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Assistants d'éducation : "Votre cas n'est pas désespéré"

Les assistants d'éducation se sont présentés ce matin devant le juge des référés du tribunal administratif afin de demander la suspension de la décision de ne pas renouveler les contrats d'assistants d'éducation. La décision sera rendue le 6 octobre.


Deux mondes s'opposaient ce matin. Malgré la grande pédagogie du juge, il était bien difficile pour des assistants d'éducation désespérés de s'entendre dire "n'attendez pas que je puisse faire des miracles. Je ne suis pas le Recteur. Je ne peux que juger sur des points d'illégalité". Toutefois, tous n'ont finalement retenus qu'une phrase de conclusion prononcée par le juge : "Votre cas n'est pas désespéré mais il y a une question juridique difficile".

"On a acquis des compétences de plus de 11 ans et une vraie professionnalisation. Cela correspond à un enfant qui grandit, c'est tout un développement. Aujourd'hui toute cette stabilité est en train de s'écrouler. Le fait d'être inséré socialement est une sécurité financière, l'occasion de reconstruire ma vie après un passé familial douloureux. Pour ma fille, c'est important que cette pression s'arrête", explique au juge une assistante d'éducation qui a souhaité préserver l'anonymat.

"Pourquoi me met-on dehors pour mettre quelqu'un d'autre sur mon poste?"

Thierry Hoarau, puis Ketty Maillot s'approchent à la barre... Tous deux dénoncent l'absence de documents mentionnant leur fin de contrat et expliquent leurs difficultés à effectuer la moindre démarche administrative. Le juge souligne alors que "les tribunaux administratifs peuvent soit annuler une décision, et cela suppose qu'il y ait une décision, soit la suspendre", avant qu'une autre dame s'exclame : "Moi et mon mari sommes tous deux assistants d'éducation. C'est inadmissible que le Rectorat se comporte ainsi. On met nos familles en péril. Et pourquoi me met-on dehors pour mettre quelqu'un d'autre sur mon poste?"

Les assistants d'éducation, soutenus par Jean-Huges Ratenon, savent qu'ils ont du pain sur la planche pour toucher le point de droit qui pourrait faire pencher la balance en leur faveur (voir vidéo).

Selon le juge des référés, 8 dossiers sur 13 concernés ce jour n'ont pas adressé de requête au Recteur. Pour ceux dont le dossier a été déposé, encore faut-il que cela ait été fait pendant le contrat. "Je n'ai pas le pouvoir de faire 'ressusciter' des contrats qui n'existent plus", insiste le juge.

Bilan, la décision sera rendue le 6 octobre.  "J'imagine que vous n'avez pas choisi cette option du juge des référés. Mais pour le strict plan de l'efficacité juridique, je vous signale que le juge des référés, seul, va plus vite mais n'a pas les mêmes pouvoirs que le jugement au fond. Pour ce que vous demandez je ne suis pas certain d'avoir les pouvoirs voulus. Vous avez tous déposé deux requêtes, en référé et au fond. Ceux qui ont une réelle chance d'aboutir sont ceux qui auraient déposé un recours alors que leur contrat était en cours de route. N'attribuez pas une importance excessive à ce qui sera dit en référé. Si ce n'est pas favorable, ce que je déciderai ne sera pas forcément celle de la formation collégiale. Votre appel à l'humanité s'adresse, elle, au Recteur", a conclu le juge ce matin.
Vendredi 2 Octobre 2009 - 18:02
Melanie Roddier
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1.Posté par looping974 le 02/10/2009 18:16
en 11 ans il son eu le temps de bosser les concours ....c'est le but de ces contrats mettre un pied dans la maison , d'avoir les bonnes infos les bons conseils ,avoir la possibilité de tenter les concours et d'être titularisé ....en non pas attendre d"être titularisé sur un poste qui n'a pas vocation à l'être

