Blog de Pierrot
Des statues qu’on pensait indéboulonnables se sont effondrées…
Dans cette avalanche de résultats, deux défaites sortent ce soir du lot : Celles de Huguette Bello à Saint-Paul et de Roland Robert à la Possession.
Si les deux cas semblent similaires, avec deux statues de "Commandeur" qui s’effondrent dans la poussière, tout les oppose dans la réalité. A Saint-Paul, il s’agit surtout de la victoire de Joseph Sinimalé, qui est allé chercher chaque voix avec les dents. A la Possession, il faudrait plutôt parler de la défaite de Roland Robert, trop sûr de lui, qui n’a pas compris que sa population avait rajeuni et aspirait à autre chose qu’un vieillard pour la représenter. L’élection de trop…
 
Les deux exemples diffèrent également par le fait que l’un était relativement prévisible pour qui était à l’écoute des bonnes rumeurs possessionnaises, tandis que la défaite d’Huguette Bello est arrivée comme une bombe dans un ciel que l’on croyait jusque-là sans histoires, la faute à des instituts de sondage dont cette élection sonne d’ailleurs le glas… Et même au vu des résultats du 1er tour qui ne laissaient que peu d’espoir à la député-maire sortante, nombreux étaient ceux qui se refusaient à imaginer une victoire de Joseph Sinimalé.
 
Tous les résultats sont intéressants, mais nous ne pourrons tous les passer en revue.
 
Retenons par exemple la énième défaite de René-Paul Victoria. Il a imposé une stratégie suicidaire basée autour de sa personne, refusant toute autre tête de liste sur Saint-Denis, que ce soit Didier Robert ou encore Nassimah Dindar qui avaient pourtant de réelles chances de l’emporter. On espère que RPV comprendra enfin la leçon : s’il n’a pas gagné cette fois-ci, malgré le tsunami bleu qui a déferlé sur la Réunion, c’est que c’en est fini pour lui. Il est temps qu’il profite de ses retraites de directeur d’école, de conseiller général, de maire et de député et qu’il reste tranquillement chez lui dorénavant, à s’occuper de ses enfants et bientôt peut être petits-enfants.
 
Relevons encore la défaite du PCR au Port. Là aussi, l’inimaginable s’est produit et Olivier Hoarau l’a emporté devant "Loulou". Pas sûr que la victoire de son poulain soit suffisante pour mettre du baume au cœur d’Huguette Bello…
 
Enfin, comment ne pas noter le retour en force des vieux dinosaures que sont Jean-Paul Virapoullé, Joseph Sinimalé et André Thien-Ah-Koon ? Des hommes de terrain qui, malgré leur âge, sont capables d’en remontrer à nombre de petits jeunots, debouts aux aurores et sur le terrain jusqu’à 23h ou minuit. Il n’aurait manqué que Paul Vergès se fasse élire quelque part, et on aurait pu croire être retournés 20 ans en arrière…


Dimanche 30 Mars 2014 | Commentaires (47)
Municipales: Les gagnants et les perdants
Même si je suis loin, je ne peux résister au plaisir de vous faire partager quelques réflexions sur les résultats de ce soir.

Pour aider à la compréhension, je vais effectuer quelques classifications.

  1. Les indéboulonnables

Dans cette catégorie, je classe les pachydermes réélus dès le 1er tour, avec des scores dignes (presque) d’élections en Crimée.

Jean-Claude Lacouture à l’Etang-Salé avec 71% des suffrages, Thierry Robert à Saint-Leu (70%), Jean-Louis Lagourgue à Sainte-Marie (65%), Michel Fontaine à Saint-Pierre et Patrick Lebreton à Saint-Joseph (55%), Michel Dennemont aux Avirons, Bachyl Valy à l’Entre-Deux…

Ils sont enracinés au plus profond de leur électorat et avez-vous remarqué ? Ce sont les élus qui font le moins la Une des journaux, à part Thierry Robert bien sûr. Comme quoi, à priori, si on veut être réélu, mieux vaut se la jouer discret…

