Après les deux incendies de forêt dans les hauts de l’ouest, une erreur fort répandue a été de prendre les cryptomerias comme seuls responsables du fait de leur combustion rapide, car ce sont des conifères, donc très inflammables ?
Les télévisions nationales évoquèrent à tort le fait volcanique... Or, le responsable principal du feu courant, c’est la voune, une large et épaisse couche d’humus, décomposition des résidus de tamarins et de calumets qui vivent en couple depuis des millénaires.
Certains, très mal informés, ont suggéré d’éradiquer nos cryptomerias. Ce n’est pas la solution. Quant à la voune, elle est le socle fertile de nos vénérables tamarins, il faut aussi la préserver.
Le cryptomeria est un bon bois récemment validé, il produit une bonne essence bien plus lourde que l’essence du géranium mais plus utile. C’est à la suite d’une rencontre avec le chimiste Jean-Claude Pieribattesti et Jacques Lougnon qu’en 1986 la première cuite se fit dans l’alambic en cuivre de Monsieur Bègue.
J’ai consigné tout cela dans un article sympathique dans l’ouvrage "les parfums de Bourbon". Aujourd’hui La Réunion produirait plus d’essence de cryptomeria que de géranium rosat. Les cryptomerias sont aussi de bons arbres de Noël, ils font partie de notre patrimoine. Dans les années 60 du "tout productivisme" initié par Miguet, directeur de l’ONF, des cryptomerias furent plantés en masse, considérés comme une panacée forestière.
Jacques Lougnon, qui protégeait ses bois de couleurs comme un bon père de famille, fut le premier et quasiment le seul à combattre cette méthode de rouleau compresseur. Mais ne vous méprenez pas. Jacques fut aussi un de ceux qui plantèrent le plus de cryptomerias sur sa propriété dans les zones en pente et surtout en friche, car le cryptomeria c’est aussi la fierté de notre sylviculture et la dignité de nos travailleurs des hauts.
Aujourd’hui, le réveil des responsables de l’A.P.N « les Amis des Plantes de la Nature » avec Raymond Lucas, a permis un travail formidable pour la présentation et la revitalisation de nos bois de couleurs.
La dynamique de l’Aplamedom, avec le pharmacologue Claude Marodon a amené la diffusion et donc une meilleure connaissance de nos plantes médicinales sans oublier Marc Rivière, qui de son regard d’homme de métier, nous évite la confusion des genres.
Pour ce qui est de l’ONF, elle s’est rendue compte au fur et à mesure de ses erreurs initiales, et nombre d’agents ont fait par la suite un travail remarquable pour la préservation et la bonne santé de nos forêts, que ce soient nos tamarins, nos bois de couleurs ou nos cryptomerias, qui peuvent cohabiter en bonne intelligence. Il faut leur rendre hommage.
Avec la venue du Parc National, qui devrait être bénéfique, la règle aujourd’hui est la conservation en l’état. Il s’en suit des problématiques avec les gens des hauts parfois dépossédés de leur travail et une foultitude de règlements qui ont pour objet la coercition.
Or, pour que la forêt vive et s’épanouisse, il faut aussi que les hommes qui y vivent, même d’une façon limitrophe, aient leurs parts. Dans les hauts, nous n’avons pas besoin de gardes nationaux avec des chaboucs, mais de gens compréhensifs, avec plus de clairvoyance et de souplesse dans la réglementation.
Car ce sont ces hommes et ces femmes qui vivent dans le milieu qui sont nos meilleurs gardes forestiers, et il faudrait peut-être que les responsables du Parc National en prennent enfin conscience ?
Oui à une forêt équilibrée et harmonieuse, une forêt entretenue et soignée, pour et avec les gens des hauts, les planteurs, les artisans des vieux métiers, les guides de hautes montagnes qui cherchent les bonnes informations et les forestiers qui en sont les garants.
Christian Vittori
21 août 2012
Les télévisions nationales évoquèrent à tort le fait volcanique... Or, le responsable principal du feu courant, c’est la voune, une large et épaisse couche d’humus, décomposition des résidus de tamarins et de calumets qui vivent en couple depuis des millénaires.
Certains, très mal informés, ont suggéré d’éradiquer nos cryptomerias. Ce n’est pas la solution. Quant à la voune, elle est le socle fertile de nos vénérables tamarins, il faut aussi la préserver.
Le cryptomeria est un bon bois récemment validé, il produit une bonne essence bien plus lourde que l’essence du géranium mais plus utile. C’est à la suite d’une rencontre avec le chimiste Jean-Claude Pieribattesti et Jacques Lougnon qu’en 1986 la première cuite se fit dans l’alambic en cuivre de Monsieur Bègue.
J’ai consigné tout cela dans un article sympathique dans l’ouvrage "les parfums de Bourbon". Aujourd’hui La Réunion produirait plus d’essence de cryptomeria que de géranium rosat. Les cryptomerias sont aussi de bons arbres de Noël, ils font partie de notre patrimoine. Dans les années 60 du "tout productivisme" initié par Miguet, directeur de l’ONF, des cryptomerias furent plantés en masse, considérés comme une panacée forestière.
Jacques Lougnon, qui protégeait ses bois de couleurs comme un bon père de famille, fut le premier et quasiment le seul à combattre cette méthode de rouleau compresseur. Mais ne vous méprenez pas. Jacques fut aussi un de ceux qui plantèrent le plus de cryptomerias sur sa propriété dans les zones en pente et surtout en friche, car le cryptomeria c’est aussi la fierté de notre sylviculture et la dignité de nos travailleurs des hauts.
Aujourd’hui, le réveil des responsables de l’A.P.N « les Amis des Plantes de la Nature » avec Raymond Lucas, a permis un travail formidable pour la présentation et la revitalisation de nos bois de couleurs.
La dynamique de l’Aplamedom, avec le pharmacologue Claude Marodon a amené la diffusion et donc une meilleure connaissance de nos plantes médicinales sans oublier Marc Rivière, qui de son regard d’homme de métier, nous évite la confusion des genres.
Pour ce qui est de l’ONF, elle s’est rendue compte au fur et à mesure de ses erreurs initiales, et nombre d’agents ont fait par la suite un travail remarquable pour la préservation et la bonne santé de nos forêts, que ce soient nos tamarins, nos bois de couleurs ou nos cryptomerias, qui peuvent cohabiter en bonne intelligence. Il faut leur rendre hommage.
Avec la venue du Parc National, qui devrait être bénéfique, la règle aujourd’hui est la conservation en l’état. Il s’en suit des problématiques avec les gens des hauts parfois dépossédés de leur travail et une foultitude de règlements qui ont pour objet la coercition.
Or, pour que la forêt vive et s’épanouisse, il faut aussi que les hommes qui y vivent, même d’une façon limitrophe, aient leurs parts. Dans les hauts, nous n’avons pas besoin de gardes nationaux avec des chaboucs, mais de gens compréhensifs, avec plus de clairvoyance et de souplesse dans la réglementation.
Car ce sont ces hommes et ces femmes qui vivent dans le milieu qui sont nos meilleurs gardes forestiers, et il faudrait peut-être que les responsables du Parc National en prennent enfin conscience ?
Oui à une forêt équilibrée et harmonieuse, une forêt entretenue et soignée, pour et avec les gens des hauts, les planteurs, les artisans des vieux métiers, les guides de hautes montagnes qui cherchent les bonnes informations et les forestiers qui en sont les garants.
Christian Vittori
21 août 2012

















