Société

Baisse du nombre de tués en deux roues motorisés en 2012

Comme chaque année, la FFMC 974 a réalisé en 2012 le suivi des accidents mettant en cause les deux-roues motorisés (2RM) à l'île de la Réunion.

L'analyse finale met en évidence les mêmes grandes lignes que les années précédentes :
- grande différence de comportements entre motards et cyclomotoristes, avec une conduite à risque plus marquée chez les cyclos
- pour les cyclos, non-port du casque pour une grande part des usagers.

Toutefois, on note surtout une baisse globale du nombre des tués en 2RM, ce qui est un résultat encourageant.


Baisse du nombre de tués en deux roues motorisés en 2012
Le dossier réalisé par la FFMC 974 (antenne locale de la Fédération Francaise des Motards en Colère) constitue une présentation et une analyse de l’accidentologie à la Réunion en 2012, et plus particulièrement celle qui concerne les deux-roues motorisés (2RM).

159 accidents au total ont été étudiés (tous véhicules confondus), dont 130 impliquant des 2RM. Les grandes tendances à retenir pour cette année 2012 concernant les 2RM confirment celles des années précédentes :
- une baisse du nombre de tués en 2RM (constatée aussi bien pour les cyclos que pour les motos)
- pour les cyclos, la confirmation du non-port du casque pour une grande part des cyclomotoristes accidentés
- une grande différence de comportements entre motards et cyclomotoristes, qui se retrouve dans les responsabilités en cas d’accident avec un tiers.

Au total, 45 personnes ont trouvé la mort sur les routes de l’île en 2012, un bilan moins bon que les années précédentes (42 tués en 2011, 44 en 2010). Sur ces 45 personnes décédées, 14 circulaient sur un 2RM (6 cyclos et 8 motos), soit une proportion de 31% des tués, contre 44% en 2011.

L’élément principal de cette année 2012 est la très grande proportion de piétons tués sur la route : pratiquement un tué sur deux en 2012 était un piéton (46,7% des décès très exactement), ce qui en fait la catégorie d’usagers la plus touchée, et de très loin (21 piétons décédés sur 45 personnes tuées au total).

Ce chiffre est très supérieur à celui des années précédentes, puisque les piétons comptaient traditionnellement pour environ 1/4 des tués sur nos routes chaque année.

Ces décès sont majoritairement dus à une tentative de traversée de route à grande circulation, souvent de la part de personnes alcoolisées. L’alcool reste d’ailleurs le second élément marquant de l’accidentologie 2012 à la Réunion, puisqu’il est en cause dans plus de 40% des accidents mortels.

Cette hécatombe devrait logiquement induire de la part des autorités un développement des actions de sensibilisation et de contrôle envers les piétons, et une lutte renforcée contre l’alcool sur les routes.

Les cyclistes ont également payé un lourd tribut en 2012, puisque 4 personnes circulant à vélo sont décédées (9% des décès). C’est deux fois plus que les années précédentes, et c’est aussi la marque de la très grande vulnérabilité des cyclistes dans un environnement du tout automobile.

8 motard et 6 cyclomotoristes perdent la vie en 2012

Concernant les 2RM, 8 motards et 6 cyclomotoristes ont perdu la vie en 2012, ce qui représente respectivement 18 et 13% des tués. Ces chiffres sont en baisse par rapport aux années précédentes, ce qui est encourageant. Ce chiffre peut paraître encore élevé, mais il faut là aussi rappeler que les conducteurs de 2RM restent très vulnérables en cas de choc car, non protégés par une carrosserie. Et même un choc léger peut avoir des conséquences graves ; ceci milite bien évidemment pour une pratique responsable de la moto ou du cyclo, et le port de vêtements protecteurs adaptés.

Quant aux automobilistes, avec seulement 6 tués en 2012 (soit 13%), ils représentent la catégorie d’usagers qui a le plus progressé (11 tués en 2011, soit 26% des décès). On ne peut que se féliciter de ces chiffres, même si le nombre global d’accidents reste élevé. L’amélioration de la sécurité passive des voitures modernes (air-bags notamment) est certainement un élément important pour expliquer ces chiffres, la lecture des faits-divers montrant régulièrement des accidents impressionnants qui se soldent uniquement par des blessures. Il serait intéressant de connaître l’évolution du nombre total d’accidents pour mesurer si le comportement global des conducteurs s’est amélioré.

Les moins de 50 cm3, la catégorie la plus accidentée

Cyclos et motos ont donc vu sensiblement baisser le nombre de tués en 2012, ce qui conforte la tendance sur les 12 dernières années dans notre département.

La cylindrée exacte des 2RM accidentés ne nous est pas toujours connue, il est donc difficile de conclure de facon rigoureuse. Toutefois, on peut tout de même remarquer que pour les engins dont la cylindrée est connue, les moins de 50 cm3 restent la catégorie la plus souvent accidentée.

En 2012, le constat pour les cyclomotoristes est malheureusement similaire à celui des années précédentes, à savoir qu’une grande proportion des victimes d’accidents ne portaient pas de casque. Sur les 6 cyclomotoristes tués en 2011, 5 (soit 83% d’entre eux) ne portaient pas de casque ou le portaient non attachés ! Un comportement véritablement suicidaire, au sens propre du terme, hélas.

Si on prend en compte l’ensemble des cyclomotoristes accidentés, ce sont 22 personnes non casquées qui ont été dénombrées sur 58 cyclomotoristes accidentés, soit 38% des cyclomotoristes qui circulaient sans casque. Chez les motards, on dénombre 4 cas avérés (dont 2 tués) de motards accidentés non casqués sur 93 accidentés au total, soit 4%.