Deuxième remarque : ce sont tous des cumulards. Faut croire que contrairement à ce que tout le monde raconte, les électeurs ne leur reprochent pas de se disperser…

  1. Les grands perdants
  1. Les partis politiques
Le premier grand perdant est incontestablement le PCR. Comment ne pas évoquer en premier lieu le séisme politique qui s’est produit ce soir au Port où pour la première fois depuis des décennies, le candidat du PCR n’arrive qu’en deuxième position, en passe probablement d’être battu au second tour ? Comment ne pas être étonné de voir qu’à Saint-Louis, Fabrice Hoarau, le fils du maire sortant, n’arrive qu’en 3ème position, en passe lui aussi d’être éliminé de la scène politique ? Que Roland Robert, le champion de la longévité en politique, non seulement ne se fait pas élire au 1er tour comme d’habitude, mais en est très loin, talonné par une Vanessa Miranville qui pourrait bien lui damer le pion dans une semaine… Seul Maurice Gironcel semble sauver les meubles, mais même lui n’a pas intérêt à s’endormir sur ses lauriers s’il veut retrouver son fauteuil…

L’autre grand perdant est le PS, même si c’est dans une dimension bien moindre que le PCR. Seul Patrick Lebreton a été capable de se faire réélire dès le 1er tour, et avec un score bien moins important que ce à quoi il nous avait habitués. Même un Jean-Claude Fruteau a été incapable de faire plus de 39% et de se faire élire dès ce soir, alors qu’il n’avait aucun candidat "costaud" face à lui. Même si personne ne doute de sa réélection dimanche prochain. Et que dire du ballotage très défavorable de Michel Vergoz à Sainte-Rose et surtout de la claque assénée à Jean-Jacques Vlody au Tampon, lui qui se voyait déjà facilement élu il y a encore quelques mois ? Incontestablement, à la Réunion, la dimension nationale du scrutin et le bilan du gouvernement ont joué. Pas facile d’être socialiste aujourd’hui à la Réunion… Seul Gilbert Annette a fait le score qu’on attendait de lui.
  1. Les personnalités politiques
Je retiendrai quelques noms que je vous livre en vrac : Huguette Bello qui arrive en 2ème position, d’autant que rares sont ceux qui ont vu le coup venir, tant les sondages la donnaient largement en tête il y a encore quelques jours. Elle sera probablement battue dimanche prochain, d’autant que le PCR se fera un plaisir de lui glisser les quelques peaux de banane qui manqueront pour être sûr de la voir chuter !
Jean-Jacques Vlody, mais aussi Didier Robert dont la liste n’arrive qu’en 3ème position au Tampon, font également partie des grands perdants. Tout comme Roland Robert, qui n’a jamais été aussi proche d’une défaite.

  1. Les grands gagnants
Comment ne pas évoquer la "revanche des vieux", ceux qui reviennent du Diable Vauvert ? Je parle de Joseph Sinimalé à Saint-Paul, de Jean-Paul Virapoullé à Saint-André et de TAK au Tampon. Comme quoi nul n’est jamais mort en politique. Ce sont des adeptes de la politique "à l’ancienne", basée sur un quadrillage quasi-scientifique du terrain grâce à une armée de militants dévoués corps et âmes et à des méthodes parfois "un peu limites" qui ont d’ailleurs valu à deux de ces "ressuscités" d’avoir déjà eu affaire à la Justice. Espérons qu’ils auront retenu les leçons du passé et qu’ils ne conserveront que les bons côtés de leurs expériences précédentes…

A cette liste, j’ajouterai Olivier Hoarau au Port. Il n’est pas encore élu mais sa performance de ce soir à elle seule mérite qu’il figure dans ce tableau d’honneur…


Dimanche 23 Mars 2014 | Commentaires (41)
Vous avez le droit de savoir
J’ai toujours entretenu des relations très particulières avec les lecteurs de Zinfos, basées sur la spontanéité, la franchise et le respect d’un certain nombre de valeurs que je considère comme essentielles.

