Société

"30 ans que nous sommes là et on nous dit qu'on ne peut plus construire"


"Cela fait 30 ans que nous sommes là et le terrain n’a pas bougé depuis et maintenant on nous dit que nous n’avons plus la possibilité de construire". Les échanges étaient sereins mais l’inquiétude était bien là ce mercredi soir au Bras de Pontho, à la deuxième réunion publique de présentation du projet de Plan de prévention des risques naturels. 

Après une première réunion publique organisée lundi dans le centre-ville, les échanges se sont poursuivis dans ce quartier du Tampon coincé entre deux grandes ravines. Une trentaine de riverains ont pu soumettre leurs remarques et interrogations au sous-préfet de Saint-Pierre, au maire mais également à des représentants des services de la DEAL et du BRGM. 

"Nous sommes là pour vous écouter et tenter de trouver un équilibre entre votre sécurité et votre liberté de jouir de votre patrimoine", a insisté le sous-préfet de Saint-Pierre, Vincent Lagoguey. "Personne ne partira sans avoir été entendu" , rassure-t-il. 

Deux mois ont été accordés aux Tamponnais pour leur permettre de prendre pleinement connaissance du prochain Plan de prévention des risques. Durant l’enquête publique qui se tiendra du 21 décembre 2016 au 21 février 2017, 30 permanences seront assurées par un commissaire-enquêteur. 

Une subvention annuelle accordée à l'association Défend Nout’Terrain

Visites sur le terrain, réunions de travail entre l’Etat, le BRGM, la mairie et l’association Défend Nout’Terrain...l’accent a été mis sur l’information et la possibilité donnée aux habitants de démontrer que leurs terrains ne sont pas soumis à des risques de mouvements de terrain et/ou d'inondations.  Au cours de ce travail préparatoire, 656 requêtes sont remontées aux différents services dont 68 % ont donné lieu à des modifications de délimitation. Pour 14 % d’entre elles, la zone rouge a été confirmée. 

Selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières, l’ensemble des ravines du territoire sont concernées. Chutes de bloc, inondations, "la commune a par le passé beaucoup souffert", rappelle Paul Ferrand, chef de la prévention des risques naturels à la DEAL. "Ce n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité",  confirme le BRGM. Dans ce nouveau projet de PPR, les aléas inondation et mouvement de terrain ont été pris en compte et aboutissent à la définition de cinq zones allant de l’impossibilité totale de construction à des aménagements possibles selon la morphologie du terrain. 

"Nous invitons ainsi la population à se rendre aux différentes permanences à partir du 21 décembre avec un maximum d’information comme des photos avant/après pour prouver critère de solidité", précise le sous-préfet.  

André Thien Ah Koon a également pris la parole pour se féliciter des progrès accomplis depuis l’épisode des affiches déchirées en septembre 2014. "Je voudrais également rétablir la vérité sur le PPR qui a été voté sous Barnier et non sous François Hollande". Un changement de position que la conseillère régionale, présente dans l’assemblée, Nathalie Bassire, n’a pas manqué de relever avant d’annoncer une subvention régionale de 72 500 euros accordée à l’association Défend Nout’Terrain. Une réunion jusque-là productive pour les propriétaires inquiets qui s’est terminée en passe d’armes entre les deux élus occultant ainsi les réelles préoccupations des Tamponnais.
Jeudi 1 Décembre 2016 - 14:30
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1.Posté par Emma le 01/12/2016 15:56
Comment peut-on avoir un terrain qui était constructible il y a 2/3 ans et depuis que ma mère est décédée et qu'elle m'a légué sa part, j'ai été voir le service d'urbanisme l'année dernière, mon terrain se trouvait dans une zone à risque alors que j'ai de la famille qui a pu construire juste à coté, les travaux se sont terminés l'année ou j'ai voulu faire construire.
Surtout qu'il n'y a aucune ravine là ou je suis.

2.Posté par Question bete le 01/12/2016 19:31 (depuis mobile)
Merci la Région qui finance les frais juridiquets des petits propriétaires du Tampon...que dire..? Elle est pas belle la.vie?

