Economie

Analyse sans complaisance d'un cadre sur la situation d'Air Austral

Mercredi 21 Juin 2017 - 15:42

A l'origine, ça devait n'être qu'un simple courrier des lecteurs. Mais devant la pertinence des arguments avancés par quelqu'un qui maîtrise apparemment parfaitement son sujet, nous avons décidé de lui donner une meilleure visibilité en le publiant au fil de l'eau.
La rédaction de Zinfos


Analyse sans complaisance d'un cadre sur la situation d'Air Austral
Les grèves se durcissent et se multiplient à Air Austral, où un nouveau conflit est en perspective pour la fin du mois. D'ici là, la Direction arrivera peut être à désamorcer l'affaire, mais nous sommes nombreux désormais à craindre le pire pour notre Compagnie. Nous avons connu les affres de la faillite au début des années 2010, et nous redoutons une nouvelle épreuve de ce genre sachant que, cette fois-ci, il sera difficile de compter sur l'aide du contribuable.  

Le public réunionnais n'a pas conscience de la réalité de la situation en raison de l'information orientée dont fait l'objet la Compagnie, dans l'ombre de son puissant actionnaire.
 
Avant tout, l'objectivité commande de rappeler que, depuis sa création, Air Austral est totalement livrée à "l'inspiration" de son PDG et du Président de Région, sans aucun contrôle de qui que ce soit. Il n'y a quasiment plus d'actionnariat privé dans la société, et le Conseil d'Administration est à la botte du Président de Région. Dans le transport aérien, où les dirigeants perdent vite le sens de la mesure et où les équilibres financiers sont fragiles, cette situation est très dangereuse.
 
Aujourd'hui, "MaJo" Malé est à la manœuvre. C'est l'archétype du brillant technocrate, qui n'a cependant pas fait la preuve, après 4 ans d'exercice à la Compagnie, qu'il a l'ADN d'un véritable "entrepreneur". Il n'échappe à personne qu'il a saisi l'occasion rare qu'était Air Austral - à la dérive en 2012 - pour servir son ambition, dans un but évident: se forger l'image, dans le petit monde du transport aérien français, de redresseur de compagnie en difficulté. Et il est en train de réitérer avec Air Madagascar, en s'appuyant cette fois sur Air Austral et sur la Région Réunion.
 
Dans ce genre de démarche, l'image que l'on renvoie et la maitrise de la communication sont des aspects essentiels.
 
De fait, ces dernières années, la Direction a occupé largement la scène médiatique, se félicitant à chaque occasion des résultats obtenus, et multipliant les démonstrations de dynamisme et de modernité (prise du leadership régional au sein des Iles Vanille, nouvelle livrée des avions, renouvellement des uniformes etc...). Tout cela afin d'accréditer l'idée qu'après avoir évité de peu la faillite, Air Austral a été reprise en mains et remise sur la voie de la rentabilité durable et du développement.
 
Cependant, la lecture sans complaisance des résultats comptables de la période écoulée conduit à des conclusions un peu plus nuancées:


On observe que:
 
1/ Air Austral a retrouvé l'équilibre économique dès la fin 2013 (exercice FY14), suite à l'abandon des lignes long-courrier déficitaires et à la gestion rigoureuse imposée par les créanciers (sous leur contrôle);
 
2/ ensuite, la situation a évolué cahin-caha: la Compagnie a pu conserver un semblant d'équilibre (selon la ligne de résultat où l'on se place), grâce au contexte très favorable des années 2015 et 2016, à savoir:
- la baisse très importante du prix du carburant (effective à compter de fin 2014);
- la bonne tenue du marché des passagers aériens (le trafic de Gillot a progressé de +100.000 passagers en 2 ans), avec maintien des tarifs à des niveaux élevés en raison d'une offre insuffisante (toutes compagnies confondues, les remplissages se sont stabilisés aux alentours de 90%).
 
