Société

Aquanor chauffé à la chaudière à bois: un choix judicieux?

En période hivernale, beaucoup de passants auront remarqué des panaches de fumée noire s’échappant de la cheminée sur le site d’Aquanor. Plutôt curieux pour un bâtiment public, en ces temps de quête au développement durable à tout prix.


De la fumée noire se dégageant d'une cheminée d'Aquanor
De la fumée noire se dégageant d'une cheminée d'Aquanor
Faire le choix d’équiper un bâtiment public avec une chaudière à bois ? La question se pose, en sachant que sur place sont installés des panneaux solaires ainsi qu’une chaudière électrique en renfort.

Concrètement, Aquanor est un site équipé de 1.235 m² de plans d’eau, 3000 m² de solarium extérieur minéral et engazonné, un club d’entretien corporel avec sauna, hammam et salle de sport. En période estivale, l’eau n’est pas chauffée mais afin de pouvoir accueillir du public toute l’année, les différents bassins sont chauffés respectivement entre 28 et 31 degrés 4 à 5 mois par an.

Le site d'Aquanor
Le site d'Aquanor
Pour couvrir ces besoins thermiques, le choix du bois, utilisé de mars à novembre, couvre 80% des besoins énergétiques de la structure de loisir aquatique. L’équipement de panneaux solaires est constamment en fonctionnement. En renfort, une chaudière électrique a été installée et sert de chauffage d’appoint, couvrant 20% des besoins en global.

De la fumée noire visible de l’extérieur

La chaudière à bois consomme environ 1.000 m3 de bois par an. Un responsable technique du site, qui préfère rester anonyme reconnait qu’ "il y a eu un problème de qualité avec le bois pour la première année d’exploitation. les copeaux de cryptoméria ont pu dégager de la fumée noire visible de l’extérieur."

La chaudière à bois utilisée pour le chauffage des bassins
La chaudière à bois utilisée pour le chauffage des bassins
Cette fumée noire est composée de particules fines qui, une fois relâchées dans l’atmosphère peuvent être polluantes. Composées de monoxyde de carbone de benzène et hydrocarbures aromatiques polycycliques, ce rejet de polluants n’est pas visible sur les mesures de la Station urbaine de relevé des polluants située au lycée Lislet Geoffroy de l’ORA (l'Observatoire Réunionnais de l’Air).

Les données de l’année 2015 sont encore en cours de traitement. Pour Bruno Sieja, directeur de l’ORA, "À priori, il n’y a pas d’impact significatif car les relevés ne montrent pas un dépassement du seuil de CO2. Mais il serait intéressant de voir en détail si les niveaux ont bougé depuis l’ouverture (d'Aquanor) en décembre 2014."

Le coût total d’Aquanor : 28 000 000€

Le bâtiment fourni par la Cinor est aujourd’hui exploité par une société indépendante qui gère les infrastructures. Coût total du site : 28 000 000€. On peut lire sur le cahier des charges du parc que "les principes fondamentaux de la qualité environnementale ont été respectés en favorisant la ventilation naturelle des espaces traversants, en ouvrant les baies au Nord sur les terrasses ombragées, en utilisant une étanchéité de couleur claire et réverbérante, en prévoyant une chaudière biomasse pour la mise à température des bassins et en s’intégrant dans les lignes vallonnées du cœur vert familial."

Chaque bassin est chauffé à une température différente
Chaque bassin est chauffé à une température différente

Combien ont coûté ces trois installations ?

Mais quid des trois systèmes de chauffage coûteux et dont l’efficacité reste à prouver ? Après deux mois de sollicitation, la Cinor a fini par nous adresser quelques informations, mais en prenant le soin d’éluder les questions de budget : combien ont coûté ces trois installations?