3.Posté par dadou le 01/12/2016 21:11
et les immeubles construits dans la ravine a terrain fleury ,cest pas dangereux??!!!dici que dans quelque temps ces terrains non constructibles ,d'un coup de stylo, servent a construire des immeubles !!

4.Posté par GIRONDIN le 01/12/2016 21:37
2.Posté par Question bete
Belle, belle, belle même


A croire que le tampon est le seul concerné par ce problème !

Hypothèse si dans toutes les villes des associations se montent la région sera t'elle aussi généreuse ?





5.Posté par J M H le 02/12/2016 06:55
les élus ne peuvent vraiment pas s’empêcher de tirer la couverture à eux. quel que soit l'élu chacun cherche à avoir le dernier mot et les populations elles n'ont qu'a voir qui a la plus grosse paire et continuer à voter.
je suis dégoûté de voir cela

6.Posté par Snoopy le 02/12/2016 13:43
Réponse d'un géologue:
30ans...voilà votre temps de référence ici. Pour votre information, la période de retour considérée pour un événement majeur (chute de blocs, inondations, etc) est de 100ans. On pourrait considérer une période de retour de 1000ans, pour des événements cataclysmiques, mais dans ce cas l'ensemble de la Réunion serait classé en zone rouge. Alors, pourquoi 100ans? Car, en partie, c'est la durée de vie moyenne des infrastructures humaines.
Je pense que maintenant le débat pourra s'orienter plutôt vers les moyens que mettent en place les collectivités pour aider à préparer un PPR digne de ce nom... Zot lé pas content? "di le maire paye un BE pour venir contredire le PPR", vous verrez que les géologues ne sont pas fermés aux modifications (la preuve, voir les stats dans l'article).

7.Posté par PPRN le 04/12/2016 08:41
Emma, vous avez hérité d'un terrain constructible il y a 3 ans et depuis le service d'urbanisme de votre commune vous a informé que vous étiez dans une zone soumis aux risques naturels? Un petit sur ce site http://www.risquesnaturels.re, vous aidera à comprendre ce qui s'est passé, à comprendre que les riverains devraient se rendre aux enquêtes publiques les concernant et réagir à ce moment là....après, il ne vous reste que vos yeux pour pleurer si vous n'avez pas eu de chance.

8.Posté par redoutable le 04/12/2016 09:25
Le PPR (plan prévention des risque) a été initié suite aux grandes inondations il y a plusieurs dizaines d'années dans l'exagone . Plusieurs années plus tard les DOM sont concernés aussi par ces plans.
Avec le relief trés montagneux et le micro climat de la Réunion, les phénomènes d'inondation sont complètement différents de ceux de la France métropolitaine qui est un vaste pays plutôt plat.

Alors pourquoi vouloir à tout prix calquer le PPR avec le modèle nationale alors que le contexte environnemental et climatologique de la Réunion est à l'opposé. Je veux dire par là que les risques de ces phénomènes naturels déjà recensés bien avant le PPR doivent être relativisés et sont moins prioritaires par rapport l'exagone pour les raisons évoquées ci-dessus.

Je trouve abusif à la limite anarchique l'application du PPR dans sa globalité dans le département qui ne repose souvent sur aucune étude fine. Résultat, le préjudice causé aux familles est énorme, elles ont assisté impuissant à la dévaluation spectaculaire et injuste de leurs biens devenus inconstructibles ou invendables!

Que font nos élus face à cette machine infernale de l'état qui persistent dans l'injustice????

9.Posté par redoutable le 04/12/2016 10:00
A la Réunion ce ne sont pas les phénomènes d’inondation qui font des dégâts aux familles propriétaires, c’est bien l’état avec son PPR sytématique et souvent non justifié aux conséquences dévastatrices sur les biens des personnes !

10.Posté par redoutable le 04/12/2016 11:10
A post 8 redoutable

Correction : Hexagone

11.Posté par Choupette le 04/12/2016 11:50
8.Posté par redoutable

" ... à tout prix calquer le PPR avec le modèle nationale ... " parce qu'il faut de la place pour qu'ils viennent tous se caser ici.

Dans l'ouest, on construit au bord des ravines, sur les hauteurs.

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