Société

CapRequins réfléchit à un déploiement vers les zones d'activités nautiques

Le comité régional des pêches de La Réunion effectue un nouveau bilan intermédiaire du programme CapRequins. Ancré pour l'instant en baie de Saint-Paul, le dispositif "drumlines" (lignes sur lesquelles sont disposés des crochets appâtés), pourrait être étendu sur des zones d'activités nautiques. Le comité effectue également un bilan quatre mois après le début de la campagne. Les drumlines affichent un taux de mortalité avant intervention de moins de 10% des requins pris. Autre indication : le périmètre autour des drumlines connaît une très faible fréquentation de squales marqués. Faut-il y voir un premier effet répulsif ? C'est "une hypothèse de travail à approfondir sur les prochaines semaines" déclare le comité des pêches. L'intégralité du communiqué :


Le comité des pêches dresse un nouveau point d'étape
Le comité des pêches dresse un nouveau point d'étape
Déjà quatre mois que le programme CapRequins est expérimenté sur la commune de Saint Paul.

S’agissant de la technique des "smart drumlines", des ajustements techniques sur le perfectionnement des dispositifs et des procédures d’intervention ont dû être apportés ces dernières semaines. En cause, tout d’abord, une série de déclenchements (5) sans capture sur une des bouées GPS défectueuse, dont le remplacement intégral a été nécessaire. En cause, également, trois captures sans alerte et heureusement sans mortalité supplémentaire suite à des emmêlements de lignes autour des drumlines, qui ont conduit à réviser les procédures de montage et de remplacement des appâts.

Depuis début avril 2014, 13 nouvelles captures ont été traitées. Elles ont concerné les spécimens suivants :
- 6 raies pastenague entre 90 cm et 1 m environ, capturées entre le 9 et le 15 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives, dont deux après marquage "spaghetti" externe ;
- 3 grandes raies guitare femelles de 1,80 m à 2,45 m, capturée entre le 10 et le 29 avril, toutes relâchées vivantes et bien vives après marquage "spaghetti" externe ;
- 2 carangues gros-tête de 1,10m et 1,38 m, capturées le 29 avril et le 16 mai, dont une a été retrouvée morte et l’autre relâchée vivante et bien vive après marquage "spaghetti" externe ;
- un juvénile de requin tigre d’environ 0,80 m, retrouvé vivant le 30 avril à 7h00 et relâché vivant et bien vif ;
- un requin marteau halicorne mâle de 2,80 m, capturé le 13 mai à 1h50, puis relâché vivant et bien vif après marquage "spaghetti" externe (une vidéo du marquage est disponible à l’URL : http://youtu.be/lBYnyIoh7vw)

Après quatre mois d’activité du programme CapRequins, le taux de survie global après captures sur les "smart drumlines" atteint les 91,7% (le taux de survie spécifique est réévalué à 50% pour les requins marteau halicorne et à 75% pour les carangues gros-tête).

Le marquage spaghetti externe s’est désormais généralisé aux raies pastenague, dont les échantillons de peau systématiquement prélevés permettront d’approfondir la connaissance sur cette espèce et faciliter son identification précise. Globalement, ce ne sont pas moins de 15 individus sur les 27 relâchés (carangues gros-tête, grande raies guitare, requins nourrice fauve, requin tigre, requin marteau halicorne et raies pastenague) qui ont jusqu’alors été marqués avec cette technique spaghetti.

Les résultats de la technique palangrière

S’agissant de la technique de la palangre de fond du programme West, le rythme des sorties s’est accéléré après la réparation de l’avarie moteur du navire Wayan. Jusqu’au 23 avril 2014 (date de la dernière fiche de marée transmise par le programme West au CRPMEM de La Réunion), un total de 21 sorties avait ainsi pu être réalisé, au cours desquelles 66 poissons ont été capturés, avec un taux global de survie après capture de 94% (la mortalité est surtout due à la déprédation sur les captures par les requins).

Les principales espèces capturées sont les carangues gros-tête (15 individus), les raies pastenague (14 individus), les requins tigre (14 individus, dont 11 juvéniles d’à peine ou de moins de 1 mètre, dont 6 ont été marqués "spaghetti" en externe) et les raies guitare (8 individus). Deux requins bouledogue ont également pu être capturés, dont un a fait l’objet d’une valorisation dans le cadre de la réévaluation du risque ciguatera.

Jusqu’à cette même date, l’équipe de marquage de Squal’idées s’était associée à 7 sorties à la palangre de fond du programme West, au cours desquelles 1 requin bouledogue, 2 requins tigre adultes et une carangue gros-tête ont été marqués en acoustique. Par ailleurs, un requin pointe-blanche de récif ainsi qu’une raie guitare ont été marqués en externe.

Les relevés des stations d'écoute

S’agissant des données des stations d’écoute acoustique immergées autour des smart drumlines, la très faible fréquentation de la zone se confirme. Seuls des animaux n’ayant jusqu’à présent jamais été détectés ont effectué des passages rapides sur la zone. Deux requins tigre (dont le mâle marqué suite à sa capture sur une smart drumline le 7 mars) ont été détectés entre fin avril et début mai, très au large de la zone d’étude, sur une courte période et à des profondeurs de nage de 60 mètres (soit à plus de 500 mètres au large des smart drumlines).

Alors qu’aucun requin bouledogue n’avait été détecté dans la zone depuis le 19 mars (soit 50 jours sans aucune détection), une femelle bouledogue, marquée par Squal’idées dans ce programme, qui n’avait jamais été détectée auparavant, est passée dans la zone le 8 mai, au cours de la semaine pendant laquelle les dispositifs de pêche avaient été justement relevés pour tester l’influence de leur absence sur le retour des animaux marqués...la femelle tigre détectée début mai a de nouveau été détectée plusieurs jours de rang, mais toujours à des périodes où les engins de pêche appâtés n’étaient pas en place.

