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Je parle ici au nom des 5 « nageurs-apnéistes » qui ont suivi la « randonnée aquatique » de Didier Derant ce dimanche. Nous ne nous attendions pas à un tel engouement de la part des médias. Beaucoup de choses ont été dites, nous voudrions éclaircir quelques points et expliquer les raisons qui nous ont conduits à nous impliquer
Il ne s’agissait pas de fournir une « escorte » à Didier pour assurer sa sécurité comme cela a pu être dit mais simplement soutenir une démarche qui nous semblait intéressante. Après 10 mn de nage, nous avons rencontré une petite tortue qui s’est gentiment laissé photographier. Didier quant à lui a continué sa traversée. C’est ce qui était convenu entre nous.
Nous avons simplement voulu montrer que notre Océan Indien n’est pas infesté de requins à l’affût derrière la barrière de corail. Nous pensons qu’à ce jour une véritable psychose du requin s’est emparée d’une partie de l’opinion publique réunionnaise et davantage celle des touristes, au point où certains n’osent même plus mettre un pied dans le lagon (véridique !). En respectant toute les règles de sécurité (météo, état de la mer, clarté de l’eau, horaire), l’occasion de rencontrer un requin est quasi nulle. Nous comptabilisons des centaines d’heures de nage en mer et de plongée et les quelques rencontres de requin que nous avons faites n’ont duré que quelques secondes, ce qui va à l’encontre de la croyance publique qui fait de notre île un vivier à requins.
Nous ne sommes pas des « trompe-la-mort ». Nous n’envisageons pas ces sorties en mer comme des exploits sportifs mais comme des sorties ordinaires que nous effectuons régulièrement. La sécurité est pour nous primordiale et nous sortons toujours au moins en binôme avec un équipement qui nous permet de rester dans l’eau plusieurs heures .Nous avons toujours une bouée multifonction de sécurité qui nous sert avant tout de signalement car, plus que les requins, Nous craignons les hélices de bateaux et les jet-ski bien plus que les requins. Elle nous sert aussi à ramasser les déchets que nous trouvons en mer.
Concernant les surfeurs nous ne sommes pas dans la provocation et ne voulons stigmatiser personne. Certains d’entre nous sont eux-mêmes surfeurs. Nous compatissons surtout à la douleur des familles et des amis et comprenons leur désarroi. Néanmoins nous pensons qu’il est malsain que ces malheurs servent de prétexte à la remise en cause de la Réserve Marine mais aussi à une volonté d’extermination des requins .Concernant la réserve marine certains d’entre nous ont assisté au dépeuplement progressif de la faune et la flore sous-marine depuis les années 70. « La mer est vide » a dit Didier en sortant de l’eau à l’issue de sa traversée. Il a tout à fait raison. Cependant en tant qu’observateurs, nous assistons depuis la création de la réserve à une esquisse d’amélioration : quelques petites espèces de mérous réapparaissent et commencent à grossir (ce sont des prédateurs carnivores qui montrent que leur chaine alimentaire se reconstitue). Mais nous sommes encore très loin de la quantité et la taille des poissons « dan l’tan lontan ». Certains chasseurs pourront le confirmer. Peut-on dire s’il y avait moins de requins à cette époque pas si lointaine ? Il y avait pourtant beaucoup plus de poissons !
Concernant « les tortues qui ressemblent à des surfeurs », effectivement pour nous humains cela parait évident. Notons tout de même que sur les tortues répertoriées ces dernières années, les seules manquantes à l’appel, sont celles qui ont été braconnées…
Plus rien ne sera comme avant … Certains surfeurs s’organisent et c’est une bonne chose avec quelques observateurs pro-actifs (terme qu’emploi Fred Buyle) derrière la vague et sécurisant la zone pour leurs dalons.
Notre credo est avant tout l’aventure humaine dans l’exploration sous-marine .Nous collaborons avec différentes associations telles que Globice pour l’identification des baleines, le signalement de dauphins en difficulté ; avec Kélonia pour la découverte de tortues, le signalement des tortues blessées ou mortes le long du littoral ; pour la création de fiches d’identification d’espèces sous-marines sur des sites …
Par cette démarche nous tentons, avec les moyens que nous possédons, de faire évoluer la situation.
