Société

Attaché territorial sans poste: Récit d'un lauréat qui a changé de voie

En 2011, le Conseil général engageait, contre vents et marées, 19 recrues de niveau bac+3 pour un an en tant qu'attachés territoriaux. En marge de ce dispositif, de nombreux lauréats du concours d'attaché territorial ont perdu le bénéfice de leur concours. L'un d'entre eux, que nous avons retrouvé, témoigne.


Le concours d'attaché territorial en poche ne signifie pas la fin des galères (image d'illustration)
Le concours d'attaché territorial en poche ne signifie pas la fin des galères (image d'illustration)
"J'ai changé de voie", commence par dire Bertrand (nom d'emprunt), lauréat du sélectif concours d'attaché territorial organisé par le CNFPT*. En 2011, et à l'annonce de la mesure "de tremplin social pour la jeunesse" du Conseil général, il monte au créneau comme bon nombre de lauréats. A l'appui des textes en vigueur, il dénonce ce recrutement jugé discriminatoire, mais avant tout infondé juridiquement.

Deux ans plus tard, le ressenti demeure le même. Son parcours de vie l'a amené à travailler jusqu'à aujourd'hui dans le secteur privé, plus précisément dans le médico-technique.

Un poste non loin de ses références de départ puisque l'intéressé avait été contractuel dans la fonction publique hospitalière une dizaine d'années avant de tenter et de réussir le concours d'attaché territorial. La fin des contrats précaires pensait-il à l'époque. C'était sans compter l'incertitude qui entoure les bénéficiaires de ce concours qui déroge aux autres par la non-affectation d'office de son lauréat. Autrement dit, avec le concours en poche, son bénéficiaire reste à la merci des ouvertures de postes dans les collectivités.

"J'ai perdu le bénéfice de mon concours en mars 2012. Je me suis lancé dans ce projet d'attaché en pure perte", évoque-t-il aujourd'hui. Durant trois ans, durée maximale sur liste d'aptitude, il a démarché nombre de collectivités. "Une centaine de courriers", dénombre-t-il, pour... zéro résultat. "Je pensais que ça allait se débloquer", repense-t-il. Peine perdue.

Le CNFPT "ne fait rien pour la promotion des lauréats"

"Mon ressenti, en tant que zoreil, pour dire les choses telles qu'elles sont, c'est que c'était quand même plus difficile pour moi que pour un créole", exprime-t-il, expérience des entretiens en prime. Parmi les questions qui ont pu lui être posées, il en retient une bonne : "Pourquoi ne cherchez-vous pas en métropole ?", raconte-t-il. Sans se justifier outre mesure, il précise que la situation qui était la sienne à l'époque est toujours identique aujourd'hui : celle de quelqu'un ayant des attaches à la Réunion. "Je suis installé à la Réunion depuis 2005. Ma femme est réunionnaise", explique-t-il. Un schéma qui se produit ici comme il pourrait se produire pour un lauréat de métropole souhaitant obtenir un poste à proximité de sa famille, compare-t-il.  

De cette expérience infructueuse, Bertrand retient deux vérités, du moins les siennes. La première tient dans la logique "clientéliste" des collectivités qui "préfèrent un contractuel qu'un fonctionnaire, avec la surrémunération qui va avec". Son ultime grief va à l'égard du CNFPT qui "ne fait rien pour la promotion des lauréats."

De ce nouveau départ dans le privé, il se dit satisfait. Voilà de quoi démythifier le culte de l'emploi garanti à vie du fonctionnaire.

*centre national de la fonction publique territoriale
Mardi 13 Août 2013 - 07:32
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par ANIN le 13/08/2013 07:44
On demande bien aux réunionnais de partir en métropole, alors pourquoi pas un métropolitain !

2.Posté par un créole le 13/08/2013 06:05
il faudrait certainement passer un concours de logique....! Priorité aux créole et point à la ligne, vas poster ce genre de commentaires en corse.

3.Posté par total soutien le 13/08/2013 08:48
courage à ce jeune et aux autres lauréats du concours qui ont été lésés par les lâches politiciens locaux et la technique clientéliste du conseil général

4.Posté par Dignité le 13/08/2013 10:31
Depuis que le Conseil Général est dans les mains d'élus abrutis cela se passe comme ça, la palme en la matière revenant à Nassimah qui est aussi humaniste et soucieuse du droit qu'un pot de chambre.
Du temps d'un Auguste Legros ou d'un Christophe Payet, les choses se passaient différemment. Ces élus là étaient des vrais républicains et accordaient de l'importance à la méritocratie. Ce n'est pas le cas de certains petits merdeux qui ont été élus à la présidence du conseil général par des moyens douteux révélant leur petitesse d'esprit et leur propension à se complaire dans la médiocrité crasse.

