Blog de Pierrot
Les professions de foi des différents candidats commencent à arriver depuis hier dans nos boites aux lettres. L'étude de ces documents est très intéressante.

Trois listes nous fournissent des indications sur les professions de leurs candidats : celles de Vincent Defaud des Verts, de Paul Vergés de l'Allliance et enfin celle de Jean-Paul Virappoullé de "La Réunin nout fierté".

A leur lecture approfondie, on apprend qu'il y a 5 retraités sur la liste des Verts, 10 sur celle de l'Alliance et 3 sur celle de J-P Virapoullé!

Le chiffre exact de la liste de l'Alliance devrait plutôt être en réalité de 11 puisque Paul Vergés a préféré à 85 ans continuer à se déclarer journaliste plutôt que retraité. Ne soyons pas dupe, lui qui n'a par ailleurs exercé comme seule profession que celle de permanent d'un parti politique : du PCF d'abord puis du PCR à son retour à la Réunion...

Ce nombre de retraités de l'Alliance, outre son pourcentage élevé sur les 47 noms obligatoires  que doit compter une liste aux régionales, offre plusieurs autres caractéristiques:
- son poids en le comparant aux listes Defaud et Virapoullé
- leur origine professionnelle : 7 des 11 retraités de l'Alliance viennent en effet de l'Education nationale !

A noter par ailleurs que ces 7 retraités de l'Éducation nationale viennent s'ajouter à 9 autres candidats enseignants ou chefs d'établissements.

Soit donc sur une liste de 47, seize candidats qui sont des retraités ou des personnels de l'Éducation nationale en activité!

Je n'ai rien contre les enseignants, mais force est de reconnaître qu'ils ne peuvent avoir qu'une vision parcellaire de la société réunionnaise.

Malgré tout, cela n'empêche pas la profession de foi de l'Alliance de proclamer que, "à l'image de la société réunionnaise, la liste de l'Alliance regroupe toutes les catégories sociales : planteurs, médecins enseignants, personnes privées d'emploi, employés du secteur public et du secteur privé, travailleurs..."

Un extrait qui prend toute sa dimension au vu des chiffres révélés plus haut...
Qui est l'
Sur l'affiche de l'Alliance, Paul Vergès rayonne au milieu au milieu d'un groupe de jeunes gens enthousiastes. Une tache attire cependant l'attention, à droite, juste derrière le visage de Paul Vergès. En regardant attentivement, on s'aperçoit qu'il s'agit du visage d'une jeune femme "floutée".

On peut tout d'abord s'étonner qu'avec les moyens de Photoshop, on ait choisi de flouter le visage plutôt que de rajouter un peu de verdure, ce qui aurait évité d'attirer l'attention des lecteurs de Zinfos...

Mais sinon, quelles sont les raisons de ce "floutage" ? Serait-on revenu au temps de Staline qui faisait retoucher les photos dans la presse pour faire disparaitre médiatiquement ses proches qu'il avait fait exécuter? Ou alors s'agirait-il d'une "Grégoire Corneboeuf" qui aurait depuis trahi la liste de l'Alliance en passant à l'adversaire?

Je ne puis croire que des gens aussi organisés que ceux de l'Alliance, où tout est pesé et calculé, aient pu tout simplement oublier de faire signer une autorisation d'utilisation du droit à l'image... A moins que la jeune femme ne soit revenue sur sa parole et ait refusé que son visage n'apparaisse sur l'affiche...

Quoi qu'il en soit, ça fait... tache !

Lors de la présentation du nouvel Espace Océan hier, les élus socialistes de Saint-Denis ont annoncé qu'ils avaient d'ores et déjà prévu l'emplacement de la future station du tram train au coeur du projet.

Dans le même temps, sur Freedom ce matin, Michel Vergoz, tête de file de la liste socialiste aux Régionales, affirmait que pour lui, le tram-train, c'est fini car il n'y a plus de financement...

Qui croire ?
Quoiqu'en disent les différents chiffres avancés par les sondages, les résultats des prochaines Régionales dépendront pour beaucoup du chiffre de participation. En 2004, cette dernière avait été de 67,86%. De combien sera t-elle dimanche prochain?

Un responsable d'institut de sondage me disait hier que son panel représentatif ne laissait pas apparaitre une forte baisse de cette participation. Tout au plus pourrait-elle être de quelques points, aux alentours de 60% ou légèrement au dessus.

