Faits-divers

Cilaos: Nouvelle affaire Técher vs Técher au tribunal


Une fois de plus, le maire de Cilaos, Paul Técher, se retrouvait hier à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Pierre, accusé par son éternel adversaire, l’ex-maire Jacques Técher, de prise illégale d’intérêt.
 
Il est à noter que c’est la 150e fois (et quelques farines) que Jacques Técher tente de se débarrasser de son vieil ennemi par la voie judiciaire. On ne sait jamais, une inéligibilité peut toujours tomber.
 
L’affaire est d’une simplicité confinant au jeu du Morpion. "Tu me places une diagonale ? J’te mets une verticale", etc.
 
Résumons : la commune de Cilaos est mise en demeure par l’Etat de voter le nouveau PLU, plan local d’urbanisme, qui a remplacé l’ancien POS, plan d’occupation des sols.
 
Le cirque contenant malheureusement 38 % de surfaces dangereuses, il s’agit de densifier les zones constructibles ou déjà construites, comme le centre-ville et les hameaux des îlettes situés en zones sûres. Autrement dit, de surélever les constructions au-delà des 11 mètres actuellement permis, ce qui revient à leur ajouter un étage. L’esthétique ou le patrimoine n’y trouvent certainement pas leur compte mais il n’y a aucun moyen de procéder autrement.
 
Afin d’échapper précisément aux accusations aussi diverses que farfelues, les élus confient à une société privée le soin d’élaborer le nouveau PLU, à charge pour elle d’observer scrupuleusement les directives d’Etat. Ce qui est chose faite. Le nouveau Plan est alors voté en toute logique par le conseil municipal.
 
Il se trouve que le maire Paul Técher et son adjoint de l’époque, Pierre Rivière, possèdent des parcelles (eux ou leurs proches) dans les périmètres bénéficiant des nouvelles dispositions.
 
Là intervient la première interrogation : pourquoi seuls ces deux-là ont-ils été déférées alors que tous les conseillers, y compris leurs opposants, en ont autant, un peu partout dans le cirque ?
 
Une première plainte dans le même sens avait déjà été classée sans suite par le Parquet. Puis le tribunal administratif avait exclu les parcelles litigieuses du bénéfice des nouvelles dispositions du PLU. Ce qui, selon Me Dugoujon, supprime de fait la qualification pénale.
 
Pourquoi donc cette nouvelle plainte a-t-elle été instruite ? "Il y a plus de mystères dans le ciel, Horatio, que ton esprit ne saurait en concevoir" (Hamlet – William Shakespeare).
 
Pour nous résumer : si le maire n’avait pas fait voter le nouveau PLU, il était bon comme la romaine pour n’avoir pas obéi à un commandement d’Etat. Il le fait ? Le voici accusé de prise illégale d’intérêt. Après William, Ubu non plus n’est pas mort et les "Ronds-de-cuir" de Courteline ont encore de beaux jours devant eux.
 
Autre point litigieux : les services de l’Etat ont été consultés à propos du nouveau PLU et n’y ont rien trouvé à redire. Pourquoi donc, alors, les services de l’Etat ne sont-ils pas accusés de complicité de prise illégale d’intérêt ?
 
Last but not least : pourquoi la plainte ne concerne-t-elle que les parcelles où le maire et son adjoint sont propriétaires ; et non les autres… où le plaignant est lui-même propriétaire ?
 
Madame la procureur Tanguy, avouant qu’elle ne s’était vue confier le dossier que voici trois mois ("c’est un peu court, jeune homme"), a admis que l’affaire se situait dans un contexte de règlements de comptes politiques. Avant d’insister sur le fait que Paul Técher avait déjà fait l’objet d’une condamnation pour les mêmes motifs, voici plusieurs années. L’accusateur public s’est quand même demandé s’il pouvait y avoir prise illégale d’intérêt lorsqu’il s’agit d’une injonction incontournable de l’Etat "car ce PLU vise à améliorer les conditions de construction". Et de préciser, en outre, qu’une certaine jurisprudence considère que l’intérêt général passe avant les intérêts particuliers.
 
Si on traduit en clair, cela signifie que les élus n’ont visé que la sécurité des constructions en général. On se demande alors le sens du réquisitoire : 3 mois avec sursis ; sans inéligibilité, ce qui est quasiment une première dans ce genre d’affaire. Soit le maire est coupable et on le taxe au prix fort. Soit il ne l’est pas et…
 
Me Jean-Jacques Morel, minutieux comme toujours, a démoli une à une toutes les pièces de l’accusation, précisant que Paul Técher n’est pas entré en politique pour s’enrichir. Ils sont deux toubibs dans le cirque, le boulot ne manque pas !
 
"Il se soumet aux injonctions étatiques et le voici sujet aux accusations imbéciles !"
 
Son collègue Me Dugoujon a insisté sur les aspects administratifs de cette fumeuse affaire, notamment le fait que les parcelles incriminées ne faisaient plus partie du nouveau PLU.
 
Délibéré le 30 octobre.
 
PS : petit point d’histoire où l’ami Morel est pris en flagrant délit : Paul Técher n’est pas le 1er médecin de Cilaos. Il y eut autrefois le docteur Mac Auliffe, qui découvrit les vertus des eaux de source locales. Puis la doctoresse Edwards dans les années 40/50. Et enfin le docteur Verhaegen, dans les sixties, qui faisait médecine et parapharmacie à la fois. JB.
Vendredi 10 Octobre 2014 - 10:51
Jules Bénard
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1.Posté par yabos le 10/10/2014 12:06
on peut dire que le Técher battu et mécontent abuse des procédures judiciaires et administratives à l'encontre de son rival élu par la population. N'existe t'il pas une sanction pour ce genre de comportement?

2.Posté par KLD le 10/10/2014 19:10
il a le regard coquin ce maire !

3.Posté par Jules Bénard le 11/10/2014 21:55
à KLD : c'est exact, notre ami Paulo a la malice dans les yeux. Mais vous savez, c'est une caractéristique commune à nos gens des Hauts qui pensent que la vie elle-même est malicieuse.

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