Mais, en même temps, la gestion a perdu de sa rigueur. En effet, l'examen des principaux ratios mesurant la performance économique (notamment le coût au siège-kilomètre hors carburant) montre que la productivité économique s'est dégradée de près de 10% en 2 ans. Cette détérioration de la productivité est considérable: pour fixer les idées, les compagnies concurrentes s'échinent à négocier des plans d'amélioration de la productivité...de seulement 1,5% par an.
 
A vrai dire, ce sont les revenus exceptionnels provenant des plus-values dégagées de la vente des avions achetés sous l'ère Ethève (B737 et ATR) qui ont permis d'afficher des bénéfices nets pour les exercices FY15 et FY16.
 
Mais, pour les exercices à venir, il faut garder à l'esprit que le filon est désormais tari, car il ne reste plus rien à vendre...
 
En résumé, il n'est pas outre mesure exagéré de penser que l'équipe dirigeante d'Air Austral est en train de conduire la Compagnie vers une crise majeure.

En effet:

- soit Air Austral garde le cap actuel. On peut alors craindre qu'à compter de 2018, dans le nouveau contexte concurrentiel marqué par l'arrivée de French Blue, elle perde quelque 20M€ par an. La question qui se pose alors est: Pendant combien de temps la Sematra sera-t-elle autorisée à renflouer les caisses... Même s'il ne fait pas de doute que, mis devant le fait accompli, les Eéus de tous bords seront d'accord pour voter les subventions nécessaires "au nom du personnel et de la sauvegarde de l'emploi"?.
 
- soit la Compagnie se réforme, pour répondre aux attentes du marché. Cela l'obligera à revoir son organisation au sol et surtout à dénoncer les accords particulièrement déproductifs que Mr Malé a signés avec les navigants. Dans ce cas, la question est: L'équipe en place aura-t-elle mandat pour procéder à cette purge et, surtout, en aura-t-elle le courage?
 
Dans tous les cas, du sang et des larmes en perspective... C'est ce que redoute aujourd'hui un certain nombre de cadres de l'Entreprise, qui ne veulent pas être pris en otage pour satisfaire les ambitions d'une poignée d'apprentis sorciers.
 
En dehors de l'aspect économique, 3 autres points méritent d'être soulignés:
 
1/ sur le plan capitalistique, la Compagnie a été "nationalisée" dans l'urgence en 2012 afin d'éviter le dépôt de bilan. Pour de multiples raisons tenant à la nature de l'activité et aux règles de la libre concurrence européenne, cette situation ne pouvait se concevoir qu'à titre transitoire. Mais force est de constater, 5 ans plus tard, que MM. Malé et Robert n'ont pu convaincre aucun investisseur privé à venir au tour de table.
 
De surcroît, le principe d'une nouvelle et importante augmentation de capital a été voté lors de l'AG 2016, grâce au poids de la Sematra. La légitimité de cette opération - si elle se réalise - est contestable et n'augure pas d'un retour à la normalité d'une entreprise de statut privé.
 
Toutefois, on remarque que près d'un an après l'AG 2016, le lancement de cette augmentation de capital "à risque" n'a pas été initialisé, alors que la Direction avait signalé qu'elle avait urgemment besoin de renforcer sa trésorerie et ses fonds propres. On peut imaginer que les conseils juridiques ont recommandé la prudence, mais que les besoins de trésorerie ont néanmoins été satisfaits, discrètement, par le biais d'une avance en compte courant d'actionnaire de la Sematra.
 
2/ sur le plan social, le climat parait durablement dégradé. Les grèves se multiplient et se durcissent. Le constat est d'autant plus étonnant que, après avoir évité de justesse les licenciements en 2012, on pouvait espérer que le personnel ferait preuve d'une certaine ouverture d'esprit, aidé en cela par la pression concurrentielle qui se fait de plus en plus menaçante.
 
Jusqu'à présent, la Direction et les divers observateurs se sont contentés de considérer que les mouvements d'humeur constatés à Air Austral étaient la manifestation d'un égoïsme corporatiste et/ou d'irresponsabilité de la part du personnel navigant, à l'instar de ce que l'on observe parfois dans les compagnies "nationales" ou "nationalisées", où le personnel a le sentiment d'être à l'abri de tout risque de faillite, et où le moindre conflit remonte à l'arbitrage politique.  
 
