Né d'une protestation contre la hausse des frais de scolarité, le mouvement étudiant canadien a pris l'ampleur (près de 100 jours de mobilisation) d'une véritable contestation politique, face à la répression du gouvernement.
Le "printemps d’érable", en rappel au printemps arabe, s’inscrit dans un mouvement mondial de mobilisation de la jeunesse universitaire, confrontée à des problèmes similaires d'un pays à l'autre.
Les frais de scolarité dans les universités québécoises sont bien plus importants que ce dont nous avons l’habitude en France. Il en existe deux types: des frais d’inscription et des frais afférents qui sont à peu près équivalents l’un l’autre. Ainsi, un doctorant terminant ses études se retrouve avec à peu près 25.000 dollars canadiens de dette. Les hausses envisagées il y a quelques mois par le gouvernement de Jean Charest, qui a fait également adopter une loi réduisant la liberté de manifester, consisteraient à augmenter par quatre les frais d’inscriptions sur plusieurs années, ce qui a été l’élément déclencheur d’une grève qui dure depuis quatorze semaines.
Quelques 500 personnes ont été interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi à Montréal après une manifestation. Déclarée illégale au Canada, la manifestation a finalement été tolérée pendant plus de trois heures par les autorités.
La police de Montréal interdisait la manifestation car les manifestants n'avaient pas fourni à l'avance le parcours qu'ils emprunteraient. Elle l'a finalement accepté tant qu'aucun méfait ne serait commis. Quelques milliers de manifestants étaient de la partie, serpentant pacifiquement mais bruyamment les rues de la ville. Les manifestants ont tapé sur des casseroles durant une dizaine de kilomètres.
La manifestation a été interrompue par l'intervention policière alors qu'elle se dirigeait vers un secteur agité de la vie nocturne. Quelques jets de pierres en direction des policiers ont été constatés, ainsi que des lancés de feux de bengale, mélange pyrotechnique (bentonite, poudre à canon et poudre d'amorçage, étoiles pyrotechniques ainsi qu'un mélange pyrotechnique de temporisation).
Les interpellées n'ont montré aucune résistance, contrairement aux casseurs qui ont attaqué la police les jours précédents.
A Québec aussi ça chauffe
Près de 700 interpellations ont eu lieu également à Québec. La police de Montréal a précisé que ces interpellations ont eu lieu en vertu d'un nouveau règlement municipal adopté la semaine dernière par la mairie de Montréal, et non pas conformément à la loi québécoise.
Selon la chaine publique Radio-Canada, les manifestants pris sur le fait (manifester) s'exposent à une amende de 635 dollars (environ 607 francs).
Selon la même source, des incidents ont aussi été signalés en province, à Sherbrooke, située à 140 km à l'Est de Montréal.
















