Politique

1+3 années d'inéligibilité requises contre Claude Hoarau

Finalement, la parquet a requis trois années d'inéligibilité, 18 mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende contre Claude Hoarau dans la deuxième affaire jugé hier par le tribunal correctionnel, l'affaire Sabrina Etang-Sale. Dans ce dossier, le maire de Saint-Louis est poursuivi pour complicité de prise illégale d'intérêts et achat de voix. Dans la première affaire de la journée, le procureur avait déjà requis l'inéligibilité, une année cette fois, avec en prime six mois de prison avec sursis.


Il n'y a pas eu beaucoup d'arrêts de jeu hier au tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Un marathon de plus de 11 heures d'audience. Dès le matin, le procès prend du retard. Nathalie Ramage, la présidente du tribunal tente de presser les différents protagonistes, elle veut finir le boulot dans le journée. Pas de bol, la présumée vétusté du système de sonorisation de la salle d'audience commence à foirer. Résultat, plus de micro ; Le "proc" coupe la climatisation qui fait trop de bruit, lui non plus n'entend pas les prévenus et témoins qui s'enchaînent à la barre. Il est pourtant à quelques mètres...

Garde à vue annulée

On entend pas toujours, il fait un peu chaud mais la situation n'entame pas l'ardeur des avocats. Chacun veut intervenir. Ils ont tous un objectif commun, la relaxe de leur client. Du coup, ils ne se tirent pas trop dans les pattes entre eux, il ont un viseur commun : le procureur. A l'arrivée, Raphaël Balland requiert 6 mois de prison avec sursis, un an d’inéligibilité et 15.000 euros d’amende contre Claude Hoarau, le maire de Saint-Louis, pour discrimination. Ça, c'est pour la premier dossier, celui pour lequel le docteur Badamia est co-prévenu pour avoir dealé son ralliement contre quelques emplois à ses militants ou co-listiés.

Médecin à Saint-Louis, le "doc" est mal à l'aise pendant tout l'audience : "j'ai pas fait toutes ces années d'étude pour me retrouver devant un tribunal", regrette-t-il. L'ambiance se corse lorsque le procureur lui demande s'il a dit la vérité lors de sa garde à vue. "Non, ne répondez pas", s'insurge son conseil. "C'est de la provocation", renchérit Alain Rapady qui défend Yannick Payet-Fontaine en compagnie de Maître Brossolet, qui n'est autre que l'avocat de Dominique de Villepin. Un peu plus tôt dans la matinée, les deux hommes sont parvenus à faire annuler la garde à vue. En gros, on en parle plus dans le débat. Le parquet n'aura pas de réponse, Krishna Badamia écoute le conseil des avocats, motus.

Mais au final, le Vice-procureur a le dernier mot et requiert deux mois de prisons avec sursis, un an d’inéligibilité et 15.000 euros d’amende contre le docteur Badamia, pour complicité de discrimination ; un an d’inéligibilité, 45.000 euros d’amende contre Yannick Payet-Fontaine, accusé d'avoir été pistonné à un poste de la mairie. Ce n'est pas de la discrimination expliquent Claude Hoarau et son avocat, Maître Rémi Boniface (voir la Vidéo).

Le Gavroche de Saint-Denis, "le maire qui pêche par son bon cœur"

La journée a continué avec "l’affaire Sabrina Etang-Sale". Dans ce deuxième dossier, le parquet a requis trois années d'inéligibilité, 20.000 euros d’amendes et 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de Claude Hoarau ; Le ministère public a aussi demandé un an d'inéligibilité et six mois de prison avec sursis pour Jeanine Gédéas, l'adjointe au maire en charge du logement.

Pour se défendre, à la barre, Claude Hoarau s'est qualifié de "Gavroche de Saint-Denis (...) une fois de plus le maire a péché par son bon cœur". Il expliquera notamment que le positionnement de Sabrina Etang-Sale était une déchirure pour lui. Il souhaitait "récupérer la brebis égarée", Sabrina Etang-Sale étant originaire d'une famille de sympathisants communistes, elle s'était égarée en supportant Cyrille Hamilcaro...

"Ils veulent éliminer de la vie politique Cyrille Hamilcaro et Claude Hoarau"

Le procureur a enfin requis 12 mois de prison avec sursis, trois ans d'inéligibilité et 10 à 15 mille euros d'amende contre Jo Coupaye, le directeur de cabinet, poursuivi pour prise illégale d'intérêts et achat de voix. Il a embauché ses frères et sœurs dans divers services de la mairie avant même d'être lui-même à la mairie. Son avocat, le bâtonnier Georges-André Hoarau, a volé à son secours, notamment lorsque Raphaël Balland a voulu savoir si son client tutoyait ou vouvoyait Sabrina Etang-Sale. Réponse de l'intéressé : "Ensemble on parlait créole". "En créole on peut dire 'zot', il n'y a pas de 'tu' ou de 'vous' dans le créole", s'étonne le bâtonnier qui ne comprends pas comment ont été traduits les enregistrements accusateurs de Sabrina Etang-Sale, du créole au français. Il s'en donne à cœur joie lors de la récréation de 20 minutes accordée par la présidente du tribunal.

Les délibérés sont attendus pour le 13 octobre prochain. A la fin de la journée, au vu des réquisitions du ministère public, Rémi Boniface a conclu : "ils y en a qui veulent éliminer de la vie politique Cyrille Hamilcaro et Claude Hoarau".

Vendredi 9 Septembre 2011 - 07:54
Lilian Cornu
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1.Posté par nrj le 09/09/2011 08:19
Il l'a cherché ...
On attend la suite !