C’est à ce titre que je considère que je ne peux plus continuer à vous laisser sans nouvelles.

Vous avez tous remarqué mon absence, tant du site Zinfos que de mon Blog, depuis le mois de décembre dernier. Et vous êtes nombreux à me contacter soit par téléphone, soit via Facebook, ou tout simplement en interrogeant Zinfos, pour essayer de comprendre les raisons de mon absence en cette période pourtant cruciale d’élections municipales.

Mes journalistes sont très embarrassés pour vous répondre car la maladie est une aventure personnelle, qui touche au plus intime de chaque individu. Chacun y répond à sa manière : certains dans le déni et la discrétion, d’autres en étalant tout sur la place publique. J’avais dans un premier temps décidé de rester discret, espérant que les choses rentreraient rapidement dans l’ordre et que personne n’en verrait rien. Mais les choses s’éternisant, je vous dois la vérité.

C’est au mois de décembre que j’ai appris que j’avais un cancer de la gorge. En accord avec mon ORL, j’ai décidé d’aller me faire opérer à Paris par une spécialiste réputée avec laquelle il avait l’habitude de collaborer. Au début, j’avais cru comprendre que tout cela prendrait un ou deux mois et que je pourrais donc être d’attaque pour la dernière ligne droite des municipales.

Malheureusement, une fois arrivé à Paris, les échéances n’ont cessé de s’éloigner. Opéré à la mi-janvier, je suis sorti de l’hôpital Bichat au bout d’une semaine. Tout s’est parfaitement passé : pas de douleurs et une cicatrisation rapide et parfaite. En plus, cerise sur le gâteau : on n’a pas touché à mes cordes vocales et je pourrai –si une radio veut bien de moi maintenant qu’Antenne Réunion Radio a fermé- reprendre mes émissions de débat politique dans lesquelles je prends un plaisir fou.

Et c’est là que j’ai découvert que le traitement par radiothérapie (beaucoup) et chimiothérapie (très peu, pas assez pour que je perde mes cheveux) allait durer 7 semaines ! Et qu’à son issue, j’allais mettre encore plusieurs semaines avant d’être capable de reprendre l’avion pour rentrer dans mon île qui me manque tant.

Oubliées donc les élections municipales. Les journalistes de Zinfos ont dû se débrouiller tout seul et je les félicite pour leur esprit d’initiative et le professionnalisme dont ils ont fait preuve.

J’ai dépassé aujourd’hui la moitié de mon traitement, et tout continue à se passer parfaitement bien. Plus que trois semaines à tenir et je pourrai enfin entamer ma convalescence, préalable à un retour.

Sachez simplement que même si je n’écris pas, mon cœur est avec vous et qu’il ne se passe pas une heure sans que je ne pense à vous et à ce que j’aurais pu écrire si j’en avais la force.

A très bientôt…


Vendredi 21 Mars 2014 | Commentaires (122)
Ce gouvernement nous prend vraiment pour des c...
François Hollande est manifestement un adepte de la méthode Coué. Il pense qu'en répétant mille fois un objectif, son souhait va finir par devenir réalité, sans qu'il soit besoin d'agir sur le fond. Pourquoi en effet prendre des mesures impopulaires puisqu'il suffit d'y croire pour que ça se réalise...
Sauf... Sauf qu'il n'y a que dans les rêves que ce genre de choses se réalisent !
 
On sait ce qu'il en est advenu de la promesse présidentielle de "l'inversion de la courbe du chômage avant la fin de l'année". Nous sommes bientôt en mars et le chômage ne diminue toujours pas...
 
Devant un tel échec, on aurait pu penser que François Hollande et son gouvernement allaient changer d'orientation et enfin dire la vérité aux Français. A savoir que le chômage ne baissera que si on fait exactement le contraire de tout ce qui a été fait depuis deux ans, et au prix d'efforts importants.
 
