Social

Collectif SSE : "Tous les patrons devraient faire Sciences de l'Education"

La suppression de la filière Sciences de l'Education provoque de vives réactions au sein de la sphère économique de l'île. Le collectif "Sauvons les Sciences de l'Education" monte au créneau et dénonce les conséquences que provoquerait la perte de cette filière à l'Université de la Réunion.


"Au moment des grandes mutations, des grandes difficultés de structuration de la société, nous sommes en train de nous débattre et nous avons besoin de personnes pour formaliser les choses, et ces personnes sont issues de la filière Sciences de l'Education" clamait aujourd'hui Marcelin Thelis, directeur-adjoint de l'Agence départementale pour l'insertion, et lui-même ancien étudiant de la filière.

Dans ce mouvement de mécontentement mais aussi d'inquiétude vis-à-vis de l'avenir de la jeunesse réunionnaise, il n'est pas seul. Le collectif "Sauvons les Sciences de l'Education" a aussi pour membres Thierry Fayet, de la Fédération de la formation professionnelle, Serge Payet, de l'Association pour la promotion de la formation des autodidactes et des cadres, Jérôme Paüs, étudiant en Sciences de l'Education, Patrick Picardo, de l'association APEPS (parents d'élèves de la primaire et du supérieur) et de Jean-Luc Carpy, directeur-adjoint de la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées).

"Des répercussions sur tout le système scolaire"

Ils s'inquiètent notamment de l'accompagnement des nombreux illettrés que compte l'île. Il ne s'agit plus seulement de développer le territoire, mais de tisser un véritable lien, un partenariat, un "rapprochement bi-univoque entre l'université et la société réunionnaise, le monde extérieur", selon Serge Payet.

Pour le collectif, il n'est pas question de laisser fermer, ni modifier une formation qui est capitale pour le bon fonctionnement de la société réunionnaise. "Cela aurait des répercussions sur l'ensemble du système scolaire", déclare Patrick Picardo. Et même au-delà, comme l'explique Serge Payet : "Il faut de plus en plus de professionnalisation dans les entreprises; pour que les employés deviennent professionnels, il faut que les managers sachent comment marche le processus d'enseignement, de formation".

"On y apprend à voir l'homme dans sa globalité"

Dans la même idée, Jean-Luc Carpy poursuit : "C'est en Sciences de l'Education qu'on trouve ces managers. On y apprend à voir l'homme dans sa globalité, avec une approche systémique, pour mieux le manager. Tous les patrons devraient faire Sciences de l'Education".

Le président de l'Université lui, se défendrait de supprimer la filière, mais entendrait la remanier. Là encore, cette attitude provoque la colère des membres du collectif. "Il y a peut-être une volonté de trouver quelque chose pour remplacer la filière, mais ce qu'ils veulent mettre à la place, c'est du saupoudrage. Et ce 'un peu de tout' va mener à l'échec, parce que ce qu'on recherche c'est la qualification et la spécialisation".

Une décision "unilatérale"

Jérôme Paüs confirme : "Si on ne va rien changer, pourquoi y a-t-il 400 étudiants inquiets ? On nous propose un diplôme cocotier qui n'existera qu'à la Réunion et qui remplace le diplôme adéquat qui existait déjà". A raison de 2.100€ l'année d'enseignement en master de Sciences de l'Education, les étudiants pensent qu'ils devraient recevoir une prestation de qualité et estiment qu'ils auraient dû être mis au courant de cette suppression dès leur inscription cette année.

Enfin, Marcelin Thelis regrette que cette décision soit prise par une seule personne, sans concertation. "La filière Sciences de l'Education, c'est le seul espace où nous pouvons rencontrer la formation des hommes alliée à l'économie. Et nous apprenons qu'un mandataire décide de la rayer d'un coup de crayon, unilatéralement".
Jeudi 17 Décembre 2009 - 16:19
Johanne Chung To Sang
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1.Posté par bertel le 17/12/2009 18:22
Tillier ! Reviens... il y a des copains du samedi matin qui (re)pointent le bout de leur nez !... Lol

Bertel de Vacoa

2.Posté par Kikose le 18/12/2009 07:03
Je comprends que pour Marcellin la suppression de cette formation est une remise en cause de personnelle, ayant fait un bout de chemin à travers les diplômes de cette filière. Pour Raoul pareil, car il y enseigne. Peut être comme toute formation un toilettage est nécessaire sans pour autant faire tout ce boucan ? La société évolue, les formations aussi.

3.Posté par Raoul Lucas le 18/12/2009 09:50
A KIKOSE
Personne n'est opposée à un toilettage.Tous les 4ans quand se renégocie l'offre de formation l'opportunité nous est donnée de faire évoluer nos maquettes particulièrement dans ce champ qui connait d'importantes transformations.
Il s'agit ici de tout à fait autre chose :la liquidation d'une filière;toilettage ou, liquidation: non
Nous ne pouvons pas l'accepter et je te renvoie pour un argumentaire plus développé aux articles du blog "sauvons les sciences de l'éduc" sur ce site .
Redisons pour conclure 2 choses:
a) c'est toute la politique de formation qui est questionnée par cette mesure d'où l'identité des intervenants qui ont participé à cette conf.
b)ma situation personnelle n'est pas menacée:
-je peux enseigner autre chose
-je peux enseigner ailleurs qu'à la Réunion
-je peux ne plus enseigner dans université ou ne plus enseigner du tout
je resterai fonctionnaire titulaire de l' Etat
Quand avec le Recteur Varinard et J-P Porcel nous nous sommes battus pour créer cette filière (que l université récupérera en 1992) c'est parce qu'elle correspondait à des besoins et qu'elle continue plus que jamais à permettre qualification et promotion.
Mais puisque tu me tutoies et semble me connaitre tu dois etre au courant de tout celà
R LUCAS

.

4.Posté par nicolas de launay de la perriere le 18/12/2009 23:23
faudrait plutôt que les salariés fassent science de l'éducation, afin de comprendre pourquoi leur employeur n'est pas le fier et courageux manager qu'ils croyaient qu'il serait...

rappelons à toutes fins utiles, que les formations de manager s'inspirent des techniques que l'on apprend parfois en "science de l'éducation"..

mais il est certain qu'on a rarement vu un prof en sciences de l'éducation devenir un bon "manager" dans le privé (je parle ici de l'entreprise capitalistique ayant pour objectif de maximiser ses profits en développant ses volumes au détriment des concurrents, au bénéfice de ses fournisseurs, de ses actionnaires)..

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