Le comité scientifique indépendant, qui s’est de nouveau réuni pour examiner le second rapport intermédiaire du programme CapRequins, a relevé lui aussi la faible présence de requins marqués dans la zone d’étude au cours du mois de mars 2014, de manière plus marquée que sur les autres stations du littoral ouest (Trois Bassins notamment). L’apprentissage ("par facilitation") des requins bouledogue à éviter la zone côtière équipée de smart drumlines suite aux captures de congénères et d’individus d’autres espèces constitue selon ces experts une hypothèse de travail à approfondir sur les prochaines semaines. De la même manière, s’agissant du suivi de l’efficacité des dispositifs et de leur non-attractivité à longue distance, les premières tendances doivent être confirmées sur un nombre plus représentatif d’observations.

Déploiement des smart drumlines dans les zones d’activités nautiques

En accord avec les financeurs de CapRequins, le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) prépare désormais la phase de déploiement des smart drumlines dans les zones d’activités nautiques conformément aux étapes définies dans ce programme. Cette phase de déploiement en zone corallienne fait actuellement l’objet d’études préliminaires sur cartes. Elle va se poursuivre ces deux prochaines semaines, sous l’égide de la mairie de Saint Paul, par une concertation avec les autres usagers de la mer avant le dépôt par le CRPMEM des demandes d’autorisations administratives au titre du domaine public maritime.

Le CRPMEM et ses partenaires – Squal’idées, Prévention Requin Réunion, Kwazulu Natal Sharks Board et la Ligue réunionnaise de surf – invitent enfin les usagers de la mer à la plus grande vigilance en ce début d’hiver austral où, par expérience, la fréquentation de la bande côtière par des requins potentiellement dangereux pour l'homme augmente significativement, telle que les dernières détections le confirment.
Vendredi 23 Mai 2014 - 10:35
Lu 745 fois




1.Posté par Tamother in stringles on the face à Kojak le 23/05/2014 12:55
On peut appâter avec les écolos bobos non ?

2.Posté par noéla le 23/05/2014 13:21
Ne vous inquiétez pas... le problème bientôt réglé :

Avion=> Chinois=> miam miam=> ailerons=> requins décédés => Avion=> Chinois =< miamiamages ailerons => merci touristes chinois en tralé i sa arriver !

3.Posté par Neptune le 23/05/2014 13:49
Si les "drumlines" qui servent avant tout à capturer des prédateurs, semblent avoir un effet répulsif, alors OUI il faut en accroître le nombre et surtout les rapprocher des lieux fréquentés par les usagers, Boucan, Roches noires, Trois bassins, Saint-Leu, l'Etang Salé qui auront été préalablement protégés par des VRAIS filets de protection là ou c'est possible !!!

Cette mesure combinée à d'autres, sur les sites dédiés au surf en respectant avant tout les règles élémentaires de base: horaires, qualité de l'eau, météo,

Par exemple, pratiquer une surveillance aérienne fournie par des drones, ensuite se réapproprier la colonne d'eau par l'expérimentation sur ses abords d'écrans de bulles d'air amovibles posés par le fond, qui serait surveillée par des vraies vigies, sol et mer, aptes à prodiguer les premiers soins, lesquelles seraient équipées de radios lors des patrouilles effectuées aux abords de la zone en Canoe et à Jet-ski , à la surface mais également sous la mer par plusieurs équipes de plongeurs bouteilles munies d'arbalètes et de Go-pro travaillant en binôme, afin de rassurer celles et ceux qui veulent continuer à prendre plaisir à glisser sur des spots sécurisés et surtout envoyer un message très fort à destination des médias nationaux qui ont tant décriés notre île !!!

4.Posté par nsnf le 23/05/2014 19:50
@neptune grâce à qui l'ile a été decrié ,les medias locaux ,des politiques dont un députe/maire toujours en place, les assos OPRRPNE et ecolos qui toutes les deux dans leur domaine sont allées dans l’exagération et la désinformation et ça continu d’ailleurs...les medias nationaux à 10000km n'ont fait "que retransmettre"

5.Posté par Zoé le 23/05/2014 20:45
Tant que ça reste dans le cadre du programme pourquoi pas...quelques prélèvement et toujours plus de marquage avec balise d'observation des points de visite par les individus marqués. C'est une bonne chose.

Et pourquoi pas surtout réfléchir à l'avenir et essayer de réorienter ces points de visites sur des épaves aux larges (200mètre de fond) créées spécialement? (Bateau d'armateur pris dans les terres australes qui ont laissés leurs bateau pourrir dans le port? Parce qu'un jour de tout façon ils couleront...et si c'est dans le port ça nous coutera de l'argent plutôt que ça puisse servir à quelque chose). Puisque (argument débile des extrémistes surfeur mais de réalité, sans prélever il y en aura toujours sur nos côtes) donc l'objectif est qu'il ne viennent plus voir certain endroit et se réoriente sur d'autre où il peuvent vivre (et plusieurs...puisqu'ils ne sont pas sédentaires...)

@1 : C'est marrant pour l'instant les squales c'est pas nous qu'ils préfèrent...doit y avoir une caractéristique bien particulière qui fait qu'ils vous préfèrent : La simplicité?....

6.Posté par Tamother in stringles on the face à Kojak le 23/05/2014 21:55
5.Posté par Zoé

tiens, une écolo bobos ….prétentieuse et condescendante à souhait…:)

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 4 Décembre 2016 - 09:00 Les Avirons: Le noël magique des micro-crèches

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales