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Assises : Première journée d'une tentative de meurtre en appel


Assises : Première journée d'une tentative de meurtre en appel
Gilles Bénard s’est vu mourir. Mais aujourd'hui à la Cour d'Assises, il est bien présent, là devant son agresseur qui n'est autre que son cousin. Jean-Marc Tadivel avait été condamné l'an dernier à 20 ans de prison pour tentative de meurtre sur Gilles Bénard. Il va tenter aujourd'hui et demain de faire diminuer sa peine...

En 2011, le ségatier échappe à la mort après avoir reçu dans le ventre un coup de fusil. Gisant à terre, il avait appelé sa femme et ses enfants pour les embrasser "une dernière fois". Lorsque le portrait de la victime est retracé, on découvre une enfance difficile. Le père décède d’une maladie dû à son addiction à l'alcool. Quand celui-ci était saoul, il frappait ses enfants. Gilles arrête ses études à cause de la pauvreté. A 17 ans, il se laisse entraîner dans la drogue. Il sombre lui aussi dans l’alcool.

C’est l’alcool justement qui le lie à son cousin. Mais grâce à la musique et à sa compagne, Gilles arrête de boire, son cousin, lui, continue à s’alcooliser. Pour Gilles Bénard, c’est la jalousie qui a entraîné ce passage à l’acte. Pendant l’instruction, la concubine révèle que Jean-Marc lui aurait demandé de quitter Gilles pour vivre avec lui…
L’expert psychologue souligne que les deux compagnons de beuverie évoluaient dans le même contexte. Il y avait une dualité et l’un devait tuer l’autre pour exister.

Suite à sa rencontre avec la mort, Gille Bénard prend conscience de l’importance d’une vie tranquille et stable. Il est à la fois traumatisé mais est aussi plus proche des gens. Il avait à l’époque refusé de participer à une reconstitution par peur de revivre le drame et d’être confronté à son agresseur.

Le fils de la victime précise avoir entendu le coup de feu puis son père crier "je vais mourir". Il s’était alors précipité dans la pièce où se trouvait ce dernier. Jean-Marc Tardivel visait alors la tête de son père. "Il n’a pas changé d’avis tout seul, c’est moi qui l’ai empêché de tirer", dira-t-il.
 
"C’est lui qui a dit 'fé pète le fusil' alors moin la tiré"

 
Entendu par la cour, Jean-Marc Tardivel semble agité. Il ne s’arrête pas de parler tout en faisant de grands gestes.
Me Morel, pour la partie civile remarque : "Vous parlez beaucoup mais vous ne répondez à aucune question !".
Concernant ses déclarations en garde à vue, le prévenu déclare que le policier ne comprenait pas le créole… le Président lui fait remarquer que l’OPJ se nommait "Payet"!
 
Pour l’accusé, c’est la victime qui a tort. Une attitude qui lui avait valu en première instance 20 ans de prison quand le parquet en demandait 12. "Le problème i vien de mon cousin, il m’a poussé à bout (...) Mi reconnai que moin la tort, mi regrette. Bras-Panon, Salazie, Saint-André, tou de moun y connait à moin, moin lé pas dangereux", explique l'accusé.

Le mis en cause aurait fait l’acquisition d’armes à feu pour aller à la chasse aux canards et pour se défendre car il habite un quartier dangereux. Me Morel lui demande : "Monsieur Bénard n’est ni un canard, ni une personne qui vous agresse, pourtant vous allez chez lui muni d’un fusil, pourquoi?" Le prévenu répond : "Pour me défendre, il a une arme chez lui". Les policiers n’ont trouvé aucune arme à feu…la victime n’en possède pas.

"Quand vous voyez que monsieur Bénard n’est pas armé, pourquoi tirer?" Il poursuit : "Monsieur Bénard l’a dit, si ou tue pas moin aujourd’hui c’est moin i ça tue a ou". Quand le Président demande au prévenu, "ça sert à quoi monsieur Tardivel un fusil?", celui-ci répond : "C’est pour la guerre".

Sur ses intentions, Tardivel expliquera "mi voulai pa blesse a li, moin la pa vu que li était blessé". Il affirme même avoir tiré par terre. Me Morel lui demande : "Vous avez déclaré l‘avoir mis en joue et visé à la tête". La réponse est édifiante : "C’est normal j’étais en colère, il venait à chaque instant m’emmerder chez moi!"

A Michel Baud, l’avocat général, qui luit dit que des témoins ont affirmé que quand qu'il avait bu, il devenait méchant, il répond : "Ah non, mi contrôle a moin". Le magistrat continue : "Vous vous contrôlez tellement que vous prenez votre fusil et vous tirez sur votre voisin!"
 
Jean-Marc Tardivel n’assume rien et conteste les déclarations de la victime et sa famille. Maître Ferdinand a la lourde tâche d’obtenir pour son client, Jean-Marc Tardivel, une peine plus clémente qu’en première instance.
Lundi 26 Mars 2012 - 17:33
Emmanuelle Bouveret
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