Ainsi, la Cinor a adressé la question à la Sodiac, qui est le mandataire du maître d’ouvrage. Selon cette dernière, il n’y a "pas de possibilité d'envisager de chauffer les bassins uniquement par le solaire car cela aurait nécessité une plus grande surface de capteurs, ce qui est incompatible avec la disponibilité de toiture exploitable du bâtiment. S’agissant de la présence d'une chaudière électrique, elle est indispensable pour servir d'appoint et surtout maintenir un certain niveau de température."

Les panneaux solaires seuls ne suffisent pas
Les panneaux solaires seuls ne suffisent pas
Les quelques panneaux solaires installés sur le toit du bâtiment ne suffisent donc pas à couvrir le besoin en énergie. Quelques éléments complémentaires nous ont été communiqués par SSI Keo Fluides ingénierie, sans toutefois répondre à la question de la nécessité de tant d’installations combinées.

"La mise en place de panneaux solaires ne peut se faire que sur des installations qui nécessitent un besoin et un sous tirage continu toute l’année, or les bassins sont autosuffisants en période estivale. L’énergie alors produite par un champ solaire n’aurait pas pu être consommée et aurait entraîné une surchauffe du système et une détérioration de l’installation.

Les choix ont donc été raisonnés en mettant en œuvre du solaire que pour les besoins d’eau chaude sanitaire qui sont courants toute l’année et en installant une production bois pour les bassins. La chaudière bois peut être arrêtée six à huit mois dans l’année sans endommager les systèmes. La chaudière électrique vient donc en relève et d'appoint lors de l’arrêt du bois ou de non suffisance du solaire."

En somme, pas assez de stockage pour pouvoir faire du solaire pour les bassins d’eau, une chaudière à bois qui peut être arrêtée plusieurs fois par an sans endommager les systèmes, une chaudière électrique en renfort. Il ne reste donc qu’à espérer qu’à l’arrivée de l’hiver la qualité du bois se fera meilleure.
Mardi 2 Février 2016 - 16:51
Laurence Gilibert
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1.Posté par Eno2016 le 02/02/2016 17:41
Il est vrai que beaucoup d'entre nous adorent prendre leur bain comme les poules mortes , avec de l'eau chaude ... même quand il fait 35° à l'ombre !

2.Posté par Zbob le 02/02/2016 18:19
C'est dans la logique des choses...un bâtiment public , tout le monde sait que les élus se foutent du développement durable ou de l'écologie sauf en période électorale !

3.Posté par Simandèf le 02/02/2016 18:57
Fallait voir cela avant maintenant il est trop tard. Tant qu'on importe pas du bois pour la chaudière ça reste raisonnable pour une île sinistrée comme la notre.

4.Posté par rito le 02/02/2016 19:30
"Les poules mortes qui adorent prendre leur bain chaud". Arrête, noe. Arrête de me faire rire, mes muscles labiaires sont au bord de la rupture.

5.Posté par Marylou le 02/02/2016 19:44 (depuis mobile)
Il y a pourtant de grds spécialistes du Dévelpt durable chez les socialos, dont, une cert député dite ministrable...!! On fait des projets pr se faire mousser sans soucis du lendemain.. Ils vivent aisément sur la tête ds contribuables.. HONTE À EUX!!

6.Posté par journalisme le 02/02/2016 19:59
Un article super intéressant, qui nous appâte avec une photo qui fait peur, un titre des plus tranchés. A l'intérieur on apprend que, pour le moment, rien de montre une détérioration conséquente de la qualité de l'air. D'autre part, on sent que cette histoire de 3 sources d'énergie différente chatouille l'apprenti journaliste, sans savoir pourquoi ça la chatouille autant, finalement. Les concepteurs expliquent qu'avec la solution purement solaire, on aurait pas pu couvrir l'ensemble des besoins. On aurait alors compensé par de l'électricité (ô combien écologique c'est vrai). Quand un journaliste s'improvise ingénieur, avec un fond de militantisme écologique, ça donne un article ni fait ni à faire...

7.Posté par kld le 02/02/2016 20:27
un gout de pas assez come le dit post 6!

