Société

AFPAR: "La stratégie de la peur qui consiste à agiter le drapeau n'est pas la bonne"


Photo : Eric Fontaine, directeur général de l'AFPAR
Photo : Eric Fontaine, directeur général de l'AFPAR
Après la parution de notre article : "Malaise social et incertitude sur l'avenir des salariés: Sale ambiance à l'AFPAR", (voir ici), le directeur général de l'AFPAR, Eric Fontaine, a souhaité apporter son éclairage sur le passage de l'association sous le statut de SPL (Société publique locale), mais également rétablir quelques vérités par rapport aux propos qui nous ont été rapportés, notamment le climat social au sein de l'association. Pour Eric Fontaine, tout a été prévu pour assurer la continuité des missions de l'AFPAR à la Réunion.

Zinfos974: Dans notre article précédent, nous avons évoqué le choix de passer l'AFPAR sous les statut de SPL. Pourquoi ce choix a-t-il été arrêté ?

Eric Fontaine : Je m'exprime dans l'esprit des 50 ans de l'AFPAR. Le passé nous apprend que l'évolution de l'AFPAR ne date pas d'aujourd'hui. Dès 2003, des propositions ont été faites à cette période pour faire évoluer l'AFPAR sous forme d'EPIC (Etablissement public d'intérêt commercial), SEM (Société économie mixte) ou DSP (Délégation service publique) unilatérale. Le dossier n'a pas été traité à cette époque. En 2006, le dossier revient sur le tapis. De nouveau, trois propositions sont faites, mais le dossier n'avance toujours pas. Arrive alors la nouvelle majorité régionale et la fin de la convention cadre (avril 2014 ndlr). Le président de Région dit "je ne souhaite pas de statut quo sur l'Afpar, ni de disparition". Une étude est lancée et les préconisations parlent de mettre en place une SPL. Le chantier a commencé fin 2012. Nous avons mis en place un comité de pilotage composé de trois représentants du comité d'entreprise, du DAF (Directeur administratif et financier), du DG (directeur général) et de quatre représentants du bureau (organisation patronale et syndicale ndlr). Une formule choisie pour accompagner le changement juridique de l'AFPAR.

Pourquoi avoir choisi la SPL ? Pour trois raisons, la sécurisation des emplois, la sécurisation de l'activité et le maintien du statut du personnel. Didier Robert (président de Région ndlr) a souhaité sécuriser trois choses, la relation contractuelle entre la Région et l'AFPAR, la sécurisation sociale, sur demande des syndicats, et la sécurisation de l'activité. Cela aussi a été validé. Car nous allons continuer à intervenir sur l'apprentissage et la formation professionnelle de l'adulte.

Comment se sont déroulés ces comités de pilotage et est-ce que les salariés ont été informés de leurs déroulements ?

En août 2013, il y a eu un premier comité, un deuxième en septembre et un troisième en octobre. Quand on dit aujourd'hui qu'il n'y a pas de dialogue, je vous arrête tout de suite. Le comité de pilotage est composé de trois représentants du comité d'entreprise. A l'AFPAR, il y a cinq syndicats représentés (CFCT, CGTR, UNSA, CFDT et SAFPTR). En juin 2013, il a été décidé que le comité d'entreprise mettrait en place un vote pour ses représentants au sein du comité de pilotage. A ce moment là, le représentant de la CFTC était absent (Gérard Catherine, délégué syndical SDOOF CFTC à l'AFPAR ndlr). Il n'a pas participé au vote et n'a pas été élu (…). A ce moment là, le comité de pilotage se met en place. A la fin de chaque comité de pilotage est organisée une assemblée générale extraordinaire à l'issue de laquelle un PV de réunion est publié et diffusé à l'ensemble du personnel. De plus, sur l'évolution juridique, depuis le mois d'octobre, j'écris sur l'intranet et traite de l'ensemble de la problématique SPL. Ce sont des faits et les informations qui sont à disposition de tout le monde (salariés ndlr).

Vous comprenez la crainte de salariés de voir évoluer le statut de l'AFPAR ?

