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Affaire Balladur : un témoin détaille les remises de fonds

Lundi 16 Juillet 2012 - 19:45

Affaire Balladur : un témoin détaille les remises de fonds
Le volet de l’affaire Karachi vient de s’enrichir d’une déposition, particulièrement détaillée, qui conforte les suspicions de occulte entourant la campagne d’Edouard Balladur en 1994-1995. Entendu le 4 juillet en Suisse dans le cadre d’une commission rogatoire ordonnée par le juge Van Ruymbeke, Mustapha al-Jundi, 70 ans, se présente comme un « journaliste et éditeur ».
 
A l’époque litigieuse, il était surtout l’ami d’Abdul Rahman el-Assir et de Ziad Takieddine, deux Libanais imposés par le ministre de la Défense, François Léotard, dans la négociation des contrats d’armement avec le Pakistan (Agosta) et l’Arabie saoudite (Sawari II). Al-Jundi était également proche du cheikh koweïtien Al-Sabah, « un ami de longue date », précise-t-il.

En 1995, Abdul Rahman el-Assir sollicite Al-Jundi. « Il souhaitait remettre de l’argent liquide à un de ses partenaires commerciaux. J’ignore pour quelle raison il ne pouvait ou ne voulait pas le faire directement à partir d’un de ses propres comptes. J’ai proposé, pour l’aider, d’utiliser un compte du cheikh. » Mission accomplie : entre le 7 et le 25 avril 1995, 13 MF en liquide seront remis à Ziad Takieddine à partir d’un compte de l’ancienne banque genevoise SCS Alliance. Le scénario est bien rodé. « Abdul Rahman el-Assir m’informait qu’un montant déterminé allait être crédité sur le compte du cheikh », raconte le témoin. Après avoir prévenu la SCS Alliance de mettre l’argent à sa disposition en cash, Al-Jundi se rendait à Genève.

« La banque me remettait le liquide en billets de 500 F français, sous forme de liasses compactes retenues par une petite bande en papier », détaille-t-il. Ziad Takieddine, averti, « s’arrangeait pour être présent à Genève le même jour, éventuellement un jour ou deux plus tard. Je lui remettais l’argent », assure Al-Jundi. Le 6 avril, Takieddine aurait ainsi récupéré 2 MF. Le lendemain, il aurait empoché 10 MF supplémentaires. « A mon souvenir, Ziad Takieddine était seul lorsque je lui remettais cet argent », assure Al-Jundi, qui insiste sur le caractère « discret » des transactions. « J’ignore ce que Ziad Takieddine a fait avec cet argent liquide et je ne le lui ai jamais demandé. »

L'intégralité de l'article sur Le Parisien.
Pierrot Dupuy
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