5.Posté par Mwa la pa di le 13/08/2013 12:15
Un concours à lieu et la présidente du C G passe outre et embauche 19 sans le dit concours ! Expliquez moi la Loi ! Expliquez moi la dignité de l'homme ! Quel crédit peut on donner à nos élus ? RIEN, leur parole ne vaut rien ou si peu....
Combien de nos chers élus se sont et s'assoient encore sur la Loi ? Certains sont Sénateurs et Députés.... La République est bien cocue....

6.Posté par EPG le 13/08/2013 12:20
J'ai connu cette discrimination ... pour accéder à un poste de fonction territoriale ... un concours - uniquement sur entretien - devant une dizaine de personnes , toutes réunionnaises , et qui revenaient sans cesse , pendant l'entretien , sur le fait que j'avais déjà un travail , pourquoi ce désir de changement ?
Laissant sous-entendre que je ne cherchais qu'à avoir un statut financier supérieur ...ce qui n'était pas le cas ...je voulais évoluer dans ma profession et connaître une autre manière d'exercer ...
Nous étions dans l'île depuis déjà une dizaine d'année , dans le privé , avec enfants réunionnais adoptés , en situation financière sans majoration de quoi que ce soit , par choix , mais sans mutation !! Nous sommes restés vivre et participer à la vie locale pendant 20 ans , et j'ai gardé mon ancien poste de travail ! La préférence régionale existe partout , en France métropolitaine , dans les dom ....c'est une mentalité de possession sans partage que l'on ne changera pas ...et quand l'apparence physique est en plus là pour montrer une origine ethnique différente ...!!!
Que chaque département réclame son indépendance -- Bretagne , Auvergne , Île de France , Vosges , la Corse ....vive de ses propres ressources , soit autonome ! des états dans l'état et l'on verra le résultat !!!

7.Posté par adala le 13/08/2013 12:26
Si il n' y a pas de postes, pas la peine de dépenser de l'argent pour ouvrir un concours .A moins d'augmenter le sureffectif des collectivités. Il faut stimuler le secteur privé.

8.Posté par anin tu sais lire???? le 14/08/2013 07:32
Ils ne vont pas séparer quand même??? on va interdire les mariages mixtes???
Sérieux on parle de gens qui ont des attaches
Non mais il y a vraiment un soucis de clientélisme avec la fonction public territoriale , mais les réunionnais "de souche" en font les frais également
Et sinon comme dit plus bas on ouvre pas un concourt s'il n y a pas de postes , c'est une perte de temps et d'argent

9.Posté par reg le 14/08/2013 07:49
@ créole
Nous vivons dans un département français. Les règles & les lois des concours doivent s'appliquer sans discrimination. Avec ce genre de raisonnement on pourrait tout aussi bien demander aux Français de métropole s'ils souhaitent garder une pompe a fric comme la Réunion dans la république et là...
Quand à votre orthographe 4 fautes en 1 ligne 1/2 c'est pas terrible. C'est pas vous qui risquez de réussir un concours !

10.Posté par Ricoco le 14/08/2013 20:44
La situation est ubuesque... on recrute des contractuels car ils coûtent moins cher que des titulaires, ce qui est souvent illégal. Après, faut pas rester amer et il a raison d'être passé à autre chose. Au moins a-t-il un emploi, ce qui par les temps qui courent est précieux. Ok pour dénoncer l'hypocrisie de la Présidente du CG qui prétendait favoriser l'emploi des jeunes diplômés en recrutant 20 jeunes précaires. Mais j'ai bien peur que dans les autres collectivités aussi, point de salut sans de bonnes relations. Les Réunionnais font aussi les frais de ce clientélisme... Le (mauvais) exemple vient d'en haut.

11.Posté par Carrysudri le 21/08/2013 14:49
Etant réunionnais avec la couleur qui va avec, je suis assez content qu'on puisse défendre les atouts de jeunes réunionnais (clientélisme ou pas), pour avoir connu ce genre de situation dans ma recherche d'emploi en métropole.
En revanche, on peut comprendre qu'il souhaite rester à La Réunion au vu de sa situation familiale.
Mais, (sans être dans un débat politique), tout ce qui faut retenir c'est que ces jeunes ont pu se former et avoir une expérience, que j'espère valorisable.
Après comme dit créole :
La chance ti poule, c'est pas cet ti canard...

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