Pensez-vous! On ne change pas une équipe et une stratégie qui perd! En visite ce matin au Salon de l'Agriculture, Michel Sapin, le ministre du Travail, n'a rien trouvé de plus intelligent à déclarer que "il doit y avoir moins de chômeurs à la fin de l'année qu'au début. Il faut faire reculer le chômage"...

Oh la belle trouvaille que voila! A force de le répéter tous les ans, il y a bien un moment où ça va finir par arriver...
 
Ces déclarations prennent tout leur sel au moment où la Commission européenne vient de mettre en doute publiquement les engagements pris par le gouvernement français. Selon ces experts, le déficit public atteindrait 4% cette année et 3,9% l'an prochain, soit bien plus que ce que ne cessent de répéter le gouvernement français qui prévoit 3% en 2015.

Vous pensez que ça ferait réagir nos ministres? Pour quoi faire puis que les Français gobent tout (de moins en moins certes) ce qu'on leur raconte? Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, vient de déclarer que la France "tient sa trajectoire"...
 
Quand la méthode Coué rejoint la politique de l'autruche...


Mercredi 26 Février 2014 | Commentaires (45)
Hommage à Charlie Zembrocal
Je viens d'apprendre la mort de celui que tous les auditeurs de Freedom connaissaient sous le nom de Charlie Zembrocal.
 
Peu importe son vrai nom. Je ne retiendrai que le surnom qu'il s'était lui même attribué et ce qu'il a fait.
 
Charlie Zembrocal vivait en métropole. Je l'ai souvent entendu appeler la radio pour proposer ses services aux familles qui avaient des proches hospitalisés à 10.000km de chez eux.
 
Apparemment, il travaillait lui même dans le milieu hospitalier. Il allait parfois chercher ces familles à l'aéroport dans sa voiture personnelle, il les accompagnait dans leurs déplacements, dans leurs démarches. Il leur rendait visite à l'hôpital.
 
Je ne le connaissais pas, mais je m'étais toujours dit que j'aimerais le rencontrer un jour. Pour mettre un visage sur ce nom qui n'en était pas un. Et surtout pour essayer de comprendre ce qui avait pu le pousser à se donner ainsi sans compter pour soulager les souffrances d'originaires de la même île que lui...
 
Apparemment, il avait récemment connu un gros problème cardiaque. La récidive lui aura été fatale.
 
Pourquoi ce sont toujours les meilleurs qui partent ? Enorme hommage à ce Réunionnais qui se donnait sans compter pour les Réunionnais...
 


Vendredi 21 Février 2014 | Commentaires (22)
A la place de François Hollande, je dissoudrais l’Assemblée nationale…
François Hollande est au plus bas dans les sondages. Seuls 16% des Français approuvent son action selon le baromètre mensuel de YouGov pour le Huffington Post et iTélé le 13 février dernier. Et 77% des personnes interrogées portent un jugement défavorable sur le chef de l’Etat…

Même s’il reste trois ans et demi avant la fin de son mandat, on voit mal comment François Hollande pourrait se faire réélire. D’autant que le plus dur est devant lui : comment faire pour récupérer 50 milliards d’euros pour relancer la croissance et faire baisser le chômage, tout en ne provoquant pas la colère des syndicats ? Mission quasi impossible…

Dans ce contexte, il reste une solution à François Hollande pour avoir une chance de réaliser un deuxième quinquennat : dissoudre l’Assemblée nationale !

Si de nouvelles élections législatives avaient lieu dans les mois à venir, il est très probable que la Droite l’emporterait. On se retrouverait alors dans la configuration d’une cohabitation, scénario que la France a déjà connu.

En 1986, François Mitterrand avait nommé Jacques Chirac comme Premier ministre et Edouard Balladur en 1993. Enfin, en 1997, c’est Lionel Jospin qui était arrivé à Matignon après la dissolution de l’Assemblée nationale par Jacques Chirac.

En cas de victoire de la Droite, il reviendrait à une personnalité issue de ses rangs de devenir Premier ministre. Ce qui ne manquerait pas de provoquer une sacré pagaille pour le désigner dans le contexte actuel où aucun leader n’émerge réellement… Surtout qu’ils n’auraient que quelques jours pour se mettre d’accord !