Un élément va peut être impacter ce chiffre : les élèves et les enseignants seront en vacances à partir de ce soir, jusqu'au 25 mars prochain. Ce qui signifie que s'il y a un nombre important de parents et d'enseignants qui quittent l'île pour partir en vacances, ils ne seront là ni pour le premier tour, ni pour le deuxième...

A charge ensuite pour les analystes de faire de savants calculs pour savoir à qui ces absences pourraient nuire le plus...
Encore un sondage ce matin. Et une fois de plus, il ne dit pas la même chose que les précédents !

C'est à se demander à quoi jouent nos sondeurs.

Faisons malgré tout semblant de jouer le jeu et essayons de commenter le dernier en date, celui publié aujourd'hui par le Quotidien.

Quels enseignements en tirer?

Tout d'abord que si ses chiffres sont bons, il n'y aura que deux candidats qui pourront se maintenir au second tour. On n'en a pas conscience, mais c'est un élément capital. Exit donc les listes du PS (8,6%), de Nadia Ramassamy (7,3%), de Virapoullé (7%), des Verts (6,4%), et de Magamootoo (6,0%). Toutes ces petites listes, si elles font plus de 5%, ne pourront participer au second tour que si celles de Paul Vergès (39,2%) et de Didier Robert (19,2%) les sollicitent.

Deux solutions s'offrent à Paul Vergès et Didier Robert : refuser toute alliance ou fusionner avec d'autres listes ayant dépassé la barre des 5%.

Paul Vergès, lors des Régionales de 2004, avait refusé une alliance avec le PS. On le voit mal changer de stratégie cette fois-ci, d'autant que le système électoral accordant la majorité absolue à la liste arrivée en tête renforce sa position. Si jamais, il décidait malgré tout de faire alliance, on le voit mal fusionnant avec le PS tant sa haine pour les socialistes est grande. Les attaques très dures d'Eric Magamootoo contre Paul Vergès le mettent hors jeu. Restent les Verts et, qui sait, Nadia Ramassamy... Mais je n'y crois guère. Je vois mal Paul Vergès partager sa victoire...

Didier Robert est lui dans une tout autre posture : Arrivant en deuxième position, loin derrière Paul Vergès, il ne peut faire la fine bouche et devra essayer de rallier à lui le maximum de "petites listes". Mis à part le PS, tous les accords sont possibles.

Même si l'on sait qu'en politique, 1+1 n'égalent jamais 2, notons que l'addition des voix de Didier Robert avec celles de Nadia Ramassamy, de Virapoullé, de Vincent Défaud et d'Eric Magamootoo lui donnerait 45,9% des suffrages, soit bien plus que Paul Vergès, dans l'hypothèse où ce dernier ne s'allierait pas aux socialistes.

Ça, c'est le score idéal. Mais outre la déperdition normale des voix dans une alliance de second tour, et outre le fait que certains candidats refuseront peut être de rejoindre Didier Robert, il convient à notre avis pour être réaliste d'enlever de ce total les voix des Verts, plutôt classés à Gauche. Dans cette nouvelle hypothèse, la même alliance obtiendrait 39,5% des suffrages, soit à peu de choses près le score que Paul Vergès au 1er tour !

Les deux candidats seraient donc à peu près sur la même ligne pour le second tour avec, en faveur de Paul Vergès, le fait d'être arrivé en tête et donc de bénéficier de cette dynamique, d'avoir un score déjà réalisé alors que celui de Didier Robert ne serait qu'on agglomérat d'électeurs disparates, et que les candidats éliminés (Vergoz et Défaud) soient de Gauche et auraient donc plutôt tendance à voter pour Paul Vergès que pour Didier Robert...

Autant dire que si les chiffres du Quotidien sont exacts, le second tour s'annonce très difficile pour Didier Robert. Mais faut-il croire aux sondages, surtout quand ils donnent des résultats aussi contradictoires ?
Dans une semaine précisément, les Réunionnais seront en train de voter.

Avant que vous ne fassiez votre choix définitif, je voudrais juste vous faire prendre conscience d'une chose : à la fin de son mandat, Paul Vergès afficherait 89 ans au compteur...