2.Posté par FABRICE le 02/10/2009 18:39
Mr Ratenon qui se dit qu'il est toujours du côté des personnes en difficulté pourquoi est-il resté silencieux en 2008 après les licenciements de plusieurs centaines de pères et mères de famille, qui avaient 6 à 12 ans de service, par les maires communistes fraîchement élus à Saint André et Saint Louis.
Il est bien content quand le conseil général a mis fin à plusieurs contrats des amis du maire de Bras Panon au collège et à embauché sa concubine et ses amis sur les postes devenus vacants; Dans les autres villes qui ont changé de maire St Benoit, St Denis St André ..... il s'est passé la même chose et on n'a pas entendu Mr Ratenon.
Pourquoi Mr Ratenon ne dit rien ?Ces pères et mères de famille ne sont-ils pas des hommes?

(Réponse de Pierrot Dupuy : La question nous a interpellé. Nous avons donc posé la question à Jean-Hugues Ratenon.
Concernant les employés licenciés des mairies communistes, il nous a répondu que personne n'a fait appel à lui pour les défendre.
Concernant sa concubine avec qui il vit depuis 15 ans, elle s'est débrouillée toute seule pour obtenir un CAE... qui prend fin cette semaine. A partir de lundi, elle repointera au chômage.
Je pensais intéressant de publier ces précisions...)

3.Posté par FILIPO974 le 02/10/2009 20:36
Je félicite les assistants d'éducation pour leur courage car c'est dur de se faire trainer dans la boue à cause d'un travail. A l'heure actuelle il est très rare d'être reçu à un concours. Si certains l'obtiennent qu'ils s'en félicitent mais ne jettent pas la pierre aux autres. Vous ne connaissez pas leur conditions de travail, ni leurs problèmes. Vous croyez qu'ils ne prient pas tous les jours pour avoir une meilleure situation avec un travail stable et un salaire convenable. C'est difficile de mendier pour un smic.C'est honteux de voir des réunionnais s'attaquer entre eux. Eux, au moins se battent pour gagner un salaire par le travail plutôt que d'être assister par l'Etat. J'espère que leurs efforts seront récompensés. Question précision ils ne demandent en aucun cas leur titularisation mais de garder leur travail avec le smic qui va avec. N'oublions pas qu'avec ce type de personnel que nos enfants sont garder quand leurs profs sont absents et que nous, parents qui travaillons, ça nous arrangent bien. Alors, critiquons certes pour faire avancer les choses mais pas pour reculer.

4.Posté par tiboug le 02/10/2009 23:38
Je ne peux que soutenir les assistants. les administrations (donc l'Etat) ont un comportement irrespectueux et illégal (à mes yeux).
vous entendrez souvent dire, crier, pleurer qu'il manque des infirmières et du personnel para médical. pouratant recruté sur titre (donc avec un diplome d'etat reconnu), ce personnel attend parfois 2,3 ...6ans avant d'être titularisé. oui 5 a 6 ans de précarité pour du personnel pourtant qualifié et indispensable, que l'on mépriise à des fins comptable, parfois (pardon souvent) par petit pouvoir. le problème de l'administration (et de l'état je le répète) c'est qu'elle ne s'applique pas les lois qu'elle impose au secteur commun. et on ne parle pas là des heures sup qu'on ne peut pas vous rendre et que on refuse de vous payer, d'aucun avancement ni promotion pendant ce temps, perte de point pour la retraite....

5.Posté par MS le 04/10/2009 09:09
A looping. Dans mon établissement l'ancien AED s'occupait de 150 d'ordinateurs et gérait tout le réseau (pédagogique et administratif), alors si ça n'est pas un vrai métier qui mériterait une personne à demeure.... Mais tu as raison, l'EN n'ouvre pas de postes de technicien et préfère faire appel à des précaires : belle mentalité. Pour ma part je garde le souvenir d'un collègue sérieux et disponible qui ne demandait qu'à travailler.

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