Faits-divers

Assises : 12 ans de prison en appel au lieu 20 pour J-M Tardivel


Assises : 12 ans de prison en appel au lieu 20 pour J-M Tardivel
Deuxième et dernier jour du procès en appel de Jean-Marc Tardivel. Il avait été condamné en première instance à 20 ans de prison pour tentative de meurtre sur la personne de Gilles Bénard, son cousin. Il est ressorti hier de la Cour avec 12 ans.

Maître Jean-Jacques Morel ouvrait les plaidoiries avec une référence à un film pour décrire les relations entre la victime et le mis en cause, "un voisin qui vous veut du bien". Ce dernier venait régulièrement et depuis de nombreuses années chez Gilles Bénard pour lui demander de l’emmener en ville en voiture ou pour avoir une petite monnaie. Pour l’avocat, Jean-Marc Tardivel était jaloux. Gilles Bénard avait une voiture, une compagne, une maison bien tenue et six enfants. L’accusé n’avait rien de tout cela.
 
 
"Gilles Bénard a vu la mort en face. Pour lui, elle avait le visage de son cousin Jean-Marc Tardivel", commence l’Avocat Général, Michel Baud. Puis de poursuivre : "Les blessures qu’il a subi font que c’est un homme marqué à jamais dans son esprit mais aussi dans son corps".

Michel Baud fait remarqué que durant ses 25 dernières années de carrière, l’alcool est omniprésent dans les affaires d’assises. L’accusé souffre d’un délire de perception, pour lui chaque acte peut être interprété comme nuisible. Il n’est donc pas responsable, c’est son cousin.
 
" Il a été jugé à une peine de 20 années dont il a fait appel. On le rejuge donc complètement. Pour moi, la peine me paraît juste et vous pouvez envisager une peine de 20 ans, compte tenu de la personnalité de l’accusé", estime-t-il.

 Maître Robert Ferdinand commence sa plaidoirie en rendant hommage à Michel Baud pour sa dernière session d’Assises. "Vous évoquiez les cas de figure tout au long de votre carrière. Effectivement, l’alcool est un phénomène récurent. L’alcool est le funeste ouvrage de cette affaire qui a coûté beaucoup à la partie civile, pour laquelle nous avons un profond respect et dont nous n’avons jamais sous-estimé les dégâts causés".

L’avocat rappelle alors ce qu’a été l’enfance de son client. Un enfant en désir d’amour, aîné d’une fratrie de 11. Chez lui c’était l’horreur, déjà l’alcool. Un père violent.. A l’âge de 16 ans il fuit et décide d’aller vivre seul dans une baraque au milieu de la forêt. Il a dû se battre pour subvenir à ses besoins.

 
Puis, Me Ferdinand reprend : "J’aimerais comprendre... On nous dit que 20 ans serait une peine juste. Donc il y a deux ans, quand le parquet requérait une peine de 12 ans, il ne demandait pas la justice! (…) Derrière la sang qu’il y a eu, il y a eu aussi de l’amour. Plutôt que de prendre l’image comme mon confrère du film "Harry, un ami qui vous veut du bien", je prendrai celle du film, "Je t’aime, moi non plus".
 
Avant la mise en délibéré, Jean-Marc Tardivel a demandé pardon : "Je ne toucherai plus aux armes et à l’alcool."
A la surprise même de l’avocat de la défense, les jurés, 4 femmes et 5 hommes, ont décidé de réduire la peine à 12 ans de prison assorti de 10 ans de suivi socio-judiciaire pendant lesquels il a interdiction de se rendre dans son quartier de Bras-Mousseline à Saint-André.
 
Pour Maître Morel, on est sur une peine basse mais qui correspond à ce qui avait été requis en première instance. Déçu du verdict, Gilles Bénard ne s’attendait pas à une telle baisse de la peine: "Moin aussi mi gagne prendre un fusil. Quand li va sortir li va gagne aussi".
Mercredi 28 Mars 2012 - 08:00
Emmanuelle Bouveret
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