2.Posté par NON! le 09/09/2011 09:53
"accusé d'avoir été pistonné à un poste de la mairie"
Waouw! Ben alors les 24 communes, les communautés, le conseil général, le conseil régional, les divers syndicats mixtes vont devoir passer devant le tribunal.
Qui ne pistonne pas lève vite fait la main!

3.Posté par dame réunionnaise le 09/09/2011 11:37
Té Garçon ! on ne comprend rien à ce que tu as écrit ! c'est quoi le début c'est quoi la fin, moi je n 'y étais pas au tribunal et je ne me souviens plus de ce qui s'est passé, un minimum té ! allez retravaille out' text merci et bon courage

4.Posté par Raz le bol de riz le 09/09/2011 12:37
Finalement, HAmilcaro/Hoareau= même combat.....le combat pour ses propres intérêts...au détriment de celui de la collectivité......Débarrassons le paysage politique des voyous.

5.Posté par Critique acerbe le 09/09/2011 13:57
Moi j'aime bien Claude Hoarau. Il pourrait faire un tabac en première partie de Thierry Jardinot. Quel comique ce Claude !

6.Posté par Ded le 09/09/2011 14:51
Le directeur de cabinet , ce monsieur Coupaye, comment est-il arrivé à ce poste , est-ce simplement grâce à son "amitié" politique avec Claude Hoarau ou bien parce qu'il a les qualifications requises( s'il est nécessaire d'en avoir bien entendu pour occuper un tel poste)
Quelle est sa formation de base?

On parmle beaucoup ds diplômes de M. Payet Fontaine , mais jamais de ceux de ce directeur de cabinet , dont , si j'ai bien compris , plusieurs frères font également partie du personel communal...
Est-ce une règle dans les communes ( je pose la question mais honnêtemnt , je devine la réponse) que le directeur de cabinet recrute sa famille?

Qu'en pense les autres familles de St Louis?. Celles qui auraient bien voulu, elles aussi que plusieurs personnes de leur entourage puissent rentrer , comme ça , sans réelles qualifications au sain de cette merveilleuse municipalité....
Dans le JIR de ce matin je crois , il est fait état de gens à la mairie de St Louis , qui , justement ne seraient plus tellement d'accord avec le maire sur ce sujet.
C.H. se serait-il laissé prendre à son propre jeu?

7.Posté par ndldlp le 09/09/2011 16:54
ça refroidira les ardeurs des autres maires ?

8.Posté par bertel le 09/09/2011 19:40
7.Posté par ndldlp le 09/09/2011 16:54

Personne ne sera jamais condamné à rien parmi ces ........ (auto-censure).

Moi je viens de déchirer, à mon grand regret, ma carte électorale.

Bertel de Vacoa

9.Posté par job le 09/09/2011 21:16
Bertel, tu as eu tort de décvhirer ta carte, je sais que nous ne sommes pas de la même sensibilité, eh! alors? Il faut aller voter, vas-y avec ta carte d'identité, tu feras avancer les choses, on a besoin des politiques, même vérolé, il faut bien quelqu'un qui prenne une décision, bonne ou mauvaise, c'est là que réside notre conscience citoyenne, dans notre choix "démocratique".

Hoareau ou Hamilcaro, même lutte même combat, ce sont des merdes, mais qui mettre à la place?

10.Posté par Gajik le 09/09/2011 21:54
Je voudrais poser ici une question de droit qui me turlupine depuis des années sur le sujet de l'inéligibilité prononcée par des Magistrats, alors qu'avant elle était automatique.

Auparavant, les interdictions, incapacités, inéligibilités diverses étaient donc automatiques, selon le délit et sa nature. On était condamné, on n'avait pas le droit ni de voter ni de se présenter aux élections avant la fin du délai d'interdiction des droits civiques, civils et de famille (juste le droit d'être tuteur de ses propres enfants), ni d'ester en justice.

Désormais, dans l'indifférence générale, la Loi a violé, à mon avis le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs (La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen affirme dans son article 16 : "Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.") en donnant au Juge toute latitude de prononcer ou pas une sanction d'inéligibilité, selon donc sa propre opinion politique, en fait.

On serait bien naïfs de croire que chaque Magistrat, Parquet mais aussi SIEGE, n'ait pas ses propres idées politiques (on se souvient tous du Proc Général Gauthier qui est revenu de Tahiti lorsque la Droite est revenue aux affaires, du "tri de café" à l'époque de l'affaire du Marché de la Rivière des Galets, des petits coups des Juges sur la droite pour justifier des grands coups sur la gauche avec Jean-Louis Rabou planqué dans les poubelles de Pierre Vergès, informé la veille de l'opération "judiciaire", etc etc ...)

Donc, ne soyons plus du tout naïfs au XXI° siècle et comprenons qu'ouvertement un Magistrat a le droit, comme bon lui semble, de prononcer ou pas une inéligibilté, selon ses convictions donc strictement PERSONNELLES.

Qui peut admettre une interaction à ce point entre le Judiciaire et le Politique ?

Qui pourrait m'aider à comprendre comment il est possible qu'un juge puisse jouer ainsi avec l'arbitraire ?

Le principe d'inéligibilité de tout condamné définitif devrait être rétabli, mais je comprends qu'il faut établir un seuil de gravité dans le délit en deçà duquel elle ne puisse pas être prononcée, bien entendu.

11.Posté par ndldlp le 09/09/2011 23:25
c'est pas pour autant qu'il faut crier zistiss macro

les juges décident sereinement. point barre.
le degré de sérénité fluctue d'une région à l'autre..

le tout est de ne pas s'exposer à une convocation chez le juge..

12.Posté par hardi pionnier le 10/09/2011 08:35
8...un voix en moins pour la gooche...BRAVO, enfin un zeste de lucidité !!!

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