Si l'analyse n'est pas totalement fausse, elle reste cependant incomplète car elle ne peut s'exempter de s'interroger sur la part de responsabilité de la Direction dans cette situation. En particulier pour ce qui concerne l'organisation et la rigueur du dialogue social, ainsi que la distribution des rôles entre les différents acteurs de l'entreprise, notamment celui dévolu à l'encadrement (au sol et navigant).
 
Le résultat de tout cela est grandement préjudiciable et hypothèque l'avenir: l'entreprise doit se réformer pour s'adapter aux attentes du marché, mais on ne voit pas comment, dans ce contexte, elle trouvera les accords nécessaires avec les partenaires sociaux.
 
3/ enfin, sur le plan de la stratégie - indépendamment du choix de la "montée en gamme", qui n'apparait pas clairement comme étant l'attente prioritaire du marché - les interrogations se portent aujourd'hui sur la signification de la prise de participation dans Air Madagascar.
 
Compte tenu des ressources financières, matérielles et humaines d'Air Austral, cette opération ne relève d'aucune logique qui puisse s'imposer d'emblée à la réflexion. Elle devrait plutôt contribuer à brouiller un peu plus les cartes, à commencer par l'aspect financier. Mais, dans ce domaine, Mr Malé a montré à Air Austral qu'il avait un certain talent.
 
Car, sur le fond, tous les arguments entendus sur les soi-disant synergies relatives aux moyens industriels, aux réseaux ou au "double-hub", ont du mal à convaincre.
 
Un cadre d'Air Austral, désespérément attaché à sa Compagnie
Zinfos974
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1.Posté par moi le 21/06/2017 16:42 (depuis mobile)

Courrié téléguidé...pour annoncer des purges.depuis quand zinfos est contre air austral

2.Posté par . GIRONDIN le 21/06/2017 16:52

GIRONDIN
donc la pyramide lâche Mr Malet et donc zinfo lâche aa et son patron Mr Malet, d'ou les mots doux depuis 2-3 semaines sur zinfo!.....??????????????

Les 2 bosses de aa ressoudent des aiguilles ou élèvent des poissons sechés, au choix! Mondieumarijoseph, nomdedidiX!

Alors C'est quand qu'il part?


MiLiKe aa organisateur de coquetel et d'évènementiel et son barman

3.Posté par une réunionnaise 97410 le 21/06/2017 17:09

Encore Didier Robert président de la Région, qu'est ce qu'il a fait encore dans cette histoire d'Air Austral ?
Il faut que Macron prend lui meme tout en main concernant Air Austral et essaie de faire une équipe qui gagne et qui rapporte « du blé » dans les caisses presque vides, c'est simple et c'est difficile à mettre en place quand meme.C'est à réfléchir, une équipe qui gagne Air Austral peut le devenir, mais….on ne fais pas une bonne omelette sans casser les œufs, et pour donner du goût on rajoute des épices et du fromage rapé par exemple, là c'est pareil.Il ne faut plus laisser trainer les choses à ce stade de la situation, bousculer tous les critères et se mettre en place.On a un nouveau Président de la République on peut le faire.

4.Posté par klod le 21/06/2017 17:56

toujours intéressant d'avoir l'analyse d'un cadre ou "d'un homme ou femme du terrain" et non la langue de bois des zébus de droiiiiiiiite ou de gauuuuuche , comme d'hab, "nothing news , nothing change.." . .je dis ca , je dis rien .