Tous les passionnés de la mer peuvent s’unir et trouver les solutions pour « sécuriser » au maximum les zones de baignades et de surf.Tout cela dans le respect de l’environnement et de l’écosystème dont nous ne cessons d’accélérer la dégradation.
Ensemble, nous avons le pouvoir de rendre l’accès à la mer aux passionnés tout en limitant les risques.
L’océan nous offre des spectacles magnifiques, il n’est pas sans danger, nous en sommes conscient. Profitons-en en étant responsables, pour ne pas faire de ces spectacles de simples souvenirs.
Pour terminer je citerai un extrait de texte de Fred BUYLE le 17 Aout sur son blog et je conseil sa lecture à tous (http://nektos.net/?p=1031) « Requins de la Réunion, huit mois après » : conseils aux “usagers faibles de la mer” que sont surfeurs et baigneurs face aux requins parce qu’ils sont les premiers concernés.
Sans contact visuel direct sous l’eau avec l’animal, vous êtes extrêmement vulnérables, on ne le répétera jamais assez, à cela on ne pourra rien changer même en exterminant ou “régulant” 1000 requins. Le 1001eme qui passera par là suivra peut-être son instinct et fera voler en éclats le sentiment de sécurité faussement mis en place. Utilisez Donc un masque et tuba pour regarder ce qui se passe dans l’eau.
Si vous vous trouvez en présence d’un requin, faite lui face, simplement. Montrez-lui que vous l’avez vu et adoptez un comportement proactif et non pas un comportement de proie. Rentrer calmement vers le bord ou vers le bateau en gardant un contact visuel avec lui.
-Si vous êtes un pratiquant régulier d’activités aquatiques en mer tropicale, faites une ou deux sortie bien encadrées pour aller à la rencontre de requins dans leur milieu naturel et ainsi comprendre que c’est notre comportement qui influe sur le leur. On ne ressort jamais le même d’une telle expérience. Encore une fois l’être humain a peur de l’inconnu et lorsqu’il a peur, il rejette, ne préfère pas faire face et décide souvent de “détruire préventivement” »
Dimanche nous soutiendrons une nouvelle fois Didier Derand à notre façon, par ce que nous appelons une « randonnée aquatique »
Thierry ,Frankovik, Ben ,Stef, Jéjé …
Il ne s’agissait pas de fournir une « escorte » à Didier pour assurer sa sécurité comme cela a pu être dit mais simplement soutenir une démarche qui nous semblait intéressante. Après 10 mn de nage, nous avons rencontré une petite tortue qui s’est gentiment laissé photographier. Didier quant à lui a continué sa traversée. C’est ce qui était convenu entre nous.
Nous avons simplement voulu montrer que notre Océan Indien n’est pas infesté de requins à l’affût derrière la barrière de corail. Nous pensons qu’à ce jour une véritable psychose du requin s’est emparée d’une partie de l’opinion publique réunionnaise et davantage celle des touristes, au point où certains n’osent même plus mettre un pied dans le lagon (véridique !). En respectant toute les règles de sécurité (météo, état de la mer, clarté de l’eau, horaire), l’occasion de rencontrer un requin est quasi nulle. Nous comptabilisons des centaines d’heures de nage en mer et de plongée et les quelques rencontres de requin que nous avons faites n’ont duré que quelques secondes, ce qui va à l’encontre de la croyance publique qui fait de notre île un vivier à requins.
Nous ne sommes pas des « trompe-la-mort ». Nous n’envisageons pas ces sorties en mer comme des exploits sportifs mais comme des sorties ordinaires que nous effectuons régulièrement. La sécurité est pour nous primordiale et nous sortons toujours au moins en binôme avec un équipement qui nous permet de rester dans l’eau plusieurs heures .Nous avons toujours une bouée multifonction de sécurité qui nous sert avant tout de signalement car, plus que les requins, Nous craignons les hélices de bateaux et les jet-ski bien plus que les requins. Elle nous sert aussi à ramasser les déchets que nous trouvons en mer.