Mais surtout, il reviendrait à ce gouvernement de Droite de trouver les 50 milliards et d’effectuer les coupes drastiques dans les budgets de l’Etat, de la Sécurité sociale ou de diminuer par exemple les retraites et les allocations chômage…
 
Nul doute dans ce contexte que la Droite plongerait dans les sondages… et que François Hollande retrouverait des couleurs. Qui sait ? Peut-être suffisamment pour se faire réélire en 2017…

C’est en tout cas le seul scénario dans lequel il aurait une chance !


Lundi 17 Février 2014 | Commentaires (41)
A chacun sa croix…
Roland Robert vient de retourner Marie-Andrée Lacroix-Faveur en chatouillant son ambition, frustrée de ne pas jouer les premiers rôles à droite, en lieu et place de Jean-Yves Morel.
 
Le maire de La Possession, du haut de ses 43 ans de mandat, n'a pas eu trop de mal à lui faire sauter le pas, Marie-Andrée Lacroix-Faveur ayant souvent changé de boutique politique dans l'espoir d'arriver un jour dans la lumière des projecteurs : un tour chez Jean-Paul, voire deux, un autre chez Pausé après être passé par Jean-Yves Morel…

Suppléante d'Alain Bénard aux législatives de 2007, puis de Jérôme Testan aux cantonales de 2011, elle touche le gros lot aux dernières régionales, en 24e position éligible sur la liste de Didier Robert. Ce qui lui vaudra, quelques déplacements à Paris et ailleurs, de quoi illustrer son curriculum d'heureuse élue et de faire quelques photos qu'elle montrera à ses petits enfants...
 
Alors, Roland Robert a-t-il réalisé une belle prise ? Il est permis d'en douter, car le rayonnement de MALF n'a jamais excédé celui du conseil municipal, son cercle d'amis ou d'obligés… Son ambition est fort importante mais repose sur une cathédrale de paroles semées au vent, et très peu de faits ou d'actes.
 
Jusqu'au blog de son Comité d'Union pour La Possession (CUP) qui en est resté au 23 février 2013. Marie‐Andrée Lacroix, conseillère régionnale (sic), conseillère municipale de l'opposition de la Possession, y signe un pamphlet qui se termine par ces mots : "Les mentalités évoluent, les Possessionnais ne sont plus aujourd’hui à se contenter de belles paroles, de sondages pré‐électoraux. Pas de quoi pavoiser alors que nos jeunes sont en train de manifester avec violence leur colère. 35% de chômage sur notre commune, des milliers de Possessionnais sans activité, le voilà le bilan de 40 années de mandature de Roland Robert !"
 
Son ralliement miraculeux à ce grand homme politique qu'est Roland Robert sent donc si fort l'attrape-nigaud qu'il fait apparaître l'intéressé dans toute sa fragile nudité politique.
 
Exit Sylviane Rivière, Jean-Claude Tréport, Lilian Malet, et bien d'autres, voici venu le tour de MALF. Attention à ce qu'elle ne transforme pas toutes les premières pierres que vient de poser son nouveau protecteur, en stèles commémoratives pour un mandat perdu...


Vendredi 14 Février 2014 | Commentaires (17)
Dans l’enseignement catholique aussi, on ne se refuse rien…
J’ai reçu un mail d’un groupe de salariés de l’enseignement catholique qui mérite d’être porté à la connaissance du plus grand nombre.
 
Dans ce mail, ces salariés rappellent qu’en décembre 2013, lors de la grève des salariés de l’école primaire privée du Sacré-Cœur à Saint-Denis, les Réunionnais avaient découvert que les salariés des OGEC (Organisme de Gestion de l’Enseignement Catholique), gagnaient parfois un salaire de misère depuis plus de 30 ans, que leurs droits élémentaires n’étaient pas respectés et que le recours aux contrats précaires était une pratique courante.
 