Le personnel est au courant que la SPL se fera, mais il y a toujours des problèmes de temporalité. Certes le Département ne s'est pas prononcé en plénière (12 décembre dernier ndlr). Mais le souhait premier de la Région est de trouver une solution rapide à cette évolution juridique nécessaire (obligation européenne ndlr). L'ensemble du personnel de l'AFPAR en est conscient. Après, vous avez des stratégies et nous sommes dans un contexte particulier. Nous sommes en période pré-électorale avec le renouvellement des instances au sein de l'AFPAR (…). Mais la stratégie de peur qui consiste à agiter le drapeau n'est pas la bonne.

Pourtant certains parlent de malaise social ?

Quand je suis arrivé en décembre 2011, j'ai souhaité que le dialogue social soit responsable et constructif. C'est moi qui le gère. Je suis président du comité d'entreprise et je rencontre tous les mois les syndicats. Lors des dernières NAO (négociations annuelles obligatoires ndlr), il a été actée une augmentation de 1,4% des salaires et une prime exceptionnelle de 300 euros par salarié (…). Nous avons signé un accord d'égalité professionnelle homme-femme, un accord pour les travailleurs handicapés et la signature du compte épargne temps attendu depuis 13 ans au sein de l'entreprise. Je ne sais pas quoi faire de plus.

Outre le problème de passage au statut de SPL, le président de l'AFPAR, Patrick Joron, a évoqué des problèmes de trésorerie au sein de l'association ?

Il n'y a jamais eu d'alerte lancée par le commissaire aux comptes. L'AFPAR n'a pas de problème de comptes et nous avons dégagé plus de 580.000 euros de bénéfices en 2012. Ce sera pareil en 2013. Nous avons décroché plusieurs appels d'offres d'importance (…). L'AFPAR, au moment où je vous parle, sera bénéficiaire. Nous n'avons pas de problème. Là où nous devons être vigilants, c'est sur la fin de la convention cadre en 2014. Il faudra trouver une solution intermédiaire au cas où la SPL ne serait pas créée. Mais il n'y a pas d'alerte et les comptes ne sont pas dans le rouge.

Vous parlez de vigilance avant la fin de la convention cadre prévue en avril 2014. Quelle est la dead-line pour mettre en place la SPL ?

L'idéal serait que la SPL soit créée avant avril 2014. Chacun à les calendrier et devra faire preuve de maturité et de clairvoyance. Si on y arrive tant mieux. Sinon il faudra voir quelles mesures dérogatoires nous mettrons en place.

Vous allez être vigilant sur la position du Conseil général par rapport au dossier SPL ?

Je fais confiance à l'intelligence collective. La création de l'AFPAR (ARFRMO sous son ancien nom) est le résultat d'une intelligence collective, où les dirigeants ont fait fi de leurs divergences, pour l'intérêt général. Tous ces gens se sont réunis pour dire, on a un besoin d'outils pour former les Réunionnais. (…). J'espère que l'intérêt général sera au dessus de l'intérêt partisan. C'est le souhait que je fais pour la Réunion et l'intérêt des Réunionnais. La somme des intérêts individuels ne fait jamais l'intérêt collectif. C'est à ce prix que nous aurons une société sereine pour continuer à faire ce que l'on fait à l'AFPAR pour servir l'économie et la société réunionnaise. La SPL peut être un outil intéressant pour le Conseil général.
Mardi 17 Décembre 2013 - 18:10
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1.Posté par fierteréunionnaise le 17/12/2013 19:01
enfin on rétabli la vérité. merci au directeur et aux représentants syndicaux qui travaillent dans une bonne intelligence. On a confiance !

2.Posté par L''''Ardéchoise le 17/12/2013 20:01
Julien, je ne vais pas corriger toutes les fautes, mais celles en titre, vraiment, ça la fout mal !
"à agiter" et pas "a agité"...

3.Posté par Bof le 17/12/2013 22:00
580 000 euros de bénéfice, l'AFPAR n'a pas vocation de faire des bénéfices car il s'agit de nos impôts ! Il est connu que depuis plus de trente années , l'AFPAR est un panier de crabes où sont balançés des incompétents copain des élus en place !!

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