à quand un article "d'investigation" , du vrai journalisme , pas seulement un descriptif que tout le monde peut faire , avec des arrières pensées "politiques"( on en attendait pas moins de "ce site" ! à tendance "que l'on sait ", meme si j'aime "le Pierrot!!!) , mais bon , du "professionalisme , ça fait du bien aussi !)t !) .

ha sa coute chères le vrai journalisme , la compétence doit etre payer à sa juste valeur .on est pas sortie , pour etre "réellement" "informé" !? /////////

8.Posté par patrick le 02/02/2016 22:27
Faites ce que je dis pas ce que je fais.
Inacceptable de médiocrité. D'autres solutions techniques existent mais avec des bourriks difficile de faire de chevaux de course.

9.Posté par Kréol974 le 02/02/2016 23:31
Quelqu'un s'est demandé d'ou vient le bois ??? comme galets pou littoral ??? Même les employés du chantier étaient étonnés de ce choix...moi je dis ça, je dis rien.....

10.Posté par fermeture de ce lieu le 03/02/2016 11:33
pour des raisons sanitaires et de pollution nous demandons la fermetures immédiates du lieu.
nous demandons une mise aux normes
la tracabilité et origine du bois , s'il est imposé , merci les insectes et bestioles.....

un courrier part à la répression des fraudes et de la concurrence. ce complexe ne respecte pas la règlementation à beaucoup de niveau.
mais comme c'est un lieu public et que les politiques sont proches de l'ARS et des contrôles, la batailles va être longue.
autre solution, boycott de ce lieu purement et simplement

11.Posté par polo974 le 03/02/2016 11:40
Ah les cons: """les relevés ne montrent pas un dépassement du seuil de CO2."""
Quand on brûle du bois, le CO2 est obligatoirement au rendez-vous, sauf si on ne brûle pas tout et qu'on se retrouve avec du CO et des particules comme les turbo-gasoils qui boucanent nos villes...

Ensuite, il aurait été 1000 fois moins crétin de réaliser les bassins avec un revêtement sombre, ce qui aurait chauffé automatiquement l'eau depuis le fond. Et de prévoir un système d'ombrière pour couvrir partiellement les bassins pour éviter les surchauffes et les coups de soleil aux baigneurs.

Le chauffage de piscine avec des capteurs solaires déportés est une connerie monumentale qui coûte cher et qui a un rendement minable.

La combustion de copeaux de bois (de crypto ou autre) qui fume n'est pas un problème de copeau, mais de conception ou réglage de la chaudière.

12.Posté par Pierre Balcon le 03/02/2016 12:17
Pour répondre à KLD : pour avoir des journaux de qualité il faut des lecteurs de qualité , exigeants intellectuellement et moralement .
Mais dès qu'on aligne une phrase en français et qu'on soutient que 2 et 2 font 4 on est taxé de pédanterie !
Mieux vaut s'exprimer par onomatopées !
Les journaux ne font que s'adapter aux attentes de leur lectorat en vertu du principe qui veut qu'on attrape pas les mouches avec du vinaigre mais avec de la confiture .
Les journaux vivent aussi largement de la publicité et leur stratégie est de donc de "fixer" un lectorat pour lui vendre des produits connexes . Ils sont à la recherche de cerveaux disponibles et solvables , comme l'avait indiqué le pdg de TF1.
Sur l'Aquanor on se trompe de sujet .
La véritable question est le mode de gestion de cet équipement , non rentable mais confiée par complaisance à une entreprise bien connue , en contrepartie d'un marché plus juteux .
Aujourd'hui cette structure déficitaire , dont le directeur a été remercié en octobre dernier , fonctionne sur le mode "entreprise d'insertion" , avec un recours massif ( presque'exclusif) aux emplois aidés , issus des quartiers . , main d'oeuvre peu qualifiée et peu motivée.
Qu'adviendra t il lorsqu'il faudra titulariser les 70 postes , objet de la revendication qui avait motivé la précédente grève .
Au final on peut craindre qu'encore une fois ce soit le contribuable qui sera mis à contribution et qu'on assiste à progressive débâcle .
C'est aussi cela la politique à la mode Annette , n'est ce pas KLD ?
Et c'est de cela sans doute que vous voudriez que les vrais journalistes vous parlent.
Pour ma part je considère que les citoyens auraient droit d'être éclairés sur les affaires communales et intercommunales ; mais hélas la démocratie à la mode participative à Saint Denis , comme sans doute ailleurs, ne va pas plus loin que l'installation d'un ralentisseur devant sa maison. .

