Société

Ces communes réunionnaises sous l'oeil des caméras

Nul besoin d'attendre la venue de la dernière progéniture de Claude Guéant, le dispositif des "voisins vigilants", pour se rendre compte que les discours sécuritaires ont le vent en poupe. A la Réunion, y a-t-il un sentiment d'insécurité? Difficile à dire. Toujours est-il que certaines municipalités ont choisi, s'il existe, de le sectionner à la racine, en apportant une réponse technologique aux actes d'incivilité avérés ou anticipés. Sur les 24 communes de l'île, quatre ont opté pour la vidéo-surveillance.


Ces communes réunionnaises sous l'oeil des caméras
 
Entre six et dix caméras de surveillance épieront bientôt le centre de… Cilaos. La paisible petite ville serait-elle devenue dangereuse? En aucune façon. Mais pour s'assurer qu'elle reste un petit coin de paradis tranquille au regard des 500.000 touristes qui la visitent chaque année, la mairie a récemment décidé de suivre l'exemple de Saint-Pierre, Saint-Louis et Saint-Denis sur la voix de la vidéo-surveillance. Simple mesure de précaution.

Inutilement liberticide ou couteux diraient certains. En tout état de cause, la municipalité de Saint-Denis, pour avoir adopté le dispositif de vidéo-surveillance, est, elle, pleinement satisfaite de son investissement. Selon l'adjointe en charge de la sécurité, Nalini Merlo-Velopoullé: "On ne peut pas toujours faire l'unanimité mais les gens sont en demande de cette technologie et les parents sont contents de savoir que leurs enfants rentrent en sécurité de l'école", a-t-elle assuré, ajoutant que "la commune a fait un effort considérable sur des budgets contraints".

Le chef-lieu, déjà fourni en matériel de vidéo-surveillance depuis 2006, s'est offert 19 caméras numériques flambant-neuves en juillet. Le matériel, doté d'une vision infra-rouge, est disposé dans plusieurs quartiers de Saint-Denis et Sainte-Clotilde. Il aura coûté quelques 412.000 euros, en partie financés par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance.

Prévention et identification

Pour l'adjointe à la Ville, la vidéo-surveillance se révèle à coup sûr être un outil "dissuasif" et "efficace", utile tant pour la police municipale que dans le cadre d'instructions judiciaires. Nalini Merlo-Velopoullé fait ainsi état d'une baisse des "vols", des "dégradations" et du "sentiment d'insécurité", concomitante à l'arrivée du matériel, ainsi qu'une "diminution des attroupements et rixes" devant les établissements scolaires surveillés.

Une tendance qui semble se retrouver sur le plan national. Selon un rapport de l'Inspection générale de l'administration datant de 2009: "L'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéo-protection en matière de prévention puisque le nombre de faits (délictueux) constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé".

Même son de cloche du côté de Saint-Louis, où presque rien n'échappe à l'oeil de la police. Du moins, dans les zones du centre-ville et de la gare routière où 17 caméras balayent le paysage. Stationnements anarchiques, vols à la tir, bagarres ou même accidents, depuis deux ans, la police municipale contrôle tout sur ses moniteurs. Le chef de service de la police municipale, en charge de la vidéo-surveillance, David Geslin, discret sur le sujet, se dit favorable à un système qui permet en permanence de surveiller les infractions, "tant qu'on a rien à cacher"

Un délai de conservation

Les actes criminels surviennent plutôt rarement, selon le chef de service, mais lorsqu'ils se produisent, "une bonne réactivité des services judiciaires" est nécessaire pour que les enregistrements puissent jouer leur rôle. Ils ne sont en effet gardés que "8 jours" à Saint-Louis, compte-tenu de capacités de stockage restreintes. La loi prévoit, elle, un délai de conservation de 30 jours tout au plus, pour éviter les dérives et ne trop empiéter sur la confidentialité des usagers des voies publiques.

Autre obligation de la loi, le respect des espaces privés, le signalement de tous les endroits vidéo-surveillés par une pancarte et la limitation des destinataires des images. Entre sécurité et liberté, c'est un peu l'amour vache... La Commission Nationale Informatique et Liberté est donc chargée de veiller à ce que la règlementation en la matière soit appliquée. En métropole, l'instance a mis en demeure il y quelques mois plusieurs établissements scolaires équipés en caméras pour "collecte excessive de données".

Le gouvernement, à travers le plan national de prévention de la délinquance et de l'aide aux victimes qui court jusqu'en 2012, abonde plutôt dans le sens de la multiplication des caméras dans l'espace public, faisant de la vidéo-protection ou vidéo-surveillance, c'est selon, un "choix prioritaire". Un discours qui n'a visiblement pas eu de grande résonance à la Réunion. Une écrasante majorité des communes de l'île, 20 sur 24, n'ont pas jugé nécessaires d'engager de telles installations et déclarent que cela n'est pas non plus dans leurs projets immédiats.
Jeudi 6 Octobre 2011 - 15:27
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1.Posté par Ded le 06/10/2011 17:43
ça fait surtout marcher le "petit commerce" des boites qui vendent ces caméras!
Juste une remarque , tous les rapports montrent que ça ne fait que déplacer le problème et que les petits délinquants vont ailleurs.
Quant à pouvoir reconnaitre les délinquants sur les images enregistrées , encore faut-il que les caméras et les logiciels qi vont avec soient très haut de gamme sinon, on ne reconnait personne et en fait ça ne sert pas à grand chose à partir du moment où les mêmes délinquants sont au courant de ça!
Et je doute que des petites communes comme Cilaos aient les moyens de se payer ce matériel haut de gamme!
( sans parler du fait que dans cette riante commune , à voir les successions de plaintes des uns et des autres...suivez mon regard...le délinquants ne sont pas dans la rue!)

2.Posté par Liberté Egalité Fraternité Espionné le 06/10/2011 17:44

3.Posté par Le bon à tout le 06/10/2011 21:12
Attention car la police peut voir les élus commettre des infractions à la vidéo..............lol

A st denis, il se dit que l'adjointe chargée de la sécurité est frappée d'immunité et que donc elle peut commettre des infractions...................Mdr.

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