Les salariés de cette école réclamaient un peu plus de considération. Ils ont réussi à arracher un 13ème mois malgré les lamentations des patrons de l’école qui se plaignaient de ne pas avoir d’argent, alors que la grande majorité des établissements privés catholiques ont des caisses pleines à ras bord.
 
Selon ces salariés, comme il n’y a pas de petites économies, les patrons des OGEC viennent aussi de mettre fin à un petit avantage qui avait été consenti il y a 30 ans aux enseignants du privé : l’exonération des frais de scolarité pour les maîtres de l’enseignement privé ayant des enfants dans les établissements catholiques.  
 
Quelle n’est donc pas la surprise de ces salariés, dans ce contexte de restrictions, d’apprendre qu’en "haut" de la hiérarchie de l’enseignement catholique, on ne se refuse rien…
 
Le nouveau Directeur diocésain de l’enseignement catholique, engagé depuis la rentrée d’août 2013, a exigé et obtenu, pour cette promotion, quasiment le double du salaire de son prédécesseur, soit un salaire brut de près de 8000 euros mensuels !!!
 
Toujours selon ces salariés, ce salaire est tellement énorme que l’UROGEC, l’Union Régionale des OGEC de l’île, sait qu’il va falloir désormais augmenter les cotisations des écoles pour payer le nouveau Directeur. Or, ce dernier, pour ses déplacements professionnels, voyage en classe affaire et a déjà effectué quatre ou cinq déplacements en métropole depuis sa nomination.
 
Qui va  payer la note ? Vous avez deviné ! Les parents dont la cotisation va augmenter et les salariés dont on va continuer à bloquer les petits salaires au prétexte que l’enseignement catholique est pauvre ! 


Jeudi 13 Février 2014 | Commentaires (45)
Akouet maire avant l'heure...
Le JIR de ce matin, dans son journal des municipales, consacre une double page à la situation saint-pauloise. L'occasion pour le journal de présenter l'ensemble des candidats et quelques éléments de leur parcours. C'est ainsi qu'Ary Yee-Chong-Tchi-Kan, un des nouveaux secrétaires généraux du PCR, tête de liste à Saint- Paul, voit ses anciens mandats politiques rappelés. Et notre confrère d'écrire qu'il a été "ancien maire communiste de Saint-Leu entre 1983 et 1986". 
 
Voilà qui a du faire sourire l'intéressé et s'esclaffer quelques autres du côté de Saint-Paul et ailleurs.
 
Eminence du PCR, fidèle des fidèles de Paul Vergès dont il est l'oeil, l'oreille et le bras, Ary -Akouet pour les intimes- n'a jamais eu d'appétence particulière pour les mandats politiques, ce qui est suffisamment rare en politique pour le mentionner. Les quelques fois où il s'est présenté à une élection, c'est parce que son parti, et son leader vénéré, le lui ont demandé. Ce qui est très précisément le cas à Saint-Paul pour les municipales à venir.
 
Et c'était aussi le cas pour les municipales à Saint-Leu en 1983. Il était d'une nécessité absolue de pouvoir veiller aux intérêts du PCR  dans cette équipe conduite par Mario Horau, dont Paul Vergès se méfiait comme de la peste. C'est donc Mario Hoarau qui est maire de Saint-Leu de 1983 à 1989, et Ary son premier adjoint.

Mario Hoarau, membre fondateur de la Fédération communiste, compagnon de route de Raymond Vergès, et qui selon une formule savoureuse, dans ces grands moments de bonté, appelait Paul Vergès "le petit Vergés", n'était bien évidemment pas dupe des manoeuvres du PCR et du rôle d' Ary. 
 
Très vite Mario Hoarau va le priver de toute responsabilité effective sous sa mandature. Et ni Ary, ni Paul Vergès, ni le PCR ne seront en situation, sur toute la mandature, de mettre sous tutelle Mario Hoarau et l'équipe municipale. Et bien évidemment, jamais Ary ne sera maire de Saint-Leu...
 