Regardez autour de vous. Vous avez tous un voisin, un père ou un grand père âgé de 89 ans. Lui confieriez-vous votre avenir?
Le 2 février dernier, je vous annonçais que Nassimah Dindar virait son directeur de Cabinet, Pierrick Pignolet (cliquer ici pour lire l'article ).

Interrogé quelques jours plus tard par le JIR, il démentait l'information et répondait laconiquement : "Laisse la mer batte"...

Un mois plus tard, mon information est officiellement confirmée : Pierrick Pignolet n'est plus directeur de Cabinet et s'occupera dorénavant du Protocole.

Nassimah Dindar est une habituée de ce genre de pratiques... Le prédécesseur de Pierrick Pignolet, Fred Dargaud, avait lui aussi été débarqué de la même manière et placé dans un placard doré au Développement durable... avant de partir définitivement.


C'est un internaute qui nous l'a fait remarquer : A la Une de Zinfos, une publicité pour Volskwagen intitulée "Le mois Polo"...

Ce Zinfonaute, à l'esprit un peu plus mal tourné que les autres, se demande s'il faut voir là un clin d'œil à la campagne électorale et à l'amour immodéré qu'il sait que je porte à Paul Vergès.

Réflexion faite, on peut lire cette pub subliminale de plusieurs façons :

1) C'est aujourd'hui l'anniversaire du président de la Région et Zinfos souhaitait, d'une façon détournée, lui souhaiter une bonne fête.

2) L'élection régionale se déroule ce mois-ci, et d'une façon ou d'une autre, qu'il gagne ou qu'il perde, mars sera "le mois de Paulo"...

A vous de faire votre choix...
La légende du JIR  sous la photo rendant compte de la conférence de presse de Paul Vergès consacrée au tram-train et à la route du littoral soulève de nombreuses interrogations.

Figurent sur cette photo Michel Lagourgue à gauche de Paul Vergès et, à la droite du président sortant, Catherine Gaud et Philippe Jean-Pierre.

Ces trois personnes désignées comme "éminences" par notre confrère sont en plus qualifiées de "garde rapprochée" de Paul Vergès.

Si on admet que faire partie de la garde rapprochée d'un leader politique suppose au moins quatre critères : compétence, confiance, fidélité et durée, quelques commentaires et questions se posent à propos du statut prêté à ces personnes par notre confrère du JIR.

Rappelons tout d'abord que quand on connait le poids de la mise en scène chez Paul Vergès, le choix de telle ou telle personne parmi tous les colistiers pour sa conférence de presse ne relève en rien du hasard.

De plus, la place accordée par l'Alliance à Michel Lagourgue et à Philippe Jean-Pierre dans sa campagne, et ce dés le lancement de la liste, montre qu'il y a là une stratégie bien arrêtée.

Quoi dire sur le statut de ces personnes?

Honneur aux femmes : Catherine Gaud est médecin de profession et vice-présidente sortante. Elle a été dans la mandature qui s'achève de toutes les décisions importantes de la collectivité et de tous les déplacements du président de région, bien au delà  des limites de sa délégation de vice-présidente. Celles et ceux qui ne sont pas rendus compte assez tôt, qu'elle était la "pièce maitresse" de Paul Vergés l'ont payé très cher. Si donc il y a UNE personne pour laquelle l'expression "garde rapprochée" s'applique chez les proches de Paul Vergés, c'est indiscutablement à Catherine Gaud.

Voyons maintenant les deux autres "éminences"...

Michel Lagourgue est avocat, responsable du Modem, Philippe Jean-Pierre est professeur d'université, économiste libéral très lié au Medef et secrétaire du Comité diocésain Justice et Paix. Aucun des deux ne dispose d'un mandat politique,  mais l'un comme l'autre ont dans leur domaine respectif une expertise admise, une visibilité incontestable et un certain talent à communiquer. Ils sont de plus tous les deux quadras, ce qui est loin d'être un désavantage sur une liste dont le leader est en politique depuis plus d'un demi-siècle. Mais si ces éléments suffisent pour faire d'eux des colistiers de poids sur la liste de l'Alliance, rien en l'état ne justifierait de les voir, avec Catherine Gaud, membres de la garde rapprochée de Paul Vergés. Si la compétence est au rendez-vous pour Michel Lagourgue et Philipe Jean-Pierre, où sont les éléments de confiance, de fidélité et de durée ?

