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Assises : Jean-François Dijoux encourt 30 ans de réclusion criminelle


Assises : Jean-François Dijoux encourt 30 ans de réclusion criminelle
A la barre des Assises ce lundi matin, Jean-François Dijoux, meurtrier de Laurent Taulin, et Michel Boyer qui a assisté au crime, sans réagir. Le premier a affirmé aujourd'hui ne pas avoir voulu la mort de son ami, tandis que Michel Boyer déclarait ne pas avoir compris, au moment des faits, le drame qui se déroulait. Fait marquant pour comprendre ce drame de la déchéance et de la solitude, aucune partie civile ne s’est constituée.

L’experte psychologue a décrit Jean-François Dijoux comme "dénué de scrupules et de culpabilité", une réinsertion lui semble ainsi difficile. On apprend qu'il serait orphelin depuis l’âge de 8 ans, après avoir vu sa mère mourir brûlée par une lampe à pétrole. Quinze jours après, c’est son père qui décédait des suites d’un cancer. L'accusé aurait été à une époque SDF. Devant la psychologue, il a reconnu sa responsabilité mais dit ne pas avoir voulu en arriver au pire. Il ne supportait plus Laurent qui "l’emmerdait".

Michel Boyer a lui un passé alcoolique, et sa réinsertion ne pourrait se faire sans des soins. Exploitant agricole par le passé, il est SDF au moment des faits. Michel Boyer apparait comme "limité intellectuellement", et ne sait ni lire ni écrire. Il ne veut pas d’ennuis et n’a pas pour habitude de se mêler des affaires des autres mais son quotidien est emprunt à l’alcool et aux "ralés poussés". Il a bien vu Laurent, la victime, allongé mais cela ne lui a pas paru anormal dans la mesure où il pensait que ce dernier devait cuver son rhum. Il est resté impassible aux événements.

Concernant toutes les versions données par les mis en cause, l’experte précise qu'il s’agit, selon elle, de stratégies de défense visant à minimiser les faits. L’autopsie révèle une quinzaine de contusions, certainement causées par le côté non tranchant d’un sabre, ainsi que 5 plaies concaves, dont trois au bras et deux au thorax. L’une des plaies au thorax a entraîné une forte hémorragie ayant entraîné la mort. Pour le médecin légiste, si la victime avait été prise en charge à temps, elle aurait peut être pu être sauvée.

La victime, une personne "torturée"

L’enquête de personnalité de la victime montre une personne torturée, sujette au suicide. Laurent Taulin était titulaire d’un brevet de technicien supérieur. Il a passé la majorité de sa vie en métropole. Il avait suivi sa petite amie de l'époque à la Réunion en 1998. Laurent Taulin avait ensuite dirigé sa propre société avant de faire faillite. Il avait d'ailleurs effectué une peine de prison pour "faillite frauduleuse".

Pendant les 6 mois qui avaient suivi sa libération, il avait arrêté de boire avant de retomber dans l'alcool. Sa seule famille connue est un frère en métropole. Celui-ci a confirmé son addiction à l’alcool qui aurait commencé avant ses déboires professionnels. Il n’a pas eu de problèmes familiaux pendant l’enfance. Selon son ex-femme il était "chiant, autoritaire, grossier et parfois violent quand il buvait, et il buvait beaucoup! Plus personne ne voulait le voir à cause de son alcoolisme."
 
Jean-François Dijoux, défendu par Me Séverine Ferrante encourt 30 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire. Michel Boyer, défendu par Me Maurice Nassar encourt 5 ans de prison pour non assistance à personne en danger. Le verdict est attendu demain en fin de journée.
Lundi 19 Mars 2012 - 19:07
Emmanuelle Bouveret
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