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Braconniers de choux palmistes: Petits gagneurs mais coupables quand même

Correctionnelle Sud – Mardi 13/10/2015

Ecrit par Jules Bénard – le mercredi 14 octobre 2015 à 15H05
Jean Breille, 59 ans, et Jacques Célère, 56 ans, avaient décidé d’aller se refaire dans la forêt primaire de Saint-Joseph. Ces deux braves hommes, en charge de famille, ne survivent qu’à peine avec le RSA. Une femme, des enfants, ça ne court pas loin.

Fort à propos, pas loin, il y a des palmistes rouges qui ne demandent qu’à être dégustés par des gourmets peu regardants sur l’origine de ce qu’ils consomment. Comme pour les brochettes de petits zoiseaux. A se demander qui est le plus coupable de l’offrant ou du demandeur…

5 euros pièce

Le 3 avril dernier donc, pantalon goni, chapeau la paille, bertelle vacoa et grand couteau, les voilà partis en expédition. En trois coups les gros, ils ont vite fait de décapiter 29 palmistes, pas très gros au demeurant. Des qui se négocient autour des 4/5 euros pièce alors que le palmiste rouge de culture, aussi goûteux, en coûte 10. On vous l’a dit, des gagne-petit.

Mais quelque soit le niveau de délinquance, le braconnage, surtout d’espèces en voie de distribution, est sévèrement taxé. Manque de bol pour nos fric-fraqueurs de palmiste rouge, ils se font presque tout de suite gauler par les agents de la Brigade Nature.

Des dommages irréversibles

Un agent de cette Brigade est venu expliquer à la barre « les dommages irréversibles du braconnage dans une nature exceptionnelle où nombre de plantes et d’espèces animales sont endémiques. Le palmiste rouge naturel a presque totalement disparu. Or, il s’agit d’une espèce qui ne repousse pas sur elle-même. Une fois coupé, le plant meurt. Les braconniers ont des pratiques détruisant les plantes endémiques en favorisant du même coup l’extension d’espèces exotiques envahissantes (longose, raisin marron, graines-de-Job… NDLR) ».

Ne voulant pas s’acharner sur deux pauvres bougres en mal d’un peu d’argent, il a juste réclamé 4 000 euros, de quoi remettre en état les surfaces saccagées et remplacer les plants.

Chloé Tanguy, substitut du procureur, a rappelé que les sanctions de tels délits peuvent être lourdes : 2 ans de prison, 30.000 euros d’amende. Mais n’a pas non plus enfoncé les prévenus qui n’ont pas de casier judiciaire et ont promis, toute l’audience durant, de ne plus le refaire.

« Vous êtes Réunionnais, non ? »

Sa leçon de morale a été perçue : « Ces végétaux risquent de disparaître de cette île, donc de la planète ! Or vous êtes de cette île, non ? » Les accusés approuvent, mine piteuse. La substitut a juste sollicité 1 mois avec sursis et 1500 euros d’amende pour chacun. Suivie par le tribunal.

NDA : ma main à couper qu’on ne reverra pas ces deux hommes devant le tribunal. Deux braves types qui ne cherchaient qu’à améliorer (un peu) l’ordinaire mal fagoté de la case. Mais les autres ? Ces bandes organisées qui installent de vrais campements dans nos forêts ? Qui, sans triage dans leur café, opèrent de sanglantes razzias chez les tangues et merles Bourbon ? Qui déquillent becs-roses et zoiseaux blancs ? Prêts à faire le coup de poing (ou de feu) contre les agents de protection de la nature… Il y aurait peut-être des leçons à prendre auprès des rangers qui, en Afrique du Sud, luttent contre les braconniers de rhinocéros ?

 

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