Economie

BTP : Les ouvriers invités à quitter le harnais !


Pour la 6ème année consécutive, l’inspection du travail de la DIECCTE, les SISTBI et les services de la CGSS ont mené conjointement un audit de 25 chantiers le 16 octobre 2014, dans le cadre d’une action de prévention des risques professionnels.

Et des risques, il en existe beaucoup, si l’on en croit le bilan de cette journée visite : 5 chantiers particulièrement dangereux ont dû être arrêtés, 4 injonctions ont été délivrées par la CGSS et 16 des 37 entreprises auditées ont reçu un courrier d’observation. 

Il faut lever un peu la tête vers le ciel pour observer les zones les plus risquées… Le travail en hauteur reste le gros point noir : Seuls 44% des personnels étaient formés au port du harnais.  C’est plus qu’en 2013 (36%) mais bien moins qu’en 2009 et 2010 où les chiffres atteignaient 80% environ.

Garde-corps non conformes, trémies et points d’ancrage trop peu solides…  En matière d’équipement et d’installation, "une amélioration est constatée" en 2014 mais reste "nettement insuffisante". Quant aux échafaudages, ils sont "soit montés de manière incomplète, soit mal utilisés". 

Trois accidents du travail mortels en 2014

Des échafaudages d’ailleurs trop souvent laissés de côté. "A La Réunion, on constate que le harnais se substitue aux protections collectives dans près de la moitié des cas, précise Alain Le Poupon, alors que son port doit être exceptionnel". Le responsable du pôle travail de la DIECCTE justifie cette tendance : "Il y a bien sûr des raisons économiques. Pour une petite entreprise, un harnais coûte moins cher qu’un échafaudage, mais c’est aussi une question d’habitude qu'on a toujours eue sur l'île. Il faut cependant changer les mentalités et encourager les entreprises à s’équiper de protections collectives plutôt qu’individuelles". 

Pour Alain Iglicki, responsable du service prévention de la CGSS, la représentativité de cette "opération coup de poing", menée sur un jour donné, est sujette à caution. "Si elle permet, certes de se rendre compte de l’évolution de la situation, admet-il, le vrai travail à mener est porté sur la prévention et l’accompagnement sur la durée et la dissuasion par le biais d’injonctions".

L’année dernière, 3 ouvriers ont perdu la vie sur leur lieu de travail. Malgré ces "quelques drames", Alain Le Poupon relativise : "La gravité des accidents qui se sont produits en 2014 ne signifient pas que la situation s'est dégradée. L’accidentologie s’explique aussi par l’activité économique. Plus il y a de chantiers, plus il y a de risques d’accident".

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Trois outils de prévention et d'information: 

Côté prévention, plusieurs outils sont désormais mis à la disposition des entreprises pour évaluer les risques sur leurs chantiers. D’une part, le logiciel gratuit BTP’Prev qui permet de réaliser son document unique (DU) et son Plan particulier de sécurité et de Protection de la Santé. D’autre part, un kit Chutes de hauteur, diffusé aux entreprises depuis 5 mois, apprend à évaluer les risques et à s’informer sur les aides financières ou les adresses utiles à l’achat de matériel de sécurité. Les acteurs du BTP peuvent s’informer, discuter, ou poser des questions sur le site internet www.travailetprevention.re
 

53% des harnais étaient équipés d'un système antichute
53% des harnais étaient équipés d'un système antichute
Mardi 3 Février 2015 - 13:49
GG
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1.Posté par nico ("A La Réunion, on constate que le harnais se substitue aux protections collectives dans près de la moitié des cas, précise Alain Le Poupon, alors que son port doit être exceptionnel".) le 23/02/2015 09:50
J'ai été victime d'une chute de toit sur un chantier sur ST-DENIS en 2010 d'une hauteur de 6 mètres avec séquelles. C'est miracle si je ne suis pas dans un fauteuil roulant ou même mort. Le rapport de l'Inspection du Travail établit 3 infractions caractérisantes en délits ayant toutes concouru à la survenance de mon accident, et une reconnaissance PV des faits (qui rejette aujourd'hui devant les juridictions) devant la Gendarmerie par l'employeur, permettant sur le moment à ce dernier de bénéficier d'un "protocole" et surtout permettant au Parquet (puisqu'il l'acceptait) de ne pas entamer de poursuivre malgré la gravité des faits. Je suis pourtant dans mon bon droit, preuves à l'appui mais je peux vous interpeller sur le fait que la Justice n'est pas une évidence toute faite dans notre chère patrie. Vous avez souffert dans votre chair et c'est pourtant vous qui êtes pointé du doigt. De victime, vous devenez quasiment accusé. Alors c'est le pot de terre contre le pot de faire. Oui, le système permet tout et n'importe quoi. Je m'alarme sur cet article car des vies sont en jeu, et elles ne doivent pas être brisées. Je m'alarme parce que même avec les charges, l'employeur est tout autant vindicatif ; rendez-vous compte car étant trop procédurier d'après lui, il a jugé bon de me demander des dommages et intérêts pour les ennuis que je lui cause ! Dans quel monde vit-on où l'on envoie ses ouvriers à la mort chaque matin pour ensuite s'en laver les mains quand un drame survient ?! Si j'ai un conseil à donner aux futurs victimes puisque inévitablement il y en aura, n'oubliez pas un seul instant malgré les gens qui vous diront le contraire ou tenteront de vous décourager, malgré les coups bas sous la ceinture et j'en passe des vertes et des pas mures avec certains sois-disant professionnels du Droit honorairement intéressés seulement et sinon rien; ne vous fiez qu'à votre instinct seul, n'ayez confiance qu'en vous, n'oubliez pas que rien n'est acquis, et puis surtout battez vous envers et contre tout.

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