Economie

CESER : Des idées sur l'emploi et la formation, encore faut-il vouloir les appliquer

Dix ans après son dernier rapport sur le sujet, le CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) refait une nouvelle proposition approfondie sur la GPEC (Gestion prévisionnelle des emplois et de la compétence), une version territoriale et adaptée pour la Réunion. Objectif, favoriser et anticiper les "besoins" et "ressources" au sein de l'entreprise, ou comment créer et maintenir de l'emploi dans une île sclérosée par le chômage. Une "gestion" adaptée à destination des entreprises, mais surtout des salariés. Pour le moment, personne ne semble décidé à appliquer cette démarche dans notre île, faute de concertation unanime entre les acteurs.


CESER : Des idées sur l'emploi et la formation, encore faut-il vouloir les appliquer
"Ce rapport sur la GPEC a été adopté au mois de novembre dernier. Il s'adresse à la problématique de l'emploi, comment le créer ou le maintenir, à la Réunion", explique le président du CESER, Jean-Raymond Mondon.

Terme légèrement barbare pour le commun des mortels, la GPEC, ou Gestion prévisionnelle des emplois et de la compétence, est "une démarche d'ingénierie des ressources humaines consistant à concevoir, mettre en oeuvre, et à contrôler des politiques et pratiques qui permettront de réduire de façon anticipée les écarts existants entre les besoins et les ressources de l'entreprise, à la fois sur le plan des effectifs et sur le plan des compétences". Cette "gestion" est une obligation faite aux entreprises de plus de 300 personnes, ou de plus de 150 personnes dans le cadre d'entreprises à dimension communautaire, via la loi Borloo adoptée en 2005.

Michelle André, vice-présidente de la commission éducation et formation professionnelle au sein du CESER, décode la GPEC pour les plus "hermétiques" d'entre nous. "C'est de permettre à l'entreprise de faire un inventaire des compétences disponibles en son sein, mais aussi le potentiel à faire évoluer. Le but étant qu'il y ait moins de décalage dans l'évolution de l'entreprise tout en liant compétence et développement du personnel", souligne-t-elle.

Une GPEC territoriale

La GPEC est obligatoire pour un certain type d'entreprises, mais elle est très difficilement adaptable localement compte tenu du tissu économique, composé à près de 90% de TPE et PME. D'où la volonté du CESER de proposer une GPEC territoriale, plus à même de répondre aux besoins en matière d'emploi et de formation à la Réunion. "La GPEC est un moyen d'aide à la productivité des entreprises, par la formation de ces personnels, un moyen de permettre un rapport gagnant-gagnant entre salarié et chef d'entreprise. Pour les salariés, il s'agit d'avoir un niveau de qualification reconnu, soit une employabilité nettement supérieure sur le marché du travail", précise Jean-Raymond Mondon.

Après un précédent rapport, présenté il y a 10 ans et passé aux oubliettes, le CESER a décidé d'en "remettre une couche" avec ce deuxième volet plus approfondie sur la GPEC tout en proposant une série de préconisations. "Il y a un certain nombre de domaines stratégiques définis à la Réunion (Tourisme, NTIC…). Il faut axer cette GPEC sur ces domaines là", souligne le président du CESER. Une volonté affichée alors que la Réunion est particulièrement touchée par le chômage.

Les idées sont là. "Poursuivre la structuration des branches, faire une déclinaison locale de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres) ou encore mobiliser et optimiser l'utilisation des dispositifs de financement de la formation pour le développement de la GPEC", peut-on lire dans le rapport du CESER. En tout, sept préconisations pour aboutir à une meilleure lisibilité de l'emploi et de la formation professionnelle à la Réunion.

Depuis 10 ans, rien n'est fait

Si le projet est beau sur le papier et plein de bonne volonté, encore faut-il que l'ensemble des acteurs se mettent d'accord pour décliner localement et territorialement la GPEC. En 2004, lors de son premier rapport, le CESER avait émis l'hypothèse de confier la montée en charge locale du dispositif entre les mains du CARIF OREF (Centres d'animation, de ressources et d'information sur la formation et Observatoires régionaux emploi formation). "Rien, même si tout le monde est responsable de l'inaction", lâche Jean-Raymond Mondon. 10 ans plus tard, la Réunion est toujours au même stade. "Notre rapport dit qu'il s'agit d'un outil mais rien ne se fera si le projet n'est pas partagé par l'ensemble des acteurs", poursuit-il.