Outre le fait que le non-port du casque semble déterminant pour la gravité des blessures en cas d’accident, on constate cette année encore que les comportements en matière de port du casque sont très différents entre motards et cyclomotoristes. Les motards sont très majoritairement sensibilisés à la nécessité de porter uncasque, alors que cet accessoire de sécurité indispensable est encore bien trop souvent omis par les cyclomotoristes.

Une conduite à risque des cyclos

Nous avons étudié, lorsqu’elle est clairement identifiée, la responsabilité des conducteurs de 2RM dans les collisions avec un tiers, dans le but de savoir si les accidents résultent d’une trop grande prise de risque des motards ou des cyclomotoristes.

- Dans une très grande part des accidents de cyclo, la responsabilité du cyclomotoriste est clairement engagée : c’est le cas pour 19 cyclomotoristes accidentés sur 41, soit près de la moitieé des cas (proportion comparable à ce qui avait été observé les années précédentes).

- Les motards, eux, ont vu leur responsabilité avérée dans 7% des cas seulement (4 victimes sur 55). Il y a donc eu en 2012, comme les années précédentes, une grande disparité entre le comportement général des cyclomotoristes et celui des motards, les premiers pratiquant davantage une conduite à risque amenant à l’accident. Pour les motards, les causes des accidents sont à chercher ailleurs, mais en tout état de cause et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas une prise de risque exagérée qui est à l’origine des accidents avec des tiers.

Il est utile de rappeler que 17 cyclomotoristes (dont 4 ont perdu la vie) et 38 motards (dont 3 tués) ont été victimes en 2012 d'accidents sans présence d'un tiers identifié. Un rappel de la dangerosité inhérente à la conduite d’un deux-roues que chaque conducteur de 2RM doit garder à l’esprit.

L'alcoolémie concerne 8 cas sur 46 accidents de 2RM

Comme on l’a vu dans le bilan général des accidents 2012, l’alcoolisme reste un problème important à la Réunion et l’alcoolémie positive a été cette année encore un facteur très présent dans les accidents de la route.

En ce qui concerne les 2RM, nous avons pu mettre en évidence que sur 46 accidents mettant en cause des cyclomotoristes, une alcoolémie positive a éte relevé dans 8 cas, soit 17% du total. Ce pourcentage est exactement le même que celui relevé l’an dernier.

Chez les motards, une alcoolémie positive a été avérée dans 3 cas sur 83 accidents répertoriés, soit moins de 4% des cas. Il se confirme donc cette année encore que les motards sont plus responsables de leur consommation d’alcool avant de prendre le guidon, et que la fréquence de circulation en état d’imprégnation alcoolique est un réel problème en ce qui concerne les cyclos.

Vitesse excessive dans 17% des cas pour les cyclomoteurs

La vitesse excessive des 2RM est souvent pointée du doigt par leurs détracteurs, mais est-ce justifié ? Nous avons tenté de quantifier ci-dessous, pour chaque accident, les vitesses excessives eu égard aux conditions de circulation.

Attention, la vitesse excessive par rapport aux conditions est très différente de l’excès de vitesse absolu, qui lui se mesure et qui est très facile à verbaliser mais pour lequel, malheureusement, les forces de l’ordre ne jugent plus de la dangerosité réelle de la conduite.

Même sil est difficile d’apprécier cette notion de vitesse excessive, nous avons pu la mettre en évidence dans environ 17% des cas pour les cyclomoteurs (8 cas sur 46 accidents) et dans seulement 6% des cas pour les motos (5 cas sur 83 accidents). On voit que dans le domaine de la vitesse, la réalité est très éloignée des idées recues.

Un plus grand nombre d'accident de jour

Tous 2RM confondus, la répartition entre accidents survenus de jour et ceux survenus de nuit montre un plus grand nombre d’accident de jour, ce qui correspond à un trafic plus important.

Par contre, il est intéressant de noter que pour les tués à cyclomoteur, les 5 accidents en 2012 qui ont abouti à des décès se sont tous produits de nuit et avec des comportements très imprudents.

Même si l’absence d’éclairage n’est pas avéré dans ces cinq accidents, c’est tout de même un point à rapprocher des nombreux cyclomoteurs circulant sans éclairage à la Réunion.

L'état des infrastructures influe grandement sur la conduite d’un 2RM, qui est par définition tributaire de son équilibre. Les défauts de conception ou d’entretien peuvent provoquer des accidents ou aggraver les blessures des conducteurs.

Sur 130 accidents survenus en 2012 tous 2RM confondus, nous avons pu mettre en évidence l’implication de l’infrastructure dans 2 cas, dont 1 mortel (soit 1,5%).

Si on ne prend en compte que les accidents mortels impliquant un 2RM, l’infrastructure est en cause dans 1 cas sur 13, ce qui représente 7,6% des cas. C’est moins que les années précédentes mais les conséquences potentiellement très graves font de la surveillance des points noirs une action majeure des antennes FFMC, surtout au moment de la conception de nouvelles infrastructures, et c’est pourquoi notre fédération insiste régulièrement sur l’état général des routes et sur les défauts de conception qui sont parfois très dangereux pour les 2RM.
Mardi 8 Janvier 2013 - 09:57
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1.Posté par RJM 974 le 08/01/2013 15:31
Excellent chiffre, et c'est heureux ! Mais pourquoi cette baisse ? Les conducteurs de deux-roues ont-ils enfin compris qu'il fallait respecter le code ?

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