5.Posté par PECOS le 21/06/2017 18:19

Sans tarder, le Didix va intervenir sur Zinfos pour blablater et dire finalement que ce qui est dit vient d'un cadre qui en veut à Air Austral. Ces têtes de pont (Didix, Majo) sont des incompétents notoires et se servent de la SAMATRA (alimenté par l'argent des contribuables) pour renflouer les caisses d'Air Austral à chaque fois que la Compagnie tousse ! En tous cas, ça commence à sentir le putois du côté se Ste-Marie; Ah mon Dieu Marie Joseph...pour ces salariés qui n'ont rien demandé ou plutôt qui ont demandé une gestion plus rigoureuse et plus saine pour préserver leur emploi

6.Posté par male le 21/06/2017 18:20

Excellent cet éclairage ; j'espère qu'ils ne vont pas couler avant le remboursement de mes 600 euros, dossier qui traine depuis quelques mois et que je pourrais retourner deux fois en Thailande...

7.Posté par ziewwkix le 21/06/2017 20:58

inquiete pas zot ! French Blue i arrive po zot la ! va totoche bien zot manman zot lé trop en couyon !!!

8.Posté par JPP le 21/06/2017 21:39

Chez AA on travaille comme des fonctionnaires sûrs de leur emploi et avec La Région comme boucheur de déficit.Je travaille dans une agence, ils annulent des vols en vous envoyant un mail sans aucun mot d'excuse et vous laissent vous démerder avec vos clients. Et quand vous râlez on vous propose 50 euros d'indemnisation avec un document sur lequel vous renoncez à toutes réclamations Et en plus il faut être patient pour se faire rembourser les sommes versées et donc trouver la trésorerie pour mettre vos clients sur une autre compagnie. Ce sont des seigneurs, des arrogants et la profession ne pleurera certainement pas leur disparition...

9.Posté par Gabriel le 22/06/2017 08:40

Un autre son de cloche . Selon des responsables malgaches , ils restent optimistes concernant la participation d'Air Austral à hauteur de 49% des actions d'Air Mad , Selon d'autres sources , Air Mad sera vendu à Air Austral et Air France car cette compagnie nationale française détienne 3,17 % des actions
Donc 49% + 3,17%= 52,17% . Si ces informations serons exactes, à court ou à moyen terme Air Austral ne sera pas en faillite . Attendons pour voir

10.Posté par Pourmoiquoi le 22/06/2017 10:52 (depuis mobile)

Et encore ce cadre n''a pas tout décrit.

L''ego d''un PDG sans contre pouvoir au CA( la leçon Etheve n''as pas été retenue),la gestion politique de cette compagnie par le management ( une ligne sur madras et les Seychelles quelle hérésie)

Etc etc

11.Posté par Retraité du secteur privé le 22/06/2017 11:18

Nos " fiers élu-e-s réunionnais ", toute étiquette politique confondue, qui TOUS ont en commun, de ne jamais payer leurs billets d'avions de leurs propres deniers, mais surtout, de devenir mégalomanes dès qu'ils accèdent au pouvoir, que ce soit:

A la Région; au Département; dans les Mairies; dans les collectivités territoriales et autres SPL,...

Qui TOUTES, présentent la particularité d'être financées intégralement par de l'argent public qu'ils dépensent à tout va, au gré de leurs lubies en prétextant que c'est pour l'intérêt général,...

Sont littéralement phagocytés par cet autocrate qu'ils ont placé avec sa garde rapprochée à la tête d'Air Austral, qui devient un véritable gouffre pour les finances locales via la Sématra.

L'arrivée récente sur notre territoire d'une nouvelle compagnie aérienne, intégralement financée par des capitaux privés, démontre s'il en était besoin, que l'argent du contribuable doit servir EN PRIORITE à réduire les injustices sociales trop criardes, accentuées par le versement de la sur-rémunération à certains privilégiés.

12.Posté par GIRONDIN le 22/06/2017 11:49 (depuis mobile)

La dette de air Madagascar est de 88 000 000 € (le quotidien de ce samedi)

13.Posté par Le Jacobin le 22/06/2017 13:12

Didier Robert accordéoniste à la SEMATRA...le coup de l'accordéon il ouvre le déficit disparaît, il referme les comptes retournent à l'équilibre. Tous dirigeants d'entreprises savent très bien que l’approvisionnement en compte courant d’associés résulte d'une faiblesse en trésorerie pour faire face aux dépenses SAUF LA SEMATRA. Air Madagascar c'est la pire des aventures, il faudra remplacer tous les Avions + les pièces détachés, encore une fois DR sortira son accordéon et oui Monsieur à la Région ont ne chantent pas Monsieur ont dansent au bal de l'accordéon.

