette vision de la protection de l'environnement qui ne consiste qu'à interdire.

Mais non de Dieu, le collectif national des Racines et des Hommes porté par le député Jean Lassale, président pendant 10 ans du parc national des Pyrénées, demande l’abrogation pure et simple de la loi sur les pars nationaux qui ne prend pas en compte les populations locales.


Mais non de Dieu Le Parc National de La Réunion procure à l'opinion publique l'apparence d'une nature protégée et soulage les consciences d'un mode de vie polluant contre lequel le parc n'a aucune action, ni intention. Mais ce n'est pas dédouaner qu'il faut, c'est responsabiliser et le parc de La Réunion est loin, très loin de cette vision.

http://www.courrierinternational.com/article/2007/02/22/les-tribus-victimes-de-l-ecologie

http://www.desracinesetdeshommes.org/

Mais non de Dieu Papangue tu fais honte à cette oiseau majestueux et magnifique. Puisque les déchets semblent une obsession pour toi, demande au parc s'il veut réduire les déchets, qu'il aille avec toi demander aux industriels qui fabriquent emballages, suremballages et autres pacaging individualisés de revoir leur produits et ensuite nous reparlerons des déchets.

8.Posté par ecolo bobo pasteque le 22/03/2012 22:13
on s'en fout du grand canyon et de yellostone. Surtout pas d’américanisation de nos espaces naturels!!!


9.Posté par groscochon le 22/03/2012 22:21
Au sujet de l'operation "grand met propre au volcan" du parc national (samedi 31 mars), allez sur bandcochon.re pour regarder les dechets laissés depuis des années au volcan par toute cette clique de donneurs de leçon.

Ils se couvrent entre eux pour s'approprier NOTRE nature

10.Posté par DON PAKÉ le 23/03/2012 00:08
Franchement Parc National ce n'est qu'un titre ! Mieux vaut de l'emploi. Si les touristes veulent venir voir le volcan ils pourront quand même le faire. Comme d'habitude une poignée d'élus prennent seuls des décisions néfastes alors que le gouvernement est au service du peuple, ça la plus part ont tendance à l'oublier volontairement ! Quand au Préfet et ses belles promesses, méfiez vous ! Courage !

11.Posté par ecolo bobo pasteque le 23/03/2012 09:11
d'accord pour des emplois dans le parc genre accompagnateurs en montagne qui amenent des touristes payants du moment que ca n'est pas obligatoire.

pas d'accord pour l'interdiction aux Réunionnais qui veulent circuler librement dans leur nature
pas d'accord pour la privatisation d'espaces public pour des commerçants: Ceux installés avant 2007 doivent etre regularisés mais les autres doivent se deplacer aux entrée du coeur.

12.Posté par collectif tui-tuit le 23/03/2012 12:36
"C'est la troisième fois que nous avons un tel comité d'accueil à un conseil d'administration", explique, excédée, Bernadette Ardon, représentante de l'environnement au sein du Parc.

Nous communauté de Tuit-tuit nous n'avons jamais désigné Mdâame Ardon pour nous représenter. Oui le dossier du parc est politique. La politique dans le sens noble du terme de ceux qui s’intéressent à la collectivité et à la société dans laquelle ils vivent. La politique politicienne c'est elle qui en fait, pour éviter de parler des vraies questions de fond qui concernent nos amis les réunionnais.

Alors nous Tuit-Tuit nous demandons à Mdâame Ardon de respecter aussi les hommes qui cohabitent avec nous et de cesser de parler en notre nom de ce qu'elle ne sait pas. Nous voyons souvent cette dame Ardon dans les cocktails mondains en ville mais jamais dans nos forêts.

Nous Tuit-Tuit nous condamnons fermement les propos suivant de Mdâame Ardon "On ne comprend pas que certains élus organisent cette manifestation. Le Parc n'est pas un lieu de débat politique ou de campagne électorale, ajoute-t-elle" et demandons à Mdâame Ardon si l'environnement est juste une question de speudo spécialistes comme elle, ou est aussi une question qui touche toute la population et donc une question hautement politique en ce qui concerne l'environnement dans lequel vivent nos amis les hommes et nous même.

Nous Tuit-Tuit estimons que c'est à cause de gens comme Mdâame Ardon qui ont une vision réductrice des choses, qui se pense la plus sachante des sachantes que tout le monde et qui veut décider à la place des autres sans aucune légitimité démocratique si ce n'est ces relations mondaines que le parc national n'avance pas et va continuer à s’enferrer dans des conflits.

13.Posté par metencor le 23/03/2012 15:23
Pourtant, tous les administrateurs présents autour d'elle sont unanimes pour souligner que le Parc National de la Réunion est un véritable vecteur pour l'emploi.

C'est vrai que depuis 5 ans que le parc existe le chômage diminue à La Réunion, notamment dans le secteur de l'environnement, des activités touristiques ou de pleine nature, où il y a eu au moins 20 000 postes pérennes de créer.

Bon il reste encore quelques efforts à faire pour que le plein emploi soit là, mais trois fois rien, vu toute l'emploi que génère la seule présence du parc. Mais grâce au parc le chômage est en voie d'éradication. Merci aux administrateurs de leur travail pour lequel les réunionnais ne peuvent être que reconnaissant.. Merci à la directrice que la sorte à nou dans fé noir et que lé en train enlève a nous dan la porcherie dan laquelle nu vivait avant. MERCI.

14.Posté par to_zion le 13/03/2013 19:51
Bana i control nout l'esprit, i controle nout corps, et pour enfonce le clou i rode pou controle nout terre !
Réunionnais pas assez docile, pas assez endormi, faut tire tout ban' domoun i rode pou habite dans lé haut sans télé et sans corruption et fout a zot dan cage lapins la ville ! La montan ek la foret la ta nou ! Nout zancet marron la mont la haut pour zot liberté, et zordi i rod pou empeche a nou fait pareil !

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