Qui pour piloter la GPEC territoriale à la Réunion ? Le CESER verrait bien le CCREFP (Comité de coordination régional pour l'emploi et la formation professionnelle), car toutes les instances représentatives siègent au sein de ce comité et de rappeler que ce pilotage "fonctionne" dans d'autres régions de France.

Le rapport du Ceser a été adressé à tous les "décisionnaires" comme l'Etat, le ministre des Outre-mer, les députés ou encore les collectivités locales. En France, 570 entreprises ont signé une GPEC, selon les derniers chiffres de 2008. A la Réunion, où il existe quelques entreprises concernées par ce dispositif, impossible de savoir selon le CESER. "Nous ne sommes que l'assemblée du 1er mot et je ne suis pas décideur politique", conclut Jean-Raymond Mondon.
Lundi 3 Mars 2014 - 14:51
JD
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1.Posté par Mwinmidike le 03/03/2014 15:34
Donc si j'ai bien compris, ces personnes se réunissent aujourd'hui pour constater que leur rapport vieux d'il y a 10 ans n'a servi à rien. Super, coooooooool !!!

2.Posté par grangaga le 03/03/2014 15:52
Kan lo bann' sant' de formation, sera payé an fonk'cion dé tô de réucitt', là.........ou antandra pi parlé lo problèm' de somaz' de noutt' bann' zènn' marmay'...........Sinonsa .....sib'vansion y tonb' po koué kass' la tètt' si lo bann' marmay' y vyin ou pa ................é kan zot' y sort'.......Ki sa i inkiètt' si zot' la aprann' in z'afèr'???????????????

3.Posté par Guillaume le 03/03/2014 16:31 (depuis mobile)
Il est urgent de favoriser l'accès des réunionnais aux vrais emplois et plus de blabla.

4.Posté par Guillaume le 03/03/2014 16:37 (depuis mobile)
Cesser d'utiliser les fonds publics pour des études qui ne servent à rien. Quand on a été directrice de la CAF avec son mari on est disqualifié pour parler emplois pour les reinionnais.

5.Posté par JANUS le 03/03/2014 17:02
Un joli mot ... la GPEC ...
Une loi pour cela ...

Dix ans après, quels résultats ???

Sur le plan national, pas grand chose ... Sur le plan local, rien ...

Un joli mot ... le CESER ...
Beaucoup d'études depuis des années ... Pour quels résultats ???
Pas grand chose ...

Vous mettez dans le CESER, des syndicalistes qui n'ont jamais mis les pieds dans une entreprise ... Quelques politiciens à caser pour faire plaisir aux amis ... Quelques fonctionnaires qui ne savent rien du fonctionnement d'une entreprise ... Quelques chefs d'entreprise qui servent de caution aux autres ...
Vous secouez le tout, et vous obtenez ... un rapport sur une GPEC "territoriale" qui n'intéresse personne ... Et qui est supposée régler les problèmes de chômage dans notre île ...

Comprenne qui pourra ...

6.Posté par ???? le 03/03/2014 17:30
a quoi sert ce bazar.???

7.Posté par Guillaume le 03/03/2014 17:49 (depuis mobile)
GPEC: je croyais que ce sigle était l''apanage des DRH mais voilà que le CESER se saisit aussi de la question. Et je ne comprends pas qu''elle est la finalité de cette auto saisine.

8.Posté par ndldlp le 03/03/2014 18:07
Alinea 5 article 73.
voila le blocage structurel !!!

9.Posté par jemma le 03/03/2014 21:32
Pour appréhender les besoins en formation et compétences, encore faut-il cerner avec une bonne dose de pertinence l'évolution des divers secteurs économiques! Avec les désordres en tous genres affectant les marchés et les économies nationales, il est difficile de se livrer à de tels exercices: on voit bien les tergiversations même de grands économistes! Assurer un bon niveau d'employabilité pour un salarié n'a de sens pour lui que dans la mesure où il est correctement rémunéré et assuré de trouver un emploi aisément!

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