Faut-il aller les chercher pour Michel Lagourgue du coté de son père et surtout de son grand-père maternel Roger Payet, ancien président du Conseil général de la Réunion dans les années 50 et 60?

Roger Payet était un grand propriétaire terrien et un notable de premier rang dans La Réunion qui passe de la colonie à la départementalisation. Roger Payet, dont la fille épousera Pierre Lagourgue, le père de Michel, était surtout très lié à un autre notable de cette période... Raymond Vergès, le père de Paul !

Les liens entre ces deux familles, jamais officiellement affichés ni évoqués publiquement, sont si étroits que pour de nombreux contemporains de Paul Vergés, c'est chez Roger Payet que le secrétaire général du PCR a passé la plus grande partie de sa "clandestinité". On peut comprendre que ni Paul Vergès, ni le PCR, bien plus que les  familles Payet et Lagourgue, n'ont intérêt à afficher une telle complicité ! Mais est-ce que ce ne sont pas ces éléments souterrains, mais bien réels, qui permettraient de comprendre certaines alliances de fait et les coups de mains décisifs que se sont rendus mutuellement  dans leur longue carrière Paul Vergès et Pierre Lagourgue?

Dés lors, on peut mieux comprendre les embrassades sous les caméras de Monique Lagourgue, fille de Roger Payet, et de Paul Vergès, dimanche dernier. Et l'arrivée de Michel Lagourgue sur la liste de l'Alliance, qui peut aussi être vue comme la présence du petit-fils de Roger Payet auprès de Paul Vergès. L'histoire des Vergès et des Payet-Lagourgue, c'est quasiment une affaire de famille !

Et ces liens "familiaux" se prolongent au sein du capital d'Air Austral et surtout à travers la main mise de la famille ou de l'entourage de la famille Lagourgue sur la compagnie aérienne régionale. Mais c'est là une autre histoire dont nous aurons l'occasion de reparler très bientôt...

Pour Philippe Jean-Pierre rien de tel. Les Jean-Pierre et les Vergés n'appartiennent pas au même monde. Pas de connivence familiale ici, bien que Thierry, le cousin de Philippe et accessoirement ancien juge d'instruction ayant fait parler de lui lors de l'affaire Urba en métropole, a rendu aux Vergés un fier service en acceptant de signer un livre confortant les légendes de la famille Vergès. La confiance est ici plutôt du côté de l'idéologie. Eh oui, de l'idéologie! Il y a longtemps que Paul Vergès a remisé au rayon des vieilles lunes ses diatribes marxistes et ne fait mine de s'intéresser aux pauvres que lors des campagnes électorales. Il n'y a donc aucun hiatus entre le  discours de Jean-Pierre et celui de Vergès en matière économique. C'est tout simplement le même. Il y a les affaires bien comprises pour soi et les siens, et la propagande  pour tous les autres.

Comment croire un seul instant que le recrutement en situation de cumul de Philippe Jean-Pierre à la direction de l'Agorah ait pu se faire sans le feu vert de Paul Vergès, mieux de son appui? Philippe Jean-Pierre à l'Agorah, un placement dont, en fin connaisseur, Paul Vergès a pu mesurer la rentabilité et apprécier la fidélité. Dés lors faut-il s'étonner que cet économiste si disposé, par ailleurs très introduit au Medef et dans certaines instances de l'Eglise catholique ce qui ne gate rien, ait connu une trajectoire si fulgurante?

Bien sûr, Philippe Jean-Pierre tout comme Catherine Gaud, n'ont guère à voir, comme disait Jean-Marc Gamarrus, avec des descendants d'esclaves, par leur positionnement familial ou idéologique. Ils ont de quoi désespérer de nombreux militants syndicalistes ou communistes. Mais à qui la faute si ces derniers n'ont toujours pas compris que certains discours, type MCUR ou tram-train, n'engagent que ceux qui les écoutent?     
Ce n'est probablement pas le dernier rebondissement. Il reste 10 jours avant le premier tour et toutes les alliances, toutes les trahisons sont encore possibles. Voire même probables.

Il n'empêche. Ce qui vient de se passer pourrait bien être un rebondissement capital dans la course à la majorité et surtout, à la présidence de la Région.

Il y a quelques jours, à Saint-Benoit, se sont retrouvés Michel Vergoz, Jean-Paul Virapoullé, Nadia Ramassamy et Eric Magamootoo. L'objet de la discussion : comment empêcher une nouvelle élection de Paul Vergès.

