Société

Calendrier scolaire /Parole aux anciens: "Nos vacances jusqu'au 1er mars, c'était le bon sens"

Abdoul Dessaï habite dans le Sud de l'île. Lundi, il se trouvait dans le centre-ville de Saint-Pierre au moment des manifestations des collégiens et lycéens au sujet de la chaleur et du calendrier scolaire. Il se souvient alors du calendrier scolaire à son époque qui s'adaptait aux conditions climatiques.


Calendrier scolaire /Parole aux anciens: "Nos vacances jusqu'au 1er mars, c'était le bon sens"
Spectateur attentif des revendications portées par la jeunesse sur les degrés en classe, le troisième âge jette un regard qui transpire "le bon sens". La soixantaine passée, Abdoul Dessaï livre son expérience d'une certaine époque. "Certains appelleront ça de la ringardise", devance celui qui s'implique dans l'Organisation réunionnaise des petites et moyennes entreprises - ORPME.

La rue des bons enfants à Saint-Pierre, c'est son jardin. En retraite, c'est tout naturellement qu'il est venu échanger son point de vue avec les commerçants du coin. C'est d'ailleurs là qu'on le retrouve à bavarder avec une commerçante qui guette, rideau à demi-baissé, prête à fermer à la moindre apparition de manifestants.

Même s'il ne cautionne aucunement le défoulement de certains jeunes dans les rues, surtout lorsqu'il s'agit d'arracher du mobilier urbain, briser des vitres ou "faner" des poubelles, il n'en garde pas moins un regard franc sur leurs préoccupations à la lumière de son époque: "On arrêtait l'école le 23 décembre et on reprenait le 1er mars", se souvient-il. Une réalité dans les années 50, 60, du moins pour ce qui le concerne.

Les anciens n'étaient pas fous. A défaut de clim', l'été suffoquant des bas se vivait, pour les familles qui en avaient la possibilité, en villégiature dans les hauts. "On appelait ça le changement d'air. Chez nous, on allait par exemple à Hell Bourg où nous avions de la famille". Cilaos ou plus globalement le cirque de Salazie étaient également prisés. "On y louait des maisons, ça faisait indirectement développer les hauts de l'île".

il faut vivre dans son "contexte géographique"

Le tournant, selon lui, est imputable à l'envie de La Réunion de calquer son rythme scolaire sur la métropole pour satisfaire les fonctionnaires, "façon parigot", préfère-t-il en rire. Le calendrier climatique a donc peu à peu fondu au soleil pour "faire comme la métropole". Pourtant dit-il, "ils ne sont pas bêtes. Dites-moi quand est-ce que se situent les grandes vacances en métropole ? En été", s'exclame-t-il.

Le problème soulevé avec force par les élèves de 2014 n'est pas insurmontable, "c'est un problème simple. Il faut supprimer toutes ces petites coupures qu'il y a entre février et juin". Abdoul Dessaï fait allusion à ces micro-vacances placées en mars-avril. Les deux à trois mois de vacances d'été ne seraient pas un souci sur le plan pédagogique. "En vacances à l'époque, les devoirs de vacances occupaient toutes nos matinées. L'après-midi on jouait". Pour lui l'évidence s'impose : il faut vivre dans son "contexte géographique".
Mardi 28 Janvier 2014 - 07:19
ludovic.grondin@zinfos974.com
Lu 2855 fois




1.Posté par darky le 28/01/2014 08:56
La legislation n impose aucune regle en matiere de temperature sur les lieux de travail ou de dispensiation du savoir... des normes afnor existent toutefois.
posons la question de la temperature maximale..mettons en placr le calendrier climatique...ou ventilons.

le recteur a t il seulement des echanges à ce sujet avec les maires la region et le departement.?!! Reponse evidente : non

.

2.Posté par allan le 28/01/2014 09:20
J'approuve cette position. Je suis de ceux qui ont connu ce calendrier scolaire de l'époque. Pour ceux qui avaient la possibilité de poursuivre des études supérieures, localement ou en France continentale, ils n'étaient pas pénalisés, pour autant. L'argument de la longue coupure, au plan pédagogique, des vacances de décembre à mars n'apportait pas ses preuves ; et nombreux sont ceux qui ont bien réussi leur vie professionnelle.
Mais l'époque a changé. Autrefois, les Réunionnais vivaient plus dans leur île et y passaient l'essentiel de leurs vacances. J'ai connu des Instituteurs qui n'ont jamais pris l'avion ou le bateau. Aujourd'hui, l'appel des voyages domine. De plus, de nombreux salariés ne disposent pas d'intérêts moraux et matériels sur place.
Le calendrier scolaire actuel ne sert pas les intérêts de nos enfants.