POUR QUE ZINFOS PUBLIE LA NOUVELLE C'EST QUE L'AFFAIRE DOIT ÊTRE ENCORE PLUS GRAVE
MOI Joseph MALE je chercherai le pôle emploi le plus proche de chez moi.

14.Posté par Mark de Mada le 22/06/2017 14:21

le grand Male se prend pour dieu , il est incapable d animer une équipe de vrais managers. absence de confiance et court-circuit permanents . il ne supporte que les béni-oui-oui, et s'appuie sur des consultants " has been " vérifiez ... la prise de contrôle d AirMad est la suite logique de l échec de l'accord projeté avec le Mozambique. la RUN est trop petite pour " MaJo" , tout ceci n'a qu'un seul but, assouvir son égo démesuré....

15.Posté par Perplexe le 22/06/2017 15:02

@ post 5 PECOS :

si Didier ROBERT intervient sur Zinfos974 pour blablater, on saura que c'est Didier ROBERT...

Mais le cadre anonyme d'Air Austral qui blablate en ce moment sur Zinfos974, c'est qui ?!?

Un espion de Poutine ? Un de plus !

16.Posté par Gabriel le 22/06/2017 15:30

88 millions d'Euros + 45 millions de taxe et impôts non payé depuis des années . La semaine dernière les députés malgaches ont accepter de sauver Air Mad à coup de subvention lors du projet de loi des
finances rectificatifs .

17.Posté par Tam le 22/06/2017 16:53 (depuis mobile)

@8 jppVs êtes injuste, les petits salariés nous , nous alertons depuis plusieurs mois les instances,personnes veut nous entendre Nous sommes dirigés par un mec à l ego surdimebtionnes, un secrétaire incompétent et dir com megalo, on veut bosser nous

18.Posté par Mark de Mada le 22/06/2017 23:55

Tu as tout à fait raison TAM , la base et le produit sont bons ( voir très bon ) , courage , un jour les propriétaires n auront pas d autre choix que de demander des comptes ....

19.Posté par Mwa la pa di le 23/06/2017 08:47

Pour ma part, sauf "pas autres solutions" je ne voyage plus par cette compagnie ou je paye deux fois le tarif : par mes impôts et par le cout du billet ! L'intervention de la Région et du département en font la compagnie la plus chère !!!

20.Posté par cyroo le 23/06/2017 10:38

Poste 19. moi de même. je préfère même payer un peu plus cher que de voyager avec cette compagnie où on prends les gens pour des moins que rien.

21.Posté par ANTHECHRIST le 23/06/2017 12:47

Moi la question qui m'inquiète c'est grève ou pas mon billet lé réservé depuis 3 mois, est-ce que les pilotes vont lancer une grève ou non ??? Même si je comprend leur revendication cette grève tomberai vraiment trop mal...

22.Posté par Jean le 23/06/2017 20:17

Intéressant cet avis qui rejoint les alertes lancées par les salariés "du sol" et les "navigants" (les grèves ne sont pas un jeu, elles coûtent aux employés qui ne sont pas enchantés d'arriver à ce point, si elles arrivent ce n'est que parce que les gens sont au bout du bout et qu'il ne leur reste plus que ce seul moyen pour faire entendre leur voix !) au sujet de la gouvernance de "Monsieur le Président Directeur Général" d'Air Austral qui laisse à désirer.