La suite est une autre histoire. En 1989, Paul Vergès et le PCR organiseront la défaite du maire communiste sortant, Mario Hoarau, qui avait décidé de se représenter.

Avec, comme toujours à la manœuvre, un certain Ary...


Lundi 10 Février 2014 | Commentaires (7)

L'ancien député Jean Fontaine vient de disparaitre. L'occasion de mieux le connaitre...


Jean Fontaine, de la Droite à l'Extrême Droite...
Désireux de reprendre la main, après les événements de Mai 1968, le Général de Gaulle dissout l’Assemblée Nationale. Les élections législatives sont fixées aux 23 et 30 juin 1968. Si dans l’ile, les candidatures des députés sortants, Michel Debré, dans la première circonscription, comme celle de Marcel Cerneau, dans la  troisième, ne font aucun doute, la situation est bien différente dans la deuxième circonscription.

Cette circonscription, allant de la Possession à Saint-Louis ne compte plus de député titulaire, Gabriel Macé, maire de Saint-Denis qui est allé se faire élire dans l’Ouest, est décédé quelques semaines avant les événements de 1968. C’est son suppléant, Joseph Peyret-Forcade, qui lui a succédé à l’Assemblée Nationale. Pas question de le reconduire tant ce grand propriétaire terrien de Piton Saint-Leu, discret, sans  engagement public réel, a été totalement inexistant dans ses nouvelles fonctions. Les leaders de la Droite vont renvoyer ce député, qui aura eu le plus court mandat détenu par un parlementaire dans le département, à peine 3 mois, à l’anonymat.

La désignation d’un candidat pour représenter ce qu’on appelle alors "le Camp des Nationaux", fait l’objet de multiples tractations. Diverses hypothèses sont testées mais l’idée qui domine est de rechercher une personnalité pas forcément encartée à l’UNR, le nom du parti gaulliste d’alors, et avec un profil plutôt modéré.

C’est dans ce contexte qu’est désigné Jean Fontaine. Ce Tamponnais, ingénieur des Eaux et Forêts, a 46 ans. Cet ancien engagé des Forces Françaises Libres ne détient alors aucun mandat électoral et est totalement inconnu du grand public. Politiquement, c’est un départementaliste convaincu et  plutôt socialisant. C’est donc lui qui a été  préféré à des personnalités syndicales et socialisantes plus en vue, ou encore à  Marcel Vauthier, cet ancien député et sénateur qui était également sur les rangs.

Réalisme et efficacité politique obligent, c’est Paul Bénard, maire de Saint-Paul, qui est désigné pour faire équipe avec Jean Fontaine. Ces deux hommes au caractère trempé, soucieux de leur indépendance, aux prises de position carrées, vont former un duo de choc et durable, dominant pendant près  de trois décennies la vie politique réunionnaise. 

En 1973 Jean Fontaine est réélu député au terme d’une campagne très dure contre Paul Vergés. C’est en 1977 que Jean Fontaine tire profit de la cassure entre socialistes et communistes à Saint-Louis pour ravir à la gauche la municipalité. Mais c’est Saint-Paul, commune dirigée par son ami Paul Bénard, qui lui donne un mandat de Conseiller Général. Si Jean Fontaine ne sera maire et conseiller général que pendant un  mandat, il sera successivement réélu député de façon consécutive jusqu’en 1986.

Rentré dans la politique directement par un mandat de parlementaire comme modéré, Jean Fontaine va par la suite développer une posture toujours plus intransigeante l’amenant à rallier le Front National, devenant ainsi le premier député élu de ce parti. Ami de Jean-Marie Le Pen, il participera à ses côtés à de nombreuses actions et présidera durant quelques années l’Association des élus du Front National. 

En 1986, à la fin de son quatrième et dernier mandat de député, il s’installe dans le sud de la France pour habiter près de Perpignan, cette grande ville aujourd’hui très convoitée par le FN.


Dimanche 9 Février 2014 | Commentaires (17)
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