3.Posté par Clément le 28/01/2014 10:15
Ce monsieur a plein de bon sens. On devrait écouter un peu plus ceux qui comme lui ne sont pas excessifs et nous ramènent à la raison. Quand la neige tombera partout à La Réunion, on fera comme en Métropole. Mais pour l'instant nous sommes sur une île tropicale et qui le restera encore un bon bout de temps!

4.Posté par Cindy le 28/01/2014 10:20
Tout à fait d'accord avec vos commentaires, il ne faut s'engouffrer dans une solution sans regarder autour!!! notre climat n'a rien à voir avec celui de la Métropole!! il serait bien que le recteur avant de continuer passe une semaine complète dans des salles de classe non ventilées avec des températures d'environ 35° je suis convaincue qu'il changera tout de suite d'avis!!! pleins d'élèves de ma génération on fait des études en métropole et n'on pas été pénalisés par le décalage des vacances scolaires d'ici et là bas! les actes de vandalisme ne sont pas tolérable mais à un moment donné il serait bien de se poser des questions car je pense que dans tous ces jeunes qui ont fait grève hier certains n'ont pas tort et si nous adultes ainsi que les élus... ne les soutenons pas qui le fera??????

5.Posté par Jean-Marc L. le 28/01/2014 11:04
Je suis assez consterné par la situation.
Ce calendrier ne semble vraiment pas en adéquation avec les réalités réunionnaises. Changeons le !
Je ne comprends pas également le pourquoi du présent calendrier.
En premier lieu je constate que les enquêtes sur lesquelles s'appuient l'académie pour argumenter le fait de sa légitimité, sont que de la poudre aux yeux.
Pourtant, 600 écoles ou établissement ont été consultés...et autres chiffres que j'ai oubliés la provenance, renforcent cet état de fait.
En second lieu, de deux choses l'une, soit l'académicien s'est trompé de sujet et d'enquête, auquel cas je comprendrai, soit ce sont les bons chiffres, les bonnes enquêtes sur le sujet, et là je m'interroge sur le caractère "scientifique de la chose".
Le quantitatif est l'élément qui semble dans sa démonstration, le plus pertinent pour étayer la réalité de ses propos, et de sa vérité ! , c'est à dire, de facto, la notre aussi, puisqu'il s'en fait l’ambassadeur, du moins son rapporteur !
En troisième lieu, je me demande comment a été réalisé ce rapport, pour que l'on voit là une certaine inadéquation retenue. J'ai vraiment l'impression d'avoir raté un chapitre ou un enquêteur !
Ils ont dû passer chez moi, mais probablement absent de la maison ce jour là je n'ai qu'à me contenter de mon tort.
10 % qui ne sont pas d'accord se manifestent, ce sont d'après l'académie, les mêmes recensés lors de l'enquête, en gros, ce sont les mauvais ou petits joueurs de toujours !
Bon ok ! mais alors je fais parti de quel pourcentage, des absents ? sans doute !

Au final quelque soit la place que j'occupe dans ces enquêtes dont j'ai été particulièrement absent, une chose est sure, il y a à correspondre une réponse adéquate à un problème typiquement et localement identifié. De souvenir d'enfance et de lycéen, je n'ai pas de souvenir d'avoir été gêné par la chaleur en classe, mais je me souviens aussi comme l'a dit Abdoul Dessai que nos vacances étaient particulièrement agréables et longues. Les bassins de la Réunion, nos rivières, la plage partageaient notre vie de l'époque, notre façon de gérer la chaleur de la saison. Beaucoup d'entre nous sont très bien insérés aujourd'hui. Sans vouloir enlever l'acquis du calendrier en ce qui concerne la continuité éducative avec la métropole pour ceux qui poursuivent leurs études, il y a sérieusement à remettre en question cette période de décembre à mars, pour alléger la difficulté rencontrée par nos enfants en cette saison chaude.

6.Posté par Claudine le 28/01/2014 12:36
Ce matin même je discutais avec une dame de 78 ans qui me disait la même chose que ce monsieur.

7.Posté par michel ravine blanche saint pierre le 28/01/2014 15:53
déjà un "ti bonjour" à M.Abdoul,
Peut être pas refaire la rentrée scolaire au mois de mars, mais il a raison de dire qu'il faut supprimer, ou raccourcir ces coupures, 15 jours au mois de mars ça fait un peu trop, à mois que le rectorat travaille pour Air Mauritius et les hôtels de Maurice.

8.Posté par AlexD le 28/01/2014 16:21 (depuis mobile)
L''idéal serait de demander au recteur de climatiser toutes les salles de classes, ou alors de couper les clims ds les bureaux du rectorat, histoire de compatir avec les élèves et de prouver que la chaleur n''est pas gênante...