13.Posté par Gromale le 03/02/2016 12:52
1- On est en été, donc l'article est dépassé
2- Le chauffage au bois est plébiscité, contrairement au chauffage au fioul et au nucléaire
3- Cette chaudière ne rejette pas plus de GES que toutes les voitures au diesel (favorisé par la région) qui passent là tous les jours.

14.Posté par metm le 03/02/2016 16:07
Il faut tout de même ne pas oublier qu'il n'y a pas de fumée sans feux Dans le domaine du bois energie la production de o2 durant la vie de l'arbre compense les émissions de co2 donc le bilan carbon est neutre.
et pourquoi cette chaudière n'a pas fait de fumée durant les 4 premiers mois ?
Pour une fois que l'on valorise énergétiquement un combustible renouvelable locale propre! merci à zinfo 974 d'avoir ouvertement critiqué des hommes qui se donnent du mal pour avancer dans le bon sens. Pour donner suite à votre article : pourquoi ne pas contrôler la qualité de l'eau de l'etang du gol, les fumés de sainte Suzanne ou mieux du port? Autrement vous pourriez aussi féliciter les hommes qui cherchent des solutions et qui les appliques .

15.Posté par PEC-PEC le 03/02/2016 17:32
C'est impressionnant de connerie tout ça !
Comme le dit un intervenant, voilà un joli sujet d'investigation. Comment peut on avoir une telle aberration. Des capteurs solaires pour chauffer l'eau en période d'hiver semblent suffisant pour une tenue de l'eau qui doit être naturellement autour de 19 à 20° afin de la porter aux alentours de 24° une belle température en cette période.
De mémoire, au barachois ou au chaudron les piscines ne sont pas chauffées et fonctionnent toute l'année.
Pourquoi cette chaufferie ?
Pourquoi fabriquer de l'eau chaude ?
Quel est le coût de cette installation de chauffage ?
Quel est son coût d'exploitation ?
Quels crétins ont mis cette condition dans la réalisation du projet ?
Voilà vous avez 2 mois ! ! !

16.Posté par KLD le 03/02/2016 18:45
que le balcon , me largue, et s'occupe "de sa petite personne" ça me fera des vacances .c'est chia...les rézos sociaux des fois .............

17.Posté par écolo non encartée le 04/02/2016 08:23
15.Posté par PEC-PEC le 03/02/2016 17:32 | qui demande:
" Où sont les crétins qui ont permis cette réalisation inepte ??? "

Planqués à la mairie de Sin-d'ni et à la Cinor dans des fonctions bien rémunérées pour dire et faire des conneries avec la casquette d'EELV !!!

18.Posté par PEC-PEC le 04/02/2016 12:44
ecolo non encarté.....Merci pour cette réponse. Par contre j'attends avec impatience le résultat de l'enquête que j'ai initié...Si elle a lieu, les résultats seront intéressants.

19.Posté par ake le 07/02/2016 13:37
Il existe une réglementation pour les rejets des chaudières.
La DEAL a t-elle vérifié la conformité des rejets ?
Les véhicules eux ont un contrôle technique, mais ça vaut plus rien non plus quand on voit toutes les fumées noires en sortie d'échappement. Quelle validité?

Comme toujours à la Réunion, il faut des articles pour faire bouger les responsables de leur fauteuil.

1.000 m3 de bois par an, énorme. Sort d'où?

Le Aqua est bien opaque.

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