Cependant, ce "cadre" dénonce les "accords particulièrement déproductifs" signés par Monsieur Malé, et qu'il faudrait une "purge" pour "réformer" Air Austral, mais il oublie de remettre en question "les cadres" d'Air Austral dans la situation actuelle, comme si la faute reposait uniquement sur les "navigants" et que les cadres étaient exempt de tout reproche !
Bon nombre de cadres tiennent leur poste par copinages et autre promotion canapé, ce qui fait que pour certains leurs qualités professionnelles approchent le néant, et il s'agit là aussi d'un point qui nuit à la performance d'Air Austral. Le manque de professionnalisme et de compétence de cadres arrivés à leur poste par népotisme et qui font preuve d'amateurisme en accumulant les actions qui font perdre de l'argent à la compagnie est aussi un aspect du problème d'Air Austral.
S’il y a une purge à réaliser, c’est celle des « incompétents » !

23.Posté par Serge GELABERT le 26/06/2017 14:29

Réponse à Jean: Le ton mesuré de votre commentaire montre que vous connaissez le sujet et que vous avez une certaine lucidité. Vous avez sans doute une part de vrai. Les syndicats de pilotes disent la même chose à Air France mais là, le phénomène a une autre dimension.
Bien sûr qu'il faut faire le ménage « au sol », là où c'est nécessaire, à commencer par la Direction Générale elle-même. Vous avez dû remarquer que la compagnie ne communique plus à ses actionnaires la masse salariale du Comité Exécutif, comme elle le devrait, et comme le faisait Ethève. Mais ça ne dérange pas les patrons, MM. Robert et Malé.
Quant à la gouvernance de "Mr le PDG", elle ne laisse pas simplement à désirer...c'est une dangereuse fuite en avant, aux risques et périls du personnel et du contribuable réunionnais.
Il faudrait rappeler que la règle de base dans l'aérien est de faire voler correctement les avions et les équipages. Le loyer d'un B777 est de l'ordre de 15 millions d'euros par an et le coût complet d'un équipage PNT 600.000 euros au bas mot (pour 1 CdB et 2 OPL).
Du temps d'Ethève, la flotte et les équipages volaient à plein régime, mais les avions étaient trop souvent à 50% de remplissage car le réseau était « hypertrophié», en décalage avec le marché. C'était une faute grave de stratégie et Ethève a été sanctionné pour ça (entre autre). Malé a commencé à faire pareil sur le régional mais, là encore, la réalité des marchés a été plus têtué que lui, et il s'est vite arrêté.
Aujourd'hui, les avions et les équipages ne volent pas assez (je dirais que les pilotes volent, au minimum, 20% de moins qu'à l'époque Ethève), en raison de la structure inappropriée du programme, aggravée par les accords PN négociés après le départ d'Ethève (désolé de vous contrarier).
Vous êtes bien placé, semble-t-il, pour vérifier la productivité des pilotes UU sur le long courrier, (secteur qui fait 80% de l'activité de la compagnie). Dites nous comment vous vous situez par rapport aux 800 heures/an qui sont devenues le standard que vise tout le monde (et que font du reste vos collègues de French Blue et de XL). Pour fixer les idées, 800 heures de vol par an correspondent à 4 rotations RUN/PAR par mois, tout en préservant 2 semaines de repos par mois et 3 mois "hors ligne" par an. Ce devrait être faisable, non, sous réserve que le programme de vols soit correctement construit?
Pour en revenir à l'actualité, et en attendant la grève de la fin du mois, c'est l'opération Air Madagascar qui va détourner l'attention quelque temps (bien joué "Mr le PDG")... Mais ce n'est certainement pas ce qui va l'aider à régler les problèmes de la compagnie.
Si Malé se plante à Air Austral, il partira en 48h (le temps pour DR de faire le chèque), mais c'est le personnel au sol et les PNC qui resteront dans la galère. Pas tellement les pilotes car, pour eux, il y a de la demande ailleurs.
On sait ce que demande le marché Réunion. Avec son hub de Gillot, Air Austral est bien placée pour en prendre la meilleure part, sous réserve de se mettre en ordre de bataille. Personnellement, il me semble que la priorité est là...avant de se mettre à faire la chasse aux sorcières chez "le petit peuple".

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