Face à Michel Vergoz, les trois autres candidats ont parlé d'une même voix, rassemblés dans ce que certains n'ont pas hésité à qualifier d'"alliance tamoule" ou d'"alliance malbar".

Pour atteindre leur objectif, tout ce beau monde table sur la loi électorale spécifique des Régionales. En effet, la liste arrivant en tête au soir du 2ème tour obtient automatiquement un quart des sièges, avant que les sièges restant ne soient répartis à la proportionnelle entre toutes les listes. Par exemple, si une liste arrive en tête avec 35% des suffrages, elle obtiendra d'abord 25% des 47 sièges soit 11 sièges, plus 35% des sièges restant, soit 27 sièges, et peut être 28 si elle récupère un siège supplémentaire au plus fort reste. Soit un total de 38 ou 39 sièges sur 47, ce qui constitue une confortable majorité.

Vous comprenez maintenant mieux pourquoi il est vital pour quelqu'un qui souhaite l'emporter d'arriver en tête au deuxième tour. Grâce à, si nécessaire, des rapprochements entre des listes pourtant opposées mais qui, en l'espèce, ont un intérêt commun.

Dans l'alliance qui pourrait se faire entre Michel Vergoz, Jean-Paul Virapoullé, Eric Magamootoo et Nadia Ramassamy, chacun trouve son compte.

Jean-Paul Virapoullé y voit un moyen de barrer la route à Paul Vergès tout en faisant mordre la poussière à celui qui est aujourd'hui devenu son "ennemi" : Didier Robert, tout en préservant son poste de sénateur.

Eric Magamootoo, qui est très ami à Jean-Claude Fruteau et à Michel Vergoz, pourrait se voir offrir le poste de Président de la Région.

Michel Vergoz se vengerait des montagnes d'humiliations que Paul Vergès lui a fait subir à la Région, tout en renvoyant l'UMP dans l'opposition. Avec, à la clé, probablement une part significative des élus de la nouvelle majorité.

Et Nadia Ramassamy, qui est inexistante aujourd'hui sur l'échiquier électoral local, se verrait enfin offrir une tribune à la hauteur de ses capacités qu'elle estime immenses.

Voilà la situation à l'heure présente. Dans ce scénario, il est évident que la liste à dominante socialiste arriverait en tête au second tour et pourrait donc prétendre à la victoire.

Quelle sera la réaction de Nicolas Sarkozy et de Paul Vergès face à cela? Pour éviter un tel scénario, seraient-ils prêts à aller jusqu'à une alliance au 2ème tour, de façon à arriver devant la liste du PS et de Virapoullé?

Avant de faire une réponse, il faut toujours avoir à l'esprit deux choses :

   1) Pour le Président de la République et de tout temps, une seule élection compte : c'est la présidentielle. Et toutes les autres ne sont là que pour la préparer. Or Nicolas Sarkozy et l'UMP ont deux objectifs : éliminer de l'échiquier politique local tous les Chiraquiens pouvant constituer un relai pour Dominique de Villepin. Et éviter que le PS ne prenne la Région et ne se serve de ses moyens pour la campagne des présidentielles. Le premier objectif a été atteint et le 2ème est en cours.

   2) Le PCR n'a jamais présenté de danger pour les dirigeants politiques nationaux, contrairement à ce que ressentent les militants de droite réunionnais, pour la seule et unique raison que le PCR ne présentera jamais un candidat à la présidentielle. Le parti à abattre est donc uniquement le PS et personne d'autre. D'où des alliances qui ont pu nous sembler contre-nature mais qui, aux yeux de Paris, étaient naturelles.

Dans ce schéma, et vu de Paris, une alliance au 2ème tour avec l'Alliance n'est donc pas du tout impossible. Elle permettrait à Paul Vergès de finir sa carrière politique en beauté et de sortir par la grande porte, tout en sauvant ses grands projets, et à Nicolas Sarkozy d'éviter de voir Martine Aubry venir triompher le soir du 2ème tour sur les différentes télévisions en annonçant que le PS a réalisé le grand chelem.

Donc oui, vu de Paris, une telle alliance ne serait pas surprenante. Reste maintenant à savoir si Didier Robert et les militants et sympathisants locaux seront prêts à suivre...
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