Concernant les surfeurs nous ne sommes pas dans la provocation et ne voulons stigmatiser personne. Certains d’entre nous sont eux-mêmes surfeurs. Nous compatissons surtout à la douleur des familles et des amis et comprenons leur désarroi. Néanmoins nous pensons qu’il est malsain que ces malheurs servent de prétexte à la remise en cause de la Réserve Marine mais aussi à une volonté d’extermination des requins .Concernant la réserve marine certains d’entre nous ont assisté au dépeuplement progressif de la faune et la flore sous-marine depuis les années 70. « La mer est vide » a dit Didier en sortant de l’eau à l’issue de sa traversée. Il a tout à fait raison. Cependant en tant qu’observateurs, nous assistons depuis la création de la réserve à une esquisse d’amélioration : quelques petites espèces de mérous réapparaissent et commencent à grossir (ce sont des prédateurs carnivores qui montrent que leur chaine alimentaire se reconstitue). Mais nous sommes encore très loin de la quantité et la taille des poissons « dan l’tan lontan ». Certains chasseurs pourront le confirmer. Peut-on dire s’il y avait moins de requins à cette époque pas si lointaine ? Il y avait pourtant beaucoup plus de poissons !
Concernant « les tortues qui ressemblent à des surfeurs », effectivement pour nous humains cela parait évident. Notons tout de même que sur les tortues répertoriées ces dernières années, les seules manquantes à l’appel, sont celles qui ont été braconnées…
Plus rien ne sera comme avant … Certains surfeurs s’organisent et c’est une bonne chose avec quelques observateurs pro-actifs (terme qu’emploi Fred Buyle) derrière la vague et sécurisant la zone pour leurs dalons.
Notre credo est avant tout l’aventure humaine dans l’exploration sous-marine .Nous collaborons avec différentes associations telles que Globice pour l’identification des baleines, le signalement de dauphins en difficulté ; avec Kélonia pour la découverte de tortues, le signalement des tortues blessées ou mortes le long du littoral ; pour la création de fiches d’identification d’espèces sous-marines sur des sites …
Par cette démarche nous tentons, avec les moyens que nous possédons, de faire évoluer la situation.
Tous les passionnés de la mer peuvent s’unir et trouver les solutions pour « sécuriser » au maximum les zones de baignades et de surf.Tout cela dans le respect de l’environnement et de l’écosystème dont nous ne cessons d’accélérer la dégradation.
Ensemble, nous avons le pouvoir de rendre l’accès à la mer aux passionnés tout en limitant les risques.
L’océan nous offre des spectacles magnifiques, il n’est pas sans danger, nous en sommes conscient. Profitons-en en étant responsables, pour ne pas faire de ces spectacles de simples souvenirs.
Pour terminer je citerai un extrait de texte de Fred BUYLE le 17 Aout sur son blog et je conseil sa lecture à tous (http://nektos.net/?p=1031) « Requins de la Réunion, huit mois après » : conseils aux “usagers faibles de la mer” que sont surfeurs et baigneurs face aux requins parce qu’ils sont les premiers concernés.
Sans contact visuel direct sous l’eau avec l’animal, vous êtes extrêmement vulnérables, on ne le répétera jamais assez, à cela on ne pourra rien changer même en exterminant ou “régulant” 1000 requins. Le 1001eme qui passera par là suivra peut-être son instinct et fera voler en éclats le sentiment de sécurité faussement mis en place. Utilisez Donc un masque et tuba pour regarder ce qui se passe dans l’eau.
Si vous vous trouvez en présence d’un requin, faite lui face, simplement. Montrez-lui que vous l’avez vu et adoptez un comportement proactif et non pas un comportement de proie. Rentrer calmement vers le bord ou vers le bateau en gardant un contact visuel avec lui.
-Si vous êtes un pratiquant régulier d’activités aquatiques en mer tropicale, faites une ou deux sortie bien encadrées pour aller à la rencontre de requins dans leur milieu naturel et ainsi comprendre que c’est notre comportement qui influe sur le leur. On ne ressort jamais le même d’une telle expérience. Encore une fois l’être humain a peur de l’inconnu et lorsqu’il a peur, il rejette, ne préfère pas faire face et décide souvent de “détruire préventivement” »
Dimanche nous soutiendrons une nouvelle fois Didier Derand à notre façon, par ce que nous appelons une « randonnée aquatique »
Thierry ,Frankovik, Ben ,Stef, Jéjé …

