9.Posté par A mon avis le 28/01/2014 22:38
La personne interwivée déclare :
"Dites-moi quand est-ce que se situent les grandes vacances en métropole ? En été", s'exclame-t-il. "

Pour quelle raison ?
Petit historique : l'été et l'automne, en Métropole, sont les saisons des récoltes.
Lorsque l'école a été rendue obligatoire, (1882 Jules Ferry) la fréquentation scolaire était fortement concurrencée par l'utilisation des enfants dans les campagnes pour les travaux des champs. Pour limiter cette concurence, une longue période de "vacance" a été instituée. Dans les années 50, les grandes vacances s'étalaient du14 juillet au 1er octobre, avec même des dérogations accordées dans les campagnes pour autoriser un élève ou un étudiant à prolonger ses vacances pour participer aux récoltes (vendanges en particulier).

La durée de ces "grandes vacances" n'a cessé de se réduire, mais les dérogations pour récoltes ont perduré jusqu'à une période récente.
Les rythmes scolaires sont un éternel sujet de débat, en Métropole, aussi bien qu'à la Réunion.

L'alignement du calendrier réunionnais sur celui de la Métropole a principalement pour but de faire concorder les procédures d'orientation. Cet alignement est d'autant plus nécessaire actuellement, que le nombre de Réunionnais qui étudient en Métropole est plus important que dans les années 60 !

10.Posté par A mon avis le 28/01/2014 22:53
@post 4 Cindy : Contrairement à ce que vous dites, beaucoup de lycéens dans les années 60 et même 70 se sont vu refuser des places car leurs dossiers arrivaient trop tard dans les établissements métropolitains, les sections demandées étant déjà complètes. Ou bien ils ne pouvaient pas participer, en juin, aux concours nationaux dans de bonnes conditions.

11.Posté par bob volter le 29/01/2014 08:39
la solution est simple.....avoir une résidence secondaire dans les hauts, et pour les marmailles passer toutes ses matinées de vacances à étudier ( papa et maman sont là ou ils travaillent ?) !

Ce monsieur parle t'il pour les réunionnais ou pour une poignée de privilégiés qui auraient les moyens financiers et intellectuels d'aller à l'école comme dans son temps..., vit il vraiment sur la planète marx974 ou dans un microcosme de commerçants aisés....sa méconnaissance des réalités me stupéfie !

12.Posté par Tropicale974 le 29/01/2014 12:26
Je voudrais réagir à propos de ce monsieur qui a été interviewer. Il a bien raison..
Les profs ont constaté une considérable baisse de notes au 2ème trimestre à cause de la chaleur. Nous voulons revenir au calendrier réunionnais.b[Soyez tous avec les profs,car sans les parents d'élèves,ils peuvent rien.]b

13.Posté par Lamy Cindy le 29/01/2014 15:53 (depuis mobile)
Pour répondre à A mon avis : je pense qur les choses ont évoluées depuis et si vraiment les dates pour les concours et les inscriptions ne correspondent dans ce cas là pour le gouvernement n''ajuste pas les dates??!!!

14.Posté par Annie le 29/01/2014 21:12
Non bob volter, la solution n'est pas simple! Ce monsieur me semble-t-il ne parle que de son point de vue et de sa propre histoire, c'est tout. Je ne pense pas qu'il veuille en faire une généralité. J'aurai plaisir à connaître ce monsieur pétri de bon sens. Une denrée rare de nos jours. Quant à moi (je m'approche de la soixantaine), avec le calendrier de jadis, j'ai pu faire mes études en métropole, sans problèmes. Je viens d'une famille pauvre, je n'ai presque pas connu mon père et encore moins ma mère, décédés trop tôt, (paix à leurs âmes): pour vous dire que même non privilégié, les études supérieures étaient accessibles. Ce qui me stupéfie, c'est votre parti pris qui vous amène à méconnaitre la réalité.

15.Posté par A mon avis le 30/01/2014 17:50
@ Lamy Cindy : le travail en janvier février est un vrai problème. Sans doute qu'il faut chercher un compromis acceptable, et surtout au moment où les rythmes scolaires sont une des préoccupations du gouvernement.
Mais adapter les procédures nationales d'orientation au climat réunionnais, faut pas rêver !

En métropole, les lobbies du tourisme influencent énormément la répartition des vacances scolaires.
Je serais surpris que les mêmes lobbies ne jouent aucun rôle dans les revendications actuelles !

@14 Annie : heureusement que beaucoup de Réunionnais ont pu poursuivre leurs études en métropole. Avec souvent beaucoup de mérite à une époque où les liaisons Réunion-Métropole n'étaient pas comparables à celle d'aujourd'hui !
Mais des cas particuliers réussis ne peuvent être érigés en loi générale. Combien de lycéens n'ont pas obtenu l'orientation souhaitée ? ou n'ont pas pu passer certains examens ou concours nationaux ?
C'est bien ces problèmes d'orientation, de dates des examens et concours qui ont été à l'origine de la modification de calendrier ancien.
Ces arguments sont à prendre en compte aussi dans le débat actuel.

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales